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Courrier des lecteurs

 

 


Au sujet du Lebensborn

 

Au sujet d’un article intitulé « L’eugénisme pré‑ et post‑chrétien » paru dans Le Sel de la terre numéro 33 un lecteur nous fait remarquer : « À ma connaissance, Mein Kampf n’a jamais été mis à l’index [1]. »

Par ailleurs, au sujet du Lebensborn dont il est question à la page 17, notre lec­teur nous écrit ce qui suit :

 

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La vérité veut que l’association en question n’avait aucun des caractères lubriques, dont se délectent journalistes et lecteurs : « Le Lebensborn était une as­sociation légalement enregistrée [c’est ce que signifient les initiales e.V. qui suivent souvent son nom : eingetragener Verein] dès avant la Seconde Guerre mondiale. L’accusation d’être un haras humain est une invention de l’époque. Elle a fait et continue de faire fortune malgré l’acquit­tement des dirigeants de l’association prononcé le 10 mars 1948 par le “tribunal” de Nuremberg [2]. »

 

La fable des haras des jeunesses hitlé­riennes remontait au début de la guerre, puisqu’un auteur dénonçait ce canard comme une vieille chose dès 1941 : « La légende fréquemment répandue par la presse américaine que les femmes alle­mandes étaient rassemblées – le mariage étant aboli – dans des sortes de gynécées de la communauté, réunissant la mater­nité et la pouponnière, était par consé­quent un coup bien calculé qui n’a pas manqué son effet [3]. »

 

Le Lebensborn était en réalité une institution d’assistance sociale :

« [Elle] peut être citée en exemple au monde entier et [elle] ne craint aucune critique. Cette organisation fut créée en 1936 et a géré jusqu’à dix‑huit homes d’enfants. Elle s’est occupée d’environ 11 000 cas (enfants, pères et mères). Une des missions principales du Lebensborn était d’aider aussi les mères célibataires, de veiller à ce que leurs enfants soient pro­tégés et de permettre dans de nombreux cas que le père naturel épouse la mère de son enfant. Les accusateurs du tribunal de Nuremberg n’ont pas attendu les « révélations » de messieurs Arthur Brauner et Will Berthod [4] pour se lancer comme des vautours sur le Lebensborn. Ils espéraient y trouver une mixture de SS, d’impudicité et de théories raciales qui leur permettrait de salir de manière particulièrement vile l’honneur du peuple allemand et celui des femmes allemandes. Mais après une enquête approfondie, tout le “procès du Lebensborn” à Nuremberg couvrit de ridicule les accusateurs inter­nationaux qui durent acquitter sur tous les points l’organisation Der Lebensborn, en date du 10 mars 1948 [5]. Le tribunal militaire internatio­nal motiva cet acquittement entre autres pour les motifs suivants : “Les preuves rassemblées démontrent clairement que l’association Lebensborn qui existait de­puis longtemps déjà avant la guerre, était une institution de bienfaisance et en premier lieu une maternité. Elle s’est souciée dès le début d’assister les mères, mariées ou célibataires, ainsi que les en­fants légitimes ou illégitimes. Parmi les nombreuses organisations du IIIe Reich, le Lebensborn était la seule qui mettait tout en œuvre pour aider les enfants d’une façon convenable et pour défendre leurs intérêts légaux et juridiques [6]”.

 

Parmi tous les établissements du Lebensborn, il y en avait un dans les en­virons de la ville de Liège en Belgique. Un prêtre, vicaire de la paroisse locale, témoigne :

« J’ai été appelé [un jour] pour ad­ministrer une malade. J’ai vu là, dans le parc, de tout petits enfants qui jouaient. Tout s’est passé très correctement. Les Allemands se comportaient d’ailleurs plus correctement que les Américains allaient le faire par la suite [7]. »

 

En 1961, le producteur d’un film sur le Lebensborn dut reconnaître que son œuvre reposait sur des faits falsifiés [8].

À toutes fins utiles, voici un extrait du programme de l’association Lebensborn, signé : Dr Med. Ebner SS‑Stan­dartenführer.

« C’est pourquoi rien ne peut être né­gligé pour protéger les futures mères contre les multiples influences qui pour­raient les conduire à l’avortement. Cette plaie criminelle coûte chaque année la vie à des dizaines de milliers de femmes al­lemandes et à des centaines de milliers de précieux enfants allemands. Des milliers d’autres femmes en restent mutilées et dé­finitivement stériles [9]. »

Ce ne sont pas là des intentions per­verses.

 

Enfin, notre lecteur nous dit que le livre de Naughton, Le Choc du passé :

 

n’est pas une source digne de confiance. Naughton s’appuie notamment sur l’ou­vrage signé par Rauschning, Hitler m’a dit. Cela fait longtemps que cet auteur a été convaincu de faux et d’usage de faux dans cet ouvrage [10]. Il s’agit, de la pre­mière à la dernière de ses 220 pages, d’une falsification tellement grossière que, dès sa parution, la Suisse et la Suède en interdirent la vente sur leurs territoires, comme attentatoire à l’honneur d’un chef d’État étranger. Suisses et Suédois avaient compris dans l’instant, ce que les intellec­tuels les plus distingués d’aujourd’hui n’admettent toujours pas. On finirait par croire que ces derniers ne veulent pas en­tendre.

La vérité nous intéresse, et non la ca­lomnie, fût‑elle des plus appétissantes. Dieu daigne nous accorder de rechercher le vrai en tout domaine.

Très respectueusement.

 

Lettre signée.


 

 

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La Légion de Marie,

Fatima

 

Suite au numéro du Sel de la terre nu­méro 39, M. l’abbé Benoît Wailliez nous communique une rectification concernant la date de fondation de la Légion de Marie (voir Le Sel de la terre 39, « Catéchisme de la médiation universelle de Notre-Dame, X », p. 152) :

 

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Je relève tout d’abord une inexacti­tude : La Légion de Marie n’a pas été fondée en 1926 (page 152), mais le 7 septembre 1921 [11]. La citation est ce­pendant exacte. J’ajoute un petit fait en relation avec la dévotion envers Marie Médiatrice : c’est le 27 novembre 1930, soit cent ans jour pour jour, après les ap­paritions de la rue du Bac, qu’une délé­gation de légionnaires était reçue par le cardinal-archevêque de Paris qui autori­sait l’implantation de la Légion de Marie en France. La date n’avait pas été choisie exprès. Ce fut providentiel.

En rapport avec les deux articles de l’abbé Delestre sur Fatima, et tout spécia­lement le premier sur la diffusion du communisme (page 254), je me souviens que Mgr de Galaretta nous avait prêché une retraite à Flavigny (en 92-93, je di­rais) où il disait que le programme des communistes espagnols des années 30 comprenait entre autres l’amour libre, etc… tout ce qui est maintenant peu à peu légalisé dans le monde entier. Oui, certainement, voilà la Russie répandant ses erreurs dans le monde entier… Il se­rait sans doute fastidieux mais fort inté­ressant de répertorier, au moins au ni­veau européen, ceux qui sont derrière toutes ces lois iniques et de voir leur colo­ration philosophique, politique et reli­gieuse… Si un lecteur de la revue trou­vait le temps de faire cette étude, il ap­porterait sans doute davantage de lumière sur Fatima et le communisme.

 

M. l’abbé Benoît Wailliez.


 

 

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Le sauvetage du linceul

Récit de Mario Trematore

 

Un lecteur nous a transmis le témoi­gnage inédit du pompier qui a sauvé le Linceul, lors de l’incendie de la cathé­drale de Turin, le 12 avril 1997. Mario Trematore a fait ce récit lors du congrès qui s’est tenu à Dallas, du 25 au 28 oc­tobre 2001.

 

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Tout a commencé le 12 avril 1997 à dix heures du soir. Je n’étais pas de ser­vice ce jour-là et j’étais chez moi. Je vis de la fumée et pensai aussitôt qu’il y avait un incendie quelque part. J’interrogeai les gens. J’appris que la chapelle Guarini était en feu et en fus vivement affecté, non à cause du Linceul que je ne connaissais guère et que je croyais d’ail­leurs faux, selon ce que j’avais lu, mais à cause de la chapelle Guarini que j’aimais beaucoup et que je considérais comme un chef-d’œuvre d’architecture [12].

Je vêtis mon uniforme, pris mon équipement et décidai d’aller prêter main forte à mes collègues. J’arrivai à onze heures du soir. Il faisait nuit, mais l’in­cendie faisait rage et on y voyait comme en plein jour. Déjà la coupole s’effon­drait, des poutres enflammées et de grands blocs de marbre noir tombaient tout autour de nous, chacun capable de tuer un homme. Je n’avais jamais vu un tel incendie, j’eus le sentiment que le dé­mon était à l’œuvre et eus très peur : je crus que j’allais mourir et pensai à ma femme et à mes enfants qui allaient se trouver sans soutien et regrettai d’être venu, alors que rien ne m’y obligeait. A ce moment, le Linceul ne m’intéressait pas et j’étais surtout venu dans le but d’aider mes camarades.

C’est alors que j’entendis une voix qui se mit à me donner des ordres, une voix énergique qui résonnait au dedans de moi et que personne d’autre n’entendait. Elle me dit : « Tu dois sauver le Linceul. »

Je m’approchai du coffre dans lequel il était enfermé. C’était un coffre métal­lique recouvert d’un verre très épais (quelque 6 cm d’épaisseur) que personne ne pouvait ouvrir. Notre équipement comprenait des pinces et des tenailles qui permettaient de sectionner les canalisa­tions, mais qui, dans le cas présent, étaient inefficaces.

La voix dit : « Il faut un marteau. » J’eus alors l’intuition que le marteau était le seul instrument adéquat parce qu’il avait déjà été associé au Christ au mo­ment de sa passion.

Je demandai alors à un camarade d’aller me chercher un marteau, il me l’apporta et je me mis à frapper de toutes mes forces. Je frappai longtemps, long­temps, je donnai je ne sais combien de coups mais sans résultat : le verre ne cé­dait pas. La voix dit : « Frappe de côté. » Je frappai et le verre céda.

Je saisis le coffre dans mes bras et j’eus la surprise de le trouver léger, très léger. Moi aussi, j’étais devenu léger, je mar­chais sans toucher terre, ma crainte avait disparu et j’étais transporté de joie, d’une joie qui n’est pas de ce monde. Je portai ainsi le coffre, tandis que la chapelle s’effondrait et que des blocs brûlants tom­baient tout autour de moi mais je me sa­vais invulnérable. Je me dirigeai en cou­rant vers la sortie et entendis alors des pleurs, ceux d’un petit enfant. Je m’arrê­tai et regardai autour de moi, mais, Dieu merci, il n’y avait pas d’enfant. Les pleurs venaient de l’intérieur du Linceul !…

J’arrivai en haut des marches de la chapelle. Il y avait bien cinq mille per­sonnes sur la place qui, heureuses de voir que j’avais sauvé le Linceul, m’ovation­nèrent. C’est du moins ce qu’on me dit plus tard car je ne voyais rien, n’enten­dais rien, sauf ces pleurs d’enfant qui ve­naient du Linceul, et je m’effondrai sans connaissance au bas des marches.

On me transporta à l’hôpital où je res­tai plus d’une semaine. Le bras qui avait frappé le coffre du Linceul me fit souffrir très longtemps, mais j’avais reçu une grâce insigne : celle d’aimer la relique plus que tout au monde. Je suis trans­porté d’amour chaque fois que j’y pense et mon seul désir est de la faire connaître à tous.

A certains esprits forts qui ne manque­ront pas d’objecter que ce témoignage ne peut être véridique, qu’il n’y a pas eu d’intervention miraculeuse et que Trematore a dû affabuler, je tiens à rap­peler que Jésus avait pleuré sur Jérusalem « parce qu’elle n’avait pas reconnu le temps où elle avait été visitée » et l’on se demande si les scribes et les pharisiens d’aujourd’hui n’ont pas agi de même avec la relique…


 

 

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Lépante et

Don Alvaro de Bazán

 

Un de nos lecteurs espagnols nous a fait remarquer que l’article du père Esser sur « Le rosaire et l’islam », publié dans le nnuméro 39 de la revue, oubliait un per­sonnage important de la bataille de Lépante, Don Alvaro de Bazán.

Pour réparer cet oubli, nous lui avons demandé de nous faire une brève notice historique. La voici :

 

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Don Alvaro de Bazán naquit le 12 dé­cembre 1526. Son père était capitaine général des galères et navires destinés à garder les côtes de Grenade. Il reçut son éducation à Gibraltar (dès l’âge de neuf ans, il était maire honoraire de la ville, son père exerçant la charge jusqu’à sa ma­jorité).

A l’âge de dix-sept ans, il reçut l’habit de chevalier de Saint-Jacques, et il com­mença sa carrière de marin sous le com­mandement de son père, patrouillant les eaux du détroit de Gibraltar. Pendant plus de 20 ans, il se signala en Méditerranée occidentale contre les pi­rates et les corsaires, surtout contre les barbaresques (il vint au secours de Mazalquivir et Oran, prit Peñon de la Gomera, etc.).

Quand les Turcs assiégèrent l’île de Malte (1565) défendue héroïquement par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem sous le commandement du courageux Maître La Valette, don Alvaro de Bazán, obéissant à l’ordre du roi Philippe II, accourut avec les galères du vice-roi de Sicile et réussit à mettre hon­teusement en fuite les Turcs. Trois années plus tard, don Alvaro de Bazán devint marquis de Santa Cruz et général des galères de Naples.

Avec cette brillante carrière, quand ar­riva « la plus mémorable rencontre qu’aient vue les siècles (la más alta oca­sión que vieron los siglos… [13]) », c’est-à-dire la bataille de Lépante (1571), don Juan d’Autriche lui confia la réserve (30 galères), lui laissant le soin de venir en aide à la partie de la flotte qui le nécessi­terait le plus. C’est pourquoi, c’est à sa décision « qu’était confiée toute la respon­sabilité de cette journée », comme on le lit dans les instructions aux chefs de l’es­cadre. Don Juan d’Autriche ne s’est pas trompé dans ses prévisions.

– Dans une première phase de la ba­taille de Lépante, l’aile gauche chrétienne commandée par le vénitien Barbarigo, déjà presque mise en déroute par la pous­sée de la manœuvre encerclante des Turcs, redevient victorieuse grâce au se­cours opportun de don Alvaro de Bazán ; dans cette occasion, Siroko, le vice-roi d’Égypte, trouva la mort.

– Dans une deuxième phase du com­bat, don Juan d’Autriche avec son navire, la « Royale », aborde la « Sultane » de l’amiral en chef turc, Alí Bajá. De cette action dépend le sort de la bataille, car un essaim d’embarcations turques accourt au secours de la « Sultane ». C’est alors qu’accourt aussi don Alvaro avec sa ré­serve : il renforce la « Royale » avec des troupes fraîches, et manœuvrant comme l’éclair, il frappe par l’arrière les infidèles qui essayaient de venir en aide à la « Sultane ». C’est la fin d’Alí Bajá qui meurt dans le combat.

– Dans la troisième et dernière phase, don Alvaro de Bazán décide la victoire totale, se lançant à la suite de don Juan d’Autriche, avec toutes ses galères, sur l’aile droite où Andréa Doria continuait de contenir, non sans grands efforts, l’avalanche ottomane dirigée par Uluch Alí, roi d’Alger ; celui-ci, voyant la ba­taille perdue, s’échappa avec les navires qui lui restaient.

 

Après Lépante, don Alvaro de Bazán intervint dans la prise de Tunis et de Byzerte (1573), ainsi que dans la cam­pagne de Portugal, où il agit magistrale­ment (1580-1582), méritant le titre de capitaine général de l’Océan et de l’armée de Portugal. Il mourut le 9 février 1588 à Lisbonne, quand il dirigeait les prépa­ratifs de son œuvre posthume : l’Invin­cible Armada contre l’Angleterre protes­tante, entreprise qui précisément sera un échec à cause de son absence.

Don Miguel de Cervantès fit de lui ce portrait : « Foudre de guerre, père des soldats, toujours heureux et jamais vaincu. »

 

N.B. : On a fait remarquer que, lors de la bataille de Lépante, la flotte turque avait pris la forme du croissant, et celle des chrétiens la forme de la croix :

 



 

 

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La mort de notre nation

 

Guy Labastide nous écrit une longue lettre intéressante sur le thème de « La mort de notre nation ». Nous la donnons intégralement :

 

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Solve et coagula : L’individu désemparé

 

Nous sommes plus que jamais embar­qués dans un processus apparemment in­vincible, dont les conséquences sont de plus en plus vivement ressenties par tout un chacun, plongeant le plus grand nombre, la masse des plus faibles, dans un sourd désarroi. Ce processus est no­tamment marqué par les phénomènes suivants :

— La disparition des organes sociaux naturels et traditionnels : bien sûr et d’abord, les corps intermédiaires de la so­ciété d’autrefois, dont un des derniers, la paroisse, agonise. Mais aussi la cellule so­ciale de base, la famille, et à l’autre bout, la nation, dont la mise à mal est le sujet de ce texte.

— L’élargissement démesuré de l’hori­zon social (c’est-à-dire l’ensemble de ceux avec qui nous sommes susceptibles d’être en relations suivies), aux dimensions de la planète : cette mondialisation activée par le développement des moyens de transport et de communication, qui rend le monde présent immédiatement à chaque être humain, en mots et images, et, sous quelques heures, physiquement, par les biens et personnes qui se déplacent aujourd’hui en tout sens.

— L’apparition progressive de struc­tures sociales nouvelles, coalitions, com­munautés diverses, constituées sur la base de valeurs ou d’intérêts partagés, que l’on trouve aujourd’hui de la « famille recom­posée » aux grandes instances mondiales (bases du super gouvernement mondial), dépassant souvent le découpage géogra­phique des pays, ancien cadre des États et du pouvoir politique : entreprises mon­diales, peuples ou nations à base non géographique, organisations non gouver­nementales etc…

 

C’est l’antique solve et coagula, à l’œuvre depuis l’origine pour bouleverser la création de Dieu et détourner l’homme de sa fin en le plaçant dans une société toujours plus artificielle, tournant le dos au maître de toute chose. Il a été longue­ment étudié par de nombreux auteurs dont les lecteurs du Sel de la terre sont familiers : nous voudrions ici nous pen­cher sur le sort de la nation, surtout de notre nation, tant il est aujourd’hui l’objet, d’une part, d’une sollicitude très ambiguë, comme l’ont abondamment montré les récentes campagnes électorales, et, d’autre part, à notre avis, d’une cécité obstinée, et à la limite coupable, que la célébration du cinquantième anniversaire de la mort de Charles Maurras, le chantre du nationalisme intégral, va en­core conforter.

Il n’y a là rien que de bien naturel : pour conjurer son désarroi, confronté dé­sormais quotidiennement et dans tous les aspects de sa vie aux conséquences de ce processus, l’individu est poussé à se rac­crocher à ce qui peut, à juste titre, lui apparaître comme une communauté pro­tectrice fondamentale, ayant fait ses preuves en ce sens, la nation. Ceci est lar­gement exploité par les démagogues de tout poil constituant le monde politicien de notre pays, et chargés d’encadrer, « dans le calme et en douceur », les grandes étapes du processus, chacun d’entre eux cherchant à en tirer le plus grand profit personnel : par ici la bonne soupe ! Il est beaucoup plus étonnant (et affligeant) de constater comment nombre de ceux qui nous sont proches restent at­tachés à des réalités hélas disparues, au nom de fidélités à notre avis mal com­prises et les mettant en grand péril. Puissent ces lignes les aider à une salu­taire prise de conscience.

 

Le piège des mots et des concepts : so­ciété, appartenance, identité, nation patrie, État

 

Avant d’aller plus loin, il nous semble indispensable de préciser notre vocabu­laire, dans un domaine très rebattu, où heureusement bien des auteurs compé­tents ont contribué à la clarification des concepts. Nous suivrons ici largement Jean Ousset (dans Patrie, Nation, État) et Charles Maurras.

Société se dit de tout ensemble de per­sonnes, qui ont ou qui mettent quelque chose en commun (communauté), et éta­blissent alors à ce sujet des rapports du­rables et organisés. La société civile ou po­litique est ainsi l’ensemble des personnes soumises à la même administration, au même pouvoir politique.

L’État est l’appareil administratif et coercitif qui régit et gouverne la société civile.

L’homme est un animal non seulement social, comme de nombreux autres qui vivent en société (troupeau, harde, meute, essaim etc…), mais de plus politique, c’est-à-dire que, contrairement aux autres, entièrement déterminés par la na­ture, il a capacité à influer, individuel­lement et collectivement, sur son cadre social. Il faut quand même dire que l’individu n’échappe guère au quadrillage des États, qui aujourd’hui s’étend sur le monde entier, on sait avec quelle puis­sance.

L’identité de l’individu se constitue ainsi, outre de ses qualités intrinsèques (physiques, morales, intellectuelles et spi­rituelles), de toutes ses appartenances so­ciales : les nombreuses sociétés, commu­nautés, associations dont il fait partie.

Patrie et nation sont deux catégories de sociétés, qui ne sont pas sans relation, mais qu’il convient de distinguer soigneu­sement [14] :

— La patrie est l’ensemble de ce que nous a laissé l’immense cohorte de nos an­cêtres, nos pères : un pays physique, fa­çonné par eux, mais aussi tout un patri­moine spirituel, moral et intellectuel, et tous les cohéritiers vivants et morts, avec qui nous partageons cet héritage.

— La nation est un concept plus dif­ficile à cerner, surtout aujourd’hui. C’est une communauté, comme toute société. Maurras indique que c’est « le plus vaste des cercles communautaires qui soient (au temporel) solides et complets [15] » : solide par l’importance de ce qui est commun ; complet parce qu’il permet de faire face aux besoins essentiels de ses membres : matériels et intellectuels (subsistance, sé­curité, éducation etc…) aussi bien que spirituels (respect des valeurs, culte et ex­pression de la foi). La famille est une communauté solide (enfin, l’était…), mais incomplète, en ce sens qu’elle n’est pas à même de satisfaire tous les besoins de ses membres. C’est pourquoi la nation est une condition vitale pour les individus comme pour les nombreuses communau­tés « incomplètes » qui les réunissent (familles, métiers, communes, entreprises etc… les fameux corps intermédiaires). Suivons encore Maurras : « Brisez [la nation], et vous dénudez l’individu. Il perdra toute sa défense, tous ses appuis, tous ses concours. Libre de sa nation, il ne le sera ni de la pénurie, ni de l’exploita­tion, ni de la mort violente [16]. » C’est la légitimité de la nation, selon la loi natu­relle et telle qu’elle a toujours été recon­nue par l’Église. Les réserves de cette der­nière ont porté sur le nationalisme « immodéré », « égoïste et dur », pour au­tant que cette doctrine tente d’imposer la nation comme un primat absolu, au-des­sus et ignorant de l’Église ou de Dieu même [17].

 

On constate que, comme le suggère l’étymologie, la nation, de même que la gens latine qui en est une des traduc­tions, en particulier dans la Vulgate, se constitue surtout par la naissance (ou la génération). Les membres d’une même nation partagent ainsi également la même patrie, par simple héritage. Mais il y a aussi des nations d’élection et des pa­tries d’adoption.

Le lien social (au sein de la société ci­vile), vient avant tout de la force du sen­timent d’appartenance à une nation, gage de partage d’un système de valeurs. On ne bâtit pas durablement une société civile sur la seule peur du gendarme, le pouvoir coercitif : c’est ce que nous observons au­jourd’hui, et cela nous mène à la tyrannie et à l’anarchie.

Nous sommes, en France, très influen­cés par le fait que, pendant longtemps, la nation française s’est confondue avec la société civile, et donc l’État apparaissait comme l’âme de la nation. Ceci a été très vrai pendant toute la période de construc­tion de la France, où le Roi a été le véri­table agent de cohésion entre toutes les communautés locales et provinciales qui ont progressivement constitué la France, la nation française. Mais il y a bien d’autres modèles : des nations sans État, comme la nation juive, tout au moins jusqu’à la création de l’État d’Israël ; des États communs à plusieurs nations, comme l’empire austro-hongrois ou le Royaume-Uni, et notre monde en bras­sage accéléré multiplie les exemples s’éloi­gnant du modèle de l’État – nation qui fut largement imposé, en vertu du fa­meux principe dit des nationalités, sou­vent contre la réalité historique et sociolo­gique, dans de nombreuses régions du monde.

Un dernier terme – et quel terme ! – reste à « désamorcer », tant son contenu est variable : c’est celui de « France » ! Il peut être pris dans des acceptions géogra­phiques (l’hexagone ou autres), histo­riques, au sens de patrie, ou de nation : tout ceci n’est pas sans relation, bien sûr, mais quels malentendus peuvent en naître, dont jouent sans vergogne les ma­lins qui briguent les suffrages !

On doit comprendre enfin la nécessité d’un compromis nationaliste : la nation se doit solide et complète : solide par la force des éléments communs, complète en étant suffisamment large et forte pour être en mesure de satisfaire les besoins essen­tiels de ses membres. Si l’on « ratisse » trop large, il y a risque d’affaiblir le sen­timent de communauté, et ainsi le lien social, la solidité de la nation ; trop étroit, de ne plus disposer des moyens né­cessaires.

 

Un débat de fond : Notre patrie ? Notre nation ?

 

Ces dernières années, dans la conti­nuité des travaux d’examen de notre his­toire de France, menés à l’occasion du quinzième centenaire du baptême de Clovis, dans Le Sel de la terre en parti­culier, un débat très important a été ou­vert sur notre identité nationale par le professeur Jean de Viguerie, dans un ou­vrage intitulé Les Deux patries (DMM 1998). Ce livre a sans doute donné ma­tière à de nombreux articles, dont nous n’avons malheureusement eu que faible connaissance. Il a, par ailleurs, fait l’objet d’une réplique « à boulets rouges » de la part de l’un des respectables gar­diens du temple nationaliste, maurras­sien, catholique traditionaliste (etc…), Yves‑Marie Algoud : France, notre seule Patrie (Chiré, 2001).

Disons tout de suite que ce débat tombe lourdement, à notre avis, dans le piège du vocabulaire. Le jeu sur le sens des mots en est peut-être même un des éléments-clé, tant ils ont servi à faire prendre des vessies pour des lanternes : patrie, nation, France, termes usés à force d’avoir été mis à toutes les sauces. Ainsi, les titres des deux ouvrages donnent-ils d’emblée une idée faussée et même inver­sée du débat : si la patrie est l’héritage de nos pères, ce qui semble, encore une fois une acception rigoureuse, alors oui : nous n’avons qu’une seule patrie, la France, comme l’affirme et l’illustre Yves‑Marie Algoud dans un touchant florilège de nos auteurs les plus véné­rables. Et Viguerie semble dans l’erreur : nous avons bien dans notre héritage des éléments très hétéroclites, venus des huit siècles de chrétienté royale, des cinq siècles de monarchie catholique, mais aussi des deux siècles révolutionnaires, hélas ! for­tement antichrétiens. Ce sont les faits, le legs de nos pères, dont nous ne sommes ni les uns ni les autres totalement immunisés dans nos lignages familiaux, et que nous partageons avec tous ceux que porte au­jourd’hui cette vieille terre de France.

Mais ce  n’est pas là le vrai débat, comme semble le limiter Algoud, qui dé­signe Viguerie à l’opprobre populaire, pour oser s’en prendre aux monstres sa­crés, dont le plus étincelant, Charles Maurras [18]. Dans tout héritage, nous avons le devoir de rejeter tout ce qui a été acquis contre la morale et notre foi catholiques. Rappelons-nous ce que firent les bonnes familles de tout ce qui ressem­blait de près ou de loin à des biens natio­naux, issus des spoliations de l’Église par des révolutionnaires. C’est ce que fait Jean de Viguerie, avec rigueur et cou­rage : constater que la part de la chré­tienté dans notre héritage est maintenant complètement occultée, et même éliminée de France, et examiner comment cela a été possible ; pointer alors du doigt d’illustres et brillants maîtres à penser qui ont été les artisans souvent inconscients de ce subterfuge, menant leurs ouailles ou zélateurs chez l’ennemi, ou tout au moins dans le jeu de l’ennemi. Au nom de la dé­fense sacrée de la patrie, ils ont constam­ment envoyé au casse-pipe tant de catho­liques français, qui n’ont servi qu’à dé­fendre et remettre en selle l’ennemi, celui qui, depuis deux siècles, a confisqué tous les pouvoirs pour mieux conspirer à la mort de notre nation.

Monsieur le Professeur, c’est là que le choix des termes aurait clarifié le débat : une seule patrie, héritage hétéroclite, des héritiers qui en retiennent des parts oppo­sées et distinguent ainsi un peu plus deux nations à couteaux tirés, comme nous l’avons vu jusqu’aux années 1960 ; et, depuis quarante ans, sous les coups du concile Vatican II, de la trahison gaul­liste en Algérie et de la « chienlit soixante-huitarde », la mort indubitable de notre nation, la « vieille France », ca­tholique et royaliste, encore bien majori­taire, malgré les coups si rudes de l’ennemi au pouvoir, quand saint Pie X confiait à Emile Flourens : « Mais non, ne doutez pas, je les connais bien ! Dans le fond, les Français sont catholiques et monarchistes [19]… »

Depuis, des millions de ses enfants ont été massacrés dans les boucheries de guerres sanglantes, au nom d’un patrio­tisme qui n’a été, constatons-le après un siècle, que la défense de la nation opposée, il faut bien le dire, hélas, nos frères en­nemis, qui, remis en selle sur les dé­pouilles de nos pères et de nos oncles, sur nos décombres qu’ils ont seuls provoquées, ont poursuivi, la « paix » revenue, leur chasse impitoyable. Jusqu’à son terme ! Nous y sommes, ouvrons les yeux : nous sommes comme la bergeronnette, qui non seulement couve les œufs du coucou qui a procédé à la criminelle substitution, mais, de plus, devrait en prendre la défense, voire se faire massacrer à sa place devant le chasseur alerté par le cri de l’intrus.

Non, après un siècle, le doute n’est plus permis : la défense de la patrie ne pouvait justifier ce véritable suicide de notre na­tion ; le compromis nationaliste est une nécessité, mais, Monsieur Algoud, tout compromis a ses limites et, votre vieux maître lui-même aurait su l’ajuster de manière draconienne, à la lumière des enseignements de cette dramatique his­toire moderne, que vous avez pourtant vécue, mais que vous semblez vous obsti­ner à ne pas vouloir comprendre, entraî­nant à votre suite, les derniers débris de « l’armée » catholique et royale ! Le pa­trimoine que vous défendez ainsi au­jourd’hui est comme nos cathédrales, somptueux tas de pierres que plus jamais n’ébranlent les chants de la vraie foi. C’est magnifique, mais devons-nous nous battre pour les voir transformées en mu­sées ou salles de concert, certains des nôtres poussant même l’aveuglement jus­qu’à fournir les chœurs grégoriens pour l’animation sonore, dans l’espoir large­ment illusoire que l’émotion esthétique et affective réveillera ce que l’école de la République et la télévision travaillent à tuer à longueur de temps.

Cessez d’exalter des vertus militaires qui apparaissent, avec le recul, bien déri­soires, et de faire devoir et gloire de « mourir pour la patrie ». Ces vieilles rengaines, aujourd’hui encore, hélas, lais­sent trop de jeunes imaginer que le salut national peut venir de l’armée, régénérée par la sève des catholiques « tradi », et les poussent à l’engagement dans une armée constituée aujourd’hui dans sa majorité de laissés pour compte, souvent de très fraîches racines françaises, et dont les missions affichées sont clairement « la dé­fense des Droits de l’homme » (sans Dieu bien sûr), et « le maintien de la paix », sans aucun lien ni avec notre nation, bien entendu, ni même avec notre patrie, hier en Somalie, aujourd’hui au Kosovo, demain à Djénine ou à Ramallah, casoar et gants blancs de rigueur, avec l’emblème des zouaves pontificaux, pour la démons­tration (gratuite) d’héroïsme.

 

Aujourd’hui et demain :

comprendre et espérer

 

Notre nation est morte : nous sommes aujourd’hui beaucoup trop peu nom­breux et dans une telle faiblesse, complè­tement marginalisés, obligés de subir une société civile qui bafoue en permanence nos valeurs les plus chères sans que nous puissions hasarder la moindre réaction publique, politique, « contraints » sou­vent pour survivre à accepter de collabo­rer à des entreprises moralement très dou­teuses : la pornographie et le blasphème affichés dans nos rues, les tenues d’une impudicité coupable, les spectacles qui font assaut de dépravation, les avocats et les médecins qui ne vivent que s’ils accep­tent causes ou prescriptions condam­nables, les entreprises qui rivalisent de publicités provocantes et souvent de pro­duits de perdition (pensons à la grande distribution et à son rôle dans la diffu­sion de produits « culturels ») etc… Dans ces conditions, notre communauté, petit reste d’une valeureuse nation, ne peut plus prétendre assurer les besoins essentiels de ses membres. Elle est morte en tant que nation, et elle essaie d’échapper à la des­truction totale, martyre moral, silencieux et « propre », je veux dire politiquement correct et sans bavure sanglante, que nous subissons chaque jour.

Rétrospectivement, sans doute avons-nous commis la faute de n’avoir pas tenu compte des instantes recommandations des pontifes romains, prescrivant sa conduite à une nation dont le premier bien commun est la foi chrétienne, catho­lique, coupables d’avoir trop souvent mis ce drapeau dans notre poche, et de nous être parfois même assis sur des principes intangilbes, dans l’intention illusoire de « nous intégrer », de « ne pas effarou­cher » : de la charte de la Restauration, du ralliement, ce détournement impos­teur de la volonté de l’Église et du souve­rain pontife, patiemment dénoncé par saint Pie X, de L’Action Française au Sillon et à la démocratie chrétienne, aux mouvements nationalistes modernes, ou­verts tout uniment et sur un pied d’éga­lité aux catholiques traditionalistes, qui en sont une fois de plus la piétaille – mais surtout qu’ils ne se revendiquent pas ca­tholiques ! – aux païens druidiques, aux musulmans et que sais-je encore. Alors que saint Pie X a clairement soutenu, dans la cité, l’Action Catholique, c’est-à-dire l’action des catholiques s’affichant comme tels [20].

Pleurer ne sert de rien. Que serait-il advenu si, en 1914, au lieu d’en venir aux armes, les catholiques de toutes les nations catholiques, avaient refusé de prendre part à ce massacre fratricide, sui­vant les exhortations pressantes de saint Pie X, jusqu’à la fin [21], à François‑Joseph, quand celui-ci lui de­manda de bénir ses armées ?

Ce n’est pas désespérer que regarder la réalité en face, plutôt que de se complaire dans le rêve de légendes épiques d’un autre âge, fussent-elles belles comme de l’antique. Nous sommes où et quand la Providence divine nous a placés, avec les grâces dont elle nous pourvoit pour faire sa volonté : ce n’est sans doute pas au­jourd’hui riches en espoirs de brillantes destinées humaines et matérielles, surtout si, comme tant d’autres, nous avions l’orgueil d’imaginer sauver la France avec nos seuls pauvres moyens, ou même seu­lement d’ambitionner qu’ils puissent y jouer un rôle. A la grâce de Dieu.

La situation s’est encore compliquée par l’intrusion ou l’émergence de nations métèques (au sens étymologique du terme), dont la nation arabo-islamique, qui, à la faveur des grands brassages et de l’application du jus soli, revendiquent à leur tour « leur » part de notre héritage, à côté de la nation révolutionnaire, répu­blicaine et laïque.

A nous de garder et de transmettre pré­cieusement le fonds commun de notre dé­funte nation, avec la modestie et la dis­crétion qu’impose notre situation d’extrême faiblesse. Gardons-nous d’avoir aucune part au système ennemi et ne cul­tivons surtout pas l’illusion que nous pourrons le battre avec ses propres armes, celles des fils de ténèbres. Évitons de nous embarquer dans les combats qui ne sont pas les nôtres, ou sont voués à l’échec : nous  n’avons pas les moyens du donqui­chottisme. Au contraire, soutenons, en toute amitié, les membres de notre com­munauté dans un esprit proprement chrétien et exemplaire.

Et surtout prions le bon Dieu, comme le roi David, pour que sa justice, qui va passer aussi sûrement que l’aurore succède à la nuit, épargne ses serviteurs.

Enfin, (re)lisons, comprenons et médi­tons « Réflexions sur l’ennemi et la ma­nœuvre » (par exemple dans le nº 126 de Lecture et Tradition, à Chiré-en-Montreuil), le magistral opuscule de Jean Vaquié, autodidacte, qui nous a quittés depuis bientôt dix ans (vivent de tels autodidactes et paix à son âme).

La nation est un fait a dit Jaurès ; un bienfait a renchéri Maurras : la nôtre est morte. Mon Dieu, ayez pitié de nous !

 

Guy Labastide


 

 

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[1] — Ce n’est pas tellement étonnant. Il y a des livres qui sont prohibés ipso jure (par le droit lui-même) sans qu’il soit besoin d’un décret spécifique. Tel est le cas de Mein Kampf. Voir DTC, « Index », col. 977-978. (NDLR.)

[2] — Freies Forum, [publication trimestrielle], oct. nov. déc. 1985.

[3] — Giselher Wirsing, Roosevelt et l’Europe (Der Maßlose Kontinent) [Bernard Grasset, Paris, 1941], p. 483.

[4] — Arthur Brauner est le cinéaste du film Lebensborn et Will Berthod est le journaliste ayant fait de la pu­blicité pour ce film mensonger.

[5] — Trials of War Criminals before the Nuremberg Military Tribunals, [Washington, 1950] tome V, page 162.

[6] — Nation Europa, 1961, nº 6, cité dans Heinz Roth, Was hätten wir Väter wissen müssen 1933‑1939, Auf Suche der Wahrheit [Selbstverlag, Odenhausen/Lumda, 1970], page 84.

[7] — Spécial [hebdomadaire illustré, Bruxelles], 12 fé­vrier 1975.

[8] — Deutsche National Zeitung, 31 janvier 1961, p. 5.

[9] — Heinz Roth, Ibidem, t. 1, p. 81.

[10] — Voir la démonstration sans faille, et jamais réfu­tée, dans l’ouvrage de Wolfgang Hänel, Hermann Rauschnings « Gespräche mit Hitler », Eine Geschichtsfälschung. [Zeitgeschichtliche Forschungstelle Ingolstadt, Ingolstadt, 1984].

[11] — « Ce premier engagement légionnaire eut lieu à Myra House, Francis Street, Dublin, Irlande, à 8 heures du soir, le 7 septembre 1921, veille de la Nativité de la sainte Vierge. A cause du titre de Notre‑Dame de la Miséricorde, dénomination du premier groupe, l’organisation fut connue pendant quelque temps sous le nom d’« Association de Notre‑Dame de la Miséricorde ».

Des circonstances apparemment fortuites déterminè­rent cette date du 7 septembre, moins indiquée, semble-t-il, que la date du lendemain. Après de longues années seulement, marquées par d’innom­brables preuves de l’amour maternel de Marie, le sou­venir d’un passage de la Genèse (Gn 1, 5) qui compte les jours de la création à partir du soir, leur fit prendre conscience que Marie, par une délicate attention, avait voulu que les premiers parfums de la fête qui célèbre sa propre naissance embaument le berceau d’une organisation dont le but premier et constant est de lui ressembler afin de mieux glorifier Dieu et le communiquer plus efficacement aux hommes. » (Manuel officiel de la Légion de Marie, 8e édition fran­çaise, p. 2 et 3).

[12] — Trematore a fait des études d’architecture.

[13] — « On l’appelle communément Miguel de Cervantès Saavedra. Il fut soldat bien des années, et cinq ans et demi captif, pendant lesquels il apprit à avoir patience dans les adversités. A la bataille navale de Lépante, il perdit la main gauche d’un coup d’ar­quebuse ; blessure qui peut sembler laide, mais qu’il tient pour belle, parce qu’elle fut reçue dans la plus mémorable rencontre qu’aient vue les siècles passés et qu’espèrent voir les siècles à venir, en combattant sous les bannières victorieuses du fils de ce foudre de guerre, Charles Quint, d’heureuse mémoire » (Cervantès, Nouvelles exemplaires, Prologue au lecteur, 1613). Cervantès (1547-1616) est surnommé le “ Manchot de Lépante ”. (NDLR.)

[14] — Nous suivons en cela beaucoup d’auteurs, no­tamment Maurras dans Action Française, 28 avril 1928.

[15] — Dans Prince des Nuées, p. 417. Cité dans le Dictionnaire politique et critique (DPC), Paris, Arthème Fayard, t. III, p. 153.

[16]Ibid.

[17] — Voir Léon XIII, Let. Apost. « Parvenu à » 1902 ; Pie XI, Ency. « Urbi Arcano » 1922 ; Al. au Sacré Coll. 24 décembre 1930 ; et de nombreuses autres lettres et allocutions pontificales.

[18] — Charles Maurras a écrit une œuvre tellement considérable que personne ne devrait se vanter d’en connaître tous les recoins, d’autant que, sur les sujets qui nous occupent ici, il peut sembler parfois « protéiforme » (voir sa bibliographie établie par Alain de Benoist, auteur notoirement païen, dont Lectures Françaises fait la promotion, sans aucun avertisse­ment, dans son nº 540 d’avril 2002).

[19] — Cité par Maurras Charles dans L’Action Française, 7 janvier 1920.

[20] — Saint Pie X, encyclique Il fermo proposito, 11 juin 1905, in Documents Pontificaux de Sa Sainteté saint Pie X, Versailles, Publications du Courrier de Rome, 1993, t. I, p. 298 :

« ...Restaurer dans le Christ non seulement ce qui in­combe directement à l’Église en vertu de sa divine mission qui est de conduire les âmes à Dieu, mais en­core, comme Nous l’avons expliqué, ce qui découle spontanément de cette divine mission, la civilisation chrétienne dans l’ensemble de tous et de chacun des éléments qui la constituent.

« Et pour Nous arrêter à cette seule dernière partie de la restauration désirée, vous voyez bien, Vénérables Frères, quel appui apportent à l’Église ces troupes choisies de catholiques qui se proposent précisément de réunir ensemble toutes leurs forces vives dans le but de combattre par tous les moyens justes et légaux la civilisation antichrétienne, réparer par tous les moyens les désordres si graves qui en dérivent ; repla­cer Jésus-Christ dans la famille, dans l’école, dans la société ; rétablir le principe de l’autorité humaine comme représentant celle de Dieu ; prendre souverai­nement à cœur les intérêts du peuple et particulière­ment ceux de la classe ouvrière et agricole, non seule­ment en inculquant au cœur de tous le principe reli­gieux, seule source vraie de consolation dans les an­goisses de la vie, mais en s’efforçant de sécher leurs larmes, d’adoucir leurs peines, d’améliorer leur condi­tion économique par de sages mesures ; s’employer, par conséquent, à rendre les lois publiques conformes à la justice, à corriger ou supprimer celles qui ne le sont pas ; défendre enfin et soutenir avec un esprit vraiment catholique les droits de Dieu et les droits non moins sacrés de l’Église.

« L’ensemble de toutes ces œuvres, dont les princi­paux soutiens et promoteurs sont des laïques catho­liques, et dont la conception varie suivant les besoins propres de chaque nation et les circonstances particu­lières de chaque pays, constitue précisément ce que l’on a coutume de désigner par un terme spécial et as­surément très noble : Action catholique ou Action des catholiques... »

[21] — Raconté par Albin de Gigala dans Vie intime de Pie X, Paris, Lethielleux, 1927, p. 219 sq.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 41

p. 260-271

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