Catéchisme de la Somme théologique
par le fr. Thomas Pègues O.P.
Depuis le numéro 6 du Sel de la terre, nous donnons le texte du livre paru en 1918 sous le titre de La Somme théologique de saint Thomas d’Aquin en forme de catéchisme pour tous les fidèles. Nous avons utilisé l’édition de Privat-Téqui de1929.
Le Sel de la terre.
⚜️
25. Action des mauvais anges ou des démons
– Est-ce que les démons peuvent attaquer et tenter les hommes ?
– Oui, les démons peuvent attaquer et tenter les hommes.
– Pourquoi les démons peuvent-ils attaquer et tenter les hommes ?
– Les démons peuvent attaquer et tenter les hommes en raison de leur malice, et parce que Dieu fait tourner cette tentation elle-même au bien de ses élus (q. 114, a. 1).
– Le fait de tenter les hommes est-il propre aux démons ?
– Oui, le fait de tenter les hommes est propre aux démons.
– En quel sens dites-vous que le fait de tenter les hommes est propre aux démons ?
– Le fait de tenter les hommes est propre aux démons en ce sens qu’eux seuls le tentent toujours dans le dessein de lui nuire et de le perdre (q. 114, a. 2).
– Les démons, pour tenter les hommes et les séduire, peuvent-ils opérer des miracles ?
– Non, les démons, pour tenter les hommes et les séduire, ne peuvent pas opérer de vrais miracles ; mais seulement des semblants de miracles.
– Qu’entendez-vous par ces mots : des semblants de miracles ?
– J’entends des prodiges qui dépassent le mode d’agir des êtres qui nous entourent, tel que nous le connaissons, mais qui ne dépassent pas le pouvoir naturel de l’ensemble des créatures (q. 114, a. 4).
– A quel signe surtout reconnaît-on les faux miracles accomplis par les démons ?
– On les reconnaît surtout à ce signe qu’impliquant toujours quelque chose de mauvais ils ne peuvent pas avoir Dieu pour auteur comme les vrais miracles (q. 114, a. 4, ad 3).
26. Action du monde matériel ou de l’ensemble du cosmos
– N’y a-t-il que les seuls esprits bons ou mauvais qui concourent à l’action de Dieu dans son gouvernement du monde ?
– Non, il n’y a pas que les seuls esprits, bons ou mauvais qui concourent à l’action de Dieu dans son gouvernement du monde.
– Quels sont les autres êtres qui y concourent encore ?
– Ce sont tous les agents cosmiques dont les forces mues par Dieu concourent à la fin de son gouvernement (q. 115, a. 1).
– Est-ce que toute la marche du monde de la nature est ainsi entre les mains de Dieu dans son gouvernement ?
– Oui, c’est toute la marche du monde de la nature, avec tout l’ensemble de ses lois, qui est ainsi entre les mains de Dieu dans son gouvernement (q. 116, a. 2).
– C’est donc en vue de la réalisation des conseils de Dieu et pour y servir que chaque jour le soleil paraît, que les jours alternent avec les nuits, et les saisons entre elles, et que se déroulent, dans un ordre que rien n’altère, les jours, les mois, les années et les siècles ?
– Oui, c’est en vue de la réalisation des conseils de Dieu et pour y servir, que chaque jour le soleil paraît, que les jours alternent avec les nuits, et les saisons entre elles, et que se déroulent, dans un ordre que rien n’altère, les jours, les mois, les années et les siècles.
– Peut-on dire que c’est en vue de l’homme et pour promouvoir son bien que Dieu a ainsi ordonné, et maintient dans son cours régulier la marche du monde de la nature ?
– Oui, on peut et on doit dire que c’est en vue de l’homme et pour promouvoir son bien que Dieu a ainsi ordonné, et maintient dans son cours régulier la marche du monde de la nature.
– L’homme est donc la créature à laquelle Dieu a, en quelque sorte, ordonné toutes les autres en vue de subvenir à ses besoins ?
– Oui, l’homme est la créature à laquelle Dieu a, en quelque sorte, ordonné toutes les autres en vue de subvenir à ses besoins.
– Pourquoi Dieu en a-t-il agi ainsi avec l’homme ?
– Dieu en a agi ainsi avec l’homme, parce que l’homme est la plus faible de ses créatures et qu’il a besoin de tout pour le bien de son âme et de son corps.
27. Action de l’homme lui-même
– L’homme, tout faible qu’il est, peut-il, lui aussi, concourir à l’action de Dieu dans son gouvernement du monde ?
– Oui, l’homme peut aussi, malgré sa faiblesse, concourir puissamment à l’action de Dieu dans son gouvernement du monde.
– Comment l’homme peut-il ainsi concourir à l’action de Dieu dans son gouvernement du monde ?
– L’homme concourt à l’action de Dieu dans son gouvernement du monde en coopérant, lui aussi, au bien de l’homme.
– De quelle manière l’homme peut-il coopérer, lui aussi, au bien de l’homme ?
– L’homme coopère au bien de l’homme en servant d’instrument à Dieu en vue de l’âme et du corps de l’homme.
– Comment est-ce que l’homme sert d’instrument à Dieu en vue de l’âme de l’homme ?
– L’homme sert d’instrument à Dieu en vue de l’âme de l’homme, parce que c’est à l’occasion de l’acte ou de l’opération de l’homm, que Dieu crée l’âme de chaque enfant qui vient au monde ; et parce que cette âme se développe ensuite et grandit en perfection sous l’action du maître qui l’enseigne (q. 117 & 118).
– Et comment est-ce que l’homme sert d’instrument à Dieu en vue du corps de l’homme ?
– Parce que, selon les lois de la nature fixées par lui, Dieu a voulu que le corps de l’enfant soit formé et vienne au monde par la suave entremise d’un père et d’une mère (q. 119).
28. Point de convergence où se retrouve toute la marche du gouvernement divin
– C’est donc autour du berceau de l’enfant, parmi les hommes, que nous voyons éclater, comme dans leur centre, toutes les suavités du gouvernement de Dieu dans le monde ?
– Oui, c’est autour du berceau de l’enfant, parmi les hommes, que nous voyons éclater, comme dans leur centre, toutes les suavités du gouvernement de Dieu dans le monde ; car tout, dans le monde, est ordonné au bien de cet enfant : le père et la mère qui l’entourent, toute la nature qui le fait vivre, les anges qui l’assistent, et Dieu qui le destine à la gloire de son ciel.
– Y a-t-il eu un berceau ou une naissance d’enfant parmi les hommes sur lesquels aient éclaté d’une façon incomparable toutes les splendeurs du gouvernement de Dieu dans le monde ?
– Oui, c’est sur le berceau et sur la naissance de l’enfant, qui nous apparaîtra bientôt comme la voie ou le chemin du retour de l’homme vers Dieu (q. 119, a. 2, ad 4).
– Et que vit-on en effet à la naissance de cet Enfant ?
– L’on vit, à la naissance de cet Enfant, une conception due à l’action toute surnaturelle de l’Esprit-Saint, une mère demeurée vierge, des rois et mages conduits par une étoile et une multitude d’esprits célestes louant Dieu et disant : Gloire à Dieu dans les hauteurs ; et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté.
– Comment s’appelle cet enfant de bénédiction ?
– Il n’est autre que l’Emmanuel ou Dieu avec nous, et il s’appelle : Jésus.
Fin de la première partie de la Somme théologique.

