Éditorial
L’amour de la vérité
Saint Paul, dans sa deuxième épître aux Thessaloniciens, avertit qu’au temps de la grande apostasie Dieu enverra aux hommes « des illusions puissantes qui les feront croire au mensonge […] parce qu'ils n'ont pas ouvert leur cœur à l'amour de la vérité qui les eût sauvés » (2 Th 2, 10 et 11 – traduction de Crampon).
L’expression que Crampon traduit par « des illusions puissantes » paeut se rendre aussi par « une puissance d'égarement » (Fillion) ou « une influence qui égare » (Bible de Jérusalem). L’original grec (« ejnevrgeian plavnh" »), rendu en latin « operationem erroris » dans la Vulgate, évoque l’idée d’une force, d’une énergie, qui égare, qui conduit à l’erreur.
Cette expression ne caractérise-t-elle pas notre époque ? Plus que jamais le mensonge se répand par les moyens de communication qui sont entre les mains de ceux qui n’ont pas « l'amour de la vérité », et du fait que l’éducation a été retirée à l’Église, colonne de vérité, pour être confiée à l’État laïc, athée, influencé par la franc-maçonnerie. Les jeunes esprits, n’étant plus formés à juger droitement, sont dès lors prêts à être la proie de « la puissance d’égarement » qui règne dans le monde.
Tout en décrivant cette force d’erreur, l’Apôtre donne en même temps le moyen de résister : ouvrir nos cœurs à l’amour de la vérité. Le Sel de la terre s’efforce donner le goût de cette vérité.
Celle-ci se trouve d’abord dans la Révélation contenue dans la sainte Écriture et la Tradition. Ce numéro contient un article sur les psaumes en Marie, invitant à goûter ces prières incomparables avec l’aide de la Médiatrice de toutes les grâces.
« Credo ut intelligam (je crois pour comprendre) disait saint Anselme à la suite de saint Augustin : la foi en la Révélation ouvre la voie à une intelligence plus grande, ce qui est l’œuvre de la théologie. Ici, l’abbé Knittel nous propose quelque intelligence du mystère des missions divines, qui apporte des lumières sur la vie divine dans le sein de l’adorable Trinité et dans nos âmes.
La doctrine ne suffit pas sans les exemples qui entraînent : ainsi, le frère Maurice Maignen et le laïc Émile Keller, grands catholiques du 19e siècle. Deux autres figures plus récentes, du 20e siècle, sont proposées dans la rubrique « Lecture » : Mgr Antonio de Castro Mayer et le cardinal Mindszenty.
La doctrine doit aussi conduire à la vie spirituelle. Dans ce numéro, nous continuons la méditation des mystères du rosaire avec le quatrième mystère douloureux, le portement de la croix, bien utile dans notre vie quotidienne.
La proclamation de la vérité ne va pas sans dénoncer l’erreur et lutter contre ceux qui la propagent. Cette lutte peut se faire avec des armes matérielles, et ce fut le cas des zouaves pontificaux dont les Mémoires de dom Maréchaux retracent une histoire vivante ; elle peut aussi se faire avec la plume, comme l’ont menée, non sans succès, l’abbé Guénée et le père Richard O.P.
L’erreur aujourd’hui, hélas !, est répandue même dans des enseignements qui nous viennent de Rome, comme le montrent l’analyse des mystères lumineux du rosaire (dans la rubrique « Documents ») et le commentaire de la visite du pape en Angleterre (dans la rubrique « Informations et commentaires »).
Alors, ouvrons nos cœurs à l’amour de la vérité, sans oublier de prier l’Esprit de vérité, ni le Siège de la sagesse :
O Porta lucis fulgida, O resplendissante Porte de lumière O Mater Verbi inclita, O Mère illustre du Verbe nos, tuos fideles sedulos, nous, vos fidèles dévoués, Verbi quaerentes semitas, qui cherchons les chemins du Verbe, defende a mentis hostibus, défendez-nous des ennemis de l'esprit, ab umbra erroris libera, libérez-nous de l'ombre de l'erreur, tuaque luce dirige et dirigez-nous par votre lumière ad veritatis gaudia. aux joies de la vérité. Amen Ainsi-soit-il.

