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Recension de Abbé Alvaro Calderon, Les consécrations épiscopales selon le nouveau rituel sont-elles valides

Fr. Pierre-Marie DE KERGORLAY O.P.

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RECENSIONS

Les thèmes

Crise dans l'Église

Le Sel de la terre n° 92

Le numéro

Printemps 2015

p. 170-178

Fr. Pierre-Marie  DE KERGORLAY O.P.

L'auteur

Fr. Pierre-Marie DE KERGORLAY O.P.

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

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Les consécrations épiscopales

selon le rituel de Paul VI sont-elles valides ?

 


La revue Si Si No No en langue espagnole publie dans son numéro 267 (novembre 2014) un long et intéressant article de l’abbé Alvaro Calderón (FSSPX) sur la question des consécrations épiscopales selon le rituel de Paul VI.

Cet article complète ceux que nous avons déjà publiés dans Le Sel de la terre, et notamment celui paru dans le numéro 54 (automne 2005) : « Le nouveau rituel de consécration épiscopale est-il valide ? »

En attendant une traduction française de cette étude, que nous espérons, nous en donnons ici un résumé substantiel permettant d’en apprécier la valeur et la pertinence.

Pour juger de la validité d’un sacrement, il faut tenir compte de la matière, de la forme et de l’intention, et juger si elles sont conformes à l’institution divine. Même si tous les sacrements ont été institués immédiatement par Notre-Seigneur Jésus-Christ, ils ne l’ont pas été tous avec la même précision ou détermination. Selon les sacrements, une latitude plus ou moins grande est laissée à l’Église pour les déterminer.

En ce qui concerne les consécrations épiscopales, on peut juger de cette latitude en comparant les divers rites de consécrations approuvés par l’Église, et aussi en se servant des décisions du magistère. En l’occurrence la décision sur les ordinations anglicanes est ici très importante, à cause de la ressemblance entre les réformes liturgiques anglicane et conciliaire [1].

 

La matière et la forme

 

La matière et la forme (la « substance » du sacrement) doivent exprimer les effets, puisque le sacrement produit ce qu’il signifie ; mais la signification du sacrement étant conventionnelle (et non « naturelle »), il suffit que la matière et la forme signifient de manière suffisante l’effet produit selon la convention utilisée dans la société où on les utilise. C’est ainsi que le « génie romain » utilise des signes conventionnels plus expressifs que le « génie grec ».

Léon XIII affirme, sous forme d’alternative, que la forme essentielle doit « signifier de façon précise l’ordination au sacerdoce ou sa grâce et le pouvoir » (DS 3316). Ainsi le rite doit dire clairement au moins quel ordre est conféré (comme le font certains rites orientaux), ou – ce qui est mieux – définir la grâce et le pouvoir qui caractérisent cet ordre (comme le fait le rite romain) [2].

Cette interprétation de la décision de Léon XIII (le rite doit exprimer explicitement l’ordre ou (vel) la grâce et le pouvoir) est certaine : les évêques anglais – interprètes autorisés pour avoir été très impliqués dans la rédaction du document –, dans leur défense de la décision pontificale (Vindication, 1897) se sont servis de cette disjonction pour répondre aux « évêques » anglicans (lesquels disaient que le pape réclamait des conditions qui ne se trouvaient pas dans beaucoup de rites acceptés par l’Église).

Pie XII, dans la constitution apostolique Sacramentum ordinis du 30 novembre 1947, dit que : « Les effets que les ordinations diaconale, sacerdotale et épiscopale doivent produire et partant signifier, à savoir le pouvoir et la grâce, se trouvent, dans tous les rites en usage dans l’Église universelle, aux diverses époques et dans les différents pays, suffisamment indiqués par l’imposition des mains et les paroles qui la déterminent. » Mais dans cette phrase de Pie XII, il ne faut pas entendre « pouvoir » comme les pouvoirs que chaque ordre donne en particulier (comme par exemple le pouvoir de célébrer la messe pour le presbytérat), mais la mention générique de l’ordre conféré, ce qui revient à ce que Léon XIII entend par le premier membre de sa disjonction.

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