Les « accords » de Campos
Le 18 janvier dernier, à six jours du renouvellement du scandale d’Assise, l’Union Sacerdotale Saint-Jean-Marie Vianney, dirigée par Mgr Licinio Rangel et regroupant les prêtres qui ont reçu l’héritage de Mgr de Castro Mayer, a été accueillie dans « la pleine communion ecclésiale » de l’Église conciliaire au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée dans la cathédrale de Campos, en présence notamment du cardinal Castrillón Hoyos, du nonce, de l’évêque du lieu, de l’évêque de Nova Friburgo (connu pour encourager les occupations illégales de propriétés [1]) et de l’ancien évêque de Campos (qui a chassé tous les prêtres traditionalistes de leurs paroisses).
Pour aider nos lecteurs à se former une opinion sur cet événement, nous leur donnons ces quelques documents, accompagnés de commentaires.
Le Sel de la terre.
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Lettre des prêtres de Campos au pape *
Très Saint-Père,
HUMBLEMENT prosternés aux pieds de Votre Sainteté, nous prêtres de l’Union Sacerdotale Saint-Jean-Marie Vianney du diocèse de Campos, état de Rio, Brésil, désirons présenter une demande au Vicaire du Christ et lui exprimer notre gratitude.
Nous n’avons aucun titre à mettre en avant ; nous sommes les derniers prêtres de Votre presbyterium ; nous ne possédons ni distinction, ni qualité, ni mérite. Mais notre état, d’ailleurs honorable, est de faire partie des brebis de Votre troupeau et cela est assez pour retenir l’attention de Votre Sainteté. L’unique titre que nous revendiquons avec honneur est celui de catholiques apostoliques et romains.
Et, au nom de notre foi catholique apostolique et romaine, nous nous sommes efforcés de garder la sainte Tradition doctrinale et liturgique que la sainte Église nous a léguée et, dans la mesure de notre faible force et soutenus par la grâce de Dieu, de résister à ce que Votre prédécesseur d’illustre mémoire le pape Paul VI a appelé l’« autodémolition » de l’Église. C’est de cette manière que nous espérons rendre le meilleur service à Votre Sainteté et à la sainte Église [2].
Très Saint-Père,
Nous avons toujours considéré être dans l’Église catholique, dont nous n’avons jamais eu l’intention de nous séparer malgré la situation de l’Église et les problèmes qui ont affecté les catholiques de la ligne traditionnelle, que Votre Sainteté connaît, et qui, nous le croyons, remplissent Votre cœur comme les nôtres de douleur et d’angoisse : cependant juridiquement nous avons été considérés comme vivant en marge de l’Église [3].
Voici donc notre demande : que nous soyons acceptés et reconnus comme catholiques [4].
Venant au devant de notre désir, Votre Sainteté a chargé Son Éminence le cardinal Dario Castrillón Hoyos, Préfet de la sacrée congrégation pour le Clergé, de procéder à la reconnaissance juridique de notre position de catholiques dans l’Église. Que nous en sommes reconnaissants à Votre Sainteté [5] !
Nous demandons, officiellement, à collaborer avec votre Sainteté dans l’œuvre de la propagation de la foi et de la doctrine catholique [6], avec zèle et pour l’honneur de la sainte Église, « signum levatum in nationes » [signe élevé pour les nations (Is 11, 12)] ; dans le combat contre les erreurs et les hérésies qui menacent de détruire la barque de Pierre, inutilement puisque « les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre elle ».
Nous déposons dans les augustes mains de Votre Sainteté notre profession de foi catholique : nous professons une parfaite communion avec la Chaire de Pierre dont Votre Sainteté est légitime successeur [7]. Nous reconnaissons Votre primauté et Votre gouvernement sur l’Église universelle, pasteurs et fidèles. Nous déclarons que, pour rien en ce monde nous ne voulons nous séparer de la Pierre sur laquelle Jésus-Christ a fondé son Église. Et si par hasard dans la chaleur de la bataille pour la défense de la Vérité catholique nous avons commis quelque erreur ou causé quelque déplaisir à Votre Sainteté, en dépit du fait que notre intention ait toujours été de servir la sainte Église, nous implorons humblement Votre pardon paternel [8].
Nous renouvelons l’expression du plus profond sentiment de vénération envers l’auguste personne du Vicaire de Jésus-Christ sur la terre, et sollicitons pour nous et pour notre ministère le bienfait précieux de la bénédiction apostolique.
Nous sommes de Votre Sainteté, les fils humbles et obéissants [9],
Campos de Goytocazes, État de Rio de Janeiro, Brésil, le 15 août 2001, fête de l’Assomption de la très sainte Vierge Marie. (Suivent les signatures de Mgr Rangel et de tous les autres membres de l’Union Sacerdotale Saint-Jean-Marie Vianney.)
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Réponse du souverain
pontife Jean-Paul II *
Venerabili Fratri Licinio Rangel dilectisque Filiis Unionis Sancti Ioannis Mariæ Vianney Camposinæ in Brasilia. | A MON VÉNÉRÉ FRÈRE Licinio Rangel et aux bien-aimés fils de l’Union Saint-Jean-Marie Vianney de Campos au Brésil. |
Ecclesiæ unitas est donum, quod nobis præbet Dominus, Pastor et Caput Mystici Corporis, quodque eodem tempore certam postulat responsionem uniuscuiusque eius membri, accipientis instantem Redemptoris orationem : « Ut omnes unum sint, sicut tu, Pater, in me et ego in te, ut et ipsi in nobis unum sint: ut mundus credat quia tu me misisti » (Io 17, 21). | L’unité de l’Église est un don qui nous vient du Seigneur, Pasteur et Chef du Corps mystique mais qui, dans le même temps, demande la réponse effective de chacun de ses membres, qui accueille la prière pressante du Rédempteur : « Qu’ils soient un, comme vous, Père, vous êtes en moi et moi en vous, qu’ils soient eux aussi un en nous : afin que le monde croie que vous m’avez envoyé » (Jn 17, 21) [10]. |
Maximo cum gaudio recepimus vestras litteras, datas die XV mensis Augusti hoc anno, quibus universa Unio redintegravit suam fidei catholicæ professionem, plenam cum Petri Cathedra significando communionem, agnoscendo « ipsius Primatum et regimen super universalem Ecclesiam, pastores et fideles », declarando quoque « nullam prorsus ob rationem se velle separari a Petra, super quam Iesus Christus suam fundavit Ecclesiam ». | C’est avec une joie suprême que Nous avons reçu [11] votre lettre du 15 août de cette année, à travers laquelle l’Union tout entière a renouvelé [rétabli [12] ?] sa profession de foi catholique, se déclarant en pleine communion avec la Chaire de Pierre, reconnaissant « son Primat et son gouvernement sur l’Église universelle, sur les pasteurs et sur les fidèles », en déclarant également que « pour rien au monde, nous ne voulons nous dissocier de la Pierre sur laquelle Jésus-Christ a fondé son Église ». |
Summo cum gaudio pastorali accepimus vos cooperari velle cum beati Petri Successore in propagatione Fidei et Doctrinæ Catholicæ, honori studentes sanctæ Ecclesiæ – quæ est levatum signum in nationes (Is 11, 12) – atque adversus eos certantes qui inaniter conantur quassare Petri Navem, quia portæ inferi non prævalebunt adversum eam (Mt 16,18). | Avec une vive joie pastorale, Nous avons pris acte de votre désir de collaborer avec le Siège de Pierre à la propagation de la foi et de la doctrine catholique dans l’engagement pour l’honneur de la sainte Église – qui est un signe levé pour les nations (Is 11, 12) – et dans la lutte contre ceux qui tentent de détruire la barque de Pierre, inutilement, car les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle (Mt 16, 18) [13]. |
Gratias agimus Domino Uno et Trino propter tam bonos animi sensus ! | Nous rendons grâce au Seigneur un et trine pour ces bonnes dispositions [14] ! |
His omnibus consideratis et præ oculis habentes gloriam Dei, bonum sanctæ Ecclesiæ necnon hanc legem supremam quæ est salus animarum (cfr can. 1752 CIC), consentientes ex animo vestræ petitioni ut admitti possitis ad plenam communionem cum Ecclesia Catholica, canonice agnoscimus vos ad eam pertinere. | En considérant tout cela et en tenant compte de la gloire de Dieu, du bien de la sainte Église et de la loi suprême, qui est le salut des âmes (voir le canon 1752 du code de Droit canonique), acceptant avec affection votre requête d’être accueillis [litt. de pouvoir être accueillis] dans la pleine communion de l’Église catholique [15], Nous reconnaissons canoniquement votre appartenance à celle-ci. |
Eodem tempore certiorem te facimus, Venerabilis Frater, paratum iri documentum legislativum, quod formam iuridicam approbationis vestrarum rerum ecclesiasticarum constituet quo confirmabitur observantia vestrarum peculiarium rerum. | Dans le même temps, Nous te communiquons, vénéré frère, qu’est actuellement en préparation le document législatif qui établira la forme juridique de reconnaissance de votre réalité ecclésiale, par laquelle sera confirmé le respect de votre particularité [16]. |
Hoc documento Unio canonice erigetur tamquam Administratio Apostolica personalis, quæ erit immediate subiecta huic Sedi Apostolicæ et habebit suum territorium in dioecesi Camposina. Agetur de iurisdictione cumulativa cum Ordinario loci. Eius regimen concreditum erit tibi, Venerabilis Frater, tuæque providebitur successioni. | Dans ce document, l’Union sera canoniquement érigée comme Administration apostolique, à caractère personnel, dépendant directement de ce Siège apostolique et avec un territoire dans le diocèse de Campos. Il s’agira d’une juridiction cumulative avec celle de l’ordinaire du lieu. Son gouvernement te sera confié, vénéré frère, et ta succession sera assurée [17]. |
Confirmabitur Administrationi Apostolicæ facultas celebrandi Eucharistiam et Liturgiam Horarum secundum Ritum Romanum atque disciplinam liturgicam ad Nostri Decessoris sancti Pii V præscripta, cum accommodationibus inductis ab eius Successoribus usque ad beatum Ioannem XXIII. | On confirmera à l’Administration apostolique la faculté de célébrer l’eucharistie et la liturgie des heures selon le rite romain et la discipline liturgique codifiés par Notre prédécesseur saint Pie V, avec les adaptations introduites par ses successeurs jusqu’au bienheureux Jean XXIII [18]. |
Maxima quidem lætitia, ut certa reddatur plena communio, declaramus remissionem censuræ de qua agitur in can. 1382 CIC quoad te, Venerabilis Frater, simulque remissionem omnium censurarum atque veniam omnium irregularitatum in quas inciderunt alia membra istius Unionis. | C’est donc avec une joie profonde que, pour rendre la pleine communion effective [19], Nous déclarons la levée de la censure dont il est question au canon 1382 du Code de Droit canonique [20], en ce qui te concerne, vénéré frère, ainsi que la levée de toutes les censures et la dispense de toutes les irrégularités commises par les autres membres de l’Union [21]. |
Non fugit Nos singularis dies quo datæ sunt litteræ vestræ, sollemnitate videlicet contingente Assumptionis BMV. Eidem sanctæ Matri Dei et Ecclesiæ committimus hoc actum cum voto, quod fit oratio, unanimioris in dies convictus inter clerum et fideles eiusdem Unionis ac dilectæ dioecesis Camposinæ, ad renovatum fervorem authentice missionarium Sanctæ Ecclesiæ. | La date significative à laquelle ta lettre a été signée, c’est-à-dire la solennité de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie, ne Nous a pas échappé. C’est à elle, la sainte Mère de Dieu et de l’Église, que Nous confions cet acte, avec le vœu, qui devient prière, d’une coexistence toujours plus harmonieuse entre le clergé et les fidèles de cette Union et du bien-aimé diocèse de Campos, afin que la sainte Église retrouve une nouvelle vi gueur authentiquement missionnaire [22]. |
Omnibus membris Unionis sancti Ioannis Mariæ Vianney imo ex corde largimur peculiarem Apostolicam Benedictionem. | Du plus profond de Notre cœur, Nous donnons à tous les membres de l’Union Saint-Jean-Marie Vianney, une bénédiction apostolique spéciale. |
Ex Aedibus Vaticanis, die XXV mensis Decembris, in sollemnitate Nativitatis Domini, anno MMI, Pontificatus Nostri vicesimo quarto. | Du Vatican, le 25 du mois de décembre, en la solennité du Noël du Seigneur, en l’année 2001, vingt-quatrième de Notre pontificat. |
ioannes paulus pp. ii. | Jean-Paul II. |
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Déclaration conjointe de Mgr Rangel
et de l’évêque du lieu, le 14 janvier
LE DIOCÈSE de Campos et l’Union Sacerdotale Saint-Jean-Baptiste-Marie Vianney ont la satisfaction de communiquer à tous les prêtres, fidèles catholiques, et autres personnes en général, que notre Saint-Père, le pape Jean-Paul II, a signé le document d’accueil dans la pleine communion ecclésiale des prêtres de Campos, membres de l’Union sacerdotale Saint-Jean-Marie Vianney, ainsi que des fidèles catholiques assistés par eux. Ils sont de ce fait considérés comme parfaitement insérés au sein de la sainte Église catholique, apostolique et romaine [23].
Cet accueil sera officialisé par une cérémonie solennelle célébrée, au nom de notre Saint-Père le pape, dans la basilique cathédrale du Saint-Sauveur par Son Éminence le cardinal Dario Castrillon, préfet de la sacrée congrégation pour le Clergé, le 18 janvier 2002, en présence de Son Excellence le Nonce apostolique, Mgr Alfio Rapisarda, ainsi que d’évêques de la région, avec la participation des prêtres du diocèse de Campos et de l’Union Sacerdotale Saint-Jean-Baptiste-Marie Vianney.
La cérémonie consistera en la lecture des documents officiels suivie du chant du Te Deum, hymne officiel d’action de grâces. Suivra un moment marial, un hommage à Notre-Dame dans l’église du Cœur Immaculé de Notre-Dame du Rosaire de Fatima (P. Fernando [24]), à laquelle assisteront les prêtres de l’Union Sacerdotale.
Des détails supplémentaires seront donnés par Son Éminence le cardinal Castrillon au cours de la cérémonie.
Nous nous souvenons, de plus, de l’appel du Saint-Père, le pape Jean-Paul II.
« Tous les pasteurs et les autres fidèles doivent aussi avoir une conscience nouvelle non seulement de la légitimité mais aussi de la richesse que représente pour l’Église la diversité des charismes et des traditions de spiritualité et d’apostolat. Cette diversité constitue aussi la beauté de l’unité dans la variété : telle est la symphonie que, sous l’action de l’Esprit-Saint, l’Église terrestre fait monter vers le ciel ». (Motu proprio Ecclesia Dei adflicta [25]).
C’est donc avec une joie intense que nous faisons part à tous de ce geste de bonté de Notre Saint-Père le pape, en formant le vœu de voir s’accroître l’union entre les catholiques, « l’unité dans la variété [26] », comme le demande le Saint-Père lui-même, dans la même foi et la même charité, pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de la sainte Église.
Campos dos Goytacazes, 14 janvier 2002,
† Mgr Roberto Gomes Guimarâes – évêque diocésain de Campos.
† Mgr Licinio Rangel – évêque supérieur de l’Union Sacerdotale.
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Déclaration de Mgr Rangel du 18 janvier 2002
Declarção do Exmo Sr. Bispo dom Licinio Rangel, Bispo titular de Zarna, administrador apostolico da administração apostolica pessoal « São João Maria Vianney » | DÉCLARATION de Son Excellence Mgr Licinio Rangel, évêque titulaire de Zarna, administrateur apostolique de l’Administration apostolique personnelle Saint-Jean-Marie Vianney. |
Declaro, juntamente com os Sacerdotes da Administração Apostolica « São João Maria Vianney » de Campos, Brasil, o seguinte: | « Je déclare, en union avec les prêtres de l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney de Campos, Brésil, les points suivants : |
– Reconhecemos o Santo Padre, o Papa João Paul II, com todes os seus poderes e prerrogativas, prometendo-lhe nossa obediência filial e offérecendo nossa oração por ele. | – Nous reconnaissons le Saint-Père, le pape Jean-Paul II, avec tous ses pouvoirs et prérogatives, lui promettant notre obéissance filiale et offrant nos prières pour lui [27]. |
– Reconhecemos o Concilio Vatican II como um dos Concilios Ecumênicos da Igreja Catôlica, accitando-o à luz da Sagrada Tradição | – Nous reconnaissons le concile Vatican II comme l’un des conciles œcuméniques de l’Église catholique, l’acceptant à la lumière de la sainte Tradition [28]. |
– Reconhecemos a validade do Novus Ordo Missæ, promulgado pelo Papa Paulo VI, sempre que celebrado corretamente e com a intenção de oférecer o verdadeiro Sacrifício da Santa Missa. | – Nous reconnaissons la validité du Novus Ordo Missæ, promulgué par le pape Paul VI, chaque fois qu’il est célébré correctement et avec l’intention d’offrir le véritable sacrifice de la sainte messe [29]. |
– Empenhamo-nos em aprofundar todas as questões ainda abertas, levando em consideração o cãnon 212 do Codigo de Direito Canónico com um sincero esperito de humilidade e de caridade fraterna para com todos. In principiis unitas, in dubiis libertas, in omnibus charitas (S. Agostinho). | – Nous nous engageons à approfondir toutes les questions encore ouvertes, prenant en considération le canon 212 du code de Droit canon [30] et avec un sincère esprit d’humilité et de charité fraternelle envers tous. In principiis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas [31] (Saint Augustin) [32]. Campos, Brésil, le 18 janvier 2002. |
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Le dimanche 18 janvier, à la cathédrale de Campos.
Mgr Rangel signe les « accords », sur la « table » servant à dire la nouvelle messe, sous l’œil du cardinal Castrillón Hoyos. |
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Cardinal Hoyos : « Je vous apporte les bras grand ouverts de Jean-Paul II… Ce sont des bras qui, comme la colonnade de la place Saint-Pierre, s’ouvrent dans une étreinte universelle… » Le père Rifan (photo) et les prêtres de Campos sont-ils en train de s’ouvrir à cette étreinte œcuménique universelle ? |
Une invitation à l’unité,
à la communion et à la mission *
Paroles du cardinal Castrillón Hoyos,
président de la commission pontificale Ecclesia Dei.
Le vendredi 18 janvier, dans la cathédrale du Très-Saint-Sauveur de Campos, au Brésil, a eu lieu l’acte d’érection de l’Administration apostolique personnelle Saint-Jean-Marie Vianney. Au cours de la célébration, le cardinal Dario Castrillón Hoyos, préfet de la congrégation pour le Clergé et président de la commission pontificale Ecclesia Dei, a remis au nouvel administrateur apostolique, S. Exc. Mgr Licinio Rangel, le texte de la lettre pontificale (que nous publions ci-dessus) par laquelle Jean-Paul II a accueilli l’évêque brésilien dans la pleine communion ecclésiale. Nous publions ci-dessous le texte de l’allocution que le cardinal Hoyos a prononcée à cette occasion :
1. |
DANS l’indicible réalité du Corps mystique du Christ qu’est l’Église, grand est le Seigneur qui, au plus profond de sa miséricorde, a préparé ce moment de sainte joie.
J’aime à penser que la sainte Vierge, qui a avancé l’heure du Seigneur à Cana de Galilée (voir Jn 2, 1-5) et qui a été le cœur ecclésial du Cénacle en se montrant Mère et Reine des apôtres (voir Ac 2, 14), a suivi ce chemin, attentive comme toujours.
Il n’a pas échappé au Saint-Père que la lettre par laquelle le cher frère Mgr Licinio Rangel, avec les prêtres de l’Union Saint-Jean-Marie Vianney, s’était adressé à lui, portait la date de la solennité de l’Assomption de la très sainte Vierge Marie, le 15 août 2001. Le pape du Totus Tuus ne pouvait, le cœur débordant de joie, qu’accepter la requête que vous avez avancée d’être accueillis dans la plénitude de la communion et de recevoir la reconnaissance juridique de votre réalité, en tant que catholiques au sein de l’unique Église [33].
Je vous apporte donc le cœur paternel du Vicaire du Christ, pasteur universel, Pierre sur laquelle le Christ a voulu bâtir son Église. Je vous apporte les bras grands ouverts de Jean-Paul II, Pierre d’aujourd’hui ; ce sont des bras qui, comme la colonnade de la place Saint-Pierre, s’ouvrent dans une étreinte universelle qui est, en même temps, une invitation pressante à l’unité, à la communion et à la mission [34] !
2. Il est vrai que nous vivons des temps difficiles, il est vrai que le navire de l’Église doit traverser des eaux houleuses sous des vents et des idéologies parfois antihumaines, et précisément pour cela, antichrétiennes. Il est vrai que certaines brèches dans les aspects historiques et humains peuvent laisser s’infiltrer l’eau à l’intérieur de la barque, comme ce fut déjà le cas quand, sur le lac de Génésareth, les apôtres, effrayés et angoissés, se sont adressés à un Christ qui semblait dormir : Domine, salva nos quia perimus ! (Mt 8, 25).
C’est vrai, mais au-dessus de toutes nos angoisses, de tous nos doutes, de nos perplexités et de nos peurs s’élève une voix souveraine, « la » voix : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? » (Mt 8, 26) « Tu es Petrus et super hanc petram ædificabo Ecclesiam meam et portæ inferi non prævalebunt » (Mt 16, 18). Oui, la barque de Pierre peut se trouver dans des eaux houleuses, mais elle bénéficie de la sécurité de l’assistance divine « semper fluctibus agitata, et semper victrix » comme avait l’habitude d’affirmer avec foi saint Alphonse-Marie de Liguori.
Le Seigneur Jésus-Christ est sur la barque ; Pierre, principe durable et fondement visible de l’unité de l’Église (cf. concile œcuménique Vatican I, Const. dog. Pastor Æternus), tient le gouvernail. La Vierge Immaculée continue, dans l’histoire, à écraser la tête du serpent et ce, jusqu’à la fin des temps (cf. Gn 3, 15) [35].
Telle est la foi qui a gagné le monde, telle est la foi que nous nous glorifions de professer !
3. Avant d’accomplir tout ce qui a été établi par le Saint-Père Jean-Paul II, je désire adresser un remerciement véritablement fraternel et cordial aux vénérés frères Mgr Roberto Guimarâes, évêque de ce diocèse, pour la généreuse et cordiale collaboration offerte et à Mgr Licinio Rangel pour la bonne volonté et le courage pour le pas accompli. J’adresse un remerciement sincère également au père Fernando Rifan, interlocuteur patient et généreux. Un remerciement chaleureux va aux prêtres de l’Union Saint-Jean-Marie Vianney et aux prêtres du diocèse de Campos, qui à partir d’aujourd’hui, sont réunis dans le cœur du bon Pasteur.
Mais c’est un « remerciement » ému que je dois adresser ici, en présence du Seigneur, à tous ceux, laïcs, religieux, religieuses, prêtres, qui partout, ont suivi, soutenu et souvent entouré de leur prière ce chemin et qui continuent à soutenir la cause sainte de la tunique sans couture du Christ.
Pour cette sainte cause, pour laquelle le Sauveur a prié (voir Jn 17, 6-26), toute peine sera toujours vécue avec joie et je crois qu’aucun de nous ne refusera jamais le travail [36].
4. « Ubi caritas et amor, Deus ibi est ! » (liturgie). Que, par l’intercession de Marie pleine de grâce, la charité et l’amour soient toujours plus florissants dans ce diocèse de Campos et dans cette Administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney érigée aujourd’hui, réalisant ainsi l’exhortation du pape saint Léon le Grand : « Notre unité ne pourra rester solide si le lien de l’amour ne nous a pas étreints d’une force indissoluble » (Lettre 14, 1-2.11 à l’évêque Anastase). Tel est mon vœu qui se fait prière.
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Un pas en avant en faveur de Vatican II
Père Cottier : ils ont accepté le Concile qui représente bien plus qu’un rite.
« La tradition en soi ne contredit pas la constitution Sacrosanctum Concilium »
Giorgio Bernardelli.
L’agence Zenit (org/Avvenire du 19 janvier, org/german du 21 janvier) a publié une interview du P. Georges Cottier O.P., théologien de la Maison pontificale, par Giorgio Bernardelli. En voici la traduction effectuée par nos soins. Le titre et le sous-titre sont ceux de Zenit.
Ce texte montre que, dans l’esprit des conciliaires, le geste de Campos est une acceptation du Concile et de la légitimité des réformes. Peu à peu, on leur demandera davantage.
Le Sel de la terre.
« U |
NE bonne nouvelle. Une fracture qui se guérit justement dans la semaine de prières pour l’unité des chrétiens ».
Le père Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale, commente ainsi le retour de la communauté lefebvriste du Brésil à la communion avec le pape. Un pas, explique-t-il, qu’il serait faux d’interpréter comme un pas en arrière du concile Vatican II. « Dès le début, – rappelle le père Cottier – on prévoyait, dans quelques cas (par exemple pour des prêtres âgés) la possibilité de continuer à célébrer selon le rite de Pie V. Après le schisme de Lefebvre, on donna la permission à la Fraternité Saint-Pierre de maintenir vivante cette tradition. De plus, le pape avait demandé qu’il y eût, au moins dans les grandes villes, un lieu où la messe serait célébrée en latin, quelquefois aussi dans le rite de Pie V. »
— GB : Où est alors la nouveauté de cet événement ?
— P. Cottier : Derrière le schisme de Lefebvre il y a beaucoup plus : le refus du Concile, de l’œcuménisme, du principe de la liberté religieuse. Un refus global dont la liturgie était seulement le cheval de bataille, même si, ensuite, beaucoup de personnes sont allées chez Lefebvre précisément pour ce motif. Depuis la rupture jusqu’à aujourd’hui nous avons déjà eu d’autres partisans qui sont revenus à la pleine communion avec l’Église catholique. Mais la condition première a toujours été la pleine reconnaissance de l’autorité du concile Vatican II. Et c’est cela que le groupe principal, celui d’Écône, n’a jamais, jusqu’à maintenant, accepté.
— GB : La constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie est, cependant, une des colonnes de Vatican II.
— P. Cottier : C’est un des plus beaux textes du Concile. Mais on ne doit pas l’identifier avec toutes les manières employées pour appliquer la réforme liturgique. Nous ne pouvons pas oublier que dans les premières années, surtout dans quelques pays, il y a eu un grand désordre. Donnons un exemple : le grégorien. Dans une certaine phase, il avait été violemment rejeté. Et pour le remplacer par quoi ? Parfois par des chants qui ne sont guère religieux. Ou bien par une liturgie de « caquet » où il n’y a plus d’espace pour le silence. Certaines personnes ont souffert de cela. Et quelques fidèles se sont retrouvés avec Lefebvre, probablement, néanmoins, sans bien voir le problème qui se posait.
— GB : D’accord. Mais étendre l’usage du rite de Pie V, cela ne risque-t-il pas d’augmenter la confusion ?
— P. Cottier : Les différences ont toujours été admises. Moi je suis dominicain : jusqu’au Concile nous avions la liturgie dominicaine, qui était une variante du rite romain. Mais l’unité n’était pas pour autant compromise. On peut très bien accepter la Constitution Sacrosanctum Concilium en maintenant, toutefois, une spécificité propre. Du reste, rappelons-nous que le même Concile ne pensait pas à la célébration entière en langue courante : le Canon aurait dû rester en latin. La réforme liturgique a fait un pas de plus. Et si on regarde la majorité des catholiques, ce choix a été le bon. Mais cela ne signifie pas que le désir de retrouver dans la tradition un sens plus profond de l’intériorité, du silence, de la beauté, soit en lui-même inadmissible.
— GB : Comment concilier cette spécificité avec une communion effective avec toute l’Église ?
— P. Cottier : Beaucoup de lefebvristes tiennent que « notre » messe de Paul VI ne serait pas valide. Maintenant ce groupe, au moins, ne pourra plus penser une chose semblable. Peu à peu il faudra prévoir des pas supplémentaires : par exemple, qu’ils participent aussi à la concélébration dans le rite réformé. Mais nous ne devons pas précipiter. La chose importante est que dans leur cœur il n’y ait plus ce rejet. La communion retrouvée dans l’Église a son dynamisme interne qui mûrira.
— GB : Avec le geste d’hier la réalisation du Concile a-t-elle fait un pas en avant ou en arrière ?
— P. Cottier : Certainement en avant. Au concile Vatican II, il n’y avait aucun désir de créer des ruptures. Son intention a été d’accorder l’Église aux exigences pastorales, à la mission, au culte divin même. Le Concile a un sens très aigu de la place centrale que tient la liturgie dans la vie de l’Église. Et s’il y a un lieu privilégié de la communion, c’est bien avant tout l’eucharistie. Nous devons nous réjouir de cette réconciliation. J’espère qu’elle aplanira la voie pour d’autres. Dans ce processus, la communion avec le successeur de Pierre est fondamentale ; et cela vaut aussi pour la liturgie. Jusqu’à présent, dans la messe que célébraient les lefebvristes, il n’y avait pas cette « communication » avec le pape. Maintenant, au moins au Brésil, il n’en sera plus ainsi.
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Les accords entre Campos et le Vatican
par le Révérend père Thomas d’Aquin O.S.B.
L |
A POSITION du Monastère de la Sainte-Croix devant ces accords ne saurait être que la réprobation car il s’agit d’un acte qui comporte en soi une grave équivoque et un grand danger.
L’équivoque consiste à faire croire à plusieurs que la vérité peut tolérer l’erreur, que le progressisme et la foi catholique peuvent coexister pacifiquement, qu’un accord pratique est possible sans « accord » doctrinal, ou mieux, sans que « la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle » (Déclaration de Mgr Lefebvre du 21 novembre 1974). Comment obtenir une union en dehors de la vérité, comme le rappelait Mgr Fellay dans la Lettre aux amis et bienfaiteurs du 5 mai 2001 ? D’ailleurs, ce climat équivoque et ambigu se fait remarquer par les affirmations de la presse qui parle de « la fin du schisme » (qui n’a jamais existé) et de « la levée de l’excommunication de Dom Licinio Rangel » (qui, elle non plus, n’a jamais existé), et qui emploie d’autres expressions du même genre qu’on rencontre aussi dans les textes officiels. Il est à remarquer que Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer continuent d’être toujours considérés comme rebelles, proscrits, morts dans le schisme, etc., alors que c’est tout le contraire qui est vrai.
Après l’équivoque, vient le danger. Ce danger consiste, ni plus ni moins, dans la diminution de la foi, à cause du contact avec les progressistes, du silence imposé par les bonnes relations avec le Vatican, silence qui ne peut amener qu’à un affaiblissement du témoignage que les prêtres et les fidèles ont le devoir de rendre. Or on court toujours le danger de perdre ce qu’on ne défend plus, comme une propriété envahie et mal défendue.
A ces deux maux, nous pouvons ajouter une troisième raison de refuser tout genre d’accord semblable à celui qui vient d’être conclu : la légitime méfiance que nous avons vis-à-vis des autorités romaines. Cela fait plus de trente années que ces mêmes autorités persécutent les catholiques fidèles et protègent, habituellement, les modernistes, les prêtres marxistes, progressistes, charismatiques, etc., sans parler des éloges décernés à Luther, des honneurs cardinalices accordés à Kasper et autres absurdités. Comment avoir confiance en ces prélats ? Comment ne pas penser (eux-mêmes commencent d’ailleurs à le dire) qu’ils ne cherchent pas, tout simplement, à assimiler, dévorer, éliminer ce qui reste de résistance aux erreurs modernes, déjà condamnées par notre Mère la sainte Église contre laquelle « les portes de l’enfer ne prévaudront jamais » ? L’agence Zénit n’a-t-elle pas rapporté l’interview du R.P. Cottier O.P., théologien du pape, qui dit que Rome n’est pas pressée, mais qu’elle désire un jour voir Campos concélébrer la nouvelle messe ? Comment donner notre confiance à ces modernistes ? Et que dire d’Assise, « ce péché public contre l’unicité de Dieu, contre le Verbe incarné et son Église », comme en parlaient Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer en 1986, et comme en parle non moins énergiquement Mgr Fellay aujourd’hui.
Entrer dans leur jeu, c’est s’exposer à être pris dans le dynamisme propre de la communion avec les fauteurs d’erreurs. Ce dynamisme conduit peu à peu aux pires conséquences.
Que Notre-Dame suscite à Campos une salutaire réaction pour que ce malheureux accord soit rompu, grâce à une prise de position intransigeante des prêtres et des fidèles formés par Mgr Antonio de Castro Mayer. C’est le miracle que nous osons demander dans nos prières.
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Campos est tombé
par S. Exc. Mgr Richard Williamson
Nous traduisons ici la Lettre aux amis du séminaire Saint-Thomas d’Aquin (Winona, USA), publiée par Mgr Williamson le 1er février 2002.
Cette chute de Campos ne nous réjouit pas. Nous vient au contraire à l’esprit le chant funèbre que composa David sur la mort de Saül et de son fils Jonathas, et qu’il ordonna d’enseigner aux enfants de Juda :
« La splendeur d’Israël a-t-elle péri sur tes hauteurs ?
« Comment sont tombés les héros ?
« Ne l’annoncez pas à Geth,
« Ne le publiez pas dans les rues d’Ascalon,
« De peur que les filles des Philistins ne s’en réjouissent,
« De peur que les filles des incirconcis ne sautent de joie !
« Montagnes de Gelboë,
« Qu’il n’y ait sur vous ni rosée ni pluie,
« Ni champs de prémices !
« Car là fut jeté bas le bouclier des héros.
« Le bouclier de Saül n’était pas oint d’huile,
« Mais du sang des blessés, de la graisse des vaillants ;
« L’arc de Jonathan ne recula jamais en arrière,
« Et l’épée de Saül ne revenait pas inactive.
« Saül et Jonathas, chéris et aimables
« Dans la vie et dans la mort, ils ne furent point séparés,
« Ils étaient plus agiles que les aigles,
« Ils étaient plus forts que les lions.
« Filles d’Israël, pleurez sur Saül,
« Qui vous revêtait de pourpre au sein des délices,
« Qui mettait des ornements d’or sur vos vêtements !
« Comment les héros sont-ils tombés dans la bataille ?
« Jonathas a été percé sur tes hauteurs !
« L’angoisse m’accable à cause de toi, Jonathas mon frère.
« Tu faisais toutes mes délices ;
« Ton amour m’était plus précieux que l’amour des femmes.
« Comment les héros sont-ils tombés ?
« Comment les guerriers ont-ils péri ? » (2 Rois 1, 19-27.)
Le Sel de la terre.
Chers amis et bienfaiteurs,
E |
T ALORS, Campos est tombé. Les deux douzaines de prêtres qui, du lointain Brésil, pendant vingt ans, avec leur propre évêque, étaient les encourageants compagnons d’armes de la Fraternité Saint-Pie X dans sa défense solitaire de la Tradition catholique, sont retournés à la Rome conciliaire. Que s’est-il passé ? Que va-t-il arriver ? Qu’est-ce que cela signifie ?
Ce qui s’est passé peut être résumé brièvement à la manière de Shakespeare : les circonstances ont imposé la grandeur aux prêtres de Campos. Maintenant, ils ont déposé le fardeau.
L’histoire de l’arrivée du diocèse de Campos au premier plan de la Tradition catholique après le concile Vatican II, est connue des nombreux lecteurs du livre The mouth of the lion, du docteur David White [37]. Avant le Concile, le diocèse brésilien de la cité côtière de Campos, à trois heures de route au Nord de Rio de Janeiro, avait à sa tête un véritable évêque catholique, S. Exc. Mgr Antonio de Castro Mayer. Comme il ressort clairement de son magnifique Catéchisme des vérités opportunes opposées aux erreurs contemporaines
