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Lisez, faites circuler Le Sel de la terre !

 

 

lE 30 JANVIER 1956, Jean Madiran adressait une lettre aux futurs lecteurs de la revue Itinéraires dont le premier numéro devait paraître le 1er mars suivant. Dans cette lettre, il leur disait, entre autres choses :

Une revue vivante est une revue qui circule. Dès sa parution, vous la ferez circuler autour de vous. Mais avant sa parution, il dépend de vous de donner à la revue Itinéraires les moyens matériels de circuler et d’être présente […] dans le public qu’elle veut atteindre.

Le Sel de la terre n’en est plus à son premier numéro. Il existe depuis trente-deux ans et le présent numéro est sa cent-vingt-sixième livraison.

Mais il a plus que jamais besoin de ses lecteurs connus et inconnus pour continuer de vivre et de circuler, et d’atteindre le public qu’il veut atteindre.

Car, même si le nombre des traditionalistes grandit, le nombre de ceux qui lisent et font l’effort de se former sérieusement se rétrécit dangereusement, spécialement parmi les jeunes. Nous ne sommes pas les seuls à le constater : tous ceux qui œuvrent par l’écrit pour diffuser la bonne doctrine s’en plaignent et s’inquiètent pour l’avenir du combat des idées.

Il y a plusieurs causes à cela.

La société que nous fabrique le monde moderne est agitée, tourbillonnante, superficielle, immergée dans le matérialisme et les soucis pratiques, et, bon gré mal gré, nous sommes tous contaminés. Lire, étudier, prier, réfléchir, ménager un espace de contemplation dans notre quotidien est difficile et demande un effort qui peut être héroïque.

A cela s’ajoute l’envahissement du numérique (téléphones portables, sites internet, vidéos, réseaux sociaux…). Même les familles catholiques traditionnelles se laissent submerger et n’arrivent pas à se libérer de cette emprise.

Et que dire de la lassitude du combat, des querelles et des divisions qui atteignent les meilleurs et exercent sur les esprits une emprise paralysante. Sans doute, il y aura toujours en cette vie des lignes de partage et des désaccords, il faut seulement qu’ils soient tracés selon la vérité de ce qu’on est. La pire des tactiques, dans l’ordre spirituel, est de taire ce que l’on pense et de voiler ce que l’on est. C’est pourquoi Le Sel de la terre a choisi de dire clairement comment il voit les choses et se situe dans la situation actuelle.

Nous sommes donc amenés, chers lecteurs, à nous interroger et à clarifier ce que nous voulons : adopter la loi du moindre effort dans le sillage de tous ceux qui se laissent glisser sur la pente de la facilité et du laisser-faire généralisé, ou bien prendre conscience de la grâce qui nous est faite, dans ce monde apostat, de connaître la vérité et prendre les moyens de la posséder et d’en vivre.

N’abandonnons pas le combat doctrinal. Rappelons-nous que l’intelligence est la première des facultés de l’homme. Ou, comme le dit l’adage populaire, que ce sont les idées qui mènent le monde : si ce ne sont pas les idées vraies, ce sera l’erreur ; si ce n’est pas l’Évangile et saint Thomas d’Aquin, ce sera Voltaire, Karl Marx ou Emmanuel Kant…

Or l’intelligence est faite pour la vérité ; c’est son objet propre, c’est sa nourriture : seule la vérité peut la remplir et la combler. Sans la vérité, l’âme humaine s’anémie, se vicie, meurt. Il n’y a rien dont l’homme ait plus besoin que la vérité. C’est pourquoi Notre-Seigneur a résumé tout son ministère par ce seul mot : « Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité, écoute ma voix » (Jn 18, 37).

A la suite de Notre-Seigneur, il faut donc enseigner la vérité et, par conséquent, commencer par la connaître, par l’étudier soi-même et par en vivre. Pourvu qu’elle soit entière et non pas diminuée, cette vérité nous délivrera de la tyrannie des passions et de tous nos raisonnements faux.

Or, comme moyen d’étude et de propagation de la vérité, une revue doctrinale est, de loin, l’un des plus adaptés et des plus efficaces.

C’est pourquoi, chers lecteurs, nous renouvelons notre appel : Faites vivre et circuler le Sel de la terre et donnez-lui les moyens matériels de continuer à paraître en suscitant de nouveaux abonnés.

Depuis la fondation de la revue, il y a plus de trente ans, les tarifs d’abonnement au Sel de la terre n’ont pratiquement jamais augmenté, parce que nous voulons pouvoir être lus par tous.

Pourtant, en trente ans, le coût de la vie a considérablement augmenté, spécialement ces dernières années, avec une forte hausse du prix du papier et des frais postaux. Nous nous voyons donc obligés, pour équilibrer nos comptes, de réajuster les prix d’abonnement, tout en les maintenant dans la fourchette la plus basse possible.

Le prix du numéro passe donc de 15 à 18 € et l’abonnement s’élève désormais à 59 € au lieu de 48. (Voir le bulletin d’abonnement à la fin de ce numéro.)

Nous remercions chaleureusement tous ceux d’entre vous qui, pour nous aider, accepteront de souscrire un abonnement de soutien (79 €) ou un abonnement bienfaiteur (à partir de 160 €).

N’oubliez pas, non plus, de parler de la revue à vos amis. Mieux encore, si vous le pouvez : offrez-leur un abonnement. N’y a-t-il pas, dans votre entourage, un étudiant ou un jeune couple à qui cette nourriture ferait du bien ?

Que Dieu vous garde !

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 126

p. 1-2

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