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Recension de Jean de Viguerie, Histoire du citoyen

Sébastien COLINET

Informations

RECENSIONS

Les thèmes

Religion des droits de l'Homme

Le Sel de la terre n° 92

Le numéro

Printemps 2015

p. 188-192

Sébastien COLINET

L'auteur

Sébastien COLINET

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Jean de Viguerie, Histoire du citoyen

 

 


Dans son essai La Révolution française n’est pas terminée (2008), Vincent Peillon écrit avec enthousiasme : 1789 fut l’année de l’« engendrement par un brusque saut de l’histoire, d’un homme et d’un monde nouveau » toujours présents à nos yeux. Cette assertion rejoint celle de Tocqueville qui note en 1857 : « L’être nouveau est encore sous nos yeux. »

 

Les mots de l’ancien ministre rappellent de façon frappante ceux des révolutionnaires de 89. Cette résurgence de l’histoire  fournit à Jean de Viguerie l’occasion d’étu­dier le concept de « citoyen ».  L’homme qui fut engendré à la citoyenneté par la Révolution, naît le 14 juillet 1789. Imaginé par les théoriciens Rousseau, Montesquieu et Mably, le « citoyen » est une création idéologique qui fut l’objet d’un incessant renouvellement jusqu’à notre époque.

Le langage tenu par d’autres politiciens contemporains montre que le travail idéologique se poursuit, dans le sillage des idéologues de 89. A titre d’exemple, Ségolène Royal, intervenant à l’Assemblée au sujet de l’éducation, a ce jugement révélateur : « Interdire à des milliers d’enfants d’accéder à cette école [laïque], revient à les exclure de l’humanité. »

 

Un citoyen armé

 

Au cœur de la période révolutionnaire de 1789, le 14 juillet fut considéré comme une date fondatrice. Pour la première fois, l’As­semblée constituante incitait le peuple rassemblé à lever les armes contre un symbole de l’autorité. Avant cette date, l’homme n’était pas parvenu à l’humanité véritable. Dès lors qu’il obéit aux décisions d’une « volonté générale », il devient citoyen et acquiert une dimension politique qui lui octroie sa véritable nature humaine.

 

• L’être nouveau, homme et citoyen

 

« Les deux mots homme et citoyen, expliquait Claude Nicolet, sont absolument inséparables » et créent « une nouvelle nature pour l’homme ». Le « passage » à l’« état de citoyen », c’est-à-dire à l’état de « membre souverain d’un corps politique », est la condition nécessaire à l’« éveil de l’homme à sa propre existence ». Jean de Viguerie commente : « Avant cela, l’homme ne savait pas qu’il existait. »

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