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Le père Maximilien Kolbe

contemporain et complément de Fatima

 

 

 

par le frère Albert O.P.

 

 

 

Rome, 16 octobre 1917.

Quatre cents ans après la rébellion de Luther et deux cents ans depuis les débuts de la franc-maçonnerie.

Dans une pauvre petite cellule [...] à Rome, sept jeunes clercs vêtus d’une bure et ceints du cordon franciscain, avec, au côté, des sabres spirituels, c’est-à-dire des rosaires, examinèrent les points des premiers statuts de la Milice de l’Immaculée. Au-dessus d’eux, entre deux cierges allumés, on avait posé une petite statue de l’Immaculée [1].

 

C’

EST AINSI que le père Maximilien Kolbe lui-même raconte, dix-sept ans plus tard, la première réunion du mouvement marial, fondé par lui au collège international des franciscains conventuels à Rome, le 16 octobre 1917. Aux dates qu’il mentionne au début pour situer l’événement, on pourrait en ajouter une autre : celle du miracle du soleil par lequel la Vierge Immaculée avait clos la série de ses apparitions à Fatima, seulement trois jours avant cette réunion inaugurale de la Milice de l’Immaculée (M.I.).

Le père Jerzy Domañski, longtemps successeur du père Kolbe comme directeur de la M.I. – et certainement une des personnes qui connaît le mieux sa vie et ses écrits –, remarque cette coïncidence de dates et cite à ce propos un témoin au procès de béatification :

 

Dans le contexte de l’époque, on peut retenir avec Mgr G. Palatucci, compagnon du père Kolbe, que « l’œuvre de la Milice de l’Immaculée a été opportunément inspirée […] pour coopérer au triomphe du Cœur Immaculé de Marie », selon son message donné à Fatima en 1917. Nous savons que la M.I. est née trois

jours après la dernière apparition. « Je n’ai aucun doute – ajoute l’évêque – que l’œuvre de la M.I. se situe dans la droite ligne de ce triomphe social. » En tout cas, on ne peut qu’admirer la main de la Providence, qui conduisait saint Maximilien pour réaliser les plans divins [2].

 

Le but du présent article sera de montrer qu’effectivement il existe une harmonie providentielle entre les apparitions de Notre-Dame de Fatima et l’œuvre du père Kolbe. Nous verrons d’abord très rapidement l’histoire de ce saint prêtre et religieux, puis quelques aspects de sa vie et de son œuvre confirmant qu’il « a été opportunément inspiré pour coopérer au triomphe du Cœur Immaculé de Marie ».

 

 

Une vie donnée à l’Immaculée

(1894-1941)

 

Raymond Kolbe, qui recevra en religion le nom de Maximilien-Marie, est né le 8 janvier 1894 à Zdundka-Wola, un petit village près de Lodz en Pologne. Entré dans l’Ordre des franciscains conventuels, il est envoyé à Rome en l912 pour y faire ses études. C’est là qu’il fonde, en 1917, la Milice de l’Immaculée. Il devient docteur en philosophie et en théologie et reçoit l’ordination le 28 avril 1918. Retourné en Pologne en juillet 1919, il propage avec un étonnant succès la Milice de l’Immaculée parmi ses compatriotes et fonde une revue appelée le Chevalier de l’Immaculée dont le tirage augmente très rapidement, jusqu’à atteindre un million d’exemplaires en décembre 1938. En 1927, il fonde également un couvent, consacré uniquement à l’œuvre de la M.I. et qui reçoit le nom de Niepokalanów, ce qui veut dire Cité de l’Immaculée. Les vocations affluent en si grand nombre que Niepokalanów compte bientôt plus de 750 religieux. En l930, le père Kolbe part au Japon avec quatre frères pour établir à Nagasaki un nouveau couvent appelé Mugenzai non Sono (Jardin de l’Immaculée). De là, il essaie d’en créer encore un autre en Inde ; mais malgré l’accord des autorités ecclésiastiques, ses efforts ne purent aboutir. Rappelé par le chapitre provincial en 1936 pour reprendre son poste à la tête de Niepokalanów, c’est là qu’il est arrêté par la Gestapo le 17 février 1941. Après trois mois dans une prison à Varsovie, il est envoyé au camp d’Auschwitz où il fera le sacrifice héroïque de sa vie, en prenant la place d’un autre prisonnier, condamné par les Nazis à mourir de faim avec neuf autres, en représailles d’une évasion ; cet acte de suprême cha

rité a fait le tour du monde entier. Il meurt le 14 août, et le jour suivant, en la fête de l’Assomption, son corps est brûlé au four crématoire.

 

 

La lutte contre la franc-maçonnerie

 

C’est à l’occasion d’une manifestation particulièrement virulente de la franc-maçonnerie à Rome, en 1917, que fut fondée la Milice de l’Immaculée [3]  Le père Kolbe raconte lui-même le fait dans le livre qu’il préparait sur l’Immaculée vers la fin de sa vie, mais que son arrestation l’a empêché de terminer.

 

Dans la capitale de la chrétienté, à Rome, dans les années d’avant-guerre [4], la maffia maçonnique plusieurs fois condamnée par les papes se conduisait toujours plus insolemment en maître. Pendant les festivités en l’honneur de Giordano Bruno [5], on n’hésita pas à porter un étendard noir avec l’effigie de l’archange Michel sous les pieds de Lucifer, et à déployer les insignes maçonniques en face des fenêtres du Vatican. La main d’un insensé, sans même en être pétrifiée d’effroi, alla jusqu’à écrire : « Satan régnera au Vatican, et le pape le servira comme garde suisse », etc. C’est dans cet état si déplorable que se trouvaient certaines âmes éloignées de Dieu.

Cette haine mortelle envers l’Église du Christ et son Vicaire sur terre n’est pas seulement l’excès de quelques individus désaxés, mais elle se déploie dans l’activité qui dérive systématiquement du principe maçonnique : « Détruire toute religion, et surtout la religion catholique. » Disséminées dans le monde entier, les cellules de cette maffia poursuivent ce même but d’une manière très diversifiée et plus ou moins visible. Elles se servent pour cela de toute une pléiade d’associations aux noms et aux buts très variés qui cependant, sous leur influence, répandent l’indifférence religieuse et affaiblissent la morale. [...]

Afin de tendre la main à tant d’âmes malheureuses, afin de fortifier les cœurs innocents dans le bien, afin de les aider tous à s’approcher de l’Immaculée, la Médiatrice de toutes les grâces, la Milice de l’Immaculée est fondée en 1917 à Rome, dans le Collège International des Frères Mineurs Conventuels [des Pères Franciscains] [6].


 

Dans le programme primitif de la M.I., qui faisait l’objet principal de la réunion du 16 octobre, on voit déjà l’importance de cette lutte contre la franc-maçonnerie. Le but de l’association sera de « rechercher la conversion des pécheurs, des hérétiques, des schismatiques, des juifs, etc. et particulièrement des francs-maçons [7] ». On propose également aux membres de réciter tous les jours la prière : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous et pour tous ceux qui n’ont pas recours à vous, et spécialement pour les francs-maçons [8]. » Le père Kolbe commente :

 

« Et spécialement pour les francs-maçons », parce que ces malheureux, bien que d’une manière occulte, n’en constituent pas moins réellement la tête des manifestations les plus disparates contre Dieu, l’Église, le salut et la sanctification des âmes [9].

 

Telle est la raison qui explique la prépondérance que le père Kolbe accorde à la lutte fondamentale contre la franc-maçonnerie ; il discerne en elle le « cerveau », la tête du serpent que l’Immaculée doit écraser.

Nonobstant les apparences, Notre-Dame de Fatima poursuit bien le même but en dénonçant nommément les erreurs de la Russie communiste qui se répandront « à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église [10] ». Le père Kolbe nous donne la clé de cette convergence entre la franc-maçonnerie et le communisme dans un article de 1923 :

 

En analysant les derniers événements, nous nous rendons compte clairement que chez nous [en Pologne] les choses vont mal : le coût de la vie augmente de jour en jour, le pays est à la veille de l’effondrement économique, le gouverne

ment est faible et incapable ; nous avons l’impression qu’une main mystérieuse est en train de dresser de continuels obstacles et de nous entraîner à la ruine.

Sur toute la face de la terre, ici d’une manière plus faible, là avec plus d’acharnement, une lutte se déchaîne contre l’Église et le bonheur des âmes. L’ennemi se manifeste sous des dénominations et des habits divers. Tous savent comment le socialisme, profitant des conditions misérables de l’ouvrier, lui a inoculé le poison de l’incrédulité. Nous voyons comment les bolcheviks persécutent la religion. [...] Tous ces blocs forment un front compact de bataille contre l’Église.

Qu’est-ce qui les unit ?

Il est bien connu de tous que ce sont les juifs qui dirigent le socialisme et gouvernent actuellement dans la Russie bolchevique. Il n’en manque pas non plus dans les rangs des matérialistes. Et les « étudiants de la sainte Écriture [11] », comme l’a montré M. Pawlak dans une de ses conférences au cercle des hommes de la M.I., ne sont rien d’autre que le bolchevisme déguisé avec toutes les promesses des talmudistes. Dans la théosophie aussi, les juifs figurent en grand nombre [...] [12].

 

Après avoir donné cet exemple concret de leur influence dans la vie politique de la Pologne d’alors, il conclut par une citation du journal la Gazette de Varsovie, qu’il fait suivre d’un cri de guerre :

 

« Cette force, qui désormais a cessé de se cacher, est une conspiration judéo-maçonnique. Pour le moment, il n’est pas nécessaire d’en indiquer les caractéristiques, puisqu’elle est trop évidente pour nous tous. »

 

Face à ces données de fait, peut-on encore douter de l’identification de la direction sous laquelle combattent, consciemment ou non, nos ennemis ? Voilà quelle est la main mystérieuse qui pousse notre pays à la ruine.

 

Face aux attaques si dures des ennemis de l’Église de Dieu, nous est-il permis de rester inactifs ? Nous serait-il permis de nous plaindre et de verser seulement des larmes ? Non pas ! [...] Sur chacun de nous pèse le devoir sacré de nous mettre dans les tranchées et de repousser les attaques de l’ennemi avec notre poitrine [13].

 

Plus directement en lien avec Fatima, le père Kolbe est l’auteur d’une célèbre prophétie à propos de Moscou. Ce fut lors d’un congrès tenu à Rome pour commémorer le vingtième anniversaire de la fondation de la M.I. Le supérieur général de son Ordre lui avait demandé d’y faire une conférence. Voici un extrait du reportage de l’événement, paru dans l’Osservatore Romano des 14-15 février 1937 :

 

La présence et la chaude parole du père Maximilien Kolbe [fondateur de la Milice de l’Immaculée...] a suscité un intérêt particulièrement vif. Les injures ou

vertes de la franc-maçonnerie et du socialisme de cette époque furent à l’origine de cette pieuse institution. Un sentiment de piété s’éleva et, avec d’humbles moyens, entraîna les réactions de la presse ; et à Niepokalanów, en peu d’années, ont été édités respectivement 47 millions d’exemplaires de publications [...] C’est encore peu – conclut l’orateur – face aux publications des bolcheviks et face au nombre d’habitants sur la terre ; mais – continue-t-il – nous ne croyons pas si lointain ni un pur rêve l’avènement grandiose du jour où la statue de la très sainte Vierge sera placée par ses chevaliers victorieux au cœur même de Moscou [14].

 

Sur ce point, nous avons un témoignage plus précis et plus personnel – rapporté dans le procès de béatification – d’un des premiers membres de la M.I., le père Pignalberi. Le rapport avec Fatima, et plus particulièrement avec le troisième secret, est patent :

 

Le père Maximilien vint me trouver au couvent de Piglio les 7, 8 et 9 février 1937. Tout en conversant familièrement avec lui dans ma chambre, j’appris les quelques difficultés que son œuvre avait rencontrées en Pologne et au Japon. Toutefois, il me disait que beaucoup d’obstacles avaient été surmontés et qu’au centre de Moscou se dresserait la statue de l’Immaculée, mais qu’auparavant l’épreuve du sang serait nécessaire. J’interprétai cette phrase comme une épreuve qui se produirait dans la Cité de l’Immaculée, et de façon plus particulière en sa propre personne. Cette allusion à l’épreuve du sang, il me la répéta quelques jours plus tard à Rome, à la fin du congrès sur l’Immaculée, qui s’était déroulé le 11 février, fête de la M.I., au couvent des Saints-Apôtres. Et même, je me souviens fort bien qu’il me dit alors que l’épreuve du sang était nécessaire. Je restai déconcerté devant une déclaration aussi nette, mais il insista en disant que c’était bien ainsi [15], et que c’était même nécessaire. Voyant que j’en restais toujours troublé, il ajouta : « Aujourd’hui, c’est la fête de la Milice de l’Immaculée, et demain celle des sept saints fondateurs [16]. »

 

 

La médiation de l’Immaculée et la consécration personnelle

 

Un des grands thèmes du message de Fatima est la médiation universelle de la sainte Vierge. Le frère Michel de la Sainte-Trinité commente ainsi les paroles

prononcées par Notre-Dame le 13 juillet et rapportées par Lucie, « Elle seule pourra vous secourir » :

 

Le secret du secret, c’est la volonté de Dieu de nous accorder tout par la médiation de Marie, en réponse à notre dévotion à son Cœur Immaculé. Non seulement les biens spirituels, mais même la paix temporelle, et cela, pour le monde entier. A-t-on remarqué que l’une des paroles de Notre-Dame, rapportée fidèlement par Lucie à son curé dès le lendemain, disait déjà la même chose, avec la même vigueur, le même exclusivisme ? « Continuez à dire le chapelet tous les jours... pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule pourra vous secourir. » Autant dire : il n’y a plus de salut pour nous que par la Vierge Marie ; c’était déjà le noyau essentiel du secret de Fatima qui se trouvait ainsi divulgué dès juillet 1917 [17].

 

Dans sa célèbre conférence pour l’ouverture du pèlerinage de l’association Saint-Benoît patron de l’Europe, à Fatima le 2 octobre 1981, le père Joseph de Sainte-Marie O.C.D. dit la même chose : « Notez la parole : Elle seule. Dieu veut que tout passe par la Médiation de Marie. Voilà la vérité dogmatique qui est au cœur du message de Fatima [18]. »

L’autre thème est la consécration à Marie qui est comme la conséquence de sa médiation [19]. Il est vrai que la consécration dont il s’agit est plutôt la consécration des nations (de la Russie, du Portugal, du monde), mais loin d’exclure la consécration individuelle des personnes, ces consécrations collectives l’appellent [20]. En outre, il est clair que le but même des apparitions, selon les propres paroles de Notre-Dame, est « d’établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé [21]. » Or, comme l’explique saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans son Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge, la « vraie » dévotion à Marie, celle qui correspond au rôle que Dieu lui a donné dans son plan de salut, est justement la consécration entière de toute la personne à Marie. La consécration au Cœur Immaculé demandée à Fatima n’est donc pas uniquement collective mais aussi personnelle. Ces deux thèmes corrélatifs, nous allons le voir, constituent toute la trame de la vie du père Maximilien Kolbe et de la Milice qu’il a fondée.

Quant à la médiation de Marie, le père Kolbe en parle souvent comme du fondement de toute son œuvre :

 

L’activité de la M.I. se base justement sur cette vérité, à savoir que l’Immaculée est la médiatrice de toutes les grâces, parce que, s’il n’en était pas ainsi, tout notre travail et tous nos efforts seraient vains [22].

 

La raison en est simple, comme il l’explique dans une conférence à ses frères :

 

Si l’Immaculée n’était pas la médiatrice de toutes les grâces, il n’y aurait pas de raison de conquérir le monde entier et chaque âme en particulier au Cœur Sacré de Jésus par l’intermédiaire de l’Immaculée, parce que les âmes pourraient rejoindre le paradis par un autre chemin [23].

 

Mais elle est médiatrice, au sens propre du terme : le père Kolbe, suivant toute la tradition de l’Église et l’enseignement explicite des papes, se complaît à l’affirmer constamment. Citons-en deux exemples :

 

Notre dépendance de Marie est plus grande que nous ne pouvons l’imaginer. Toutes les grâces, absolument toutes, nous les recevons de Dieu par l’intermédiaire de l’Immaculée, qui est notre médiatrice universelle auprès de Jésus [24].

 

Quand nous regardons à l’intérieur de notre âme, nous voyons combien l’action de l’Immaculée y est manifeste dès l’aube de la vie de chacun d’entre nous jusqu’au moment présent. Que de gages alors de son action bienfaisante pour l’avenir. Le plus souvent, cette action reste le mystère de chaque âme en particulier. Il suffit de rappeler que toute grâce reçue, chaque jour, à chaque heure et à chaque instant de notre vie est une grâce qui émane de son cœur maternel qui nous aime [25].

 

Cette doctrine est affirmée explicitement aussi dans l’acte de consécration à la sainte Vierge qui est, comme nous le verrons, l’essence même de la M.I. Voici les paroles de l’acte et le commentaire que le père Kolbe en fait :


 

«En effet, là où vous entrez, vous obtenez la grâce de la conversion et de la sanctification, puisque c’est par vos mains que du très Doux Cœur de Jésus toute grâce parvient jusqu’à nous. »

L’Immaculée est la Toute-puissance suppliante. Chaque conversion et chaque sanctification est une œuvre de la grâce, et elle est médiatrice de toutes les grâces. C’est pourquoi elle seule suffit pour obtenir et donner toutes les grâces, toute grâce [26].

 

Le père Kolbe, suivant la doctrine des saints [27], explique la médiation universelle de Marie par son union très intime au Saint-Esprit, union qui lui vaut le privilège d’être appelée son épouse :

 

En son âme, le donateur des grâces, l’Esprit-Saint, fit sa demeure dès le premier instant de son existence, âme dont il prit possession tout à fait absolue, et il pénétra en elle au point que, par le nom d’Épouse du Saint-Esprit, ce n’est qu’une esquisse de cette union, faible, imparfaite seulement, et pourtant vraie. [...] L’union entre l’Esprit-Saint et la Vierge Immaculée est tellement étroite que l’Esprit-Saint, en pénétrant l’âme de l’Immaculée, ne se répand pas dans les âmes si ce n’est par elle, par sa médiation. De là, elle est devenue médiatrice de toutes les grâces, de là aussi vraie mère de toute grâce divine [28].

L’Immaculée est médiatrice de toutes les grâces parce qu’elle est de l’Esprit-Saint, en vertu de l’union vitale la plus intime avec l’Esprit-Saint. Et c’est pourquoi, [on va] par elle à Jésus et au Père [29].


 

En effet, de cette médiation et union avec le Saint-Esprit suit la nécessité de se donner à Marie pour aller à Dieu. Le père Kolbe l’explique à ses frères :

 

Elle est si parfaite et si unie au Saint-Esprit qu’elle a été appelée son Épouse.

Habituellement, tout va du Père par le Fils et l’Esprit, et au retour de nouveau, par l’Esprit et le Fils, au Père.

C’est pourquoi nous aimons tellement et honorons l’Immaculée, parce qu’elle est si sainte et que par elle agit le Saint-Esprit.

C’est pourquoi nous lui donnons tout : toute notre vie, notre mort et notre éternité, afin qu’elle dispose de nous selon sa volonté.

Une telle âme qui s’est livrée sans limites à l’Immaculée, exprime par là qu’elle ne veut qu’en elle et par elle chercher le Seigneur Jésus, et par le Seigneur Jésus aller à Dieu le Père.

En pratique, nous savons que les âmes qui se sont données entièrement et sans limites à l’Immaculée connaissent mieux le Seigneur Jésus et les mystères de Dieu. Car la Mère de Dieu ne peut conduire ailleurs qu’au Seigneur Jésus.

Notre père saint François disait : « Mon Dieu et mon tout ! » Une telle âme peut alors dire avec la même audace : l’Immaculée est mon tout, tout – tout. Ce qui est en dehors d’elle ne peut pas être objet de notre amour. En elle nous trouvons tout. Elle est en quelque sorte la personnification du Saint-Esprit. Nous l’aimons donc avec ardeur [30]  .

 

La consécration à Marie n’est donc qu’une conséquence de sa médiation de toutes les grâces, « la reconnaissance pratique de sa médiation universelle », comme le dit le père Garrigou-Lagrange déjà cité. Le père Kolbe ne pense pas autrement :

 

« [...] accomplir sa volonté, s’en remettre à sa volonté, comme elle veut, etc. [C’est là] la reconnaissance de la médiation universelle de toute grâce [31]. »

 

Il ne fait que prendre au sérieux la médiation de Marie et en tirer les conséquences pratiques avec une logique implacable, parfois surprenante :

 

En ce domaine [de la sanctification des âmes], la grâce surnaturelle est indispensable […]. Étant donné que l’Immaculée est la médiatrice de toutes les grâces, il s’ensuit que plus on s’approchera d’elle, plus notre vie spirituelle sera féconde. Mais nul doute que la forme la plus parfaite pour se rapprocher d’elle est la consécration totale de soi. Donc […] [32].

 

La fin de chaque homme est d’appartenir à Dieu par Jésus, le médiateur auprès du Père, et d’appartenir à Jésus par la médiatrice de toutes les grâces, l’Immaculée [33].

 

On pourrait encore citer des textes innombrables, car le père Kolbe est intarissable sur ce sujet. C’est sa grâce, et la lecture de ses écrits est un grand soutien

pour ceux qui veulent persévérer et approfondir le sens et l’esprit de la consécration à Marie [34]. Pour le présent article, il suffira de citer quelques passages qui montrent le côté pratique de cette spiritualité de consécration mariale, puisque c’est certainement en cela que le père Kolbe est un modèle de la « vraie dévotion » au Cœur Immaculé de Marie, que Dieu voulait établir dans le monde par les apparitions à Fatima.

En février 1920, tout au début de sa vie sacerdotale, il écrit une règle de vie qui va lui servir jusqu’à la fin de ses jours. La dixième résolution, la plus longue et la plus importante, nous dévoile le cœur de sa spiritualité :

 

Rappelle-toi toujours que tu es la chose et la propriété [35] absolue, inconditionnelle, illimitée, irrévocable de l’Immaculée ; qui que tu sois, quoi que tu aies ou puisses faire, toutes tes actions – « actiones » – (pensées, paroles, actions) et tout ce que tu pâtis – « passiones » – (choses agréables, désagréables, indifférentes), sont sa propriété absolue. Par conséquent, qu’elle en dispose entièrement à son gré (et non pas selon le tien). De même toutes tes intentions lui appartiennent ; aussi qu’elle les transforme, en ajoute d’autres et les supprime comme il lui plaît (car elle n’est pas capable de porter atteinte à la justice).

Tu es un instrument dans sa main, aussi ne fais que ce qu’elle veut ; accepte tout de sa main. En tout, recours à elle comme un enfant à sa mère, confie-lui tout.

Occupe-toi d’elle, de son culte, de sa cause et confie-lui le soin de toi-même et des tiens.

Considère que tu n’as rien par toi et que tu as tout reçu d’elle.

Tout le fruit de tes activités dépend de ton union avec elle, car elle est l’instrument de la miséricorde divine.

Ma vie (chaque instant), ma mort (où, quand et comment) et mon éternité tout cela est Vôtre, ô Immaculée, faites-en ce qui vous plaît  [36].

 

Un passage écrit quelques mois plus tôt dans son journal personnel montre l’esprit qui inspire ces résolutions. Il raconte la première réunion de la M.I. en Pologne, puis ajoute :

 

Petite maman, je ne sais où aboutira cette entreprise, mais daignez vous servir de moi et de nous tous comme il vous plaît pour la plus grande gloire de Dieu. Je vous appartiens, ma petite Mère Immaculée. Vous savez combien je suis misérable, cheminant au bord du précipice, plein d’amour-propre. Si vos mains immaculées cessent de me soutenir, je tomberai d’abord dans les péchés les plus graves puis dans les profondeurs de l’enfer. Mais si vous ne m’abandonnez pas et me guidez, bien qu’indigne, certainement je ne tomberai pas et deviendrai un grand saint [37].


 

L’année suivante, il écrit à un confrère à Rome qui lui avait posé une question sur la différence entre la Confrérie de la Médaille miraculeuse à Paris et la Milice de l’Immaculée. La grande différence, répond le père Kolbe, se trouve précisément dans la consécration à Marie :

 

Nous nous consacrons sans limites à l’Immaculée et ceci constitue l’essence de la M.I. ; cela ne se trouve pas dans l’Association de Paris. Chacune de nos passions, de nos actions, de nos pensées, paroles, actes ; la vie, la mort, l’éternité, nous sommes tous et toujours la propriété irrévocable (quelle douceur !) de l’Immaculée, Reine du ciel et de la terre. Donc même si nous n’y pensons pas (comme il fait plaisir d’y réfléchir !), elle dirige chacun de nos actes et prédispose toutes les circonstances, répare les chutes et nous porte amoureusement vers le ciel ; par notre intermédiaire, elle se plaît à semer de bonnes pensées, affections, exemples, à sauver les âmes et à les reconduire au bon Jésus. Il y a donc une belle différence [38].

 

Ce texte nous montre, d’une part, le don complet que nous devons faire de nous-mêmes à l’Immaculée et, d’autre part, l’amour prévenant par lequel elle y répond [39]. Nous voyons un exemple concret de ces deux aspects plus tard, quand le père Kolbe est au Japon. Il fait un long voyage en Inde, en plein été, pour essayer d’y fonder une autre cité de l’Immaculée. A son retour, il écrit des notes pour un article sur cette expédition où il explique d’abord que le provincial lui avait donné la permission de partir, dès qu’un autre prêtre serait arrivé au Japon pour le remplacer :

 

[…] il arriva [40], et désormais il était possible de faire le voyage : je craignais seulement la chaleur d’été de la zone tropicale de l’Inde et le voyage vers cette région ; je craignais aussi pour ma santé [41]. Mais c’est pour l’Immaculée. C’est pourquoi j’ai acheté le billet et je me suis rendu à Kobe, d’où je suis parti pour l’Inde sur un bateau japonais [42].

 

Il raconte les conditions très difficiles de cette mission, mais :

 

Néanmoins l’Immaculée, qui tout au long du voyage m’avait assisté amoureusement, m’a aussi beaucoup facilité ce trajet [en train en Inde], et la journée et les deux nuits passées en train n’ont pas affaibli excessivement ma santé [43].

 

Et à la fin il ajoute :


 

Et ainsi, bien que j’aie traversé des régions où les maladies contagieuses pullulent en permanence, grâce à l’Immaculée, je ne suis point tombé malade et le médecin de ce camp m’a donné tout de suite le certificat sanitaire [44].

 

Dans une lettre écrite au cours de ce périple, il cite un autre fait témoignant du secours de l’Immaculée pour celui qui s’est donné à elle :

 

Gloire à l’Immaculée pour tout ! J’expérimente de façon tangible sa protection spéciale sur moi. Quand, par exemple, à cause de l’escale à Hong-Kong, les passagers ne pouvaient pas dormir à cause de la grande chaleur sur le bateau où il n’y avait pas un souffle d’air, moi – sans en connaître l’adresse précise – j’ai pu dormir tranquillement une nuit chez les salésiens et célébrer la sainte messe avec un esprit lucide [45].

 

Dans une autre lettre, il explique plus en détail ce qui s’est passé :

 

A tout hasard, sans connaître l’adresse précise, j’ai envoyé un télégramme du bateau à l’adresse : « École salésienne ». [...] Tout de suite après, j’ai récité un chapelet devant la petite statue de l’Immaculée qui domine la cabine en haut de la petite armoire, et ensuite je suis allé attendre près de la sortie. Alors que le bateau était maintenant arrêté et que plusieurs petites barques avaient commencé à l’entourer, un prêtre européen s’est présenté sur la petite échelle qui donne sur le tillac du bateau. « Êtes-vous Polonais ? » dis-je tout de suite. « Don Wieczorek » fut la réponse. [...] A la mission, eau et sirop, parce que, avec la chaleur, je désirais vraiment boire, et abondamment, et les poumons me faisaient mal. [...] En chemin, je sentais les poumons craquer beaucoup. J’ai eu peur que tout ne finisse par une hémorragie, mais on voit que l’Immaculée ne l’exigeait pas [46].

 

A Singapour, même prévenance, comme il le raconte à son provincial :

 

Pour dire la vérité, l’Immaculée est en train carrément de me caresser ; à Singapour, en effet, où les conditions pour ma santé étaient très mauvaises à cause du climat torride, et où le bateau devait rester deux jours (par conséquent il aurait été impossible de dormir à bord), l’Immaculée a fait en sorte que je sois conduit « de main en main » jusqu’à la procure de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie. Autant dire, l’Immaculé m’a donné l’hospitalité dans son Cœur Immaculé. J’ai vraiment eu toutes les commodités et une hospitalité tellement cordiale que j’ai pu rétablir notablement mes forces. Et tout cela pour un « Ave Maria [47] ».

 

A sa mère il envoie une petite carte où il lui confie en une phrase :

 

L’Immaculée me protège beaucoup, me conduit avec un amour extraordinaire [48].


 

Ces passages qui rapportent la sollicitude de l’Immaculée pour toute âme consacrée à son service nous ont amenés comme naturellement à son Cœur Immaculé. Concluons avec quelques citations sur cette pensée si chère au père Kolbe.

A l’un de ses élèves du séminaire de Nagasaki, il conseille d’avoir un amour d’enfant envers l’Immaculée et lui fait, en retour, une promesse :

 

Comme une mère très bonne, elle vous portera en sûreté dans ses propres mains, vous pressant amoureusement sur son Cœur Immaculé, dans les passages les plus dangereux du chemin [49].

 

A ses frères de Niepokalanów, il tient le même langage :

 

A l’occasion de sa fête, je souhaite à tous les frères, et à tous les séminaristes, qu’elle attire à son Cœur Immaculé, et y serre, tous et chacun en particulier, de telle sorte qu’ils ne sachent ni ne puissent plus jamais se détacher d’elle [50].

 

Il parle d’expérience, comme on peut le voir dans une lettre à ses frères de Mugenzai non Sono :

 

L’Immaculée a soin de moi avec tendresse, vraiment avec beaucoup de tendresse. Elle offre à mon âme toute la nourriture qui lui est indispensable au moment et dans la quantité nécessaires, mais parfois aussi, elle me presse doucement contre son sein [51].

 

L’amour, en fait, est la raison d’être de l’Immaculée, comme il l’explique dans le livre qu’il préparait :

 

Mais afin que l’amour pour le Fils devienne toujours plus intense et qu’ainsi l’amour pour le Père s’enflamme encore plus ardemment, alors nous vient en aide l’amour de l’Esprit, l’amour de l’Immaculée, pleine de miséricorde, la Médiatrice des grâces, elle qui a habité la terre comme nous, qui par son Cœur maternel attire avec force les cœurs à elle [52].

 

Nous voilà revenus à l’union de l’Immaculée avec l’Esprit-Saint. On ne peut pas approfondir ce sujet ici, mais en définitive, pour le père Kolbe, là est le vrai sens du Cœur Immaculé. Citons seulement :

Comme Jésus, pour manifester son immense amour pour nous, s’est fait Dieu-Homme, ainsi la Troisième Personne elle aussi, Dieu-Charité, voulut montrer par

un certain signe extérieur sa propre médiation auprès du Père et du Fils. Que ce signe soit le Cœur de la Vierge Immaculée ressort des dires des saints, surtout de ceux qui considèrent Marie comme Épouse du Saint-Esprit [53].

 

 

L’esprit missionnaire

 

Le père Alonso rapporte l’avis autorisé du cardinal Cerejeira, patriarche de Lisbonne, au sujet de Fatima :

 

Quel est le message de Fatima, d’une manière précise ? Je crois qu’il peut se résumer en ces termes ; il est la manifestation du Cœur Immaculé de Marie au monde actuel, pour le sauver [54].

 

Le père Kolbe n’avait pas d’autre but, comme on peut le lire dans la conclusion de la première partie de son livre inédit, où il assimile l’activité de la M.I. à l’activité de la sainte Vierge dans ses apparitions :

 

L’Immaculée descend sur la terre comme une bonne Mère parmi ses petits enfants afin de les aider à sauver leur âme. Elle désire la conversion et la sanctification de toutes les âmes, sans aucune exception. Pour accomplir cette œuvre, elle se sert d’instruments pris parmi les hommes, comme nous le voyons dans les apparitions décrites ci-dessus [55]. Toutefois, ce sont des cas extraordinaires. Le plus souvent, elle inspire les enfants qui l’aiment à œuvrer avec elle dans les conditions de la vie ordinaire de tous les jours. Ces mêmes âmes qui lui sont consacrées vivent d’elle, pensent souvent à elle, l’aiment de tout leur cœur et cherchent à se conformer aux demandes recueillies de ses lèvres ou suggérées en silencieuses inspirations intérieures ; et elles transmettent sa volonté, entraînant ainsi toujours à leur suite de nouvelles âmes à La connaître toujours plus parfaitement et à l’aimer toujours plus tendrement, et, en elle et par elle, à aimer toujours plus ardemment le Divin Cœur de Jésus.

Telles sont les âmes toutes vouées à l’Immaculée qu’elle suscite par milliers en tout temps. Aussi, beaucoup d’entre elles s’assemblent par un lien plus ou moins étroit, afin de mieux servir encore leur Souveraine dans un commun effort. D’où ces associations si nombreuses et diverses qui travaillent exclusivement pour elle.

Pourtant, on peut toujours encore se plaindre avec le bienheureux [56] Grignion de Montfort : « Marie n’a pas été assez connue jusqu’à présent et c’est une des

raisons pour lesquelles Jésus-Christ n’est pas connu comme Il devrait l’être. » Il existe encore des âmes de par le monde qui ne savent pas même qui sont Jésus et Marie. La moisson est encore et toujours abondante, mais les ouvriers trop peu nombreux (voir Lc 10, 2). Le champ est vaste, si vaste même qu’il nécessite des efforts sans cesse renouvelés.

La Milice de l’Immaculée est une de ces plus récentes associations qui visent à conquérir les âmes à l’Immaculée, et par elle au très Saint Cœur [57] de Jésus [58].

 

Dans une sorte d’apothéose de toutes ses apparitions, l’Immaculée à Fatima est venue se manifester et dire au monde entier qu’il doit trouver son salut en elle seule.

On se souvient des paroles de Jacinthe à sa cousine :

 

Toi, tu resteras ici pour dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Quand tu auras à le dire, ne te cache pas. Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie ; que c’est à elle qu’il faut les demander [...] [59]

 

Cet aspect apostolique est un des caractères les plus marquants de la dévotion mariale du père Kolbe. On le voit déjà dans son acte de consécration qu’il commente lui-même :

 

Cet acte se compose de trois parties :

1. l’invocation ;

2. la demande qu’elle daigne nous prendre comme sa propriété ;

3. la demande qu’elle daigne nous utiliser pour lui gagner d’autres âmes [60].

 

En effet, après une invocation, suivie d’une offrande de soi-même, l’acte continue :

Si vous le voulez, utilisez-moi aussi, tout entier, sans aucune réserve, pour accomplir ce qui a été dit de vous : Celle-ci t’écrasera la tête comme aussi : vous seule avez détruit toutes les hérésies dans le monde entier, afin que dans vos mains immaculées et très clémentes, je devienne un instrument utile pour instaurer et augmenter le plus possible votre gloire en tant d’âmes égarées et indifférentes, et ainsi étendre le plus possible le Règne béni du très Saint Cœur de Jésus [61].

 

Cet aspect missionnaire apparaît aussi dans ces paroles à ses frères de Niepokalanów :

 

Nous montrons le plus grand amour envers l’Immaculée quand nous transmettons son amour à notre prochain [62].


 

Et encore :

 

Voici de quoi il s’agit : que l’Immaculée soit toujours de plus en plus aimée, et que nous ne nous contentions pas de l'aimer seulement personnellement. Nous aussi, nous offrons l’amour le plus ardent possible, mais notre but est que l’amour envers l’Immaculée se répande dans le monde entier. Voilà le but de Niepokalanów ! [63]

 

Il le dit aussi dans une lettre à son provincial :

 

Il me semble que Niepokalanów doit réaliser le but de la M.I., à savoir conquérir à l’Immaculée le monde entier et chaque âme en particulier qui existe maintenant et existera à l’avenir. Il me semble qu’en tant que « médiatrice de toutes les grâces », elle peut et désire non seulement donner quelquefois et en quelque lieu la grâce de la conversion et de la sanctification, mais qu’elle veut régénérer toutes les âmes [...] Je pense que son étendard sera même dressé jusque sur le Kremlin, etc. ; en un mot, qu’elle sera vraiment la Reine de chaque cœur et introduira en chaque cœur l’amour divin du Cœur de Jésus. Et alors le but de la M.I. sera atteint [64].

 

En lisant ces paroles, on comprend pourquoi, au procès, Mgr Palatucci voyait dans le père Kolbe une inspiration divine qui devait « coopérer au triomphe du Cœur Immaculé de Marie ». On retrouve ce même zèle impétueux d’amour, dans un article du Chevalier, où il offre ses vœux à l’Immaculée pour la fête de sa Nativité :

 

Étant ses chevaliers [...] nous ne pouvons pas laisser passer ce jour sans lui exprimer nos vœux.

Mais que pouvons-nous souhaiter à celle qui, exaltée au-dessus de toutes les créatures terrestres et célestes, est devenue la Mère de Dieu et règne désormais pour l’éternité au ciel ? [...] Que pouvons-nous donc vous souhaiter, ô très illustre, très douce Dame ?

... Beaucoup ne vous connaissent pas encore... parce que nés païens, ou éduqués dans le judaïsme, ou encore imprégnés des funestes principes des protestants ! Ils sont nombreux ceux qui vous connaissent mais... qui vous fuient, ou... vous ont abandonnée et s’enfoncent dans la boue de l’immoralité !

Eh bien, ô Reine, en ce cher jour de votre fête, nous vous souhaitons de tous nos cœurs et de toutes nos âmes de prendre possession au plus vite et totalement de nos cœurs et des cœurs de tous et de chacun sans exception, qu’il soit catholique, schismatique ou protestant, juif ou païen, bon ou méchant. Ô régnez sur nous tous et en nous tous [...]

Quant à nous, nous accompagnons nos souhaits avec notre travail en payant de nos personnes – au prix de notre fatigue, de nos biens, de notre santé, de notre réputation et de notre vie – et avec votre aide puissante (car seuls nous ne pouvons rien) nous libérerons pour vous le plus grand nombre possible d’âmes de l’esclavage du démon, du monde et de la chair et, rendues heureuses, nous vous

les offrirons comme votre propriété, jusqu’à ce que nous nous revoyions, petite Maman, au paradis... [65]

 

C’est dans ce règne de Marie que le père Kolbe voit le salut de chaque âme et de toutes les nations :

 

L’Immaculée, Reine du ciel, doit être reconnue, et au plus vite, comme Reine de tous les hommes et de chaque âme en particulier, soit en Pologne, soit en dehors de ses frontières, dans les deux hémisphères de la terre. De ceci, nous osons l’affirmer, dépend la paix et le bonheur des personnes individuelles, des familles, des nations, de l’humanité [66].

 

L’Immaculée est le remède à ce mal qui se répand partout, dont la source nous est déjà connue :

 

Combien le mal est encore présent dans notre patrie !… Pouvons-nous regarder cela avec indifférence ? Le mal se répand, contamine les villes et les villages et injecte son poison, surtout dans la jeunesse.

Qui apportera le remède ? L’Immaculée !

Qu’elle vienne auprès des pauvres âmes dépouillées de vertu, qu’elle se rende maîtresse des cœurs, et la face de la terre sera transformée [67].

 

En 1932, il écrit un article intitulé : « Notre guerre » qu’il nous est bon de lire aujourd’hui, alors que le mal semble régner en maître absolu :

 

En regardant autour de nous et en voyant partout tant de mal, nous voudrions sincèrement, surtout en qualité de membres de la M.I., apporter un remède à ce mal, conduire les hommes au très saint Cœur de Jésus par l’intermédiaire de l’Immaculée [...]. Guerre au mal, donc, une guerre implacable, incessante, victorieuse.

Mais en quoi consiste-t-elle ? Où se trouve son nerf le plus essentiel et le plus fondamental ? Où faut-il avant tout frapper ?

Parfois, il nous semble que Dieu gouverne le monde « avec trop peu d’énergie ». Pourtant, par un seul geste de sa volonté toute-puissante, il pourrait écraser et broyer tous les Calles [68], tous les athées de la Russie soviétique, tous les Espagnols incendiaires d’églises, tous les immoraux empoisonneurs de la jeunesse et tous ceux qui leur ressemblent. Ainsi pense notre esprit limité, restreint, tandis que la Sagesse éternelle, de son côté, en juge autrement. Les persécutions purifient les âmes comme le feu purifie l’or, les mains des bourreaux créent les bataillons des martyrs, tandis que, plus d’une fois, à la fin, les persécuteurs reçoivent la grâce de la conversion. Insondables sont les voies de Dieu, mais toujours très sages. De cela, il ne s’ensuit pas du tout que nous devions croiser les bras et permettre aux ennemis des âmes immortelles de s’amuser librement. Pas du tout. Néanmoins…

Néanmoins… nous ne voulons pas corriger la Sagesse infinie, diriger le Saint-Esprit, mais laissons-lui le soin de nous conduire.

Imaginons que nous sommes un pinceau dans la main d’un peintre infiniment parfait. Que doit faire le pinceau pour que le tableau soit le plus réussi possible ? Il doit se laisser diriger de la manière la plus parfaite.

Par l’acte de consécration, nous nous sommes offerts à l’Immaculée comme sa propriété absolue. Sans aucun doute, elle est l’instrument le plus parfait entre les mains de Dieu, tandis que nous, pour notre part, nous devons être des instruments entre ses mains immaculées.

Quand, alors, détruirons-nous de la façon la plus rapide et la plus parfaite le mal dans le monde entier ? Cela arrivera lorsque nous nous laisserons guider par elle de la manière la plus parfaite. C’est la plus importante et l’unique affaire.

J’ai dit « unique ». En vérité, chacun de nous doit se préoccuper uniquement d’harmoniser, de conformer, de fondre, pour ainsi dire, complètement sa propre volonté avec la volonté de l’Immaculée, de même que sa volonté à elle est complètement unie à la volonté de Dieu, son Cœur au Cœur de son Fils Jésus [69].

 

*

  

 

Si seulement les hommes d’Église avaient eu cet esprit de docilité à l’Immaculée enseigné par le père Maximilien-Marie Kolbe, le monde et l’Église ne seraient pas dans la situation où ils se trouvent aujourd’hui. Il leur aurait suffit d’obéir simplement aux humbles demandes de la Reine du ciel, qui leur offrait à Fatima la solution divine aux problèmes qu’ils devaient affronter ; mais ils ont préféré chercher leurs propres solutions humaines, qui n’ont fait qu’aggraver la situation. Nous n’en sortirons pas tant qu’ils ne se résoudront pas, enfin, à revenir à l’Immaculée.

 

En attendant, suivons nous-mêmes, au moins, cette voie que Dieu nous a montrée à Fatima et qui a été si exemplairement illustrée par ce saint prêtre :

 

Quand prendra-t-elle possession du monde entier ? […] Je suis d’avis qu’il n’y a aucun meilleur moyen pour hâter ce moment béni que de s’efforcer – chacun d’entre nous – d’approfondir chaque jour davantage en soi-même sa consécration à l’Immaculée. En effet, plus parfaitement nous lui appartiendrons, plus librement elle seule pourra nous guider ; il n’y a, au-delà, pas d’action plus efficace [70].


[1]— Scritti di Massimiliano Kolbe, Nuova edizione volume unico, ENMI Roma, 1997, n° 1277. Il s’agit de la traduction italienne des écrits du père Kolbe par le père Zambelli, désormais désignée sous le sigle SK suivi du numéro correspondant des écrits. — Le père Kolbe met systématiquement une majuscule à tous les pronoms désignant Dieu, Notre-Seigneur ou Notre-Dame (Il, Lui, Elle, Son, Sa, Ses, Votre, etc.) et se montre généralement très généreux dans l’emploi des majuscules. Nous avons, selon l’usage, rétabli la graphie ordinaire en supprimant ces majuscules.

[2]— P. Jerzy DomaÑski, O.F.M. conv., « La genesi del pensiero di S. Massimiliano Kolbe » dans La Mariologia di S. Massimiliano M. Kolbe, Atti del Congresso Internazionale, Roma, 8-12 ottobre 1984, a cura di F.S. Pancheri, Roma 1985, Éd. Miscellenea Francescana, p. 250-251. – L’auteur ajoute en note : « Dans les écrits et les conférences du père Kolbe, on ne trouve aucune mention des apparitions de Notre-Dame de Fatima, ce qui est facilement compréhensible, étant donné leur tardive divulgation. »

[3]— Le père Kolbe expliquera ainsi les origines de la M.I. aux lecteurs du Chevalier en 1924 : « L’occasion qui détermina la fondation furent les initiatives toujours plus provocantes de la franc-maçonnerie » SK 1046.

[4]— Il s’agit ici de la Première Guerre mondiale.

[5]— Giordano Bruno (1548-1600), dominicain apostat et hérétique, fut, de l’aveu même de Hegel, l’un des fondateurs de la pensée critique moderne. Esprit dialecticien et anti-dogmatique, il préconisa une connaissance du monde fondée sur l’expérience et la raison comme but suprême de la pensée. (NDLR.)

[6]— Pisma Ojca Maksymiliana Marii Kolbego franciszkanina, vol. I-VII, Niepokalanów, maszynopis, 1970. Il s’agit de l’édition dactylographiée de tous les écrits dans leur langue originale : le plus souvent polonais, mais parfois latin ou italien avec une traduction en polonais. Cet ouvrage sera désigné sous le sigle Pisma OMK avec le numéro du texte de correspondance entre les numéros de référence de l’édition polonaise et de l’édition italienne.)

[7]— « Et præsertim massonum ». Le mot « massonum » est souligné deux fois. Voir la photographie du programme dans A. Ricciardi O.F.M. conv., Maximilien Kolbe prêtre et martyr, Médiaspaul, 1987, 8e photographie après la page 192.

[8]— Le mot « massonibus » est à nouveau souligné deux fois, ibid.

[9]— C’est une pensée répétée à plusieurs reprises par le père Kolbe ; voir, par exemple, Pisma OMK, t. I, n° 134. (Note de l’éditeur polonais, Pisma OMK, t. VII, p. 458.) — Dans ce texte, on lit : « L’Immaculée – de qui il a été dit : “Elle t’écrasera la tête”, c’est-à-dire, du serpent infernal – écrasera aussi cette tête, celle de la franc-maçonnerie, qui dirige tout ce mouvement antireligieux et immoral et met à sa disposition de grosses sommes d’argent pour la formation de nouvelles sectes. » — On peut lire aussi dans une lettre écrite en 1938 : « En lisant le feuillet, nous voyons que le but de la Milice de l’Immaculée est avant tout la conversion de tous, et spécialement celle des franc-maçons, parce que de nos jours il n’est que trop vrai que ce sont précisément eux qui sont à la tête de l’action concertée contre l’Église, même là où on les voit le moins. S’il arrive plus tard que la tête du serpent veuille prendre un autre nom, cela ne changera rien au fond de la chose. » (SK 803.) — Dans une autre lettre, tout au début de son apostolat par la presse, il insiste sur l’importance de bien viser l’ennemi : « [Dans la rédaction du Chevalier] il faut examiner les causes premières, les principes qui dirigent et donnent l’impulsion à ces courants [anticléricaux] afin que – comme il arrive dans notre bonne presse – on ne combatte pas contre le glaive aveugle, mais contre la main qui le manie, la franc-maçonnerie. » (SK 136.)

[10]— Frère Michel de la Sainte-TrinitÉ, Toute la vérité sur Fatima, La science et les faits, t. I, CRC, 4e éd., 1986, p. 224.

[11]— Le père Kolbe désigne ainsi des sectes protestantes.

[12]— SK 1023.

[13]— Ibid.

[14]— Reporté en note 1 de SK 704.

[15]— C’est-à-dire : c’est une bonne chose (et non pas simplement : c’est sûr) : « insistette nel dire che cosi andava bene, e che anzi era necessario ». Beatificationis et canonizationis servi Dei Maximiliani M. Kolbe, Positio super virtutibus, vol. II, Romæ 1966, Depositiones testium, p. 47, processus folia 203.

[16]— Ibid. Il est à noter que le témoin parle ici de l’espérance héroïque du père Kolbe. Le passage commence par ces mots : « Le père Kolbe eut toujours une confiance absolue en Dieu ».

[17]— Frère Michel de la Sainte-TrinitÉ, ibid., p. 229.

[18]— 2e supplément au n° 40 de la revue Action familiale et scolaire, 31 rue Rennequin 75017 Paris, p. 7.

[19]— Le père Garrigou-Lagrange écrit à ce propos : « [La consécration à Marie] est une reconnaissance pratique de sa médiation universelle », dans La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, Lyon, 1941, p. 317.

[20]— En décembre 1940, sœur Lucie fit savoir aux évêques du Portugal qu’ils devaient lancer un appel à la conversion pour que les fidèles se conformassent personnellement à la consécration que les évêques de leur pays avaient faite au Cœur Immaculé de Marie. Si les individus ne vivaient pas selon la consécration collective, cette consécration ne pourrait pas obtenir son effet. Voir Frère Michel de la Sainte-TrinitÉ, ibid. Le secret et l’Église, t. II p. 476-479.

[21]— Apparition du 13 juillet 1917, voir Frère Michel de la Sainte-TrinitÉ, ibid., t. I., p. 224.

[22]— Conférences de frère Maximilien-M. Kolbe, rassemblées par Arnold WÊdrowski O.F.M. conv. et Innocent Wojcik, O.F.M. conv., Niepokalanów, 1976, p. 41.

[23]— Conférence du 31 mai 1938, Konferencje Swiêtego Maksymiliana Marii Kolbego, Wydawnictwo Ojców Franciszkanów, Niepokalanów, 1990, n° 175 [ouvrage désormais désigné par le sigle K suivi du numéro correspondant de la conférence].

[24]— SK 1219.

[25]— Pisma OMK 1188. Ces dernières paroles montrent le cœur de l’Immaculée comme la source de toutes les grâces. A ce propos, on peut citer une remarque du père Alonso, qui pense que le geste de la sainte Vierge à Fatima d’ouvrir ses mains, juste avant de communiquer la lumière et la grâce aux enfants, a pour but de leur montrer son cœur : « A ces arguments [pour prouver que, dès la première apparition, la sainte Vierge avait révélé son cœur aux enfants] nous ajouterions que le geste d’ouvrir les mains, au cours de la première, de la deuxième et de la troisième apparition, a une relation étroite avec le fait de montrer aux voyants sa poitrine et son cœur. » (Père Joaquim Alonso, « Fatima et le Cœur Immaculé de Marie » dans Marie sous le symbole du cœur, Téqui, p. 32). Cela semblerait suggérer que son cœur a été la source de ces grâces.

[26]— Pisma OMK 1197.

[27]— Saint Bernardin de Sienne, par exemple, dit : « A tempore enim a quo Virgo Mater concepit in utero Verbum Dei, quamdam, ut sic dicam, iurisdictionem seu auctoritatem obtinuit in omni Spiritus Sancti temporali processione ; ita quod nulla creatura aliquam a Deo obtinuit gratiam vel virtutem, nisi secundum ipsius piæ Matris dispensationem. [...] Per Virginem a capite Christo vitales gratiæ in eius corpus mysticum transfunduntur. [...] Et quia talis est mater Filii Dei, qui producit Spiritum Sanctum, ideo omnia dona, virtutes et gratiæ ipsius Spiritus Sancti, quibus vult, quando vult, quomodo vult et quantum vult, per manus ipsius administrantur. » (« Dès l’instant où la Vierge-Mère conçut dans son sein le Verbe divin, elle obtint, si j’ose ainsi parler, une certaine juridiction ou autorité sur toute procession temporelle du Saint-Esprit. De la sorte, nulle créature n’obtint de Dieu une grâce ou une vertu qui ne relevât de la distribution faite par cette tendre Mère. […] Par la Vierge, les grâces vitales sont transfusées du chef, le Christ, dans son corps mystique. [...] Et puisqu’elle est une telle mère du Fils de Dieu qui produit le Saint-Esprit, en conséquence tous les dons, vertus et grâces du Saint-Esprit lui-même sont distribués par ses propres mains à qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et autant qu’elle veut. ») De superadmirabili gratia et gloria Matris Dei, art. I, cap. 8. — Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, saint Louis-Marie Grignion de Montfort cite ce passage (n° 25) et en ajoute d’autres semblables (n° 20, 34-36).

[28]— Pisma OMK 1136. L’original de ce texte est en latin (et non en polonais comme la plupart des textes du père Kolbe), aussi le reproduisons-nous ici : « In cuius anima gratiarum largitor Spiritus Sanctus a primo existendi momento inhabitavit, quam absolutam prorsus possessionem cepit penetravitque adeo ut nomine Sponsa Spiritus Sancti solummodo tenuis, imperfecta etsi vera veniat huius coniunctionis adumbratio […] Unio tam arcta est ut Spiritus Sanctus animam Immaculatæ penetrando non influat in animas nisi Ea mediante. Unde Mediatrix omnium gratiarum unde et vere Mater omnis gratiæ divinæ facta est. »

[29]— Pisma OMK 1135. « Immaculata est Mediatrix omnium gratiarum quia est Spiritus Sancti, ex unione intimissima vitali cum Spiritu Sancto. – Et ideo per Eam ad Iesum et Patrem. »

[30]— 85, conférence du 6 juin 1937.

[31]— SK 1272. [Pisma OMK 1094.]

[32]— SK 637.

[33]— SK 1329.

[34]— Malheureusement très peu de ses écrits sont traduits en français.

[35]— Nous transcrivons en italiques les passages soulignés par le père Kolbe, et en petites capitales ceux qu’il a soulignés deux fois. (NDT.)

[36]— Pisma OMK 851.

[37]— SK 988 G, 7, octobre 1919.

[38]— SK 56.

[39]— Il dit aussi ailleurs : « Nous lui sommes consacrés d’une façon illimitée et, de son côté, elle nous conduit.  » (SK 339)

[40]— Le père Constantin Onoszko arriva à Nagasaki le 19 mai 1932.

[41]— Il avait bien raison de s’inquiéter parce qu’il était déjà très atteint par la tuberculose depuis son séjour à Rome. Pour cette raison, il était dispensé du bréviaire et avait reçu l’ordre de ses supérieurs de dormir dix heures par nuit.

[42]— SK 991 H.

[43]— Ibid.

[44]— Ibid.

[45]—  SK 435.

[46]— SK 434.

[47]— SK 440.

[48]— SK 433.

[49]— Pisma OMK 379 a. On peut remarquer ici une certaine ressemblance avec la promesse faite à sœur Lucie par l’Immaculée : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. » – Ce texte est en latin dans l’original : « Sicut optima mater in viis magis periculosis ad Cor Suum Immaculatum vos stringens amorose, propriis manibus secure portabit. » Il ajoute pour terminer sa lettre : « Quæ verba sunt solum aliqua verba, imperfecta, sed multo plus intelligetis experientia propria. Vester semper in Corde Immaculatae frater. » (« Ce sont là seulement des mots, imparfaits, mais vous comprendrez beaucoup plus par votre expérience personnelle. Toujours vôtre dans le Cœur de l’Immaculée, frère. »)

[50]— Pisma OMK 413.

[51]— SK 503.

[52]— Pisma OMK 1192.

[53]— Pisma OMK 1141. Ce texte est en latin dans l’original : « Sicuti tamen Iesus ad immensum suum erga nos amorem manifestandum, Deus-Homo factus est, ita et Tertia Persona, Deus-Caritas aliquo signo externo suam apud Patrem et Filium mediationem ostendere voluit. Quod signum Cor Immaculatæ Virginis esse ex dictis sanctorum constat præsertim, qui Mariam Sponsam Sancti Spiritus habent. »

[54]— Père Joaquim Alonso, « Fatima et le Cœur Immaculé de Marie » dans Marie sous le symbole du cœur, Téqui, p. 62.

[55]— Dans son livre, le père Kolbe cite de longs extraits des apparitions de Notre-Dame à la rue du Bac et à Lourdes, ainsi que celle à Ratisbonne à Rome. On imagine l’intérêt qu’il aurait montré pour les apparitions de Fatima s’il les avait connues.

[56]— Canonisé en 1947. (Note de l’éditeur polonais, Pisma OMK, t. VII, p. 437.)

[57]— Cette expression polonaise correspond à notre expression française :« Sacré-Cœur de Jésus » ou « Cœur Sacré de Jésus ». Nous gardons cependant la version polonaise pour rendre la saveur du texte original. (NDT.)

[58]— Pisma OMK 1189.

[59] Lucie raconte Fatima, Résiac, 1975, p. 113.

[60]— Pisma OMK 1197.

[61]— Ibid.

[62]— 129, le 15 février 1938.

[63]— 314, le 10 février 1941.

[64]— SK 343.

[65]— SK 1037.

[66]— SK 1113.

[67]— SK 1105.

[68]— Plutarque Élie Calles, président du Mexique de 1925 à 1928, fit subir une très cruelle persécution à l’Église catholique. (Note de l’édition italienne.)

[69]— SK 1160.

[70]— Pisma OMK 535.

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 53

p. 201-219

Les thèmes
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Vies de Saints : Modèles de Sainteté Traditionnelle

Apparitions mariales

La Vierge Marie : Dévotions envers la Mère de Dieu

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