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Liberté religieuse

La réponse de la Rome conciliaireaux dubia de Mgr Marcel LefebvreTexte et commentaire

 

 

Le 6 novembre 1985, Mgr Lefebvre a soumis à la congrégation pour la Doctrine de la foi trente-neuf dubia (doutes) concernant la doctrine sur la liberté religieuse enseignée par le concile Vatican II, notamment dans sa Déclaration Dignitatis humanæ. Il y montrait que la nouvelle doctrine contredit la doctrine traditionnelle de l’Église [1].

Le 9 mars 1987, la sacrée congrégation pour la Doctrine de la foi (SCDF) a envoyé à Mgr Lefebvre une « réponse » d’une cinquantaine de pages (« Réponse de la SCDF ») [2]. Dans la lettre d’accom­pagnement, le cardinal Ratzinger disait qu’elle avait été écrite par « un théologien de confiance particulièrement qualifié ».

Le 8 juillet 1987, Mgr Lefebvre répondit à la Réponse de la SCDF (« Réponse à la Réponse de la SCDF ») [3].

Mgr Lefebvre publia également une analyse de cette Réponse de la SCDF dans le Bulletin Officiel du District de France de la Fraternité Saint-Pie X [4].

Nous avons déjà donné dans Le Sel de la terre 40 (printemps 2002), p. 230-232, une brève analyse de la Réponse de la SCDF [5]. Cependant, à notre connaissance, aucune analyse approfondie de cette réponse n’a été donnée. C’est pourquoi, avec l’aimable autorisation de Mgr Tissier de Mallerais, nous la publions ici intégralement en l’accompagnant de commentaires [6] et en y joignant les deux analyses qu’en avait faites Mgr Lefebvre.

Rappelons que, pour Mgr Lefebvre, cette réponse de Rome à ses objections sur la liberté religieuse a été – avec la réunion interreligieuse d’Assise, mais plus qu’elle – le motif qui l’a déterminé à consacrer quatre évêques en 1988 :

Vous savez que, dans des écrits qui ont paru de-ci, de-là, j’ai eu l’occasion de dire que j’attendais des signes de la Providence pour accomplir des actes qui me paraissent nécessaires pour la continuation de l’Église catholique. Eh bien ! je dois avouer que j’ai la conviction que ces signes sont venus. Quels sont-ils ? Il y en a deux : Assise, et la réponse qui nous a été faite de Rome aux objections que nous avions envoyées à propos de la liberté religieuse. Et j’avouerai que la réponse qui nous a été donnée après Assise – puisque Assise a eu lieu le 27 octobre [1986], et que la réponse nous est parvenue au cours du mois de mars [1987] –, j’avouerai que cette réponse de Rome aux objections que nous faisions sur les erreurs de Vatican II au sujet de la liberté religieuse est plus grave qu’Assise ! Assise est un fait historique ; c’est une action. La réponse à nos objections sur la liberté religieuse est une prise de position, une affirmation de principes, c’est donc plus grave. Une chose est de faire simplement une action grave et scandaleuse, autre chose est d’affirmer des principes faux, erronés, qui ont, dans la pratique, des conclusions désastreuses [7].

Ce sont ces principes faux que nous allons examiner.

Le Sel de la terre




[Ici commence le texte du théologien romain]

 

LA DEMANDE DE LA CONGRÉGATION pour la Doctrine de la foi, j’ai étudié avec attention un ample dossier élaboré par S.E. Mgr Lefebvre, dans lequel sont présentés un certain nombre de dubia sur la possibilité de concilier la doctrine sur la liberté religieuse du concile Vatican II et le magistère antérieur.

Déjà, dans les diverses phases de l’élaboration de la Déclaration Dignitatis humanæ, cette question avait été très présente et le texte définitif de la Déclaration lui-même, dans son préambule, affirme expressément que « ce concile du Vatican scrute la tradition sacrée et la sainte doctrine de l’Église d’où il tire du neuf en constant accord avec le vieux » (n. l). De même, par la suite, de nombreuses études théologiques, en commentant la Déclaration conciliaire, ont voulu montrer de quelle manière l’indiscutable nouveauté que représentait ce document était en continuité et en harmonie avec le magistère antérieur [8].


Commentaire du Sel de la terre : Le « théologien » admet que la doctrine de Vatican II est une « indiscutable nouveauté ». Nous sommes d’accord avec lui sur ce point. Quant à savoir si cette nouvelle doctrine est « en continuité et en harmonie avec le magistère antérieur », nous montrerons que, malgré ses efforts, le « théologien » ne parvient pas plus à le prouver que ses prédécesseurs qu’il cite en note.







[1]   Cette étude a été éditée en 2000 par les éditions Clovis sous le titre Mes Doutes sur la liberté religieuse. L’adjonction de l’adjectif possessif « mes » est regrettable. Mgr Lefebvre ne présentait pas « ses » doutes, mais il montrait que la nouvelle doctrine posait objectivement des doutes à tout catholique fidèle à la Tradition. Voir la recension de cet ouvrage dans Le Sel de la terre 40 (printemps 2002), p. 229.

[2]   Cette « réponse » était intitulée : « Liberté religieuse – Réponse aux dubia présentés par S.E. Mgr Lefebvre ».

[3]   Cette « Réponse à la Réponse » accompagnait une lettre au cardinal Ratzinger et était intitulée : « Réponse de S. Exc. Mgr Marcel Lefebvre à la Réponse de la sacrée congrégation pour la Doctrine de la foi aux Dubia sur la liberté religieuse présentés par lui-même à cette même sacrée congrégation ». Elle faisait six pages. Nous la publions en annexe.

[4]   Ce texte était intitulé : « Dans ce débat au sujet de la “liberté religieuse”, de quoi s’agit-il exactement ? » et était accompagné d’une annexe intitulée « Réfutation des affirmations erronées du théologien romain – De la “liberté religieuse” ». Il est paru dans le Bulletin Officiel du District de France de la Fraternité Saint-Pie X nº 24 du 19 avril 1988 (p. 3 à 6) et il est daté d’Écône, le 24 mars 1988. Nous le publions aussi en annexe.

[5]   La Réponse de la SCDF a été rendue publique sur internet, par exemple sur le site de La Porte latine dans la rubrique « Vatican II - Rome et la FSSPX : sanctions, indults, etc. ».

[6]   Nous avons corrigé les fautes d’orthographe de l’original ainsi que plusieurs erreurs dans la citation des sources, parfois importantes (nous indiquerons les principales). Sauf indication contraire, les notes sont du « théologien ». Les textes latins et italiens ont été traduits par nos soins, le texte original étant donné en note.

[7]   Homélie de Mgr Lefebvre à Écône le 29 juin 1987.

[8] — Voir par exemple, le volume Vatican II. La liberté religieuse, collection « Unam Sanctam », n. 60, Paris, Cerf, 1967, en particulier l’article de J. Courtney Murray, « Vers une intelligence du développement de la doctrine de l’Église sur la liberté religieuse » (p. 111 à 147). Voir aussi Nicolau, magisterio eclesiastico sobre libertad religiosa. Conciliacion armonica de sus ensenanzas, « Salmanticensis » 17 (1970), p. 57 s.




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Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 107

p. 4-69

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