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Notes de direction

Card. Raphaël MERRY DEL VAL

Informations

VIE SPIRITUELLE

Les thèmes

Vertus chrétiennes et dévotions
Vie spirituelle
Le Sel de la terre n° 107

Le numéro

Hiver 2018-2019
p. 144-154

L'auteur

Card. Raphaël MERRY DEL VAL

Secrétaire d'État du pape saint Pie X, le cardinal Rafael Merry del Val y Zulueta Wilcox (1865-1930) fut aussi son émule en piété.

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Notes de direction

par le cardinal Raphaël Merry del Val, secrétaire d’État de saint Pie X

 

 

Préface 

LE PÈRE LACORDAIRE nous a rapporté la confidence qu’il reçut un jour de Mgr de Quélen, l’archevêque de Paris : « On nous envie beaucoup, quand on nous regarde dans ces beaux appartements, mais on ne sait pas tout ce qu’on quitte pour devenir évêque. C’est le commerce des âmes qui est la vraie, qui est la seule consolation du prêtre : on en trouve de si belles ! »

Si le cardinal Merry del Val a connu ce propos, il y a reconnu sans aucun doute l’expression de ses propres sentiments, comme peut le faire maint prélat dont le public, qui ne connaît que son activité officielle, est bien loin de soupçonner le fécond apostolat caché.

Quand il fut élevé au cardinalat et, presque aussitôt après, chargé des importantes et écrasantes fonctions de secrétaire d’État, le cardinal Merry del Val dut renoncer au confessionnal ; mais il continua à se dépenser pour les âmes autant qu’il le pouvait, à donner des conseils de vive voix ou par correspondance, à diriger qui lui demandait de ne pas l’abandonner et lui semblait avoir besoin de son aide.

L’une des personnes qui fut dirigée par lui pendant plus de trente ans, comprenant la grâce dont elle était la bénéficiaire, garda avec grand soin toutes les lettres qu’elle reçut de son directeur, nota exactement, dès sa première confession, toutes les paroles qu’il prononça, comme celles qu’il lui adressa au cours des audiences qu’il lui accorda par la suite. Ayant beaucoup de mémoire, elle peut affirmer que tout ce qu’on trouvera dans ce volume, où paraît ce qui n’est pas trop exclusivement personnel, rend avec exactitude et fidélité la pensée même du cardinal.

Celui-ci se trouve en présence d’une âme de bonne volonté, qui cherche Dieu, qui le cherche sincèrement, mais qui, comme tant d’autres, regardant sa misère, se prend à manquer de confiance, se laisse envahir par la crainte, retombe sur elle-même ou renonce à lutter contre les difficultés qu’elle rencontre. Elle sait, d’autre part, qu’elle doit se vaincre ; elle entend le faire et, comme il arrive souvent en pareille circonstance, elle s’embarrasse dans des conceptions trop humaines, et les efforts inutiles qu’elle fait la fatiguent.

Elle a besoin d’un règlement ; elle le sait, son directeur le lui a dit et il lui en impose un : c’est un secours qui lui est offert pour qu’elle marche, sans s’égarer, sur le chemin où elle rencontrera la volonté de Dieu que nous indiquent les mille petits devoirs quotidiens de la vie ordinaire, pour lui en faciliter l’accomplissement souvent ennuyeux. Se présente-t-il quelque événement imprévu, auquel elle n’aurait qu’à se soumettre pour faire la volonté de Dieu : si cette soumission l’oblige à donner une légère entorse à son règlement, elle ne sait plus où est son devoir et elle se trouble. Le cardinal la rassure ; il lui montre de nouveau le chemin à suivre, avec autant de fermeté que de patience, de bon sens naturel que de prudence surnaturelle.

A la suite du Maître, il lui répète, sans se lasser, les conseils les plus simples, mais qui nous déroutent par leur simplicité même ; il la remet sur la seule voie qui conduise à la perfection les enfants de Dieu, que leur vocation les appelle loin du monde ou qu’ils soient destinés à vivre plus près de lui : l’oubli de soi, l’acceptation de la croix, l’imitation de Jésus-Christ et l’union avec lui.

Qu’elle s’oublie, qu’elle se renonce, qu’elle se purifie, il l’y encourage ; mais il la garde en même temps contre cette tendance, trop fréquente chez ceux qui la pratiquent, de prendre la pénitence pour une fin et non point pour un simple moyen, et il lui rappelle que la moindre des croix involontaires acceptée généreusement est d’un prix bien plus excellent et permet de donner à Dieu une plus grande preuve d’amour.

Mais il arrive qu’une âme délicate – et c’est ici le cas – n’ose pas s’ouvrir à cet amour, ne sachant comment unir en son cœur ce sentiment avec la crainte que lui inspire la vue de la sainteté divine et de sa propre misère.

Il l’exhorte donc à la confiance envers le Seigneur de toute miséricorde qui l’aime plus qu’elle ne sait le faire elle-même, comme un ami, comme un père, comme une mère, mais à qui l’on ne saurait faire de plus cruelle blessure que de manquer d’abandon avec lui ; il la ramène sans cesse à la pensée de cette Toute-Puissance trouvant mille moyens, qui nous sont inconnus, d’exercer sa miséricorde à l’égard de ses créatures, et l’engage à espérer contre toute espérance.

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