Le complot maçonnique
par Daniel Jacob
L’article qui suit est inspiré notamment du livre d’Epiphanius, Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché de l’histoire (Versailles, Publications du Courrier de Rome, 1999 et 2005), dont il résume quelques-unes des principales thèses. Aux lecteurs qui voudraient des informations plus complètes, nous ne pouvons que recommander la lecture de l’ouvrage lui-même, qui contient une documentation très abondante [1].
Le Sel de la terre.
Introduction
Il y aurait, paraît-il, une « théorie du complot ».
C’était pourtant une constante de l’histoire jusqu’à présent, que le pouvoir en place luttait contre les comploteurs. Ceux qui n’étaient pas assez méfiants pouvaient le payer de leur vie – ainsi, César. Aujourd’hui, on ne recherche plus les comploteurs, mais on dénonce les complotistes, c’est-à-dire les adeptes de la « théorie du complot ». Cette inversion étonnante devrait nous faire réfléchir.
Mais, qu’est-ce nos adversaires entendent au juste par le terme de « complotiste » ?
Un commentateur de la presse officielle l’a défini comme quelqu’un qui insinue le doute chez ses concitoyens, sur des vérités reconnues, en posant des questions auxquelles il est bien incapable de répondre. On comprend en filigrane que le reproche fait ici au « complotiste » est de troubler un certain consensus social, bâti sur des vérités « révélées » non discutables, protégées par les médias, et qui jouent le rôle de ciment idéologique et de moteur de transformation des sociétés occidentales modernes. Ces gens qui stigmatisent ainsi les « complotistes » sont pourtant des libres penseurs, admirateurs des prétendues lumières du 18e siècle, proclamant les droits de la « raison » face à tous les dogmes. Nos adversaires ne sont certes pas à une contradiction près.
La Révélation permet cependant de conclure facilement que l’existence d’un complot contre l’humanité ne relève pas d’une simple théorie ou d’une construction mentale, mais d’une réalité.
Il suffit pour s’en convaincre de lire ce que nous enseigne l’Écriture sur les circonstances de la chute du premier homme. On y découvre le complot de Satan contre Dieu, et contre l’humanité qu’il hait par haine de Dieu. Ce complot avait réussi en apparence, mais Notre-Seigneur nous en a délivrés. Satan n’a cependant pas lâché prise. Il continue à comploter contre l’humanité, car sa haine angélique n’est pas sujette à variation : elle est inextinguible.
Le développement de ce complot dans le domaine des idées relatives à l’organisation de la société humaine, a été analysé par de nombreux auteurs contrerévolutionnaires. Une bonne synthèse de ces études est contenue dans le livre rédigé par deux professeurs italiens, sous le pseudonyme d’Epiphanius, dont la traduction française a été publiée par Le Courrier de Rome (670 pages dans l’édition de 1999 et 800 dans celle de 2005). Ce livre est intitulé Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché de l’histoire.
Bien entendu, il ne s’agit pas de prétendre que les sociétés secrètes expliquent l’ensemble de l’histoire de l’humanité. L’histoire ne peut cependant se comprendre qu’à la lumière de cette lutte entre Notre-Seigneur et Satan, comme l’a très bien montré Dom Guéranger dans sa Théologie de l’histoire. Elle ne peut bien s’expliquer, surtout depuis la Révolution dite française, sans tenir compte de l’action de ces sociétés.
En effet, comme l’exprime joliment Epiphanius, il existe une révolution « d’en-bas » que nous connaissons bien et qui se manifeste par des violences sanglantes. Cette révolution est celle qui figure dans les manuels d’histoire qui relatent les événements de 1789, de 1848, ou de 1917. Mais l’existence même et le succès de cette révolution « d’en-bas » ne peuvent se comprendre sans une révolution « par en haut », révolution des idées qui instaure un état d’esprit favorable à la révolution.
Cette révolution d’en-haut avait été perçue par Pierre Gaxotte dans son ouvrage sur la Révolution française. Il exprimait cette intuition, sans toutefois la développer comme le feront les auteurs contre-révolutionnaires catholiques, par des phrases saisissantes comme celles-ci : « Mille jolies têtes poudrées se grisaient des théories qui les feraient rouler dans le panier de Samson » – Comme cette phrase terrible serait malheureusement facile à transposer de nos jours ! – ; « La famine provoque des émeutes, pas des révolutions ».
C’est cette révolution d’en-haut, ou révolution des idées, que nous nous proposons d’étudier, en nous appuyant sur le livre d’Epiphanius. Celui-ci décrit, en suivant une perspective historique, la stratégie utilisée par Satan pour perdre l’humanité, par l’aveuglement des intelligences et la corruption des mœurs. Ce plan est multiséculaire et universel dans sa conception et dans son exécution, ce qui montre le caractère suprahumain de sa cause.
Nous nous intéresserons principalement à l’histoire moderne et contemporaine, période où l’action des sociétés secrètes est la plus manifeste.
Il semble nécessaire de faire quelques remarques avant de poursuivre :
1. — L’étude des sociétés secrètes est particulière en ce sens que, selon la remarque très fine d’un spécialiste de la question, pour les autres objets d’étude, il faut habituellement voir pour comprendre – que ce soit en histoire, physique, étude du vivant, etc. –, ici, il faut comprendre pour voir.
En effet, des preuves existent : ce sont les déclarations des membres des sociétés secrètes. Les relever représente un travail long et fastidieux (on se reportera à l’ouvrage d’Epiphanius pour en avoir un aperçu). De plus, ces preuves s’appuient sur les déclarations de menteurs, ce qui, bien entendu, limite le crédit à leur apporter et nécessite, pour ne pas être trompé, une vigilance constante et des recoupements permanents, accessibles aux seuls spécialistes.
La véritable preuve, c’est donc que ce que l’on affirme sur le dessein des sociétés secrètes permet de comprendre les événements du monde et les évolutions des sociétés politiques, ainsi que leurs incohérences ou absurdités apparentes. L’étude de ces sociétés secrètes et de leur plan permet donc de rendre compte de la marche du monde, telle que nous pouvons la voir se dérouler sous nos yeux. Il s’agit d’aller au-delà des émotions et d’une lecture rapide, pour établir le lien entre cet exposé et la réalité du monde moderne : comprendre pour voir.
[1] — Disponible aux Publications du Courrier de Rome, BP 156, 78001 Versailles Cédex, ou aux Éditions de Chiré : DPF, BP 70001, 86190 Chiré-en-Montreuil (contact@chire.fr).
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