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Fr. Bernard-Marie de CHIVRÉ O.P.

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IN MEMORIAM

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In memoriam

Numéro du Sel de la terre

Le numéro

Saison

p. 194-207

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L'auteur

Saison

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In memoriam

 

Frère Bernard-Marie de CHIVRÉ O.P.

(1902-1984)

 


Deux témoignages sur le père de Chivré

 

Beauté et sainteté

 

« Tout homme est une ébauche qui s’achève à mesure que se tient plus proche de lui cette mère de la beauté et de la vérité : la mort. Elle seule la finira. La beauté véritable est au terme des choses. » (Charles Maurras)

La beauté véritable appartient à l’ordre de la grâce, à l’ordre de la gloire. Elle vient aux choses et aux hommes de leur accord avec Dieu, beauté essentielle et incréée. Il n’y a de beauté que dans l’état de grâce.

Combien il est important alors de s’installer en son royaume, afin que le surnaturel nous enveloppe et nous pénètre... et combien il est heureux de rencontrer sur sa route des hommes de grâce, des religieux qui ne vivent que du surnaturel, des prêtres qui vivent déjà au pays de la gloire pour nous en distribuer les lumières et les vitalités.

Fils magnifique de saint Dominique, le R.P. Bernard-Marie de Chivré reçut de Dieu les dons surnaturels qui firent de lui un fidèle frère prêcheur, « lumière de l’Église, docteur de vérité, rose de patience, ivoire de chasteté, prédicateur de la grâce [1] ». Toute sa vie fut livrée au service de cette beauté qui est la sainteté : sainteté de Dieu et de son Fils, sainteté de l’Église, sainteté de la doctrine, sainteté de la messe et des sacrements, sainteté des âmes. Nul autre service ne l’attirait, car nul autre service ne vaut de donner toute sa vie. Il est beau de donner sa vie une fois pour une belle et noble cause. De bonne et noble race, il le savait et il le prêchait. Mais il est plus grand et plus beau encore de la donner sans cesse, jour après jour, dans le silence tranquille de sa consécration, pour que la sainteté divine ait permission de vivre sur la terre et dans les âmes. Et cela, il le prêchait aussi, mais surtout, il le vivait.

Cette vie donnée et redonnée à Dieu, pour sa gloire et pour les hommes, ouvre seule la route aux vraies fécondités. Un homme y devient père spirituel, père de vérité, père de grâce, père d’éternité. Et le père de Chivré fut un père véritable pour une foule d’âmes assoiffées de vivre mieux qu’au ras du sol. Malgré les incompréhensions de ses supérieurs, les jalousies, les persécutions... grâce à elles peut-être, Dieu lui confia des apostolats discrets, limités, mais combien profonds et féconds : prédications innombrables de retraites à des religieux, des religieuses, des prêtres, des laïcs – scoutisme, conférences, directions spirituelles. Très tôt, il entra en amitié avec la Cité Catholique, avec les Charlier, avec Jean Madiran et Itinéraires ; puis avec Mgr Lefebvre, pour le même combat pour la sainteté de l’Église, de la doctrine, de la messe, du sacerdoce, des sacrements. La fin de sa vie se partagea ainsi entre son ermitage d’Escalles-Alix (où sa maladie l’avait obligé à se retirer avec l’accord de ses supérieurs), Écône et Fanjeaux où un apostolat dominicain s’était ouvert à lui, peut-être pour consoler un peu tant et tant de blessures d’une vie donnée mais incomprise.

Telle fut la vie de Michel de Chivré, né le 12 février 1902, frère prêcheur « usque ad mortem » le 23 septembre 1925, prêtre « in aeternum » le 25 juillet 1930, jusqu’à ce soir du 14 juillet 1984 où, pour la dernière fois, il répondit présent à l’appel de Dieu, pour entrer dans son éternité toute belle. « Ah ! ce dernier effort de la mort pour vous rejoindre et ne plus vous lâcher, en se plantant là, au beau milieu de votre existence, et en regardant autour de soi pour n’apercevoir que du divin. Quel ouf ! de satisfaction essentielle : ne plus vous lâcher... jamais. » (R.P. de Chivré)

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