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On nous ressort Sébastien Faure !

Fr. Louis-Marie DELERM O.P.

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ÉTUDES

Les thèmes

Existence de Dieu
Science et Philosophie
Oui ! La vraie religion est facile à trouver
Le Sel de la terre n° 107

Le numéro

Hiver 2018-2019
p. 70-80

L'auteur

Fr. Louis-Marie DELERM O.P.

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

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On nous ressort Sébastien Faure !       

par le frère Louis-Marie O.P.    

               

     LES DOUZE PREUVES DE L’INEXISTENCE DE DIEU » : dès le titre, on devine que la brochure de Sébastien Faure ne brille ni par la rigueur logique ni par la légèreté du style. Mais, puisqu’elle orne à nouveau la devanture des librairies – par la faute des éditions de l’Herne, qui ont cru devoir ressortir ce brûlot de 1908 – jetons un coup d’œil aux six premiers de ces douze arguments.    

           L’auteur    

     Mais d’abord, qui est Sébastien Faure (1858-1942) ?    

    • Fils d’un riche marchand stéphanois, il fut élève, puis novice, chez les jésuites avant d’embrasser le militantisme libertaire. Ses ouvrages donnent l’impression d’un grand naïf, réellement entiché de ses utopies, sincèrement surpris des divisions du camp anarchiste et totalement inconscient du rôle que lui font jouer les manipulateurs financiers et les provocateurs policiers. Candeur feinte ou réelle ? Car Faure eut, à plusieurs reprises, l’occasion d’apercevoir le dessous des cartes :    

     • En 1894, lorsque l’anarchiste Auguste Vaillant fut condamné à mort pour avoir lancé une bombe aux clous dans la Chambre des députés – attentat qui ne fit que des blessés légers et des dégâts mineurs, mais permit au gouvernement maçonnique d’accroître considérablement les pouvoirs de sa police –, Sébastien Faure fut nommé tuteur de sa fille, la petite Sidonie Vaillant. N’était-il pas particulièrement bien placé pour comprendre que l’affaire avait été montée par le ministre de l’Intérieur, le franc-maçon Charles Dupuy, comme cela fut révélé par la suite ?    

     • En janvier 1899, pour fonder son quotidien Le Journal du peuple, Sébastien Faure bénéficia de l’aide de banquiers israélites en échange d’un soutien à la cause de Dreyfus. Il entraîna ainsi dans le camp dreyfusard de nombreux agitateurs libertaires, qui estimaient jusque-là que cette querelle ne les regardait pas, et dont le renfort fut très précieux dans les manifestations de rue, face aux nationalistes.    

     • A l’été de cette même année 1899, au moment où le gouvernement de Waldeck-Rousseau s’employait à détourner contre l’Église la colère des ouvriers, Sébastien Faure marcha à fond dans la manœuvre. Non content d’attiser la haine anti-catholique par ses écrits, il organisa, le 20 août 1899, une violente émeute au cours de laquelle l’église Saint-Joseph fut complètement saccagée : portail enfoncé, statues brisées, bénitiers arrachés, confessionnaux brûlés, autels profanés, tabernacle éventré et Saint-Sacrement répandu au sol avec des cris de haine. Les émeutiers s’en prirent ensuite aux religieuses hospitalières de la rue Saint-Maur. La destruction des églises et des hôpitaux n’était-elle pas, de toute évidence, le meilleur moyen d’améliorer la condition des ouvriers ? Sébastien Faure ne fut pourtant pas condamné. Il ne faisait qu’anticiper de quelques années les violences qui marqueront la séparation de l’Église et de l’État.    

   • En 1905, précisément, Faure fut initié à la franc-maçonnerie, qu’il fréquenta assidûment jusqu’en 1917. Y fut-il seulement un idiot utile, ou l’un des tireurs de ficelle ? C’est, en tout cas, durant cette période qu’il élabora ses prétendues « preuves » de l’inexistence de Dieu.    

    


Voyons en détail chacune d’entre elles.    


1. La création impossible ?

Sébastien Faure attaque d’abord le Dieu créateur : la création à partir de rien (ex nihilo) serait une impossibilité, une absurdité, car « avec rien, on ne peut rien faire ».

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