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Politique chrétienne

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Les thèmes

Restaurer une chrétienté

Le Sel de la terre n° 92

Le numéro

Printemps 2015

p. 216-220

Anonyme

L'auteur

Anonyme

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Entretien 

avec l’abbé Guillaume Devillers (FSSPX),

à propos de son ouvrage Politique chrétienne

(Entretien publié dans Lecture et Tradition nº 30 d’octobre 2013, p. 2-8)

 

Lecture et Tradition : Les Éditions du Sel ont publié récemment la quatrième édition de votre ouvrage : Politique chrétienne. Commençons par son titre : n’est-il pas un peu provocateur : l’avez-vous choisi à dessein ?

Abbé Guillaume Devillers : Non, pas du tout. J’ai choisi ce titre parce que je n’en ai pas trouvé de meilleur, tout simplement. C’est le seul qui définisse clairement le contenu du livre.

 

L. et T. : Alors, pourquoi parler de « Politique chrétienne » ?

Abbé G. D. : Un chrétien vraiment chrétien ne peut absolument pas faire de la politique comme en ferait un non chrétien. Il est tout rempli de la pensée de l’éternité, et la charité qui brûle en son cœur lui fait désirer de toutes ses forces le règne de Jésus et de Marie afin que les âmes soient sauvées. Comment voulez-vous que cela n’influe pas profondément sur sa politique, sur son action législative, sur ses discours, sur ses alliances et sur toute son action ? On voit bien en lisant la vie d’un saint Louis, d’un saint Ferdinand d’Espagne, d’un saint Henri en Allemagne, ou même d’un Garcia Moreno en Équateur [1], que chacune de leurs actions était inspirée par leur foi et déterminée par une vraie prudence naturelle et surnaturelle. Il y a infiniment plus de différence entre une politique chrétienne et une politique qui ne l’est pas, qu’entre une république et une monarchie par exemple.

 

L. et T. : Vous écrivez donc plutôt en théologien qu’en philosophe ?

Abbé G. D. : Si vous voulez, encore que je ne suis malheureusement ni l’un ni l’autre. Imaginez plutôt un étudiant en théologie qui a un peu lu saint Thomas et essaye d’appliquer sa doctrine aux problèmes qui se posent à nous aujourd’hui. Mais bien des points m’apparaissent encore difficiles dans la doctrine du maître ! Au fond je n’ai fait que copier saint Thomas, je suis une espèce de « plagiaire », un peu comme le grand rabbin de Paris [2]. Si saint Thomas me fait un procès, il est sûr de gagner ! J’espère seulement qu’il ne pourra pas me reprocher d’avoir trop déformé sa pensée. Saint Thomas est un génie extraordinaire, vraiment miraculeux. J’ai fait le petit calcul suivant, sur le simple plan quantitatif : il m’a fallu des années pour écrire cet ouvrage Politique Chrétienne, et je suis bien conscient de toutes ses imperfections. Or si saint Thomas avait été aussi rapide que moi, il lui aurait fallu mille ans pour écrire sa Somme Théologique, dont chaque article est d’une perfection qui tient vraiment du miracle ! Je n’ai qu’un seul regret : c’est de n’avoir pu lui faire corriger mon texte avant de l’envoyer à l’imprimeur…

 

L. et T. : Pourquoi pas, envoyez-lui un courriel !

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