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La subversion de la vie religieuse au Concile Vatican II (I)

Guibert DE GORZE

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Crise dans l'Église

Le Sel de la terre n° 92

Le numéro

Printemps 2015

p. 71-95

Guibert DE GORZE

L'auteur

Guibert DE GORZE

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La subversion de la vie religieuse au Concile Vatican II

1. La vie religieuse avant Vatican II

 

 

 

par Guibert de Gorze

 

 

 

Introduction

 

De prime abord, il semblerait que la question de la vie religieuse ne soit pas très importante, dans l’étude du concile Vatican II. A juste titre, nous sommes habitués à voir dans la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme, les thèmes fondamentaux en opposition avec la Tradition.

Cependant, la vie religieuse traditionnelle constituait un redoutable obstacle au plan de subversion de l’Église catholique qui devait triompher au Concile, tant sur le plan quantitatif que sur le plan doctrinal. En effet, au 20e siècle, la proportion de prêtres réguliers augmente, en même temps que celle des prêtres séculiers baisse. Par exemple, aux États-Unis, de 1925 à 1965, on est passé de 73% de prêtres séculiers à 61 % ; parallèlement, le pourcentage des réguliers est passé de 27 à 39%. Dans le diocèse de Chicago, le pourcentage des religieux est passé de 41 à 54%. L’Europe connaît exactement le même phénomène [1].

Au Concile lui-même, « en plus des supérieurs généraux, un très grand nombre d’évêques, environ six cents, surtout des pays de mission, appartiennent à des instituts religieux, si bien qu’un tiers environ des Pères conciliaires provenaient d’instituts religieux. Cette forte représentation allait nécessairement donner un poids considérable au fait de la vie religieuse, aussi bien dans la constitution doctrinale de l’Église que dans le domaine de l’activité apostolique et missionnaire [2]. »

Voilà pour les chiffres. Maintenant, pour ce qui est du fond ; le but du Concile, ainsi que l’affirme le cardinal Ratzinger lui-même, fut de faire entrer dans l’Église les « valeurs » du monde moderne [3]. En clair, c’est « l’union adultère de l’Église et de la révolution [4] », comme le disait Mgr Lefebvre ; c’est l’entrée du monde dans l’Église. Le monde se manifeste principalement par les trois concupiscences dont parle saint Jean [5]. Or, les trois vœux de religion sont précisément le remède à ces trois concupiscences. Il y a donc deux solutions possibles : soit le choc frontal entre la vie religieuse et le Concile ; soit la dénaturation de celle-là par celui-ci. C’est cette dernière possibilité qui se réalisa, comme nous allons le montrer. « Le problème de fond de notre persévérance dans la Tradition, dit Mgr Lefebvre, c’est un problème de grave et profond changement dans le rapport de l’Église avec le monde ». Ces rapports sont parfaitement définis, dit-il. L’Église a reçu comme mission de convertir le monde, et de combattre les forces ennemies qui s’opposent à cette mission. Or, « l’un des stratagèmes extrêmement efficace est de ruiner l’esprit combatif de l’Église en la persuadant qu’il n’y a plus d’ennemis, qu’il faut donc déposer les armes et entrer dans un dialogue de paix et d’entente. Cette trêve fallacieuse permettra à l’ennemi de pénétrer aisément partout et de corrompre les forces adverses […]. C’est aussi l’arrêt du combat dans les monastères, les sociétés religieuses, qui étaient les avant-gardes. C’est par le fait même leur arrêt de mort. A cette entreprise diabolique inaugurée au Concile […] nous opposons un refus formel [6]. »

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