Le R. P. Eugène de Villeurbanne O.F.M. Cap.
par le fr. Innocent-Marie O.P.
NDLR : A l’occasion du troisième anniversaire de la mort du R. P. Eugène de Villeurbanne O.F.M. Cap., décédé en la fête de la Sainte-Trinité le 10 juin 1990, nous donnons ici le sermon prononcé pour ses obsèques par le père Innocent-Marie O.P. Le R. P. Eugène nous donne à tous une leçon de fidélité et de courage. Nous recommandons à la prière de nos lecteurs la jeune communauté capucine qu’il a fondée à Morgon [1].
NOUS sommes réunis dans cette église, autour du corps du R. P. Eugène de Villeurbanne, pour prier avec ferveur et pour nous rappeler les grandes vérités chrétiennes.
Nous ne prononcerons pas un éloge ni une biographie du cher père Eugène. Lui–même ne l’eût d’ailleurs pas souhaité. De plus, en soi, sa vie et ses actes n’ont rien d’extraordinaire.
Comme des milliers de capucins, depuis 1525 que cette branche de l’Ordre de Saint François a été créée, le père Eugène a prié, fait pénitence, prêché et confessé, tout cela dans la très haute pauvreté franciscaine. Le père Eugène a vécu comme ont toujours vécu les capucins ; il a fait, comme on a toujours fait dans son Ordre : pour lui, c’était simple, clair, lumineux.
Seulement, quand la nuit s’abat sur l’Église à l’occasion du concile Vatican II et de ses funestes conséquences, cette petite lumière qu’est le père Eugène apparaît comme un phare au milieu de la tempête.
Vers 1972, installé à Verjon, dans l’Ain, car il vient de quitter son couvent (ce n’est qu’en 1982 que le père Eugène est « excommunié » de l’Ordre officiellement, l’Ordre capucin officiel qui n’est plus qu’un désordre), le père Eugène publie une brochure intitulée : Dans la tourmente des religieux. Le début en est clair : « L’une des plus grandes infidélités contemporaines est la grave infidélité des familles religieuses à leurs vœux, à leur profession et à leurs saintes fonctions. » La conclusion l’est tout autant : « Surtout priez, oui, priez pour nous, car nous prions pour vous ; si en outre nous soutenons ce combat et supportons la persécution, c’est pour être fidèles à notre parole, à notre profession, à notre conscience dûment éclairée, pour que la gloire de Dieu reçoive aussi tout son éclat. Mais,certes, c’est encore pour vous soutenir dans la vérité et la foi, et pour que demain vos enfants ne vivent pas dans un monde pourri, mort et glacé. »
C’est bien le combat pour la fidélité à la vie religieuse qui fait toute la grandeur du cher père Eugène.
« Dans la tourmente des religieux », pour reprendre son expression, quand par milliers, et même dizaines de milliers, les religieux et religieuses quittent leurs couvents et monastères, rejettent leurs saints habits et même renient leur vœu de chasteté parfaite, le père Eugène s’écrie : « NON ! » Dans la nuit qui s’est abattue sur la vie religieuse et bien au –delà, il ne bronche pas, il demeure lumineux : custos noctis [2], comme il signe lui–même l’avant–propos de sa brochure.
A la même époque, des laïcs osent aussi manifester un « NON » public à la subversion dans l’Église : Henri Rambaud, le dimanche des Rameaux 1971, s’écrie en pleine cathédrale Saint-Jean, à Lyon : « NON ! Jésus–Christ est vrai Dieu et vrai homme ! Votre traduction de l’épître aux Philippiens est fausse ! » Dans la région toujours, Mademoiselle Luce Quenette écrit en 1973 qu’il faut « oser dire NON ».
Des évêques, rares hélas !, résistent aussi à la révolution conciliaire. Le Cardinal Mindzenty dit « NON » à la collaboration du Vatican avec les communistes, collaboration cachée sous le mot d’Ost-politik. Au Brésil, Monseigneur de Castro Mayer tient bon dans son diocèse où il maintient officiellement la messe traditionnelle. En Suisse, mais en fait pour le monde entier, Monseigneur Lefebvre fonde la Fraternité Sacerdotale Saint‑Pie X en 1970.
De son côté, le père Eugène dit « NON » au chapitre général extraordinaire des capucins en 1968. Chapitre imposé par Rome pour « mettre à jour » les constitutions : c’est le fameux aggiornamento, cher à Jean XXIII et à Paul VI. Il s’agit, en réalité, de « mettre au goût du jour » les constitutions de tous les ordres monastiques et de toutes les congrégations religieuses. On en connaît le résultat aujourd’hui. Le père Eugène, lui, dénonce immédiatement la subversion de la vie religieuse organisée par le chapitre général de 1968 et les supérieurs majeurs. Citons, parmi des dizaines d’exemples, un de ceux que rapporte le père Eugène.
Les chapitres généraux ont élargi leur conseil général de quatre ou six conseillers à trente ou trente–cinq. Or, ceux–ci se déplacent, en corps constitué, un peu partout dans le monde pour tenir des réunions. Tout ceci coûte cher... même si l’on vend, pour couvrir les frais de voyage de ces messieurs, les couvents qu’eux–mêmes ont contribué à vider de leurs religieux !
Dire « NON » ne suffit pas ! Il faut agir encore conformément à sa pensée. Que fait donc le père Eugène ?
Face à ceux qui transforment la règle de saint François et modifient les constitutions des capucins, le père Eugène, lui, garde la règle et les constitutions primitives. Et pour cela il quitte son Ordre, devenu dés–ordre. Mais le père Eugène garda toujours un sens aigu de l’autorité et ne chercha pas à faire un nouvel Ordre. Ses dizaines et dizaines de lettres aux congrégations romaines et aux supérieurs de l’Ordre le prouvent. Quels fruits en récolte–t–il ? La règle le garde fidèle et le rend fécond. Rien d’étonnant à cela, selon saint Bernard au XIIe siècle : « Je vous en prie, mes frères, et vous conjure instamment, de vivre de telle sorte que vous gardiez toujours soigneusement les pratiques de votre Ordre, afin qu’elles vous gardent à leur tour. »
Nous pouvons dire que le père Eugène est à la vie religieuse ce que Monseigneur Lefebvre est à la foi catholique. Monseigneur Lefebvre garde la foi et les dogmes, il les affirme sans cesse à temps et à contretemps et en combat les négateurs. Le père Eugène garde la vie religieuse ; il la vit, l’enseigne et l’inculque aux jeunes. Dans les deux cas, les bons fruits sanctionnent cette fidélité.
Il est bien dommage que Monseigneur Lefebvre soit au Gabon actuellement, car sinon il serait ici ce matin pour vous parler.
La fidélité du père Eugène à la vie religieuse revêt un triple aspect :
— l’esprit de foi ;
— la piété ;
— la persévérance.
L’esprit de foi
Toute règle approuvée par l’Église vient de Dieu, elle a Dieu pour auteur en tant qu’il a inspiré les fondateurs et législateurs. On peut faire un parallèle avec la liturgie traditionnelle, la morale traditionnelle, le catéchisme traditionnel. Ils viennent de Dieu, transmis qu’ils sont par l’Église depuis les origines. C’est pourquoi aucune autorité ne peut les changer.
Cette tradition dans la foi, c’est Dieu lui–même communiqué aux hommes, se communiquant aux hommes, et Dieu ne change pas : « Ego non mutor » dit–il dans l’Ancien Testament.
Comprenons bien cet esprit de foi en ce qui touche à la Tradition. Ce que l’Église a enseigné et pratiqué pendant des siècles ne peut pas changer, ne peut s’améliorer substantiellement. Sinon, cela voudrait dire que, pendant des siècles, il a manqué à l’Église quelque chose d’important. Autrement dit, pendant des siècles, l’Esprit de vérité aurait été absent de l’Église et les saints d’autrefois ne le seraient plus aujourd’hui... Absit !
Eh bien !, de même pour les Ordres religieux. Ce qu’ils ont enseigné et pratiqué pendant des siècles est substantiellement vrai et bon, il n’y a pas à y toucher.
L’esprit moderne qui « ne supporte plus la saine doctrine et qui se donne des maîtres conformes à ses désirs, car son oreille le démange » (2 Tim 4/3) objecte que, pour mieux conserver l’esprit religieux, il faut changer la lettre en l’améliorant.
Pour réfuter cette objection destructrice de la vie religieuse, le père Eugène rappelle tout simplement la définition de la lettre dans une règle religieuse. Mais cela vaut aussi pour la théologie, le droit canon, etc. La lettre, c’est, écrit–il : « les déterminations précises qui assurent la permanence des formes de vie inspirées par le Saint–Esprit. » Puis le père Eugène développe un peu : « Les principales déterminations sont anciennes et primitives, traditionnelles, en sorte que l’on peut les appeler des “constantes du Saint–Esprit” : l’assistance quotidienne au saint sacrifice de la messe, un temps de méditation, l’office divin, le silence, une séparation corporelle du monde par la clôture, la dépendance à l’égard d’un supérieur, un habit religieux. »
Et le père Eugène précise, pour éviter les erreurs : « Ces déterminations ne sont pas toutes de l’essence des conseils et des vœux évangéliques et religieux, mais elles constituent le mode stable de vivre en commun, elles distinguent l’état particulier du religieux de l’état général séculier des fidèles. »
Ce sont précisément ces déterminations qui distinguent le religieux, qui le séparent des séculiers et que la subversion a voulu éliminer, eh bien ! ce sont elles que le père Eugène a gardées.
Et il les a gardées, non pas dans un but égoïste, mais pour Dieu et pour les âmes, oui, pour sauver les âmes. Il écrivait en effet: « Ces déterminations sont indispensables au premier témoignage impersonnel, collectif, le plus visible et le plus sûr, que le religieux donne par les marques de son état. Ce ne sont pas mes vertus d’inconnu qui ont porté ce camionneur à s’arrêter spontanément pour me prendre en route en s’écriant : “Comme on est content de rencontrer un religieux !” »
Si l’esprit de foi donne ainsi toute sa valeur surnaturelle à la règle religieuse, on comprend qu’il puisse légitimer une désobéissance apparente à la hi érarchie prévaricatrice, car « il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes ».
Parce que Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper, le père Eugène vivait solidement arc–bouté à la règle de saint François et aux constitutions capucines, comme Monseigneur Lefebvre au Credo et à la messe traditionnelle.
La piété
La piété, c’est la vertu par laquelle nous rendons nos devoirs à nos parents et à notre patrie. Pour le père Eugène, il s’agissait de rendre ses devoirs aux pères capucins qui l’avaient élevé et nourri dans la vie religieuse. C’est une extension du 4e commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Ayant satisfait à ce précepte, le père Eugène en connut dès ici–bas la récompense, selon les termes mêmes du 4e commandement : « Et tu auras longue vie. »
Non seulement il vécut physiquement longuement, mais il survit encore devant nous et pour longtemps par les jeunes religieux, ses fils en saint François, qui l’entourent ici ce matin.
Le père Eugène manifestait un sens aigu de la paternité et du respect qu’elle entraîne : il était parfaitement fils. Il fallait l’entendre parler de ses maîtres capucins. Quel ton de voix affectueux, admiratif et reconnaissant, j’allais dire enfantin ! Sa piété filiale se prouvait par son zèle à recueillir, garder et vivre les observances et coutumes capucines, et aussi à les transmettre. Il avait reçu, donc il devait transmettre : « Tradidi quod et accepi. » Ce faisant, il était sûr de remonter à saint François lui–même. Voici, à titre d’exemple, les conseils qu’il nous dicta quand il était à Verjon : « Il ne faut pas vous dire d’abord thomistes, mais bien plutôt dominicains. Pour comprendre le fils et l’aimer, il faut commencer par le père. Cela permet de ne pas tomber dans l’intellectualisme. Le plus sûr moyen de suivre saint Thomas est d’imiter saint Dominique, car saint Thomas fut un fils parfait du bienheureux père. C’est comme si les franciscains se disaient bonaventuriens ; non ! Il faut revenir à l’origine, à la grâce de la fondation ; c’est le plus sûr moyen d’engendrer de nouveaux saint Thomas. »
Ajoutons à la piété filiale du père Eugène son sens de l’honneur, de la fidélité à l’engagement pris. Quand on a juré, promis publiquement de vivre pauvre, chaste et obéissant jusqu’à la mort, on ne revient pas sur sa parole. Oui, même s’il faut mourir physiquement ou (et) moralement.
La persévérance
La persévérance du père Eugène va nous aider à comprendre ce que représente la fidélité jusqu’à la mort.
Dans sa brochure déjà plusieurs fois citée ici, le père Eugène écrit : « Les familles religieuses, dans leur ensemble, subissaient en France, déjà avant le concile, une grave crise des vocations due aux mêmes causes qui rongeaient la vie chrétienne des baptisés en général : le laïcisme, la séduction du monde, l’emprise de ses attraits et de ses commodités de plus en plus spectaculaires, la carence de l’éducation familiale chrétienne, etc. »
Quand le père Eugène commence à résister ouvertement à la subversion de la vie religieuse, il reste sur le terrain de la légalité, d’octobre 1968 à mai 1972. Dans le monde, on peut compter sur 960 capucins qui résistent ; en réalité, il n’y en a que 100 qui semblent prêts à « faire quelque chose ». Quand vient l’épreuve de force avec les supérieurs majeurs, sept seulement, puis six finalement refusent la sécularisation qu’on leur propose par le biais d’une « pieuse union ». Même six qui refusent, qui résistent, c’est encore trop pour l’ennemi du genre humain. Alors « le prince du mensonge », « l’homicide dès l’origine », propose un compromis aux six récalcitrants. On accepte qu’ils gardent les anciennes observances à condition qu’ils s’installent au couvent de Besançon, au milieu des autres capucins « mis au goût du jour » selon le chapitre général de 1968, et qu’ils ne recrutent pas de jeunes. C’est le compromis bien connu du « mouroir ». Sur les six ultimes résistants, quatre acceptent cette forme d’euthanasie de la vie religieuse.
Notons qu’une telle forme d’euthanasie a été employée avec succès à la même époque vis–à–vis de pères dominicains qui ont fondé le couvent–mouroir de Tours.
Le père Eugène la refuse catégoriquement et part, contre l’avis de ses supérieurs, s’installer à Verjon avec le père Elzéar. Honneur à ce père Elzéar, courageux compagnon du père Eugène, qui quitte cette terre peu de temps après l’opération survie menée à Verjon !
Pour comprendre le climat qui a précédé ce départ, écoutons le père Eugène : « Nous subissons, cinq confrères et moi, depuis quatre ans, la persécution ; dénoncés aux évêques comme de mauvais sujets, ce qui nous ferme la porte des diocèses. (...) Dans la province de Lyon, depuis sept ans, c’est non seulement l’opposition, mais la persécution appuyée de contrevérités, de calomnies, d’indélicatesses en tout genre. » Parlant de ses confrères maltraités, il écrit ce qui vaut aussi pour lui : « La plainte des religieux et des religieuses et des saints prêtres est quasi universellement la même, une plainte qui est un cri douloureux d’angoisse, jusqu’au désespoir parfois, devant ce qu’un cardinal a pu, par modération et euphémisme, nommer une “décadence”. »
Pour que la ressemblance entre le religieux et Notre-Seigneur Jésus-Christ soit plus parfaite, s’ajoute à ces persécutions l’incompréhension de confrères traditionalistes. En 1978, il écrit : « Un ensemble de choses (...) a déclenché un mouvement d’intérêt, mais je suis fort battu en brèche. Pour la troisième fois cette semaine, on détourne un jeune sur qui je comptais. Et, les trois fois, le coupable est un prêtre traditionaliste. Les prêtres traditionalistes ont hérité de la mentalité gallicane, les religieux ne les intéressent pas. »
On comprend mieux, dans ces conditions, la plainte suivante que le cher père Eugène confiait à une religieuse, sous un torride soleil d’été, lors d’une retraite qu’il prêchait : « Petite sœur, il faut que vous priiez beaucoup pour moi. C’est dur. Je ne sais pas pourquoi, ils s’en vont tous. Pas un ne reste, mais je ne peux pas changer la règle pour eux. Je suis comme M. Seguin, toutes mes chèvres partent une à une. Je commence à me décourager. Peut–être le bon Dieu ne veut–il pas cette fondation? Alors vraiment, je n’aurais servi à rien ? Inutile, inutile !... »
Dans un tel pressoir, l’âme qui ne vit pas en toute vérité de la grâce, ne peut tenir ; elle cherche alors des appuis humains, des subterfuges, des compensations. Je voudrais citer ici l’attitude exemplaire, surnaturellement détachée, que le cher père Eugène a eue vis–à–vis de notre communauté dominicaine, alors naissante, cachée encore sous les vêtements civils de ses membres. Alors que le père Eugène est seul avec un novice, il nous aide généreusement, dès 1976, sans chercher à nous capter, à nous attirer à lui. Pourtant c’eût été facile pour lui, tant il nous nourrissait par ses enseignements sur la vie d’oraison et la vie sacramentelle, par sa doctrine sur la vie religieuse et les exemples vivants qu’il nous en donnait. Mais le bon père Eugène a trop la conviction profonde de l’inépuisable richesse de Dieu, qui a suscité tant et tant de familles religieuses, pour manifester sa gloire. Il constatait avec douleur l’erreur grave de ces évêques qui, sous prétexte qu’il y avait trop de congrégations religieuses dans leurs diocèses, les avaient regroupées, afin que plus fournies en nombre elles soient plus fortes. Eh bien, les vocations n’avaient pas tardé à manquer ! Comme quoi, les pensées de Dieu ne sont pas du tout celles des hommes ! Le père Eugène le sait bien ; alors, dans la nuit, il attend, sûr de l’aurore qui va poindre. Et aujourd’hui, autour de son corps, nous le remercions pour cette couronne de pères et de frères capucins que sa surnaturelle persévérance a méritée. Voilà l’héritage vivant qu’il nous laisse.
Prions pour lui afin que, dégagé de la condition terrestre, il puisse glorifier totalement Dieu Un et Trine. Car c’est à dessein que Dieu – Père, Fils et Saint–Esprit – a rappelé à Lui le père Eugène aux premières heures du dimanche de la Très Sainte Trinité.
Que la bienheureuse Vierge Marie, que le père Eugène aimait à invoquer sous le vocable de « Lis immaculé de la Très Sainte Trinité », nous fasse comprendre les lignes suivantes de son testament spirituel :
« La grandeur, la priorité, la transcendance de la Très Sainte Trinité en tout méritent une louange incessante, des paroles d’amour et d’actions de grâces ininterrompues. La condition humaine ne rend pas possible tout cela et c’est une souffrance intime des âmes saintes, même des personnes engagées dans la condition du mariage, d’être si souvent arrachées au Seigneur. Il leur faut se rappeler la louange permanente de “notre souverain Prêtre” pour demeurer dans la paix et l’espérance. Or, l’Église doit sans cesse louer Dieu. Il lui faut une milice spéciale consacrée à un complément de louange et d’attention directe à Dieu, que ne peuvent donner les baptisés impliqués par nécessité dans les affaires profanes. Ici se situe le rôle des religieux. Les fidèles sont bien conscients de cette complémentarité. »
[1] — Couvent Saint-François, Morgon, 69910 Villié-Morgon.
[2] — Le gardien dans la nuit.
Informations
L'auteur
Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).
Le numéro

p. 151-158
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