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L’association réparatriceenvers la très Sainte Trinité

 L’association réparatrice envers la très Sainte Trinité, approuvée en 1875 par Pie IX, a pour objet d’apaiser Dieu offensé par la société impie des francs-maçons, qui, dans leurs antres surtout, l’accablent d’insultes et de blasphèmes, et de demander en même temps au Seigneur la destruction de la secte et la conversion de ceux qui en font partie.

Pour parvenir à ce but, les membres s’unissent par trois, pour offrir, à une fréquence qu’ils déterminent, le saint sacrifice de la messe à la Sainte Trinité, s’ils sont prêtres, et s’ils sont laïcs, pour faire dans le même but cette triple communion.

Les capucins de Morgon ont eu l’heureuse initiative de redonner vie à cette association. Nous donnons ici quelques informations contenues dans le livret de l’association [1].

Le Sel de la terre.

 *

 Historique

 

Jeanne Baillet (1817-1878)

 Pieuse tertiaire de saint François, Jeanne Baillet avait l’habitude de communier chaque jour à la messe de 6 heures à Notre-Dame de Paris, où elle entendait d’autres messes encore et où elle aimait faire le pèlerinage de toutes les chapelles. L’une d’entre elles avait ses préférences : la chapelle de la Vierge. C’est là qu’avait trôné la déesse Raison le 10 novembre 1793, et Jeanne demandait souvent pardon à Dieu pour ce sacrilège. [En 1934, des membres parisiens de l’association réparatrice obtiendront que soit célébrée chaque année, le 10 novembre, en cette chapelle de la Vierge, une messe en expiation de la profanation révolutionnaire].

Un jour de janvier 1873 (vers le temps où elle se mit sous la direction spirituelle de l’abbé Douillard, dont il sera bientôt question), alors qu’elle se trouvait devant cet autel de la Vierge, Jeanne perçut en elle une voix qu’elle reconnut comme étant celle du Christ. Voici ce qu’elle disait :

Je suis traduit devant les tribunaux ; je suis jugé, condamné, livré à tous les supplices. Il ne leur reste plus que la mort à m’infliger. Je te parle des réunions secrètes qui se tiennent en grand nombre et qui font la force du mal le plus ingénieux et le plus puissant pour détruire mon Église et tout ordre social.

Jeanne ne se contenta pas d’écouter, elle parla également en vraie femme de prière et intercéda sans ambages :

Seigneur, dit-elle, vous ne pouvez pas sacrifier vos enfants. Vous savez ce qui vient de se passer [il y a peut-être ici une allusion aux événements récents de la Commune], vous savez que nous n’avons pour nous que la faiblesse, que le péché. Seul vous êtes celui qui est ; nous, nous ne pouvons empêcher ces réunions. Vous seul, mon Dieu, pouvez les détruire, et ceux qui les composent.

Aussitôt, semble-t-il, Jeanne mit au courant des prêtres de sa connaissance et particulièrement l’abbé Douillard. C’est à ce prêtre qu’elle soumettra par écrit un récit complet, après que le 4 février 1873, quelques jours seulement après la première intervention, la voix divine s’était fait à nouveau entendre.

Ce que je désire, c’est que de bons prêtres, par l’offrande du très saint sacrifice de la messe, fassent réparation à la très Sainte Trinité des outrages qui lui sont faits dans ces réunions odieuses, criminelles, ruineuses. Que ces prêtres s’unissent trois par trois pour honorer par cette union, l’adorable Trinité si indignement outragée. Par cette réparation, je m’engage à anéantir ces sociétés impies.

Ayant confié aux prêtres ces nouvelles et dernières suggestions, Jeanne s’effaça totalement. Elle mourut quelques années plus tard, le 28 mai 1878, à Ars, où sa grande dévotion envers le saint curé l’avait attirée en pèlerinage.

Pendant qu’on enterrait au cimetière d’Ars son inspiratrice, l’association réparatrice connaissait, sous l’impulsion de l’abbé Douillard, une croissance impressionnante.

 

L’abbé Louis-François Douillard (1823-1896)

 D’abord architecte (il gagna le second prix d’architecture au concours de Rome en 1852), le jeune Douillard fut en relation d’étroite amitié avec les pères capucins de Paris. Ce fut lui qui travailla aux plans du couvent des capucins de la rue de la Santé et les fit exécuter. Il reçut l’habit du tiers-ordre de Saint-François dans la fraternité des capucins, dont il fut l’un des premiers membres, et devint bientôt assistant du recteur. En 1868, il entra au séminaire de Saint-Sulpice. Ordonné prêtre en décembre 1870, il devint en 1873 le dépositaire des confidences de Jeanne Baillet. Il est considéré comme le fondateur de l’association. C’est lui qui obtint, le 7 janvier 1875, un bref d’approbation du souverain pontife Pie IX.

Des milliers de messes et de communions réparatrices étaient déjà assurées lorsque le « comité directeur » de l’œuvre naissante envoya M. Douillard à Rome. Celui-ci présenta une supplique au pape. Il n’y est pas question des « voix » de Jeanne Baillet :

Une pieuse personne, dit en substance la supplique, a pensé qu’il serait agréable à Dieu que des prêtres s’unissent trois par trois pour offrir le même jour le saint sacrifice en réparation des outrages faits à la très Sainte Trinité dans les sociétés secrètes, et pour demander à Dieu la destruction de ces sociétés et la conversion de ceux qui les composent.

Par ailleurs, des laïcs et des religieuses ayant demandé de participer à cette œuvre réparatrice (à l’origine, destinée uniquement aux prêtres), l’abbé Douillard demanda également s’il serait possible d’offrir des « trinités de communions ». Bien qu’ignorant la véritable origine surnaturelle de cette supplique, Pie IX l’agréa. Voici sa réponse :

 

 

Bref de sa sainteté Pie IX du 7 janvier 1875

 

Cher fils, salut et bénédiction apostolique.

Depuis longtemps déjà et presque dès l’origine de la secte maçonnique, le Saint-Siège, qui en découvrait très clairement la malice, l’avait condamnée et frappée d’excommunications réitérées. Il avait bien prédit tous les maux qu’elle devait causer à la religion et à la société civile. En effet, cette digne fille de Satan, faisant de l’homme comme un dieu et établissant chacun le suprême juge de sa conduite, rejette par le fait même toute autorité divine et humaine, et brise par conséquent le lien qui constitue toute société. Les avertissements de l’Église ont été inutiles, et beaucoup, même parmi ceux qui auraient dû étouffer ce monstre, n’ont pas craint de le favoriser, si bien que maintenant aucune force humaine n’est capable de lutter contre lui. Il faut donc, pour arracher cette vénéneuse racine des maux qui affligent les nations et poussent dans l’abîme éternel les âmes qu’elle éloigne de la vie et du salut, recourir au Tout-Puissant : seul il a pu chasser du Ciel les vrais ancêtres de cette secte, seul il peut maintenant la faire disparaître de la terre. Nous pensons donc devoir recommander le projet que vous avez formé, d’apaiser Dieu offensé par cette impie société qui, dans ses antres surtout, l’accable d’insultes et de blasphèmes, de demander en même temps au Seigneur la destruction de la secte et la conversion de ceux qui en font partie, et pour cela de former, avec la permission de l’autorité ecclésiastique, une société dont les membres, s’ils sont prêtres, s’unissent par trois, pour offrir chaque jour le saint sacrifice de la messe à la Sainte Trinité, et s’ils sont laïcs, pour faire dans le même but et chaque jour cette triple communion. Nous nous réjouissons d’apprendre que cette société, à peine formée, a déjà reçu une grande extension. Nous lui en souhaitons une plus considérable encore, afin qu’en multipliant ceux qui prient, elle apaise plus vite la colère de Dieu et obtienne la grâce que nous désirons. C’est pour cela, très cher fils, que nous vous donnons avec amour, à vous et à tous vos associés dans cette œuvre, la bénédiction apostolique marque de la faveur céleste de notre paternelle bienveillance. Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 7 janvier de l’an 1875, de notre pontificat le vingt-neuvième. Pie IX, pape.

(Notons aussi que saint Pie X accordera le 22 mai 1911 la bénédiction apostolique à tous les membres de l’association).

 

Érection canonique et statuts

Muni de la recommandation de l’autorité suprême de l’Église, l’abbé Douillard rentra à Paris et s’empressa d’aller trouver son archevêque, le cardinal Hippolyte Guibert, pour en obtenir le décret d’érection canonique de l’association et l’approbation exécutoire de ses statuts définitifs. L’acte fut donné à Paris, le 24 février 1875. Signalons que l’association fut mise sous le patronage de saint Michel.

 

Art. I — Une association de prières est formée dans le but :1° de demander à Dieu l’extinction des sociétés secrètes et la conversion des membres qui les composent ; 2°) d’adorer la patience de Dieu et de réparer les outrages qui sont faits à la très Sainte Trinité dans ces sociétés. Art. II — Les prêtres, les membres des communautés religieuses et les laïcs peuvent faire partie de cette association. Ils s’associeront par trois : les prêtres pour célébrer une trinité de messes ; les membres des communautés religieuses et les laïcs pour faire une trinité de communions. Art. III — Les prêtres associés offriront le très saint sacrifice une ou plusieurs fois par semaine ou par mois, aux jours déterminés par eux à l’instant où ils se feront inscrire. Ceux qui ex officio ou autrement ne pourraient au jour fixé offrir la sainte messe dans l’unique intention de l’association, la porteraient comme intention secondaire et offriraient comme complément leurs mérites de la journée, en esprit de sacrifice, de réparation et d’expiation ; dans ce cas, ils pourraient recevoir le stipendium. Art. IV — Les membres des communautés religieuses et les laïcs feront la sainte communion aux intentions précitées, une ou plusieurs fois par semaine ou par mois, aux jours déterminés par eux en se faisant inscrire. Celui qui, au jour fixé, n’aurait pas fait la sainte communion ou célébré la sainte messe, s’acquitterait de ce devoir aussitôt que possible. Art. V — Chaque associé recevra une feuille d’admission, qui contiendra son nom et les noms des deux autres confrères faisant réparation le même jour que lui, et avec lesquels il devra s’unir d’intention pour former avec eux une trinité de réparation. Art. VI — Les associés devront s’efforcer de réunir autour d’eux le plus grand nombre possible d’adhésions. Les feuilles d’adhésion seront envoyées franco, avec les adresses de chacun, au R.P. provincial des FF. Mineurs capucins, directeur de l’association, rue de la Santé, 15, à Paris, pour être inscrites sur le registre de l’association. Chacun sera libre de choisir les deux membres avec lesquels ils désireraient s’associer pour faire réparation en un même jour, à cet égard les listes seront inscrites sur le registre telles qu’elles seront envoyées. Art. VII — Les membres de l’association sont priés de faire connaître, à l’adresse indiquée plus haut, les faits qui seraient de nature à éclairer ou encourager l’action commune. Art. VIII — Les associés qui le pourront faire, sont invités en se faisant inscrire, à envoyer au comité une petite aumône destinée à couvrir les frais d’impression et de correspondance. Lu et approuvé ; Paris le 24 février 1875 † J. HIPP., Card. Arch. de Paris.

 

Indulgence plénière

Le 13 janvier 1876, l’abbé Douillard demanda au pape la concession d’une indulgence en faveur des associés de France, Allemagne et Belgique où l’association s’était bien répandue. Le bref Pias Christifidelium societates, du 15 février 1876, répondit à cette demande en accordant une indulgence plénière par mois aux associés fidèles à leurs engagements, indulgence applicable aux âmes du purgatoire. Le 14 août 1877, un nouveau bref de Pie IX étendait la faveur accordée aux associés de tous les pays et à deux jours par mois.

La constitution apostolique du 1er janvier 1967 sur les indulgences n’a pas rendu caduques les concessions de Pie IX.

 

Propagation

Quelques chiffres.

 [On peut comparer les chiffres que donne le père Devron, jésuite, fondateur en 1854 de la « communion réparatrice » à Paray-le-Monial. Pour 1875 : 45 000 communions par jour et pour 1878-1880 : 55 000 communions par jour].

Les statuts (art. VI) stipulent que « les associés devront s’efforcer de réunir autour d’eux le plus grand nombre possible d’adhésions ». Dans sa supplique à Pie IX, l’abbé Douillard parle de 5 565 messes inscrites et 72 492 communions [selon l’étude du P. Willibrord. Les Annales franciscaines (avril 1875) parlent de 42 492 communions] au minimum, « résultats obtenus sans autre publicité que celle des communications intimes ».

Dans une lettre du 12 décembre 1878, il parle de 1.600.000 messes et communions annuelles. Le P. Chrysostome de Lyon [(1828-1895) fut une grande figure parmi les Capucins français du XIXe siècle, parmi lesquels il exerça de hautes charges. Fondateur des franciscaines de Sainte-Marie des Anges à Angers, grand prédicateur et auteur spirituel], au congrès d’Avignon (en septembre 1882), mentionne le chiffre de 8 millions. Le plus haut record signalé est de 9 millions de messes et communions, pour l’année 1886. Les chiffres donnés pour l’année 1908 (12.500 messes et 515.000 communions semblent plus réalistes au P. Willibrord.

Voici enfin les derniers bilans que nous possédions : 926.534 messes et communions pour l’année 1938. Mais en 1968, le P. Willibrord écrit que l’association ne compte plus que « deux mille et quelques centaines de membres ».

 

Les propagateurs

Nous avons vu que Dieu a confié les débuts de son œuvre à des tertiaires de saint François. Les statuts nous ont appris (art. VI) que le directeur de l’association était le père provincial des capucins de Paris. Les Annales franciscaines (avril 1875) expliquaient ainsi ce choix : « Parce que l’association est née dans le tiers-ordre et que le bref qui l’approuve est adressé à un prêtre tertiaire. »

Les provinciaux capucins, de 1875 à la Seconde Guerre mondiale, auront à cœur de veiller à la prospérité de l’œuvre, l’abbé Douillard étant resté quant à lui secrétaire jusqu’à son départ de Paris.

Les Annales franciscaines ont recommandé plusieurs fois l’association. Citons celles de juin 1886 [page 719], qui donnent du même coup une idée de l’extension mondiale de l’œuvre :

Nous recommandons […] encore une fois cette association en constatant les progrès qu’elle fait chaque jour tant en France qu’à l’étranger, non seulement en Europe, mais dans toutes les parties du monde. Dans l’Amérique du Sud en particulier, un des pays les plus travaillés par la franc-maçonnerie, l’association réparatrice compte des membres nombreux et zélés. Elle est très prospère au Chili, au Pérou et au Brésil, où son premier apôtre fut Mgr Vital [une des gloires de l’ordre capucin], mort victime de la franc-maçonnerie.

Aux côtés des fils de saint François, une place d’honneur doit être faite à quelques religieuses de la congrégation de Sainte-Marie, pour leur zèle et leur travail remarquable pour l’association. Mentionnons ici le nom de sœur Amable, qui intervint en 1925 auprès du ministre général des capucins à Rome pour que le provincial de Paris ne renonce pas à s’occuper de l’association. Peut-être doit-on attribuer à cette éminente religieuse la survie de l’association à un moment critique de son histoire. Elle eut à exercer le rôle de secrétaire de l’œuvre. Élue supérieure générale de sa congrégation en 1934, elle sera réélue en 1945 et mourra à Paris en 1951 en laissant le souvenir d’une sainte religieuse et d’une exceptionnelle supérieure.

 

Bulletin

L’association se lança aussi dans un travail d’information et de formation anti-maçonniques, surtout par la fondation de son « bulletin ». En effet, au mois d’avril 1901 parut le premier numéro d’un périodique portant le titre : association réparatrice envers la très Sainte Trinité sous la protection de saint Michel. Le fondateur de ce bulletin fut le P. Ladislas de Vannes, capucin. On y trouve de la doctrine, de la spiritualité, une chronique de l’association et une chronique des sacrilèges, vols et profanations généralement portés au compte des francs-maçons. Parmi les signataires d’articles, notons l’abbé Auguste Lémann, le célèbre juif converti, et les noms de plusieurs pères capucins connus dans l’ordre, comme le P. Ubald d’Alençon, historien.

A ce périodique succédera un bulletin mensuel plus modeste, Le Mémento, dont le premier numéro paraîtra en janvier 1904, et qui sera un moyen de rappel pour les associés et de propagande pour étendre l’association. En 1958, Le Mémento devint L’Action réparatrice envers le très Sainte Trinité.

 

L’association réparatrice aujourd’hui

 

Opportunité

 

La revue publiée par l’association en 1924 disait :

La grande inspiratrice de tous les blasphèmes et de toutes les profanations, c’est la franc-maçonnerie, qui pervertit l’intelligence et le cœur des générations chrétiennes.

Aujourd’hui plus que jamais, la franc-maçonnerie est la tête indéniable et extrêmement agissante de la Contre-Église. Plus que jamais donc l’Église militante doit lutter par des armes intellectuelles et surtout spirituelles contre des sociétés qui ont de moins en moins besoin d’être secrètes tant elles sont puissantes. Et le devoir de réparation, dans cette marée noire de blasphèmes et de sacrilèges qui envahit même les « lieux saints », est aussi, plus que jamais, urgent et impérieux.

Pour les fils de saint François, l’association réparatrice est un flambeau qu’ils n’ont pas le droit de laisser éteindre. Depuis quelques années, les capucins d’observance traditionnelle de Morgon ont décidé de relancer cette association dans la fidélité à son inspiration primitive et dans le sillage de tous ceux qui ont donné leur temps, leurs forces, leurs prières et leurs sacrifices à cette œuvre admirable pendant près d’un siècle.

 

Comment s’y agréger ?

Il s’agit de se concerter à trois personnes pour communier le même jour (pas nécessairement au même endroit ni à la même heure) aux intentions demandées par l’association. Le couvent Saint-François (F - 69910 - Villié-Morgon) fournit des bordereaux d’inscription sur lesquels les trois associés doivent inscrire leur nom et leur adresse ainsi que le jour choisi pour la communion (par exemple : « tous les dimanches », ou « tous les premiers vendredis du mois »). Ce bordereau rempli (bien lisiblement !) doit ensuite être envoyé au couvent Saint-François pour être inscrit aux registres de l’association. Les associés reçoivent alors une carte de membre de l’association. (Pour les prêtres qui veulent offrir des « trinités » de messes, le principe d’inscription est le même).

Si la communion n’a pu être accomplie au jour fixé, il faut s’en acquitter dès que possible.

Les Annales Franciscaines (octobre 1875, page 378), donnent des précisions qui valent pour aujourd’hui :

Plusieurs de nos correspondants nous expriment le regret de ne pouvoir organiser des trinités de communions et de messes aussi nombreuses qu’ils l’auraient désiré. Les uns nous disent que dans certaines contrées les prêtres ne peuvent pas célébrer la sainte messe à cette seule intention ; d’autres ne trouvent pas d’associés, et pour ce motif restent en arrière.
Cette double difficulté a été prévue et le règlement de l’association, publié par les Annales, nous dit que les prêtres, qui n’ont pas la libre disposition de leurs intentions de messes, peuvent cependant s’unir par trois, afin de prier d’une manière particulière, au saint sacrifice de l’autel, à des jours déterminés. Les personnes pieuses qui ne trouvent pas près d’elles d’associés peuvent nous envoyer leur nom et leur adresse, en nous fixant les jours de leur choix, et nous nous chargerons d’organiser les trinités de communions.
Il est d’autres personnes qui, dans la crainte de ne point assez bien faire, ne font absolument rien. Elles ne veulent point s’engager, disent-elles, parce qu’elles ne sont point sûres de pouvoir être toujours fidèles à faire la sainte communion aux jours fixés. Assurément leur conscience n’est point engagée en cela, et si nos associés ne doivent pas omettre la communion sans une raison légitime, dès que cette raison existe, ils n’ont point à se troubler. Ils remplaceront cette communion dès que cela leur sera possible ; s’ils ne le peuvent pas, le bon Dieu leur tiendra compte de leur bonne volonté.

 

Indications pratiques

Les intentions pour lesquelles les associés doivent offrir leur communion (en union avec les deux autres associés) sont celles de l'association (cf. les articles I et IV des statuts) : demander à Dieu l'extinction des sociétés secrètes et la conversion des membres qui les composent; adorer la patience de Dieu et réparer les outrages qui sont faits à la très Sainte Trinité dans ces sociétés.

Pendant la communion ou l’action de grâces qui la suit, on peut réciter cette prière recommandée aux associés :

Omnipotentia Patris, adjuva fragilitatem meam et e profundo miseriæ meæ eripe me.

Toute-puissance du Père, venez en aide à ma faiblesse et tirez-moi de l’abîme da ma misère.

Sapientia Filii, dirige cogitationes meas omnes.

Sagesse du Fils, dirigez toutes mes pensées.

Amor Spiritus Sancti, esto cunctarum animæ meæ operationum principium, quo jugiter sint divino beneplacito conformes.

Amour du Saint-Esprit, soyez pour toutes les opérations de mon âme le principe qui les rendra toujours conformes au bon plaisir divin. »

Ou les invocations suivantes :

Bénie soit la très sainte, auguste et adorable Trinité.
Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous, et pour tous ceux qui n’ont pas recours à vous, spécialement pour les francs-maçons [Invocation de la Milice de l’Immaculée du P. Kolbe]

Ou encore les prières enseignées par l’ange aux enfants de Fatima (en ajoutant la mention des francs-maçons) :

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément, etc.…
Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime, etc.… »

Ou la prière à saint Michel, saint patron de l’association :

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, etc.… »

Enfin, rappelons que les associés s’efforceront d’être des apôtres de l’association comme le demandent les statuts (art. VI) :

Les associés devront s’efforcer de réunir autour d’eux le plus grand nombre possible d’adhésions.

Ayons confiance dans cette œuvre et dans son efficacité, comme le disait le P. Chrysostome de Lyon en 1882 :

Sans doute nous n’avons pour nous ni les gouvernements, ni la force armée, ni les finances, ni les mille voix d’une presse corrompue et salariée ; mais nous avons […] le Dieu de l’eucharistie : nos prêtres l’offrent sur les autels, nos poitrines le portent avec respect, nos cœurs l’enveloppent de leur amour. Unissons-nous donc dans une action commune : glorifions la Sainte Trinité, offrons le sang pacificateur de notre rédempteur, combattons sous l’étendard du glorieux archange qui chassa les premiers révoltés du Ciel.

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[1] — On peut se renseigner, s’inscrire et se procurer le livret en s’adressant au Couvent Saint-François, 69910 Morgon. — La source principale utilisée pour ce résumé est le travail du P. Willibrord Chr. Van Dijk, capucin, directeur de l’association réparatrice en 1968 : Catholiques contre franc-maçonnerie, l’association réparatrice, étude historique, Paris, 1968, 64 pages. On trouvera aux pages 4 et 5 d’autres sources manuscrites ou imprimées. Étude bien faite malgré de très regrettables remarques philo-maçonniques (voir notamment les conclusions pages 48-52). — Nous avons consulté aussi quelques articles des Annales franciscaines (avril-mai-juillet-octobre 1875, août 1877, novembre 1881, juin 1884 et juin 1886).­ — Et enfin un article de la Revue sacerdotale du tiers-ordre, année 1926, pages 628-630.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 62

p. 172-181

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