Catéchisme de la Somme théologique (VII)
par le fr. Thomas Pègues O.P.
Depuis le numéro 6 du Sel de la terre, nous donnons le texte du livre paru en 1918 sous le titre de La Somme théologique de saint Thomas d’Aquin en forme de catéchisme pour tous les fidèles. Nous avons utilisé l’édition de Privat-Téqui de 1929.
Le Sel de la terre.
Deuxième partie - L’homme (venu de Dieu et devant retourner à Dieu)
Première section - Vue générale de ce retour de l’homme à Dieu
8. Des vertus, qui peuvent et doivent être dans l’homme le principe de ses actes bons
QU’ENTENDEZ-VOUS par l’acquisition de la vertu ?
– J’entends l’obtention ou le perfectionnement de toutes les bonnes habitudes qui portent l’homme à bien agir (q. 49 à 68).
– Que sont ces bonnes habitudes qui portent l’homme à bien agir ?
– Ce sont des dispositions ou des inclinations qui se trouvent dans ses diverses facultés et qui rendent bons les actes de ces facultés (q. 55, a. 1-4).
– D’où viennent, dans les diverses facultés de l’homme, ces dispositions ou ces inclinations qui le portent à bien agir ?
– Elles viennent tantôt, partiellement, de la nature elle-même ; quelquefois, du sujet agissant dans le sens de la vertu ; quelquefois aussi directement de Dieu, qui les produit dans l’âme par son action surnaturelle (q. 43, a. 1-4).
– Y a-t-il de ces dispositions ou de ces bonnes habitudes et de ces vertus dans l’intelligence de l’homme ?
– Oui, il y a de ces inclinations ou de ces bonnes habitudes et de ces vertus dans l’intelligence de l’homme (q. 56, a. 3).
– Quel effet ont ces vertus dans l’intelligence de l’homme ?
– Elles la portent à ne se prononcer que pour la vérité (q. 56, a. 3).
– Quelles sont-elles, ces vertus, dans l’intelligence de l’homme ?
– Ce sont : l’intelligence, la science, la sagesse, l’art et la prudence (q. 57, a. 1-6).
– Quel est l’objet de chacune de ces vertus dans l’intelligence ou la raison de l’homme ?
– La première donne la connaissance des principes ; la seconde, la connaissance des conclusions ; la troisième, la connaissance des plus hautes causes ; la quatrième, la direction pour l’exécution des œuvres extérieures ; la cinquième, la direction de toute la vie morale (q. 57, a. 1-6).
– C’est donc la prudence qui est la plus importante dans la pratique de la vie morale ?
– Oui, c’est la prudence qui est la plus importante dans la pratique de la vie morale (q. 57, a. 5).
– N’y a-t-il que ces sortes de vertus dans l’intelligence de l’homme ?
– Il y a encore une autre vertu dans l’intelligence de l’homme, et qui est d’un ordre tout à fait supérieur (q. 62, a. 1-4).
– Quelle est cette autre vertu dans l’intelligence de l’homme, qui est d’un ordre tout à fait supérieur ?
– C’est la vertu de foi (Ibid.).
– Y a-t-il aussi des vertus du même ordre dans la volonté ?
– Oui, il y a aussi des vertus du même ordre dans la volonté (Ibid.).
– Comment les appelle-t-on, ces vertus du même ordre, dans la volonté ?
– On les appelle l’espérance et la charité (Ibid.).
– Ces vertus de foi, d’espérance et de charité portent-elles un nom spécial ?
– Oui, on les appelle vertus théologales (Ibid.).
– Qu’est-ce qu’on entend par ces mots : vertus théologales ?
– On entend signifier, par ces mots, que les vertus de foi, d’espérance et de charité s’occupent de Dieu lui-même, et qu’elles ont aussi leur unique source en Dieu (q. 62, a. 1).
– Y a-t-il encore quelque autre vertu dans la volonté ?
– Oui, il y a encore, dans la volonté, la vertu de justice ; et les autres vertus qui en dépendent (q. 56, a. 6 ; q. 59, a. 4 ; q. 60, a. 2-3).
– Y a-t-il d’autres facultés, dans l’homme, où des vertus se trouvent ?
– Oui, il y a les facultés affectives sensibles (q. 56, a. 4 ; q. 60, a. 4).
– Quelles sont les vertus qui se trouvent dans les facultés affectives sensibles ?
– Ce sont les vertus de force et de tempérance, et les autres vertus qui en dépendent.
– Comment appelle-t-on les vertus de justice, de force et de tempérance, et aussi de prudence ?
– On les appelle des vertus morales (q. 58, a. 1).
– Ne les appelle-t-on pas encore du nom de vertus cardinales ?
– Oui, on les appelle encore du nom de vertus cardinales (q. 56, a. 1-4).
– Qu’entend-on signifier par ces mots : vertus cardinales ?
– On veut dire par là que ce sont des vertus particulièrement importantes, qui sont comme les gonds (en latin cardo, cardinis), sur lesquels roulent toutes les autres vertus, en deçà des vertus théologales (Ibid.).
– Les vertus d’ordre naturel, ou acquises, intellectuelles ou morales, doivent-elles avoir, dans l’homme, des vertus correspondantes, qui soient d’ordre surnaturel, infusées par Dieu, en vue de perfectionner l’homme dans chacun des actes de sa vie morale ?
– Oui ; car ces vertus infuses seules sont proportionnées aux actes qu’impose à l’homme, dans sa vie morale surnaturelle, la fin surnaturelle que les vertus théologales lui donnent d’atteindre (q. 58, a. 3-4).
– Toutes ces vertus, théologales et cardinales, sont-elles nécessaires pour que l’homme vive bien ?
– Oui, toutes ces vertus sont nécessaires pour que l’homme vive bien (q. 65, a. 1-5).
– Et si l’homme manquait d’une quelconque de ces vertus, ne pourrait-il pas être dit vertueux ?
– Non ; car, si l’homme manque de l’une quelconque de ces vertus, ce qui peut lui rester des autres vertus n’a jamais en lui le caractère ou la raison de vertu parfaite (q. 65, a. 4).
9. Des dons, qui couronnent et complètent les vertus
– Suffit-il à l’homme, pour que sa vie soit ce qu’elle doit être en vue du ciel à conquérir, qu’il possède toutes les vertus dont il a été parlé ?
– Non ; il faut qu’il ait encore les dons du Saint-Esprit (q. 68, a. 2).
– Qu’entendez-vous par les dons du Saint-Esprit ?
– J’entends des dispositions habituelles qui existent dans l’homme par l’action de l’Esprit-Saint et qui rendent l’homme souple et docile à toutes les inspirations et à tous les mouvements intérieurs de l’Esprit-Saint mouvant l’homme en vue de la possession de Dieu dans le ciel (q. 68, a. 1-2-3).
– Pourquoi requérez-vous ces dons du Saint-Esprit en plus des vertus marquées précédemment ?
– Parce que l’homme, étant appelé à vivre en enfant de Dieu ne peut arriver à la perfection de cette vie que si Dieu lui-même, par son action propre, à laquelle les dons disposent, vient achever ce que l’action de l’homme, due à la mise en œuvre des vertus, ne peut qu’ébaucher (q. 68, a. 2).
– Combien y a-t-il de dons du Saint-Esprit ?
– Il y a sept dons du Saint-Esprit (q. 68, a. 4).
– Quels sont les sept dons du Saint-Esprit ?
– Ce sont les dons de sagesse, d’intelligence, de science, de conseil, de piété, de force et de crainte de Dieu (q. 68, a. 4).
10. Des béatitudes et des fruits du Saint-Esprit, résultat des vertus et des dons
– Lorsque l’homme est ainsi revêtu des vertus et des dons, a-t-il tout ce qu’il faut, en ce qui est de lui, pour vivre d’une vie parfaite en vue du ciel à conquérir ?
– Oui, lorsque l’homme est ainsi revêtu des vertus et des dons, il a tout ce qu’il faut, en ce qui est de lui, pour vivre d’une vie parfaite en vue du ciel à conquérir.
– Peut-on dire même qu’il a déjà en quelque sorte cette vie du ciel commencée ici sur la terre ?
– Oui, on peut dire même qu’il a déjà en quelque sorte cette vie du ciel commencée ici sur la terre ; et c’est en ce sens qu’on parle de béatitudes, sur cette terre, et de fruits du Saint-Esprit (q. 69, 70).
– Qu’entend-on par les béatitudes ?
– On entend, par les béatitudes, les actes des vertus et des dons, énumérés par Notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Évangile, et qui, par leur présence dans l’âme, ou par les mérites qu’ils y ont laissés, forment pour nous comme le gage de la future béatitude promise à chacun d’eux (q. 69, a. 1).
– Et qu’entend-on par les fruits du Saint-Esprit ?
– On entend, par les fruits du Saint-Esprit, des actes bons, de nature à causer du plaisir à l’homme vertueux, alors qu’il agit, dans l’ordre surnaturel, sous l’influence de l’Esprit-Saint (q. 70, a. 1).
– Les fruits se distinguent-ils des béatitudes ?
– Si les fruits sont tout ce qu’il y a de plus parfait, au sens absolu, pour l’homme, ils se confondent avec le fruit par excellence, qui est la béatitude du ciel. Ils peuvent aussi s’identifier aux béatitudes de la terre ; mais ils s’en distinguent en ce sens que la seule raison de bonté leur suffit, sans requérir la raison de perfection ou d’excellence essentielle aux béatitudes (q. 70, a. 2).
– Quelles sont les béatitudes et leurs récompenses ?
– Ce sont : Bienheureux les pauvres en esprit, parce que le Royaume des Cieux est à eux ; – bienheureux ceux qui sont doux, parce qu ’ils posséderont la terre ; – bienheureux ceux qui pleurent, parce qu’ils seront consolés ; – bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu’ils seront rassasiés ; – bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde ; – bienheureux les purs de cœur, parce qu’ils verront Dieu ; – bienheureux les pacifiques, parce qu’ils seront appelés enfants de Dieu (q. 69, a. 2-4).
– Quels sont les fruits du Saint-Esprit ?
– Les fruits du Saint-Esprit sont : la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la mansuétude, la fidélité, la modestie, la continence et la chasteté (q. 70, a. 3).
– Où trouve-t-on énumérés ces fruits du Saint-Esprit ?
– On les trouve énumérés dans l’épître de saint Paul aux Galates, ch. 5, vv. 22-23.
– Et les béatitudes, où les trouve-t-on énumérées ?
– On trouve les béatitudes énumérées en saint Matthieu, ch. 5, vv. 3-10 ; et, d’une manière moins complète, en saint Luc, ch. 6, vv. 20-22.
– N’y a-t-il pas une huitième béatitude en saint Matthieu qui se trouve aussi reproduite en saint Luc ?
– Oui, c’est la béatitude de ceux qui souffrent persécution pour la justice ; mais elle se ramène aux sept premières, et en est comme le résumé ou la conséquence (q. 69, a. 3, ad 5).
– Il ne peut donc y avoir rien de meilleur pour l’homme, sur cette terre, que de vivre ainsi de la vie des vertus et des dons s’épanouissant dans les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit ?
– Non, il ne peut rien y avoir de meilleur pour l’homme, sur cette terre, que de vivre ainsi de la vie des vertus et des dons s’épanouissant dans les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit.
11. Des vices qui peuvent être, dans l’homme, principe de ses actes mauvais
— Y a-t-il une autre vie dont l’homme puisse vivre sur cette terre, et qui soit opposée à la vie des vertus et des dons s’épanouissant dans les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit ?
— Oui, c’est la vie du péché ou du vice (q. 71 et 89).
— Qu’est-ce que vous entendez par le vice ?
— J’entends, par le vice, l’état de l’homme qui vit dans le péché (q. 71, a. 1-6).
— Qu’est-ce que le péché ?
— Le péché est un acte ou une omission volontaire qui est chose mauvaise (q. 71, a. 5-6).
— Quand est-ce qu’un acte ou une omission volontaire est chose mauvaise ?
— Quand cet acte ou cette omission est contraire au bien de Dieu, ou au bien du prochain, ou au bien de l’homme lui-même (q. 72, a. 4).
— Comment se fait-il que l’homme puisse ainsi vouloir quelque chose qui soit contraire au bien de Dieu, ou au bien du prochain, ou à son propre bien à lui ?
— Parce qu’il peut vouloir quelque autre bien qui s’oppose au bien de Dieu, ou au bien du prochain, ou à son propre bien à lui (q. 71, a. 2 ; q. 77, a. 4).
— Quel est cet autre bien que l’homme peut vouloir et qui s’oppose au bien de Dieu, ou au bien du prochain, ou à son propre bien à lui ?
— C’est le bien qui flatte ses sens, ou son ambition, ou son orgueil (q. 72, a. 2-3 ; q. 77, a. 5).
— Et d’où vient que l’homme peut ainsi vouloir le bien qui flatte ses sens, ou son ambition, ou son orgueil, en opposition avec le bien de Dieu, le bien du prochain et son propre bien à lui ?
— Cela vient de ce que ses sens peuvent se porter à ce qui leur plaît, prévenant ou entraînant la raison et la volonté, qui ne s’y opposent pas, quand elles pourraient et devraient s’y opposer (q. 71, a. 2, ad 3).
— C’est donc dans la recherche indue des biens sensibles et temporels que se trouvent, pour l’homme, le commencement, et, en quelque sorte, la raison de tous ses péchés ?
— Oui, c’est dans la recherche indue des biens sensibles et temporels, que se trouvent, pour l’homme, le commencement, et, en quelque sorte, la raison de tous ses péchés.
— Comment appelle-t-on cette pente à rechercher, d’une façon indue, les biens sensibles et temporels, qui se trouve dans l’homme ?
— On l’appelle la concupiscence ou la convoitise (q. 77, a. 1-5).
12. Du péché originel ; et de ses suites, ou des blessures de la nature humaine
— Est-ce que cette concupiscence existait dans l’homme selon le premier état où il fut créé par Dieu ?
— Non, cette concupiscence n’existait pas dans l’homme selon le premier état où il fut créé par Dieu.
— Pourquoi donc se trouve-t-elle maintenant dans l’homme ?
— Elle se trouve maintenant dans l’homme, parce que l’homme est dans l’état de chute (q. 81 et 83).
— Qu’est-ce que vous entendez par l’état de chute dans l’homme ?
— J’entends l’état qui a succédé au premier péché du premier homme, et qui est l’effet de ce premier péché (q. 81, a. 1 ; q. 82, a. 1).
— Pourquoi cet état qui a succédé au premier péché du premier homme et qui est l’effet de ce premier péché se trouve-t-il en chacun de nous maintenant ?
— Cet état se trouve en chacun de nous maintenant, parce que nous avons reçu du premier homme la nature qui est la nôtre (q. 81, a. 1).
— Si le premier homme n’avait pas péché, aurions-nous reçu de lui notre nature dans un autre état ?
— Oui, si le premier homme n’avait pas péché, nous aurions reçu de lui notre nature dans l’état d’intégrité et de justice originelle (q. 81, a. 2).
— L’état dans lequel nous recevons maintenant du premier homme notre nature est-il un état de péché ?
— Oui, l’état dans lequel nous recevons maintenant du premier homme notre nature est un état de péché (q. 81, a. 1 ; q. 82, a. 1).
— Pourquoi cette nature que nous recevons maintenant du premier homme est-elle dans un état de péché ?
— Parce que nous la recevons de lui telle qu’elle est, en raison même et comme suite de son péché (q. 81, a. 1).
— Et comment s’appelle cet état de péché de la nature que nous recevons ainsi du premier homme comme suite de son péché ?
— Cet état s’appelle le péché originel (Ibid.).
— C’est donc par le fait même que nous recevons d’Adam pécheur notre nature dans cet état, que se transmet à chacun de nous le péché originel ?
— Oui, c’est par le fait même que nous recevons d’Adam pécheur notre nature dans cet état, que se transmet à chacun de nous le péché originel (Ibid.).
— Que comporte cet état de péché affectant la nature humaine en chacun de nous, qu’on appelle le péché originel ?
— Il comporte la privation de tous les dons surnaturels ou gratuits, que Dieu avait mis dans notre nature, en la personne du premier homme, notre père commun (q. 82, a. 1).
— Quels étaient ces dons surnaturels ou gratuits, dont la privation constitue en nous l’état de péché qui est le péché originel ?
— Ces dons surnaturels ou gratuits étaient : d’abord, la grâce sanctifiante avec les vertus surnaturelles infuses et les dons du Saint-Esprit ; et aussi le privilège de l’intégrité qui était attaché à ces dons surnaturels.
— Que comportait ce privilège de l’intégrité accordé à notre nature ?
— Il comportait la parfaite subordination des sens à la raison et du corps à l’âme.
— Que résultait-il de cette parfaite subordination des sens à la raison et du corps à l’âme ?
— Il en résultait que l’homme ne pouvait avoir, dans la partie affective sensible, aucun mouvement désordonné ; et que son corps était impassible et immortel.
— La mort et les autres misères corporelles sont donc l’effet propre du péché ?
— Oui, la mort et les autres misères corporelles sont l’effet propre du péché (q. 85, a. 5).
— Comment appelle-t-on les suites du péché du côté de l’âme ?
— On les appelle les blessures de l’âme.
— Pourriez-vous me dire quelles sont ces blessures de l’âme ?
— Ce sont : l’ignorance, la malice, l’infirmité et la concupiscence (q. 85, a. 3).
— Qu’entendez-vous par l’ignorance ?
— J’entends cet état de l’intelligence ou de la raison qui fait qu’elle se trouve destituée de l’ordre connaturel qu’elle avait au vrai dans l’état d’intégrité (q. 85, a. 3).
— Qu’entendez-vous par la malice ?
— J’entends cet état de la volonté qui fait qu’elle se trouve destituée de l’ordre connaturel qu’elle avait au bien dans l’état d’intégrité (q. 85, a. 3).
— Qu’entendez-vous par l’infirmité ?
— J’entends cet état de la partie affective sensible qui fait qu’elle se trouve destituée de l’ordre connaturel à tout ce qui est ardu ou difficile qu’elle avait dans l’état d’intégrité (q. 85, a. 3).
— Qu’entendez-vous par la concupiscence ?
— J’entends cet état de la partie affective sensible, qui fait qu’elle se trouve destituée de l’ordre connaturel au plaisir sensible modéré par la raison, qu’elle avait dans l’état d’intégrité (q. 85, a. 3).
— Ces quatre blessures de la nature sont-elles proprement l’effet du premier péché du premier homme ?
— Oui, ces quatre blessures de la nature sont proprement l’effet du premier péché du premier homme (q. 85, a. 3).
— Sont-elles aggravées par les péchés personnels des parents et des individus ?
— Oui, elles sont aggravées par les péchés personnels des parents et des individus (q. 85, a. 1-2).
— Y a-t-il des péchés personnels qui aient une influence particulièrement mauvaise pour amener l’homme à commettre d’autres péchés ?
— Oui ; ce sont les péchés capitaux.
— Quels sont les péchés capitaux ?
— Ce sont : la vaine gloire ; l’avarice ; la gourmandise ; la luxure ; la paresse ; l’envie ; la colère.
— Malgré toutes ces causes de péché qui sont dans l’homme et qui proviennent soit du premier péché du premier homme, soit des autres péchés qui ont suivi dans les divers hommes, devons-nous dire que l’homme demeure libre dans ses actes moraux et n’est jamais nécessité à pécher ?
— Oui, malgré toutes ces causes de péché qui sont dans l’homme, et qui proviennent soit du premier péché du premier homme, soit des autres péchés qui ont suivi dans les divers hommes, nous devons dire que l’homme demeure libre dans ses actes moraux et qu’il n’est jamais nécessité à pécher.
— Que faudrait-il pour que l’homme cessât d’être libre dans ses actes en raison de toutes ces suites du péché ?
— Il faudrait qu’elles eussent pour effet de lui faire perdre la raison (q. 77, a. 7).
— A moins donc que l’homme perde sa raison, il demeure toujours libre dans ses actes, de telle sorte qu’il dépend de lui de ne pas pécher ?
— Oui ; à moins que l’homme perde sa raison, il demeure toujours libre dans ses actes, de telle sorte qu’il dépend de lui de ne pas pécher.
— Cette liberté peut-elle cependant être moins pleine et moins parfaite à cause de ces suites du péché, de telle sorte que l’homme, quand il pèche encore, se trouve moins coupable ?
— Oui, la liberté de l’homme est moins pleine et moins parfaite à cause de ces suites du péché, de telle sorte que l’homme, quand il pèche encore, se trouve moins coupable ; à moins que ses fautes personnelles soient elles-mêmes pour une part dans cette diminution de sa parfaite liberté (q. 77, a. 6).

