Éditorial
La Révolution continue
Pourquoi les nations s'agitent-elles en tumulte et les peuples méditent-ils de vains projets? Les rois de la terre se soulèvent, et les princes tiennent conseil ensemble, contre Yahvé et contre son Christ. « Brisons leurs liens, disent-ils, et jetons loin de nous leurs chaînes. » Celui qui est assis dans les cieux sourit, le Seigneur se moque d'eux. Alors il leur parlera dans sa colère, et dans sa fureur il les épouvantera : « Et moi, j'ai établi mon roi, sur Sion, ma montagne sainte. » [Ps 2, 1-6.]
On voit, par les paroles de ce psaume écrites il y a quelque 3000 ans, que la révolte contre Dieu et son Christ n’est pas nouvelle.
Toutefois, elle a acquis dans les temps modernes une force plus grande. On assiste, depuis la Renaissance, à l’exécution d’un plan concocté dans l’ombre par les sociétés secrètes dont la franc-maçonnerie n’est pas la moindre.
Les humanistes de la Renaissance ont réhabilité le paganisme dans les arts, la littérature, le droit (remettant en vigueur le droit romain au détriment du droit chrétien [1]). La chrétienté, qui se caractérisait par l’influence universelle de Jésus-Christ dans tous les domaines de la vie, a subi un net recul.
Un siècle plus tard, les esprits étaient prêts pour la Réforme qui a détaché les âmes de l’autorité de l’Église, et les princes de l’autorité du pape [2]. Désormais, on pouvait prétendre être chrétien sans faire partie de l’Église catholique, et la moitié des États de l’ancienne chrétienté échappaient à l’influence de Rome.
Peu à peu, l’esprit d’indépendance et de révolte a pénétré les pays catholiques sous la forme du philosophisme et du libertinage. La Révolution n’en fut que la mise en action, comme le comprenait dès janvier 1789 le père Barruel (voir l’article sur « La Révolution expliquée dès janvier 1789 »). La Révolution propagea l’idée d’une société laïque, indépendante de la Révélation. Les hommes ont commencé à bâtir leur cité en se fondant sur la seule raison (influencée par les idées de la maçonnerie). Le droit nouveau, comme l’ont appelé les papes qui l’ont condamné, se caractérise par le libéralisme (la raison est libre par rapport aux dogmes, la conscience est libre par rapport à loi divine), avec pour conséquence les libertés modernes : liberté de conscience, liberté religieuse, liberté de la presse, etc.
Malheureusement, ces idées ont pénétré dans l’Église, notamment par le biais de l’école au service de cette idéologie libérale. Et le concile Vatican II a entériné un certain nombre de ces idées nouvelles, d’où la terrible crise dans l’Église que nous subissons depuis près de 50 ans (voir le texte de Mgr Lefebvre dans la partie Documents de ce numéro).
Cette année 2011 a marqué un nouveau progrès de la pénétration de la Révolution dans l’Église avec la béatification du pape Jean-Paul II, le pape des droits de l’homme, et avec la réunion (annoncée pour octobre) de toutes les religions à Assise pour prier pour la paix, entérinant l’idée qu’on peut servir Dieu et lui plaire dans la religion de son choix.
La Contre-Révolution, a-t-on dit justement, ne doit pas être une révolution contraire, mais le contraire de la Révolution. Il s’agit de nous soumettre, nous et tout ce qui dépend de nous (art, littérature, droit, politique) à l’influence de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
C’est pour servir ce but que Le Sel de la terre existe. Si vous voulez travailler au Règne de Jésus par Marie, aidez-nous de vos prières, mais aussi en faisant connaître la revue autour de vous. Nous n’avons pas d’autres moyens de la propager que le bouche à oreilles : n’hésitez pas à faire lire tel ou tel article à des personnes de votre entourage, à nous demander des numéros de propagande ou à nous indiquer des personnes à qui envoyer quelques numéros. D’avance nous vous en remercions !
[1] — A vrai dire, cette remise en vigueur du droit romain a commencé dès le début du 14e siècle.
[2] — Là aussi, les premières manifestations du mépris de l’autorité du pape ont commencé au début du 14e siècle avec l’attentat d’Anagni.

