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Courrier des lecteurs

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Courrier des lecteurs

Le Sel de la terre n° 91

Le numéro

Hiver 2014-2015

p. 206-209

Anonyme

L'auteur

Anonyme

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Courrier des lecteurs

 

 

– I –

Constantin et la liberté religieuse

 

Suite à notre numéro sur l’édit de Constantin (Le Sel de la terre 85), un lecteur nous communique un article de Robert Turcan paru dans le prestigieux Bulletin de l’Association Guillaume Budé (« L’édit de Milan et la liberté religieuse dans l’antiquité », 2014-1, p. 135-149).

Dans cet article, Robert Turcan (agrégé de lettres classiques et docteur ès lettres, professeur d’archéologie romaine à la Sorbonne jusqu’en 1994) montre que l’édit de tolérance de 313 est totalement étranger aux idées de « liberté religieuse » (incompétence de l’État en matière religieuse) et de « laïcité », au sens où on les entend aujourd’hui. Comme nous l’expliquions en réfutant la thèse de Mgr Mattioli parue en mai 2013 (voir Le Sel de la terre 85, p. 63-84), c’est donc un grossier contresens historique et un parti pris idéologique contraire à la vérité que de prétendre que ces concepts sont apparus avec l’édit de 313 et qu’en les promouvant, le concile Vatican II aurait retrouvé le statut originel et idéal des rapports entre l’Église et l’État, malencontreusement brisé par la chrétienté médiévale.

Voici quelques extraits de la fin de l’article de Robert Turcan.

Le Sel de la terre.

 

 

La liberté des cultes que proclament en 313 Constantin et Licinius a donc ses limites. Elle concerne la religio, non les religiones (au sens romain traditionnel du terme), ni donc les superstitiones. Pour les deux Augustes régnants, comme pour les Romains et les Anciens en général, la religio est solidaire de l’intérêt commun, et la liberté religieuse ne se conçoit ainsi qu’au bénéfice de la communauté politique, ce qui reste conforme aux principes de la cité antique. […]

L’article 1 de notre Loi de séparation de l’Église et de l’État (1905) assure « la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt public », ce qui paraît correspondre à l’usage romain, constamment attentif au respect de l’ordre public. On concède à chacun le droit de pratiquer le culte de son choix, comme semblait le faire « l’édit » de 313.

Mais cette « laïcité » à la française est foncièrement étrangère à l’esprit des Anciens. L’article 2 de la loi promulguée en 1905 déclare « La République ne reconnaît ni ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Rome les reconnaissait tous, sauf tels débordements, comme ceux que paraît viser l’article 1 de notre loi. […]

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