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Recension de Abbé Miche Gleize, La nouvelle ecclésiologie, au fondement de l'oeucuménisme

Un chevalier de Notre-Dame

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RECENSIONS

Les thèmes

Le Sel de la terre n° 76

Le numéro

Printemps 2011

p. 200-202

Un chevalier de Notre-Dame

L'auteur

Un chevalier de Notre-Dame

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+  Ecclésiologie catholique et ecclésiologie œcuméniste

 


L

E MENSUEL Courrier de Rome offre régulièrement à ses lecteurs de substantielles études sur des sujets ayant trait à la crise actuelle dans l’Église. Ainsi, la livraison de décembre 2010 (nº 339) comporte un unique et long article de l’abbé Jean-Michel Gleize, professeur à Écône : La Nouvelle ecclésiologie, au fondement de l’œcuménisme.

L’auteur commence par remarquer que le neuvième article de notre Credo énonce deux réalités : « la sainte Église catholique » et « la communion des saints ». Pourtant chaque article correspond à une seule vérité de foi. L’objet du neuvième article est le mystère de l’Église, mystère unique mais qui comporte deux aspects différents. Il revient à la théologie, en l’occurrence à l’ecclésiologie, de « préciser la nature des rapports qui rattachent entre eux » ces deux aspects.

Or, sur ce point dont l’impor­tance est cruciale, force est de constater « une différence assez nette entre l’ecclésiologie antérieure au dernier concile et ce que l’on pourrait appeler une nouvelle ecclésiologie, qui prend pour point de départ l’énoncé du nº 8 de Lumen gentium : “L’Église du Christ subsiste dans l’Église catholique.” »

Selon « la tradition magistérielle et théologique antérieure au concile Vatican II », l’Église du Christ est l’Église catholique romaine. L’abbé Gleize cite à ce propos Boniface VIII, le concile de Florence, Pie XI, Pie XII : les textes du magistère établissent clairement que « l’Église se définit essentiellement par le triple lien de l’unité de foi, de culte et de gouvernement ». L’auteur note que la charité n’est pas la cause formelle de l’Église, mais sa cause finale, alors qu’elle est la cause formelle de la communion des saints. Il existe donc entre l’Église et la communion des saints un rapport de moyen à fin.

Dans « la nouvelle tradition [1] magistérielle et théologique depuis le concile Vatican II », « l’Église du Christ subsiste dans l’Église catholique ». Cette affirmation de la constitution dogmatique Lumen gentium est une phrase-clé du concile. D’après les explications fournies par la congrégation pour la Doctrine de la foi (2007), par son ancien préfet, le cardinal Ratzinger (2000), par le Père Becker (2005) ou par Mgr Pozzo (2010), « l’Église catholique est la subsistance ou le mode d’être concret et historique de l’Église du Christ ». Il y a donc entre elles une distinction réelle, ce que condamnaient Pie XII et, plus récemment encore, le premier schéma De Ecclesia élaboré par la Commission préparatoire à Vatican II [2].

L’abbé Gleize commente un aveu fort intéressant du cardinal Ratzinger, tiré de la conférence donnée au congrès sur l’ecclésiologie de Lumen gentium (février 2000) : « Par cette expression [du subsistit in], le Concile se différencie de la formule de Pie XII, qui avait dit dans son encyclique Mystici corporis : l’Église catholique est (est, en latin) l’unique Corps mystique du Christ. Dans la différence entre subsistit in et est se cache tout le problème œcuménique. » Et l’abbé Gleize de préciser : « Cela signifie que la nouvelle expression rend possible l’œcumé­nisme. »

L’œcuménisme est défini par le décret Unitatis redintegratio comme la volonté de surmonter les obstacles qui empêchent encore la pleine communion ecclésiale chez les chrétiens non catholiques. Le présupposé fondamental de cette attitude est que « ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le baptême se trouvent dans une certaine communion, quoique imparfaite, avec l’Église catholique ».

Des théologiens contemporains, se situant dans la perspective de « l’herméneutique de la continuité », ont tenté d’expliquer et de justifier la nouvelle ecclésiologie prônée par Vatican II. L’abbé Gleize présente puis critique deux théories, qu’il appelle « la gradation de l’ecclésialité » et « l’influ­ence salvifique de la grâce capitale du Christ ».

La première est due au Père de la Soujeole : pour le dominicain de Fribourg, l’Église du Christ « est pleinement formée dans l’Église catholique romaine […] et plus ou moins formée dans les autres communautés ».

La seconde tentative est celle du Père Morerod, également dominicain, recteur de l’Angeli­cum : selon lui, « une certaine appartenance des non-catholiques à l’Église catholique est facilement compréhensible dans une ecclésiologie de la grâce capitale du Christ comme celle de l’abbé Journet », alors qu’elle ne l’est nullement « dans une approche de type bellarminin », c’est-à-dire, pour parler clairement, dans la fidélité au magistère constant.

L’abbé Gleize, s’appuyant notamment sur le cardinal Billot, montre ici le danger que présentent plusieurs aspects de l’ecclésiologie du cardinal Journet. Puis il examine le cas des sacrements administrés hors de l’Église ; ils doivent être présumés infructueux, même si accidentellement ils peuvent communiquer la grâce à des âmes de bonne foi.

En conclusion, l’auteur rappelle que le principe formel de l’Église est le primat du successeur de Pierre : ubi Petrus, ibi Ecclesia. « Le salut réclame une appartenance formelle à l’unité de l’Église, et non pas une composition matérielle de plus ou moins d’éléments. » (Il s’agit des fameux « éléments de sanctification et de vérité » qui, d’après Lumen gentium, « subsis­tent hors des structures de l‘Église catholique ».)

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