Bref catéchisme
sur la tolérance
par l’abbé François Knittel
La notion de tolérance est souvent utilisée par les adversaires de l’Église (notamment les f\m\) pour accuser l’Église d’intolérance (le mal suprême !) ou pour promouvoir, sous couvert de tolérance, la liberté de toutes les erreurs et toutes les perversions.
L’Église connaît pourtant la vraie tolérance, comme le montre M. l’abbé François Knittel (FSSPX) dans ce « bref catéchisme » ; mais elle la distingue soigneusement de la fausse liberté (qui devrait s’appeler plutôt licence ou libertinage). En cela, l’Église est vraiment mère : elle connaît nos faiblesses et sait y condescendre, mais sans jamais encourager au mal.
Le Sel de la terre.
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Qu’est-ce que la tolérance ?
La tolérance est l’acte de celui qui n’empêche pas un mal, afin de promouvoir un plus grand bien ou d’éviter un plus grand mal.
Encore qu’elle suppose l’exercice de plusieurs vertus, la tolérance est un acte et non une vertu, car elle a pour objet un mal. Or, Aristote enseigne que « la vertu est ce qui rend bon celui qui la possède et rend bonne son œuvre [1]. » Quant à saint Thomas, il écrit : « Il faut que la vertu d’une chose se définisse par rapport au bien [2]. »
L’acte propre de la tolérance consiste à ne pas empêcher ou à permettre négativement le mal [3].
L’ordre providentiel et le mal
Dieu tolère-t-il certains maux ?
L’histoire de l’humanité depuis le péché originel démontre que Dieu tolère certains maux, soit physiques, soit moraux.
La constatation de ce fait, chacun d’entre nous peut la faire, à l’imitation de Léon XIII qui enseignait que « Dieu lui-même, dans sa providence, quoique infiniment bon et tout-puissant, permet néanmoins l’existence de certains maux dans le monde, tantôt pour ne point empêcher des biens plus grands, tantôt pour empêcher de plus grands maux [4]. »
Tolérer le mal, est-ce l’approuver ou le vouloir ?
Le mal qui s’oppose à notre vrai bien ne saurait être approuvé par l’intelligence ni voulu par la volonté.
Notre intelligence est ordonnée au vrai et notre volonté au bien.
Ni l’une ni l’autre ne sauraient embrasser l’erreur ou le mal sans frustrer leur finalité native.
« […] Il est contre-nature d’obliger l’esprit et la volonté de l’homme à l’erreur et au mal ou de considérer l’un et l’autre comme indifférents.
« Même Dieu ne pourrait donner un tel mandat positif ou une telle autorisation positive parce que cela serait en contradiction avec son absolue véridicité et sainteté [5]. »
« Le bon sens nous dit encore que tolérer est le contraire d’approuver ; c’est supporter avec l’intention et dans l’attente de pouvoir porter remède. Tolérer l’injustice n’est pas y consentir. Au contraire c’est la désapprouver et c’est vouloir y mettre fin, aussitôt qu’il sera possible de passer aux actes sans provoquer une injustice plus grande [6]. »
Le mal a-t-il des droits ?
Le mal, qui détourne l’homme de sa finalité, n’a aucun droit ni à l’existence, ni à la propagande, ni à l’action ; seul ce qui est vrai et honnête en a.
Le mal est une privation de bien et l’erreur est le mal de l’intelligence. Ni l’un ni l’autre ne peuvent être approuvés ou voulus, encore moins objet de droit car « il ne peut y avoir aucun droit contre les éternelles lois de la justice [7]. »
« Pour ces motifs, tout en n’accordant de droits qu’à ce qui est vrai et honnête, [l’Église] ne s’oppose pas cependant à la tolérance dont la puissance publique croit pouvoir user à l’égard de certaines choses contraires à la vérité et à la justice, en vue d’un mal plus grand à éviter ou d’un bien plus grand à obtenir ou à conserver [8]. »
« Il répugne à la raison que le faux et le vrai aient les mêmes droits [9] », comme il lui répugne que le cancer ait sur le corps humain les mêmes droits que la santé.
C’est pourquoi, « ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande ni à l’action [10]. »
« Il n’est pas juste d’attribuer les mêmes droits au bien et au mal, à la vérité et à l’erreur [11]. »
« Une chose est tolérer, autre chose est donner un droit. On tolère le mal, mais on ne l’approuve pas [12]. »
Pourquoi cette tolérance divine ?
Dieu tolère certains maux afin de ne pas empêcher certains biens supérieurs.
La Liturgie nous suggère la raison de cette tolérance divine lorsque, rappelant la chute originelle aux conséquences si dramatiques pour l’humanité, elle s’exclame : « O certe necessarium Adæ peccatum, quod Christi morte deletum est ! O Felix culpa, quæ talem ac tantum meruit habere Redemptorem [13]. »
L’ordre de la divine Providence intègre certains maux dans son plan général qui toujours s’oriente vers le bien, selon la parole de l’Apôtre : « Diligentibus Deum, omnia cooperantur in bonum (pour ceux qui aiment Dieu, tout coopère au bien) » (Rm 8, 28).
Saint Thomas d’Aquin note judicieusement la raison de cette tolérance divine : « Bonum est magnum, et victoriosum supra malum, quia bonum potest esse sine malo, malum autem non sine bono ; ideo sustinet Dominus multa mala, ut veniant vel etiam ne pereant multa bona [14]. »
Qu’enseigne l’Évangile au sujet de la tolérance ?
Pour connaître l’enseignement de Jésus-Christ sur la tolérance, il faut se reporter à la parabole du bon grain et de l’ivraie [la zizanie].
Le pape Pie XII mentionne explicitement la parabole du bon grain et de l’ivraie (Mt 13, 24-30) pour justifier ses enseignements sur l’exercice de la tolérance :
« Sans parler, ici, d’autres textes de la sainte Écriture qui se rapportent à cet argument, le Christ, dans la parabole de la zizanie, a donné l’avertissement suivant : “Dans le champ du monde, laissez croître la zizanie avec la bonne semence, à cause du froment” (Mt 13, 24-30). Le devoir de réprimer les déviations morales et religieuses ne peut donc être une norme ultime d’action. Il doit être subordonné à des normes plus hautes et plus générales qui, dans certaines circonstances, permettent et même font peut-être apparaître comme le parti le meilleur celui de ne pas empêcher l’erreur, pour promouvoir un plus grand bien [15]. »
Commentant cette parabole, saint Thomas énumère quatre raisons pour lesquels les mauvais ne doivent pas être enlevés à cause des bons :
« Una causa est, quia per malos exercitantur boni [ …]
« Item contingit quod qui modo malus est, postea bonus fit, ut Paulus. Unde si occisus fuisset Paulus, careremus doctrina tanti magistri, quod absit. […]
« Tertia ratio, quia aliqui videntur mali, et non sunt ; ideo si velles evellere malos, statim multos bonos extirpares. Et hoc apparet, quia noluit Deus quod colligerentur, donec ad perfectam maturitatem pervenirent. […]
« Quarta ratio, quia aliquis quandoque est magnæ potestatis ; ideo si excludatur, trahit multos secum, et sic cum illo malo multi pereunt [16]. »
Les hommes doivent-ils imiter cette tolérance divine ?
Dans le gouvernement des choses terrestres, les hommes doivent imiter la tolérance divine.
Si Dieu qui est vérité et sainteté agit avec tolérance, ceux qui gouvernent les choses terrestres sont invités à l’imiter :
« Humanum regimen derivatur a divino regimine, et ipsum debet imitari. […] Sic igitur et in regimine humano illi qui præsunt recte aliqua mala tolerant, ne aliqua bona impediantur, vel etiam aliqua mala peiora incurrantur: sicut Augustinus dicit in II de Ordine : “Aufer meretrices de rebus humanis, turbaveris omnia libidinibus” [17]. »
Conditions
de l’exercice vertueux de la tolérance
Qui applique la tolérance ?
C’est l’autorité dans la famille, dans la société ou dans l’Église qui applique la tolérance.
Dans le cadre d’une société, familiale, civile ou religieuse, seule l’autorité est apte à pratiquer la tolérance en vue du bien commun :
« Si, en vue du bien commun et pour ce seul motif, la loi des hommes peut et même doit tolérer le mal, jamais pourtant elle ne peut ni ne doit l’approuver, ni le vouloir en lui-même, car, étant de soi la privation du bien, le mal est opposé au bien commun que le législateur doit vouloir et doit défendre du mieux qu’il peut [18]. »
C’est donc l’autorité politique dans la cité et l’autorité religieuse en ce qui regarde les matières morales et religieuses qui doivent appliquer les principes de la tolérance à une situation donnée :
« Quant à la “question de fait”, à savoir si cette condition se vérifie dans le cas concret, c’est avant tout au juriste catholique lui-même d’en décider. Il se laissera guider dans sa décision par les conséquences dommageables qui naissent de la tolérance, comparées avec celles qui, par suite de l’acceptation de la formule de tolérance, se trouveront épargnées à la communauté des États ; puis, par le bien qui, selon de sages prévisions, pourra en dériver pour la communauté elle-même comme telle, et indirectement pour l’État, qui en est membre.
« Pour ce qui regarde le terrain religieux et moral, il demandera aussi le jugement de l’Église. Pour parler en son nom, en de telles questions décisives qui touchent la vie internationale, seul est compétent en dernière instance celui à qui le Christ a confié la conduite de toute l’Église, le pontife romain [19]. »
Quelles circonstances justifient la tolérance ?
La tolérance se justifie chaque fois et aussi longtemps que par elle on peut promouvoir un bien plus grand ou éviter un mal plus grand.
La tolérance n’est pas un bien en soi, pas plus que la liberté. La tolérance n’est moralement licite que lorsque la suppression du mal causerait des maux supérieurs à la tolérance dont il peut faire l’objet. Les papes parlent alors « d’un mal plus grand à éviter ou d’un bien plus grand à obtenir ou à conserver [20] ».
En pratique, que faut-il entendre par là ?
« On peut énumérer concrètement les exemples suivants de ”mal pire” à éviter ou de ”plus grand bien” à promouvoir par la tolérance religieuse :
« • Mal pire : scandale des bons à la vue de la persécution contre les dissidents ; guerre civile ; obstacle à la conversion des égarés de la vraie foi […]
« • Plus grand bien : coopération civile et coexistence pacifique des citoyens de religions différentes […] ; une plus grande liberté pour l’Église dans l’accomplissement de sa mission surnaturelle [21]. »
La tolérance a-t-elle des limites ?
La tolérance n’a plus de raison d’être si elle engendre plus de mal que de bien.
Puisque la tolérance n’est bonne qu’au vu de certaines circonstances et non en soi, c’est donc qu’elle est limitée dans son exercice. Le canoniste Capello détaillait par exemple les limites de la tolérance de l’exercice public des faux cultes en ces termes :
« C’est pourquoi la liberté de culte ne peut être admise qu’à ces conditions : 1° que ce soit une tolérance civile, non religieuse (qui inclurait une profession d’indifférence envers les diverses religions) ; et en conséquence qu’elle ne soit pas prise comme une approbation du mal ou d’une fausse religion ; 2° qu’on ne puisse empêcher autrement le plus grand mal ; 3° qu’elle soit admise à titre de remède, per accidens et temporairement, à savoir pour le temps que dureront les graves raisons d’ordre civil ; 4° qu’elle n’empêche pas une proposition prudente de la vérité et des tentatives d’instaurer le bon droit [22]. »
Ce que Mgr Lefebvre confirmait lorsqu’il écrivait :
« La tolérance n’a plus de raison d’être si elle apporte plus de mal que de bien. La tolérance peut être bonne temporairement et cesser ensuite de l’être. Si la tolérance privée suffit, il n’y a pas lieu d’accorder une tolérance publique ni a fortiori une liberté de propagande au mal moral ou à l’erreur religieuse [23]. »
La pratique de la tolérance est-elle limitée dans le temps et la durée ?
La tolérance n’est licite que le temps que perdurent les conditions et les circonstances qui lui ont donné naissance.
L’une des limites qui restreignent l’exercice de la tolérance est la durée. Il faut y insister tout spécialement car ce qui perdure semble souvent aux hommes acquérir une existence autonome et un droit à exister. Si la coutume est comme une seconde nature et acquiert souvent force de loi, c’est vrai de la coutume bonne comme de la mauvaise.
D’où l’insistance particulière des pontifes et des canonistes pour que la tolérance ne soit pas exercée plus de temps qu’il ne faut :
« C’est pourquoi, si elle est nuisible au salut public, ou qu’elle est pour l’État la cause d’un plus grand mal, la conséquence est qu’il n’est pas permis d’en user, car, dans ces conditions, la raison du bien fait défaut [24]. »
« Aujourd’hui comme dans le passé, là où les circonstances le conseillent, on pourra user de tolérance envers les fausses religions et les fausses doctrines, mais que là où de telles circonstances n’existent pas, les droits de la vérité soient maintenus, et les hommes préservés de l’erreur [25]. »
« La mesure de la tolérance du mal est celle-ci : qu’il soit toléré autant que cela est nécessaire pour éviter de plus grands maux ou pour ne pas empêcher de plus grands biens [26]. »
Tolérance et justice
Quelle(s) vertu(s) oblige(nt) à la concession de la tolérance ?
La tolérance, quand elle est une obligation, est un devoir de prudence politique envers le bien commun et aussi un devoir de charité envers les égarés, mais en aucun cas elle n’est un devoir de justice.
La tolérance du mal peut faire l’objet dans des circonstances données d’une obligation. Cette obligation ne dérive pas de la justice, car l’objet de la justice c’est le droit [27] et, comme le rappelait Pie XII, « ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande ni à l’action [28]. »
Par contre, la tolérance peut être une obligation au regard de la prudence politique, qui, inlassablement, poursuit le bien commun et considère les obstacles à surmonter [29], et au regard de la charité à l’égard des égarés, afin qu’ils soient attirés par l’Église. A la veille du concile Vatican II, c’était là l’enseignement commun :
« Dans cette protection de la vraie foi, il faut procéder selon les exigences de la charité chrétienne et de la prudence, afin que les dissidents ne soient pas éloignés de l’Église par la crainte, mais plutôt attirés à elle, et que ni la cité, ni l’Église ne subissent de dommage [30]. »
Ce résumé ne faisait que reprendre les enseignements des pontifes et des canonistes :
« La tolérance du mal appartenant aux principes de la prudence politique, doit être rigoureusement circonscrite dans les limites exigées par sa raison d’être, c’est-à-dire par le salut public [31]. »
« C’est pourquoi si l’on prévoit que, tant pour l’Église que pour l’État, de plus grands maux doivent sortir de l’intolérance que de la tolérance civile, ce même devoir [le devoir plus universel qui incombe à l’autorité publique d’écarter le mal autant que cela est possible], d’après les règles de la prudence et de la charité, conseille la tolérance, non pas qu’elle doive être approuvée en soi, mais parce que, dans ces circonstances, elle est un moindre mal [32]. »
L’exercice de la tolérance peut-il faire l’objet d’une obligation ?
Lorsqu’il y a un grand bien à promouvoir ou un grand mal à éviter, la tolérance est un devoir de prudence et de charité.
Si la tolérance n’est pas un bien en soi, indépendamment des circonstances qui en justifient l’exercice, il ne faut pas en déduire qu’elle serait toujours matière à option. Non, il est des cas où sa pratique fait l’objet d’un véritable devoir :
« […] Dans ces conjectures […] en vue du bien commun et pour ce seul motif, la loi des hommes peut et même doit tolérer le mal [33] […] »
« L’État peut et même doit tolérer le mal ou l’erreur chaque fois que la tolérance peut concourir à promouvoir un plus grand bien [34]. »
Celui qui agit mal ou est dans l’erreur acquiert-il un droit à être toléré ?
Puisque la tolérance est impérée par la prudence et la charité et non par la justice, elle ne confère aucun droit à être toléré du côté de celui qui erre.
De ce que la tolérance peut devenir un devoir et une obligation pour l’autorité dans une société, on ne saurait en déduire un droit naturel du côté de celui qui erre à être toléré. La chose est évidente dès lors qu’on considère ce qui est commun et ce qui est propre à la justice et à la charité.
La justice comme la charité peuvent engendrer des obligations : en cela elles ne se distinguent pas.
Mais, en justice je donne au prochain ce qui lui appartient, alors qu’en charité je donne au prochain ce qui m’appartient. En justice, je donne au prochain du « sien » alors qu’en charité je donne du « mien ».
Si la tolérance était un devoir en justice, elle deviendrait un principe universellement bon, puisque nous devons toujours rendre au prochain ce que nous lui devons et qui déjà lui appartient.
Si la tolérance est un devoir de charité et de prudence, et nous avons vu qu’elle l’est, alors elle est limitée par certaines circonstances où je cède du mien en faveur du prochain. L’obligation et le devoir de mon côté n’engendrent pas un droit à exiger de l’autre. Ainsi, ai-je parfois le devoir général de faire des aumônes, sans toutefois qu’aucun nécessiteux ne puisse me l’exiger comme un droit.
Étant donné que ce droit à la tolérance en vertu de la justice est l’erreur actuelle, Mgr Lefebvre y a insisté à de nombreuses reprises :
« Distinguons bien d’une part la vertu de justice qui, en assignant aux uns leurs devoirs, donne aux autres le droit correspondant, c’est-à-dire la faculté d’exiger, et d’autre part la vertu de charité qui, certes, impose aux uns des devoirs, sans attribuer aux autres aucun droit [35]. »
« Une chose est tolérer, autre chose est donner un droit. On tolère le mal, mais on ne l’approuve pas [36]. »
« On tolère l’erreur dans certains cas, on ne lui reconnaît pas un droit naturel ! […] Donc, que l’État tolère un fait qu’il ne peut pas empêcher, comme là où il y a une majorité de non-catholiques, c’est normal. Mais les chefs d’Etats ne peuvent accorder aux dissidents qu’une tolérance, ils ne peuvent pas leur reconnaître un droit, un droit naturel [37]. »
« Le devoir de tolérance ne fonde, chez ceux qui sont tolérés, aucun droit à être tolérés : puisqu’un droit suppose chez l’autre un devoir de justice [38]. »
Applications de la tolérance
La tolérance a-t-elle des applications dans la vie personnelle du chrétien ?
Étant donné que le cœur de l’homme lui-même est partagé entre le bien et le mal, l’exercice de la tolérance à l’égard de soi-même est souvent une nécessité.
S’il est vrai que la tolérance trouve des applications nombreuses et variées dans l’ordre social, elle conserve un intérêt réel pour chacun d’entre nous. En effet, le bien et le mal divisent notre propre cœur. Il y a donc là matière à exercer la tolérance envers nous-mêmes, tout en travaillant à nous corriger :
« Nous sommes pécheurs, nous avons des tendances mauvaises, mais nous n’allons pas nous suicider parce que nous ne pouvons pas tolérer nos vices ; il faut nous supporter, dans une certaine mesure, sans pour autant approuver nos vices. Nous les supportons en essayant de les combattre et de rétablir l’ordre dans notre propre personne [39]. »
« Nous savons bien que l’on ne peut pas supprimer complètement le péché; nous ne pouvons pas nous supprimer nous-mêmes. Bien sûr, on tolère, on se tolère. Mais cela ne veut pas dire que nous mettons nos vertus et nos vices sur un même pied en disant : c’est aussi bien l’un que l’autre. Non, nous faisons ce que nous pouvons pour lutter contre nos vices ; mais nous savons bien que nous aurons des misères jusqu’à la fin des jours. C’est clair, nous nous tolérons, et de même pour les autres, nous tolérons [40]. »
La tolérance s’applique-t-elle à la vie sociale ?
La tolérance s’applique dans la société lorsque l’attaque frontale contre certains maux conduirait à la dissolution de la société, à la destruction du bien commun ou à l’anarchie.
A l’imitation du gouvernement divin de l’univers qui tolère certains maux pour obtenir un plus grand bien ou pour éviter un plus grand mal, les sociétés humaines doivent parfois pratiquer la tol érance [41].
C’est d’autant plus vrai que la société civile n’atteint souvent que l’aspect extérieur des actes humains alors que le Souverain Juge jugera l’intérieur et l’extérieur. La loi positive humaine ne saurait interdire tout ce que la loi morale interdit [42], sous peine de rendre la vie sociale impossible [43].
La mesure de la tolérance dans la société civile est toujours le bien commun, appréhendé parfois sous l’aspect de « salut public [44] ».
« Il faut donc toujours considérer le bien commun de l’Église comme celui de l’État, en vertu desquels une juste tolérance, même sanctionnée par des lois, peut, selon les circonstances, s’imposer au pouvoir civil […] En cette question, il faut tenir compte, non seulement du bien d’ordre national, mais encore du bien de l’Église universelle et du bien civil international [45]. »
L’Église permet-elle parfois l’exercice de la tolérance ?
Dans le cas d’une société religieusement divisée où la répression de l’exercice public des faux cultes pourrait conduire à de graves maux pour la société, l’Église permet l’usage de la tolérance envers les faux cultes.
L’Église notre Mère connaît à la fois la zizanie et l’ennemi qui l’a semée. Elle sait donc que la tolérance est souvent une nécessité pour faire avancer les choses more humano vulnerato [selon la manière qui convient à l’homme blessé]. Ses principes en la matière n’ont jamais changé, même si la corruption du temps fait qu’il lui faut les appliquer plus souvent qu’à son tour :
« Néanmoins, dans son appréciation maternelle, l’Église tient compte du poids accablant de l’infirmité humaine, et elle n’ignore pas le mouvement qui entraîne à notre époque les esprits et les choses [46]. »
La tolérance des faux cultes implique-t-elle l’égalité des cultes, ou l’absence de tout culte social ?
Qu’il faille tolérer dans des circonstances données l’exercice public des faux cultes, n’équivaut ni à l’égalité des cultes ni à l’absence de tout culte de la part de la société.
Tolérer un mal tel que l’exercice public des faux cultes est la réponse prudente et charitable à un état de fait malheureux. Cette réponse concrète ne change rien à l’obligation pour tous et chacun, individus et sociétés, d’honorer Dieu, selon la vraie religion qu’il a révélée. Autre chose est le fait de la tolérance, autre chose le faux principe de l’égalité des cultes ou de l’agnosticisme d’État :
« Il n’y a pour personne de juste motif d’accuser l’Église d’être l’ennemie soit d’une juste tolérance, soit d’une saine et légitime liberté. En effet, si l’Église juge qu’il n’est pas permis de mettre les divers cultes sur le même pied d’égalité que la vraie religion, elle ne condamne pas pour cela les chefs d’État qui, en vue d’un bien à atteindre, ou d’un mal à empêcher, tolèrent dans la pratique que ces divers cultes aient chacun leur place dans l’État [47]. »
Au XIXe siècle, Dom Guéranger faisait bien la distinction entre la tolérance (ou la liberté, comme on disait alors) d’une part, et l’indifférentisme et l’agnosticisme d’État d’autre part :
« Je sais que l’on cherche toujours à embrouiller la question, en réclamant, au nom de la liberté promise et assurée aux dissidents ; mais n’a-t-on pas répondu mille fois que cette liberté, devenue article fondamental de notre droit public nouveau, ne se rapporte qu’à une faible minorité de citoyens, qui ne peuvent exiger que le pouvoir renonce à la protection qu’il doit à la religion de l’immense majorité ? Il ne s’agit donc pas ici d’imposer un joug quelconque à nos frères séparés, mais d’arrêter le cours d’une erreur outrageante pour l’Église et pour son divin Chef, et qui consiste à répéter, avec les indifférentistes, que l’alliance de l’Église et de l’État, au lieu d’être un but que s’est proposé le Christ en donnant son Évangile, n’est qu’une forme passagère et surannée dont le libéralisme chrétien nous affranchit [48]. »
D’où provient la confusion entre tolérance d’une part et indifférentisme et agnosticisme d’État d’autre part ?
En réalité, le problème naît d’une pensée univoque et dépourvue de tout sens de l’analogie, pensée qui voudrait qu’entre prohibition de l’exercice public des faux cultes et égalité des religions tertium non datur :
« L’objection et la méprise au sujet de la tolérance viennent de ce qu’on ne suppose pas de moyen terme entre l’exclusion des cultes dissidents et l’égalité accordée à tous. On n’envisage que deux formes des rapports de l’Église et de l’État : la protection accordée à l’Église par l’État, dans une nation où l’unité religieuse est complète et où aucune secte dissidente n’est tolérée ; et l’égale protection accordée par l’État à toutes les confessions religieuses qui ne troublent pas la paix publique, sans aucun privilège pour l’Église catholique. La question ainsi posée, on n’a pas de peine à établir que l’unité de religion est rompue dans les sociétés modernes, et à conclure que la seconde forme, si inférieure qu’elle puisse être à la première, est seule admissible aujourd’hui. Mais il y a une troisième hypothèse qui est la vraie : c’est celle de l’État chrétien, reconnaissant la divine mission de l’Église, et tolérant néanmoins dans le pays, mais sans y coopérer lui-même, la pratique des cultes dissidents qui ont des droits acquis à cette tolérance [49]. »
L’obligation d’exercer la tolérance est-elle un signe de bonne santé de la société ?
Dans la mesure où l’exercice de la tolérance est causé par le mal disséminé dans une société, dans cette même mesure il faudra constater la maladie qui ronge le corps social.
La tolérance est une réponse de fait à une maladie de la société, l’erreur ou le péché. La mesure de son usage est un signe clair de l’état général de la société :
« Plus il est nécessaire de tolérer le mal dans un État, plus les conditions de cet État s’écartent de la perfection [50]. »
En quoi la tolérance définie par la doctrine catholique se distingue-t-elle de la liberté prônée par le libéralisme ?
La tolérance, définie par la doctrine catholique, est affaire de circonstances et de prudence dans l’application des principes immuables, alors que le libéralisme prône le sacrifice définitif des principes, réputés inapplicables, au bénéfice d’une liberté, définie comme un bien absolu.
L’Église s’est toujours efforcée d’appliquer avec prudence et discernement les principes immuables aux conditions changeantes des sociétés. L’idéal qu’elle présente est celui de la collaboration entre l’Église et l’État, et du règne social de Jésus-Christ. Certes, elle ne peut s’empêcher de noter qu’aujourd’hui les conditions de réalisation de cet idéal sont loin d’être optimales :
« L’Église ne dissimule pas qu’elle considère en principe cette collaboration [entre l’Église et l’État] comme normale, et qu’elle regarde comme un idéal l’unité du peuple dans la vraie religion et l’unanimité d’action entre elle et l’État. Mais elle sait aussi que depuis un certain temps les événements évoluent plutôt dans l’autre sens, c’est-à-dire vers la multiplicité des confessions religieuses et des conceptions de vie dans la même communauté nationale – où les catholiques constituent une minorité plus ou moins forte [51]. »
L’Église ne sacrifie jamais ses principes aux circonstances. Elle tolère ce qu’elle ne peut éviter, mais elle travaille toujours à la réalisation plénière de l’idéal que le Christ lui a confié :
« La doctrine de Pie IX est celle de Grégoire XVI et de Pie VI ; elle l’est, non seulement parce que le même souffle divin qui animait ces deux pontifes est en lui, mais parce que les enseignements que l’Église a reçus de sa bouche sacrée sont là devant nous, et que nous y vénérons dans toute sa fermeté et son immutabilité la doctrine de tous les siècles.
« Sans doute, quand nous faisons retour sur l’état des sociétés modernes, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître avec tristesse le mouvement qui les entraîne bien loin, hélas ! de la vraie théorie chrétienne ; mais nous honorons la constance inspirée de l’Église, notre mère, qui ne pactise jamais avec l’erreur, et, plein de confiance dans la vocation surnaturelle des peuples, nous saluons d’avance le jour où, après les expériences et les épreuves peut-être que la divine Providence leur ménage encore, ils reviendront se placer sous le joug du Christ-Roi, et répéteront d’une extrémité de l’Europe à l’autre l’antique devise de la France de Charlemagne : Deus vincit, Deus regnat, Deus imperat [52]. »
On comprend alors aisément les réclamations insistantes de Mgr Lefebvre contre une doctrine et une pratique conciliaires qui sacrifient les principes à l’air du temps :
« La tolérance est un principe catholique, elle est, dans certaines circonstances, un devoir de charité et de prudence politique envers les minorités ; le tolérantisme au contraire est une erreur libérale qui veut accorder à tous les dissidents indistinctement et en toutes circonstances, et en justice les mêmes droits que ceux dont jouissent ceux qui sont dans la vérité, morale ou religieuse [53]. »
« […] Mais attention, pour les catholiques libéraux, il ne s’agit pas de cela ! Selon eux, dans la pratique, les principes, qui sont pourtant par définition des règles d’action, ne doivent pas être appliqués, ni prêchés parce qu’ils sont inapplicables, disent-ils. – C’est évidemment faux : faut-il renoncer à prêcher et à appliquer les commandements de Dieu […] parce que les gens n’en veulent plus ? parce que la mentalité tend à la libéralisation de toute tutelle morale ? Faut-il renoncer au règne social de Jésus-Christ dans le pays sous prétexte que Mahomet ou Bouddha y demandent une place [54] ? »
*
[1] — « Virtus est quæ bonum facit habentem et opus ejus bonum reddit. » (Aristote, Éthique, II, 5 ; cité en I-II, q. 55, a. 3).
[2] — « Oportet quod virtus cujuslibet rei dicatur in ordine ad bonum » (I-II, q. 55, a. 3.)
[3] — DTC, « Tolérance », col. 1209.
[4] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 220).
[5] — Pie XII, Discours aux juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953 (EPS-PIN 3038).
[6] — R.-Th. Calmel o.p., « Sens politique et pureté » dans Le Sel de la terre 12 bis, p. 255.
[7] — Pie IX, lettre Dum civilis societas à M. Charles Perrin, 1er février 1875 (EPS-PIN 3010).
[8] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 219).
[9] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 221).
[10] — Pie XII, Discours aux juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953 (EPS-PIN 3041).
[11] — Cardinal Alfredo Ottaviani, Que doit l’État à la Religion catholique ?, conférence à l’Athénée pontifical du Latran, 2 mars 1953.
[12] — Mgr Marcel Lefebvre, C’est moi l’accusé, Fideliter, 1994, p. 183.
[13] — Liturgie de la Vigile pascale, Exsultet. « Oh ! péché d’Adam certainement nécessaire, qui a été détruit par la mort du Christ ! Oh ! bienheureuse faute qui nous a mérité d’avoir un tel et un si grand Rédempteur. »
[14] — Saint Thomas d’Aquin, In Mat. c. XIII, lect. II, n° 1148 ; voir aussi I, q. 22, a. 2, ad 2 et II-II, q. 10, a. 11. « Le bien est [plus] grand et victorieux sur le mal, car le bien peut être sans le mal, mais le mal ne peut être sans le bien ; c’est pourquoi Dieu souffre beaucoup de maux afin qu’arrivent, ou même ne périssent pas, beaucoup de biens. »
[15] — Pie XII, Discours aux juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953 (EPS-PIN 3040).
[16] — Saint Thomas d’Aquin, In Mat. c. XIII, lect. II, n° 1149. « Une première cause est que les bons sont exercés par les méchants. […] Ensuite il peut arriver que celui qui est mauvais maintenant devienne bon ensuite, comme saint Paul. Car si Paul avait été tué, nous serions privés de la doctrine d’un si grand maître, ce qu’à Dieu ne plaise. […] En troisième lieu, certains semblent mauvais et ne le sont pas ; c’est pourquoi si vous vouliez enlever les méchants, vous extirperiez aussitôt beaucoup de bons. Et cela est visible du fait que Dieu n’a pas voulu qu’ils soient enlevés avant de parvenir à la parfaite maturité. […] La quatrième raison vient de ce qu’un homme peut avoir un grand pouvoir ; dans ce cas, s’il est exclu, il en attire beaucoup avec lui et alors, avec ce méchant, beaucoup périssent. »
[17] — II-II, q. 10, a. 11 : « Le gouvernement humain dérive du gouvernement divin et doit le prendre pour modèle. […] Ainsi donc, dans le gouvernement humain, ceux qui commandent tolèrent à bon droit quelques maux, de peur que quelques biens ne soient empêchés, ou même de peur que des maux pires ne soient encourus. C’est ce que dit S. Augustin : “Supprimez les prostituées et vous apporterez un trouble général par le déchaînement des passions”. » — Voir aussi le schéma préparatoire de Vatican II : Des relations entre l’Église et l’État et de la tolérance religieuse, n° 6, et Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 219 et 220).
[18] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 219).
[19] — Pie XII, Discours aux juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953 (EPS-PIN 3042).
[20] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 219). Voir aussi Léon XIII, encyclique Immortale Dei, 1er novembre 1885 (EPS-PIN 154) ; Pie IX, lettre Dum civilis societas à M. Charles Perrin, 1er février 1875 (EPS-PIN 3010) ; Pie XII, Discours aux juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953 (EPS-PIN 3041).
[21] — Mgr Marcel Lefebvre, Mes doutes sur la liberté religieuse, Clovis, 2000, p. 121.
[22] — « Itaque libertas cultus eatenus admitti potest, quatenus hæ adsint conditiones : 1° ut tolerantia sit civilis, non autem religiosa, quæ professionem indifferentismi circa quamlibet religionem includit ; et consequenter, ne ipsa habeatur tamquam mali seu falsæ religionis approbatio ; 2° ut majus malum aliter impediri nequeat ; 3° ut per modum remedii admittatur, per accidens atque ad tempus dumtaxat duratura, nempe quamdiu perdurent graves rationes ordinis publici ; 4° ut prudentem veritatis propositionem ac boni juris instaurandi tentamina tolerantia ne præpediat. » Capello S.J., Summa Juris Publici Ecclesiastici, Rome, 1936, p. 370.
[23] — Mgr Marcel Lefebvre, Mes doutes sur la liberté religieuse, Clovis, 2000, p. 121-122.
[24] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 221).
[25] — S. Congrégation des Séminaires, lettre à l’épiscopat du Brésil, 7 mars 1950.
[26] — « Mensura mali tolerandi hæc est, scil. ut tantum toleretur, quantum necessarium est ad huiusmodi mala vitanda vel bona non impedienda. » Capello S.J., Summa Juris Publici Ecclesiastici, Rome, 1936, p. 371.
[27] — II-II, q. 57.
[28] — Pie XII, Discours aux juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953 (EPS-PIN 3041).
[29] — II-II, q. 49, a. 6-8.
[30] — Schéma préparatoire de Vatican II : Des relations entre l’Église et l’État et de la tolérance religieuse, n° 6.
[31] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 221).
[32] — « Unde, si maiora mala ex intolerantia quam ex tolerantia civili tam Ecclesiæ quam Statui oritura prævideantur, idem illud officium secundum regulas prudentiæ et caritatis tolerantiam suadet, non quod in se sit approbanda, sed quia in his circumstantiis minus malum est. » Capello S.J., Summa Juris Publici Ecclesiastici, Rome, 1936, p. 370-371. Voir aussi Mgr Marcel Lefebvre, Ils l’ont découronné, Fideliter, 1987, p. 110, et Mes doutes sur la liberté religieuse, Clovis, 2000, p. 123.
[33] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 219).
[34] — Mgr Marcel Lefebvre, Mes doutes sur la liberté religieuse, Clovis, 2000, p. 120.
[35] — Mgr Marcel Lefebvre, Ils l’ont découronné, Fideliter, 1987, p. 198.
[36] — Mgr Marcel Lefebvre, C’est moi l’accusé, Fideliter, 1994, p. 183.
[37] — Mgr Marcel Lefebvre, C’est moi l’accusé, Fideliter, 1994, p. 184.
[38] — Mgr Marcel Lefebvre, Mes doutes sur la liberté religieuse, Clovis, 2000, p. 123.
[39] — Mgr Marcel Lefebvre, C’est moi l’accusé, Fideliter, 1994, p. 183.
[40] — Mgr Lefebvre, Le mystère de Jésus, Clovis, 1995, p. 95.
[41] — Voir Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 220).
[42] — I-II, q. 96, a. 2.
[43] — Voir Mgr Marcel Lefebvre, C’est moi l’accusé, Fideliter, 1994, p. 183 et R.-Th. Calmel O.P., Sens politique et pureté dans Le Sel de la terre, n° 12 bis, p. 255-257.
[44] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 221).
[45] — Schéma préparatoire de Vatican II : Des relations entre l’Église et l’État et de la tolérance religieuse, n° 6.
[46] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 219).
[47] — Léon XIII, encyclique Immortale Dei, 1er novembre 1885 (EPS-PIN 154).
[48] — Dom Prosper Guéranger O.S.B., Jésus-Christ roi de l’histoire, Association Saint Jérôme, Saint Macaire, 2005, p. 166-167.
[49] — Abbé Emmanuel Barbier, Histoire du libéralisme catholique, 1924, p. 55. — L’expression droits acquis est ici employée par l’abbé Barbier pour désigner une tolérance sanctionnée par le droit civil et non un droit naturel (un tel « droit » naturel à la tolérance n’existe pas, comme nous l’avons vu plus haut).
[50] — Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888 (EPS-PIN 221).
[51] — Pie XII, Discours au Xe Congrès International des sciences historiques, 7 septembre 1955.
[52] — Dom Prosper Guéranger O.S.B., Jésus-Christ roi de l’histoire, Association Saint Jérôme, Saint Macaire, 2005, p. 170.
[53] — Mgr Marcel Lefebvre, Ils l’ont découronné, Fideliter, 1987, p. 111.
[54] — Mgr Marcel Lefebvre, Ils l’ont découronné, Fideliter, 1987, p. 110.
Informations
L'auteur
Membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), l'abbé François Knittel est théologien et moraliste.
Le numéro

p. 96-109
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