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La « sainte » de l’œcuménisme


Tout est nouveau dans la nouvelle religion issue du dernier concile : après la nouvelle messe et les nouveaux sacrements, il y a eu le nouveau code de Droit canon et le nouveau catéchisme, le nouveau rosaire et le nouveau chemin de croix, la nouvelle évangélisation et… la nouvelle sainteté.

Ce dernier point est d’actualité à l’approche de la pseudo-canoni­sation des pseudo-bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II : le pape qui a convoqué le Concile, et celui qui l’a mis en œuvre au cours de son long et désastreux pontificat. A travers ces deux papes, c’est le Concile lui-même qu’on entend « canoniser ». Dans le même sens, des précurseurs de Vatican II ont déjà été mis sur les « autels » conciliaires : c’est le cas du fondateur de l’Opus Dei, José Maria Escriva de Balaguer, « cano­nisé » en 2002, et de Mère Teresa de Calcutta, « béatifiée » en 2003 par le… « bienheureux » Jean-Paul II.

Dans l’opinion publique, et même aux yeux de l’immense majorité des catholiques, cette religieuse passe pour un modèle de charité. L’opuscule du père Marie-Dominique vient opportunément montrer à quel point cette image est trompeuse.

Née en 1910 en Macédoine, la future Mère Teresa entre à 18 ans chez les sœurs de Notre-Dame de Lorette, congrégation missionnaire enseignante établie en Inde. Elle émet ses vœux perpétuels en 1937.

En 1948, avec l’autorisation de l’archevêque du lieu, elle s’installe à Calcutta pour y mener une vie nouvelle au service des plus pauvres. Deux ans plus tard, elle fonde la congrégation des Missionnaires de la Charité.

En 1952 est inauguré un foyer pour les mourants abandonnés. L’auteur cite un passage révélateur de la biographie (louangeuse) de Mère Teresa par Mgr Di Falco :

Elle accueille sans distinction catholiques, protestants, musulmans, hindous et parsis. Pour les catholiques, des prêtres sont là pour administrer les derniers sacrements. Pour les autres, ce qui compte, c’est de mourir en paix avec eux-mêmes et avec Dieu. […] Il y a là une admirable et grande leçon de tolérance et d’humanité qui est proprement révolutionnaire. Mère Teresa, volontiers accusée de conservatisme, n’a pas attendu le concile Vatican II pour pratiquer l’œcuménisme et pour être à l’écoute des religions non chrétiennes.

On voit dans quel esprit commence la nouvelle œuvre. La suite va confirmer cette funeste orientation : en 1955 s’ouvre un foyer pour les enfants abandonnés. A ceux qui sont à l’article de la mort, Mère Teresa n’offre pas la grâce du baptême.

En 1965, la congrégation est reconnue de droit pontifical, ce qui facilite son extension dans le monde entier. A la mort de la fondatrice (1997), les Missionnaires de la Charité sont près de 4 000, répartis en plusieurs branches. On accepte même des jeunes filles hindoues, avec l’autorisation de Rome (1981), sans qu’elles aient pour autant à se convertir !

Quelques éléments aideront à comprendre combien justement Mère Teresa mérite le titre de « sainte » de l’œcuménisme :

– En 1975, on fête le 25e anniversaire de sa congrégation. Pendant plus d’une semaine, des cérémonies se déroulent dans les temples des dix-huit religions présentes à Calcutta : la supérieure et ses sœurs y participent très activement.

– Le 27 octobre 1986, Mère Teresa assiste à la scandaleuse rencontre inter-religieuse d’Assise. Cette abomination est à ses yeux… « le plus beau don de Dieu ».

– Répondant à une question du cardinal Laghi, protecteur de la congrégation, elle écrit : « Je ne cherche pas à convertir au christianisme mes malades. Il est essentiel que chacun trouve Dieu à travers la pratique de sa religion. » Pareillement, dans un ouvrage de méditations : « Nous n’essayons jamais de convertir au christianisme ceux qui reçoivent notre aide. »

L’auteur de la brochure en conclut fort justement :

En n’annonçant pas Notre-Seigneur, en ne faisant pas progresser l’Église en Inde, Mère Teresa ne pouvait apporter aucun remède de fond à la misère matérielle du pays. La misère matérielle de ce pays est en effet la conséquence de sa misère spirituelle : sa fausse religion hindoue. En disant aux hindous de devenir de meilleurs hindous, Mère Teresa ne faisait que les enfoncer dans leur malheur et dans leur détresse spirituelle et matérielle.

Les Missionnaires de la Charité prétendent répandre la charité, mais une charité qui n’est pas fondée sur la foi : il s’agit en réalité d’une corruption de la charité.

Dis-moi qui tu honores, je te dirai qui tu es… Laissons l’Église conciliaire honorer ses « saints » et ses « bienheureux ». L’Église catholique offre à ses enfants assez de modèles d’authentique sainteté : qu’on pense à ces géants de vraie charité que furent, entre mille autres, un Vincent de Paul ou une Jeanne Delanoue.


Père Bruno


Frère Marie-Dominique O.P., Mère Teresa de Calcutta, éd. du Sel, 2013, 48 pages, 10 €.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 88

p. 153-155

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