Mystère d’iniquité
Seigneur, ayez pitié de vos derniers fidèles
Qui prient éperdument pour que vous reveniez,
Car le monde, opposé à vos lois éternelles,
Veut étouffer l’Église comme il vous a nié.
Nous avons beau savoir qu’elle ne peut mourir
Et qu’il lui faut durer jusqu’à la fin des temps,
Nous souffrons de la voir chanceler et frémir
Sous les coups monstrueux des suppôts de Satan.
Quarante années durant, des armées d’apostats,
En défi du Dieu Trine, l’ont presque démolie.
Désormais, son chœur seul résiste aux attentats
Et aux clercs qui partagent cette étrange folie.
Mais sa nef, affligée de profanations,
Accueille les païens et leur pandémonium
Avec, du Très Saint Père, la bénédiction,
Tandis que dans les rues se pavane Sodome !
Les hordes diaboliques hurlent et se déchaînent,
Excitées par l’approche de l’ultime combat.
La mort, la violence, le mensonge et la haine
Prodiguent, de l’enfer, l’avant-goût ici-bas.
Ils exultent, Mammon, Belzébuth, Asmodée,
Patrons universels des trois concupiscences !
Les innocents périssent, le Mal est débridé,
La Création gémit, en proie aux pestilences.
Nous n’aurons bientôt plus le droit de confesser
La foi de nos ancêtres en vos saints Évangiles,
Tenus pour médisants, ineptes, dépassés
Au motif qu’à certains, ils échauffent la bile.
Incitez-nous, Jésus, par votre Passion,
À être vos témoins lorsque arrivera l’heure,
Et s’il faut, pour cela, que nous trépassions,
Que ce soit en criant votre Nom salvateur !
Lazare – 22 février 2004

