Protestantisme et démocratie moderne
par Maxence Hecquard
Il semble que le protestantisme et la réforme de l’Église catholique au 16e siècle, événements purement religieux et, pour ainsi dire, internes à l’Église, n’ont aucun rapport avec l’hégémonie moderne de ce régime politique né en Grèce au 5e siècle avant notre ère et que l’on appelle démocratie.
Le protestantisme s’est toujours voulu un mouvement uniquement religieux, né en réaction à une supposée décadence du christianisme et ayant des visées purement spirituelles.
La démocratie, au contraire, prend ses distances avec les questions religieuses. Elle entend se situer en quelque sorte au-dessus d’elles au travers du concept de laïcité. Les religions relèvent aujourd’hui de la sphère privée, individuelle. Toutes sont admises sous réserve qu’elles respectent les règles de la démocratie.
Existe-il donc un lien, une relation entre ces mouvements majeurs qui ont, chacun dans leur ordre et à trois siècles de distance, marqué profondément la société occidentale ?
Deux éléments doivent nous faire réfléchir et suggèrent que ces évènements de l’histoire des idées ne sont pas sans rapport.
Tous les penseurs de la démocratie sont issus du protestantisme
Le premier est que tous les grands penseurs du régime démocratique moderne sont issus du protestantisme ou ont du moins entretenu des rapports avec lui.
C’est le cas de l’anglais Thomas Hobbes (1588-1679) qui est l’un des premiers penseurs de l’État moderne. Il a ouvert la voie au Contrat social
