top of page

UNE GRANDE FIGURE DE L’ÉGLISE UNIVERSELLE

 

La vénérable Pauline Jaricot

(1799-1862)

 

par sœur Marie-Monique de Jésus O.P.

 

 

Sœur Marie-Monique de Jésus est l’auteur d’une présentation de Pauline Jaricot publiée en 2005 [1]. Elle nous livre ici une synthèse sur la vie, l’œuvre et la spiritualité de la grande Lyonnaise du XIXe siècle.

Le Sel de la terre.


 

La maison de Pauline-Marie Jaricot, située sur la colline de Fourvière à Lyon, vient d’être restaurée avec la contribution de cent quinze pays de mission. Cette maison, dénommée Lorette [2] par Pauline, fut habitée par la fondatrice de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant, de 1832 à sa mort (1862). Elle fut le centre mondial du Rosaire vivant durant toute la vie de Pauline. Rachetée par la Commission de Fourvière en 1863, elle a été acquise en 1975 par les Œuvres pontificales missionnaires, qui ont décidé d’en faire un centre missionnaire.

On ne peut que se réjouir de cette heureuse initiative, qui non seulement rap­pelle le souvenir vivant de la fondatrice, mais qui a pour but de relancer l’élan missionnaire en France et dans l’Église entière sous l’égide de celle qui a été nommée « la mère des missions ».

 

 

La grande intuition de Pauline

 

Quelle fut la grande intuition de Pauline ? le grand ressort de sa vie ? Ce fut l’amour du Christ, et l’amour de l’Église par amour du Christ.

Après une enfance et une adolescence vécues dans une famille de soyeux lyonnais profondément chrétienne, elle se laisse séduire par la vanité et mène une vie facile et mondaine. Mais elle n’est pas heureuse. Elle cherchait sans le sa­voir ce qu’elle n’a pas trouvé hors de Dieu [3]. A la suite d’un sermon de Carême entendu dans sa paroisse de Saint-Nizier, elle « se convertit ». Elle décide de se donner entièrement au Seigneur. Elle abandonne ses lectures frivoles, ses amies mondaines, ses bijoux, et s’adonne longuement à la prière dans la chapelle de Notre-Dame-de-Grâces, auprès du Saint-Sacrement, dans l’église Saint-Nizier. Le Seigneur l’attire, la comble abondamment de grâces précieuses. Elle se livre sans réserve à l’amour miséricordieux du Christ. Elle est chargée par lui d’implorer la miséricorde du Cœur de Jésus pour son peuple, spécialement pour la France, car le Seigneur lui révèle combien il est outragé par les ingratitudes et l’indifférence des hommes.

Pauline est une âme ardente, passionnée, dynamique, très entière. Dès qu’elle a renoncé aux plaisirs du monde, elle porte son amour sur le Christ qui l’a sé­duite : Désormais, le Christ sera tout pour moi [4], déclare-t-elle à son entourage. Mais cet amour qui la transperce, elle veut le faire partager aux autres. Elle veut le leur communiquer, car elle sait d’expérience que c’est dans le Christ – et en lui seul – que se trouve le vrai bonheur.

Elle regarde autour d’elle. Elle voit les ravages causés par l’impiété, le rationa­lisme, la mauvaise « philosophie ». Elle voit la société en train de se transformer – notamment sous l’effet des progrès scientifiques et de l’essor de l’industrie (à Lyon, la soie) – en chassant Dieu. Elle pressent la fascination du socialisme nais­sant.

Pauline est une âme contemplative. C’est aussi une femme d’action, douée d’un esprit pratique et réalisateur exceptionnel. Par sa prière et sa vie intérieure, elle est au contact de Dieu. Elle puise en Dieu sa vision du monde. Elle en voit les richesses, les possibilités, mais aussi les écueils et le péril pour la foi, qui est malmenée si elle ne jouit pas d’un environnement propice.

Il ne suffit pas de prier. Il faut agir. Et Pauline va agir. « Depuis sainte Catherine de Sienne, on n’a jamais vu une telle action dans l’Église », affirment deux dominicains, les pères Marquet et Barbier, qui se sont penchés sur son dos­sier à la fin du XIXe siècle.

Dans l’histoire de l’Église, les grands actifs qui ont laissé derrière eux une em­preinte profonde et des œuvres durables n’ont-ils pas toujours été de grands contemplatifs ?

 

 

L’action

La Propagation de la Foi

 

Pauline a commencé par être « tentée » par son frère Philéas, dit-elle. Celui-ci, qui est au séminaire des Missions étrangères à Paris, lui indique qu’avec une somme modique on peut sustenter un catéchiste en Chine qui pourra baptiser des centaines de nouveau-nés, car, s’ils sont trop nombreux, on les expose à la mort. Voilà Pauline lancée sur la voie de la mission. Elle ne s’arrêtera pas. Elle commence par quêter pour les petits Chinois. Son frère lui envoie des missives de missionnaires décrivant ce qui se passe sur place. Son élan est stimulé. Mais elle comprend qu’il faut une organisation stable pour que ses collectes soient va­lables. Elle prie, réfléchit, médite. Et elle reçoit l’inspiration d’en haut, qu’elle dé­crit dans ce texte célèbre :

 

Un soir, étant au coin du foyer de la famille et toute préoccupée de mon désir [de venir en aide aux missions] pendant que mes parents se récréaient au boston [5], le plan de la Propagation de la Foi par dix, cent et mille, me vint si nettement à l’esprit que je l’écrivis sur-le-champ au crayon sur une carte de rebut afin de ne pas l’oublier. Une fois écrit, ce plan me parut si simple que je ne pus m’expliquer comment il n’était pas venu à l’esprit de tout le monde [6].

 

Aussitôt Pauline se met à l’œuvre et exécute ce plan. Elle fonde une associa­tion. Cette association simple – qui engage les personnes – sera le fondement de la Propagation de la Foi. Spirituellement, il s’agit avant tout d’intéresser les chrétiens à l’évangélisation du monde, première mission de l’Église ; de leur demander de prier et de se sacrifier à cette intention. Plus concrètement, l’association va quêter. Elle est basée sur le système décimal : chaque personne associée doit trouver dix autres personnes qui, à leur tour, doivent en trouver dix autres, formant ainsi des centaines, des milliers d’associés qui chaque semaine recueillent le sou hebdomadaire des dix, cent, mille personnes associées. Pauline assume et dirige cette association pendant trois ans.

A ce moment-là, des notables lyonnais, sollicités de quêter pour l’Amérique (Pauline quêtait pour l’Asie), se renseignent sur l’œuvre de Pauline, qui réussis­sait fort bien et qui se développait. Ils en adoptent le plan, l’organisation, les noms des chefs de dizaines, l’invocation au patron, saint François Xavier… Pauline, qui n’a pas été prévenue, hésite, se tait.

Elle continue de bien tenir sa centaine, ne voulant pas abandonner au premier mot ses résultats, qui étaient trop beaux. Au bout de six mois elle se retire. La Propagation de la Foi suivra son cours, se développera en instaurant un conseil central, mais en continuant à fonctionner selon le plan de Pauline. Celle-ci avait donné l’impulsion et les principes créateurs.

 

Le Rosaire vivant

 

Suit une période de prière, de contemplation pour Pauline. Elle poursuit ce­pendant son idée d’évangélisation et, en 1826, elle crée « l’œuvre de son cœur » : le Rosaire vivant, qui aura un succès immense. Succès dû au fait qu’après les ruines de la Révolution aucune grande œuvre n’était encore réalisée, bien que les bonnes volontés soient présentes ; succès dû essentiellement au soutien et à l’immolation intérieure de Pauline.

Pauline constate que l’incroyance se développe, que la déchristianisation se propage, non seulement en France mais en Europe. Que faire ?

 

J’avais entendu parler des admirables effets du saint rosaire et j’espérais que s’il m’était possible de ranimer cette dévotion elle calmerait le courroux du ciel et produirait dans les âmes des fruits de vie [7].

 

Mais comment le faire agréer à la masse ?

 

Car cette dévotion était laissée aux dévotes de profession encore à condition qu’elles fussent vieilles, ou n’eussent rien à faire, ce qui était un préjugé très faux. La dévotion n’osait plus se montrer, elle restait un peu cachée sous la cendre [8]

 

Sous l’inspiration du ciel, Pauline va lancer une association analogue à celle qui a fait le succès de la Propagation de la Foi. Elle propose de répartir le rosaire – ou les quinze dizaines du chapelet – entre quinze personnes, chacune récitant seulement une dizaine chaque jour, mais à la condition de méditer, ne serait-ce qu’une minute, le mystère du rosaire qui lui est échu en le tirant au sort chaque mois. Ainsi chaque jour le rosaire est récité en entier par un groupe.

Matériellement, elle crée une association avec une zélatrice à la tête de quinze personnes, une conseillère à la tête de onze quinzaines. Ces onze quinzaines constituent une division qui forme un rosaire des cœurs et se compose d’autant de personnes que de grains dans le rosaire : 150 Ave + 15 Pater = 165 personnes. Ce sont des couronnes de roses que l’on offre à Marie.

Spirituellement est ainsi créée une chaîne de prière entre les associés, qui for­ment une grande famille spirituelle unie par le rosaire, récité quotidiennement par l’ensemble des associés. Et chacun, en récitant sa dizaine, bénéficie des grâces attribuées au rosaire entier. Chaque rosaire comporte

 

du bon, du médiocre, et quelques autres personnes qui n’ont que de la bonne volonté… Quinze charbons, un seul est bien allumé, trois ou quatre le sont à demi, et les autres pas ; rapprochez-les, c’est un brasier [9].

 

Et c’est un brasier. C’est la première grande œuvre organisée après la Révolution. Cela correspond à un besoin du temps.

Par le Rosaire vivant, que Pauline gère seule jusqu’à sa mort, elle exerce une influence sans mesure. Elle acquiert une notoriété mondiale. Elle enflamme les cœurs et transmet sa flamme intérieure notamment par ses entretiens, ses circu­laires mensuelles. A sa mort, l’association comporte 2 250 000 associés.

Pauline, avec un zèle inlassable et un génie créateur sans cesse en éveil, fonde bien d’autres œuvres. Elle crée un atelier de fleurs artificielles, non seulement pour aider matériellement les jeunes filles de la société ruinées par la Révolution, mais pour les évangéliser. Puis une banque du ciel pour faire des prêts d’argent gratuits… Enfin, elle se penche sur la détresse ouvrière.

 

La croix

 

Elle a l’intuition de l’évolution économique et morale que va entraîner le déve­loppement de l’industrie. Les ouvriers sont mal payés, mal logés et leur foi est en danger. Tandis que dans son entourage on se contente d’exercer la bienfaisance, elle cherche une solution chrétienne.

 

Je cherche devant Dieu le moyen de remédier au découragement, à l’immoralité et à l’exaspération qui se manifestent de plus en plus dans les masses… Je vou­drais qu’on rendît l’époux à l’épouse, le père à l’enfant, et Dieu à l’homme dont il est le bonheur et la fin [10].

 

Pendant dix ans, Pauline réfléchit, médite, prie. L’occasion se présentant, elle achète une usine avec son domaine et des hauts fourneaux. Elle veut créer une usine-modèle où les ouvriers soient payés normalement et puissent mener une vie chrétienne dans des conditions concrètes favorables. Mais trompée par un es­croc de haut vol, elle doit affronter une cascade de procès. Elle perd sa fortune et s’engage à rembourser des dettes qui ne sont pas les siennes. Sur les conseils du cardinal Villecourt, elle va quêter dans toute la France et même à l’étranger.

Elle va subir des persécutions, des contradictions, des calomnies. Son abandon et sa confiance envers la divine Providence l’aideront à suivre le Christ sur la croix avec amour. Finalement, abandonnée de tous, elle meurt dans le dénue­ment le plus complet, à Lyon, le 9 janvier 1862.

 

 

La contemplation de Pauline, source d’unité

 

Pauline a fondé des œuvres multiples. Mais au cœur même de cette multipli­cité, on découvre qu’il y a une grande unité, une unité foncière. Pauline elle-même est une. Elle a reçu en même temps sa vocation personnelle et sa vocation ecclésiale. C’est un seul bloc, sans fissure.

Si toute sa vie est marquée par une grande unité malgré la diversité et la mul­tiplicité de ses œuvres, c’est parce que toutes ont le même principe et la même fi­nalité.

Le principe, la source de ses œuvres est son amour de Dieu, qu’elle contemple intensément, amoureusement, et son amour de l’Église.

 

Le désir immense d’aimer, la soif dévorante de posséder mon Dieu, me faisait désirer aussi d’agir pour sa gloire… J’avais toujours un pressentiment secret qui me disait : Dieu veut que tu serves à sa gloire ! Tu es réservée à remplir des des­seins cachés [11].

 

La finalité que Pauline poursuit dans toutes ses actions : que les créatures connaissent Dieu et l’aiment. Pour cela il faut que les hommes soient dans des conditions concrètes favorables à l’épanouissement de leur être spirituel.

 

Aimez et vous moraliserez ensuite.

 

L’amour est diffusif de soi. L’amour est la raison d’être de la création. Dieu crée par amour. Il veut se donner à sa créature et attend notre amour. Cette « loi » de l’amour se retrouve dans toutes les œuvres de Dieu. Pauline a compris l’amour dont elle est aimée, cet amour qui est le seul vrai. Elle veut le communi­quer. A travers ses multiples œuvres, ce que Pauline veut communiquer, ce n’est pas un vague sentiment humanitaire, mais l’agapè, cet amour qui vient de Dieu et qui doit retourner à Dieu.

Pauline est soulevée par l’amour : un grand souffle, un souffle puissant, éclai­rant, illuminant, consumant ; un souffle créateur la transperce. Ce souffle, c’est l’amour du Christ qui est en elle, c’est le Saint-Esprit.

 

 

Que reste-t-il de Pauline-Marie Jaricot ?

 

Que reste-t-il, aujourd’hui, de Pauline-Marie Jaricot ?

— L’image d’une grande âme, d’une âme de feu, toute donnée à Dieu, toute donnée à l’Église. Elle avait la flamme intérieure qui illuminait les autres et les entraînait à agir dans la ferveur de l’amour.

Si elle a créé de multiples œuvres, elle ne s’identifie à aucune. Comme elle le disait si bien en pensant à sa jeunesse :

 

Il fut un temps où j’étais occupée de la charité de détail, ce remue-ménage de greniers, d’hôpitaux, de petites mendiantes à placer [12]

 

Elle laissa la charité de détail pour se situer à un autre niveau. Elle projette son regard sur le monde entier, elle en devine les besoins, dans la prière le Seigneur l’illumine. Elle essaie de venir en aide, mais ne s’y arrête pas. Elle vise plus haut : elle vise directement le bien de Dieu et, partant, le bien de l’homme qui est de vivre de Dieu et pour Dieu. Ses œuvres matérielles ne sont qu’un tremplin pour la vie spirituelle.

— Concrètement, la Propagation de la Foi, cette œuvre miraculeuse et divine, ainsi que la qualifie le cardinal Villecourt, s’est beaucoup développée. Elle fait partie des quatre Œuvres pontificales missionnaires, et, à ce titre, son siège a été transféré à Rome en 1922. Elle rayonne dans le monde entier et, en demandant la prière de tous pour l’évangélisation du monde, elle fournit matériellement des subsides aux pays de mission.

— La dévotion du rosaire s’est beaucoup développée également, sous diffé­rentes formes. La pratique du rosaire vivant tel qu’il a été donné par Pauline continue de nos jours.

— Quant à l’œuvre des ouvriers, voici ce qu’en dit le père Catherin O.P. :

 

Pauline a vu l’opposition naissante du capitalisme moderne et du prolétariat ouvrier. Chose surprenante au suprême degré, Pauline était prédestinée à dire son mot, à esquisser son geste en cette question sociale, mot d’une justesse singulière, geste d’une valeur unique et qui fait d’elle un guide, suivi plus tard, mais jamais dépassé… Aux yeux du monde qui ne voit pas plus loin que le monde, elle a la­mentablement échoué. J’estime qu’au regard de Dieu dans lequel elle plongeait son propre regard elle a magnifiquement abouti [13].

 

Pauline nous laisse l’image lumineuse d’une âme qui a tout donné parce qu’elle a beaucoup aimé. Elle a aimé jusqu’au bout, sans défaillance, comme elle a pardonné. Elle a porté la croix avec amour, s’immolant sans cesse, avec un abandon aimant envers la divine Providence. Si elle a laissé derrière elle un sil­lage, concrètement et spirituellement, cependant sa grandeur ne se trouve pas dans ses œuvres. Elle n’a cessé de répéter :

 

Ce ne sont pas les grandes choses qui sont difficiles ; les œuvres qui embrassent le monde entier ne coûtent rien à la puissance de Dieu… La grande, l’unique gloire de l’homme, c’est de passer en Jésus-Christ, de se cacher en Jésus-Christ… et de ne plus vivre, mais de faire vivre Jésus-Christ en place de soi [14].

 

La grandeur de Pauline-Marie Jaricot, c’est son union avec Jésus-Christ. C’est sa sainteté.

 

*

 

Bibliographie

 

— Pauline Jaricot, L’Amour infini dans la divine eucharistie, Lyon, 1999, Imprimerie Saint-Joseph.

 Cécilia Giacovelli, Pauline Jaricot, Biographie, Mame, 2005.

— G. Naïdenoff, Pauline Jaricot, Paris, Mediaspaul, 1986, 2e éd. 1996.

— Sœur Marie-Monique de Jésus, Une âme de feu, spiritualité de Pauline Jaricot, éd. de Fontenelle, 2005.

— En préparation pour publication : Lettres de Pauline-Marie Jaricot à la Mère Saint-Laurent.



[1] — Sœur Marie-Monique de Jésus, Une âme de feu, spiritualité de Pauline Jaricot, éd. de Fontenelle, 2005, 132 p., 11 E.

[2] — Lorette, 42 bis Montée Saint-Barthélemy, Lyon, 69005. On peut visiter cette maison et y demander des grâces. Ouverture de 9h. 30 à 12 h., de 14 h. à 18 h., sauf le mardi. Fermeture annuelle en janvier et durant le triduum pascal.

[3] — Sœur Marie-Monique de Jésus, Ibid., p. 23.

[4] — Ibid., p. 41.

[5] — Le boston est un jeu de cartes ressemblant au whist (qui est lui-même l’ancêtre du bridge).

[6] — Ibid., p. 55-56.

[7] — Ibid., p. 86.

[8] — Ibid., p. 86.

[9] — Ibid., p. 87.

[10] — Ibid., p. 91-92.

[11] — Ibid., p. 45.

[12] — Ibid., p. 38.

[13] — Dossier de béatification, juin 1934

[14] — Ibid., p. 107.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 59

p. 140-146

Les thèmes
trouver des articles connexes

Vie Spirituelle : Doctrine, Oraison et Perfection Chrétienne

Vies de Saints : Modèles de Sainteté Traditionnelle

Télécharger le Pdf ici :

.

bottom of page