top of page

La dévotion au Cœur de Marie

à travers les siècles

 

 

 

par le frère Marie-Dominique O.P.

 

 

 

LA DÉVOTION au Cœur Immaculé de Marie n’est pas apparue subite­ment à Fatima en 1917. Le message de Fatima est le couronnement d’une piété dont on trouve le fondement dans la sainte Écriture, qui n’a cessé de se développer tout au long de l’histoire, et qui est au cœur de la spiritualité catholique. C’est ce que vont montrer les lignes qui suivent.

 

 

Fondements scripturaires

 

Le mot « cœur », qui se rencontre environ un millier de fois dans la Bible, a en hébreu un sens beaucoup plus vaste qu’en français. Il ne signifie pas seule­ment ce muscle qui est un organe vital de notre corps, ou encore notre affecti­vité, mais il désigne aussi notre intelligence avec ses facultés (mémoire, raison­nement, décisions), et, de manière plus générale, l’âme humaine en toutes ses puissances [1].

Voyons d’abord les annonces et figures du cœur de Notre-Dame dans l’an­cien Testament, telles que le Saint-Esprit les a fait discerner aux Pères de l’Église et aux écrivains ecclésiastiques, et telles que saint Jean Eudes les mentionne dans son ouvrage sur le cœur de Marie [2].

 

Dans l’ancien Testament

 

On peut citer le psaume 44, que l’Église fait réciter aux prêtres et religieux aux matines du mercredi. Ce psaume, qui signifie d’abord les épousailles mys­tiques d’Israël avec son Dieu, a été appliqué par la Tradition à la sainte Église puis à la très sainte Vierge Marie :

— le Roi (Notre-Seigneur) convoite sa beauté : concupiscet Rex decorem tuum (v. 12) ;

— toute sa gloire est à l’intérieur, dans son âme : omnis gloria ejus ab intus (v. 13) ;

— les peuples la loueront éternellement : populi confitebuntur tibi in æternum (v. 18).

Relevons aussi ces paroles de l’Ecclésiastique (24, 24) introduites dans la li­turgie [3] : Ego Mater pulchræ dilectionis et timoris et agnitionis et sanctæ spei (Je suis la Mère du bel amour, de la crainte, de la connaissance et de la sainte espé­rance).

Et il ne faut pas oublier le Cantique des cantiques, que saint Jean Eudes ap­pelle « Le livre du cœur virginal et des célestes amours de la Mère de belle di­lection. C’est un livre tout plein des divins oracles qui nous annoncent que ce cœur incomparable est tout embrasé d’amour vers Dieu et tout plein de charité vers nous [4] ». Le saint commente neuf de ses oracles en les appliquant à la Vierge Marie.

 

Dans le nouveau Testament

 

Les premières mentions explicites du cœur de Marie se trouvent dans l’Évangile de saint Luc :

— une première fois après le récit de l’adoration des bergers :

« Maria autem conservabat omnia verba hæc, conferens in corde suo » : Marie conservait toutes ces choses – ou tous ces souvenirs – les méditant dans son cœur (Lc 2, 19) ;

— une seconde fois après le recouvrement de Jésus au Temple :

« Mater ejus conservabat omnia verba hæc in corde suo » : sa Mère conservait toutes ces choses dans son cœur (Lc 2, 51).

Le père Marc Trémeau O.P., dans Le mystère du rosaire [5], fait d’intéressantes remarques à propos de ces deux versets. Il note tout d’abord que verba vient de l’hébreu dabar, qui signifie à la fois « parole » et « chose » : la sainte Vierge ne se souvient pas seulement de ce qu’elle a entendu, mais aussi de tous les faits dont elle a été témoin. Le mot conferens, si l’on recourt aux verbes hébreux HGH et SYH qui en sont le substrat sémitique [6], est de signification très riche : il veut dire à la fois murmurer, répéter, ressasser, méditer, s’intéresser, réfléchir. L’abbé Fillion dit très bien à ce sujet : « Admirable réflexion, qui nous fait lire au plus intime du cœur de Marie. Elle comparait ce qu’elle voyait et entendait avec les révélations antérieures qu’elle avait reçues, et elle adorait les merveilles du plan divin [7]. » Ces deux versets de saint Luc nous introduisent donc déjà pro­fondément dans le cœur de Marie.

Le cœur signifie, dans le langage biblique, l’âme humaine en toutes ses facul­tés. A chaque fois que le texte sacré parle de l’âme de Marie, cela peut être donc appliqué à son cœur. Pour mieux connaître le cœur de Marie, on peut donc re­lever toutes les mentions de son âme dans la sainte Écriture.

Mentionnons, toujours chez saint Luc :

— la parole de l’ange à l’Annonciation : « Ave gratia plena, Dominus tecum » : Je vous salue pleine de grâces, le Seigneur est avec vous (Lc 1, 28). On y voit la plénitude de grâces de la Vierge Marie. C’est son cœur immaculé.

— la réponse de Notre-Dame : « Quomodo fiet istud, quoniam virum non co­gnosco ? [...] Ecce ancilla domini, fiat mihi secundum verbum tuum » : Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais point d’homme ? [...] Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole (Lc 1, 34. 38). Nous avons ici la virginité du cœur de Marie et la pleine soumission de la Mère de Dieu à la vo­lonté de son créateur.

— l’épisode de la Visitation : « Abiit in montana cum festinatione. [...] Ecce enim ut facta est vox salutationis tuæ in auribus meis, exsultavit in gaudio infans in utero meo » : Elle [Notre-Dame] partit en hâte vers la montagne. [...] Votre voix, lorsque vous m’avez saluée [8], n’a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l’enfant [Jean-Baptiste] a tressailli de joie dans mon sein (Lc 1, 39. 44). C’est ici la charité du cœur de Marie et sa médiation [9].

— le Magnificat (Lc 1, 46-55), qui est, selon l’expression de saint Jean Eudes [10], le « cantique du cœur de la très sainte Vierge »,  nous révèle sa profonde humi­lité.

— les paroles du vieillard Siméon lors de la présentation de l’Enfant-Jésus au Temple : « Et tuam ipsius animam doloris gladius pertransibit » : Un glaive de dou­leur transpercera votre âme (Lc 2, 35). C’est le cœur douloureux de la coré­demptrice.

On peut dire que les deux premiers chapitres de l’Évangile selon saint Luc contiennent en substance toute la théologie de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

Saint Jean, en rapportant la troisième parole de Notre-Seigneur en croix (Ecce Mater tua, voilà ta mère ; Jn 19, 27), ajoute la maternité spirituelle du cœur de Marie.

 

De ce que nous venons de voir, on peut déjà conclure que :

— le cœur de Marie est d’abord le cœur physique, corporel, de la très sainte Vierge, dont la dignité vient du fait qu’il est animé par l’âme incomparable de la très sainte Vierge qui le fait battre d’amour pour Dieu et pour nous ;

— plus profondément, le cœur de Marie représente ce que saint Jean-Eudes appellera son cœur spirituel, c’est-à-dire toute la vie intérieure de Notre-Dame, et spécialement sa vie d’union avec la Sainte Trinité et avec son divin Fils. La très sainte Vierge fut la première à participer à l’amour du cœur de Jésus, elle est le modèle de la parfaite dévotion au Sacré-Cœur [11].

 

 

La dévotion au Cœur de Marie

chez les Pères de l’Église

 

Nous sommes obligés de nous limiter. Nous citerons saint Augustin, saint Léon le Grand, saint Jean Damascène et saint Bernard.

 

Saint Augustin

 

Le texte de saint Augustin habituellement cité à propos du cœur de Marie [12], se trouve dans son traité de la virginité au chapitre trois :

 

A qui lui disait : « Bienheureux le sein qui vous a porté », le Christ lui-même répondit : « Bien plus heureux ceux qui entendent la parole de Dieu et qui l’ob­servent » (Lc 11, 27.28). En fin de compte, ses frères, c’est-à-dire ses proches selon la chair, qui ne crurent point en lui, à quoi leur a servi cette parenté ? De même, le lien maternel n’eût servi de rien à Marie si elle n’avait eu plus de bonheur à porter le Christ dans son cœur que dans sa chair [13].

 

Saint Augustin nous enseigne ici que c’est surtout le cœur de Marie qui a conçu Notre-Seigneur, dans la mesure où son âme a parfaitement correspondu au dessein de Dieu sur elle, et a ainsi permis au Verbe de Dieu de s’incarner dans son corps. Commentant encore saint Luc (1, 45 [14]), il écrit de même :

 

La Vierge Marie en croyant a cru en lui [Notre-Seigneur], en croyant l’a conçu. [...] Toute emplie de foi, elle a conçu le Christ dans son esprit avant de le conce­voir en son sein. Je suis, dit-elle, la servante du Seigneur [15].

 

Saint Léon le Grand

 

Le pape saint Léon reprend la même idée dans l’un de ses célèbres sermons sur la nativité de Notre-Seigneur, s’appuyant sur le même passage de saint Luc (1, 45) :

 

De la race de David est choisie une Vierge de sang royal qui, appelée à porter un rejeton sacré, concevrait dans son esprit avant que dans son corps cette divine et humaine descendance [16].

 

Saint Jean Damascène

 

Saint Jean Damascène, quant à lui, célèbre la pureté du cœur de Marie : « Votre cœur est d’une pureté sans tache : il ne vit que de la contemplation et de l’amour de Dieu [17]. » Ailleurs, il voit dans la fournaise de Babylone une figure du cœur de Notre-Dame : « N’est-ce pas vous que cette fournaise représentait ? Et le feu brûlant et rafraîchissant dont elle était remplie n’est-il pas l’image de l’amour ardent dont votre cœur était tout embrasé [18] ? »

 

Saint Bernard

 

Saint Bernard a souvent parlé du cœur de Marie. Écoutons-le parlant du cœur douloureux de Notre-Dame :

 

Oh ! oui, le glaive a transpercé votre âme, et ce n’est qu’en le traversant qu’il est arrivé au corps de votre Fils. Jésus ayant rendu le dernier soupir, son âme ne fut pas atteinte par la lance cruelle qui lui perça le côté : c’est la vôtre qui reçut le coup. Oh ! nous pouvons bien le dire, votre douleur fut plus dure que le martyre, car la compassion du cœur est plus douloureuse que les souffrances corpo­relles [19].

 

Et saint Bernard exalte dans une prière la miséricorde du cœur de Marie :

 

Ouvrez, ô Mère de miséricorde, ouvrez la porte de votre cœur très bénin aux prières que nous vous faisons avec soupirs et gémissements. Vous ne rejetez pas et vous n’avez pas en horreur le pécheur, quand même il serait tout pourri de crimes, s’il soupire vers vous et s’il implore votre intercession avec un cœur contrit et pénitent. Et ce n’est pas merveille, ô ma Reine, si le sanctuaire de votre cœur est rempli d’une si grande abondance de miséricorde, puisque cette œuvre incomparable de miséricorde, ordonnée par Dieu avant tous les siècles pour notre rédemption, a été accomplie dans votre sein, où le créateur du monde a daigné faire sa demeure [20].

 

 

La dévotion au cœur de Marie

dans les monastères du Moyen Age

 

Nous avons déjà cité saint Bernard.

Mentionnons trois moniales : sainte Mechtilde, sainte Gertrude et sainte Brigitte.

La dévotion au cœur de Marie s’épanouit maintenant largement, à côté de la dévotion au cœur de Jésus.

 

Sainte Mechtilde

 

Un jour, Notre-Seigneur daigna apprendre lui-même à sainte Mechtilde la manière de saluer le cœur de sa Mère. Au temps de l’Avent, comme elle désirait offrir ses hommages à la bienheureuse Vierge Marie, le Seigneur lui enseigna ce qui suit :

 

1° Salue le cœur virginal de ma mère, à cause de la surabondance de tous les biens qui l’ont rendu si secourable aux hommes ; ce cœur était si pur qu’il a émis le premier le vœu de virginité ; 2° salue ce cœur à qui son humilité a mérité de concevoir du Saint-Esprit ; 3° ce cœur plein de dévotion et de désirs qui m’ont at­tiré en lui ; 4° ce cœur très brûlant d’amour envers Dieu et envers le prochain ; 5° ce cœur qui a si fidèlement conservé en lui-même toutes les actions de mon en­fance et de ma jeunesse ; 6° ce cœur qui a été transpercé dans ma passion par des stigmates dont il ne put jamais perdre le souvenir ; 7° ce cœur très fidèle, car il consentit à l’immolation de son Fils unique pour la rédemption du monde ; 8° ce cœur sans cesse incliné à intercéder pour le bien de l’Église naissante ; 9° enfin salue ce cœur tout adonné à la contemplation et qui, par ses mérites, obtint la grâce pour les hommes [21].

 

Par là, nous apprenons que le fondement le plus important de notre dévotion au cœur de Marie, c’est la dévotion que Notre-Seigneur porte lui-même au cœur de sa Mère. On comprend pourquoi la Vierge Marie dira le 13 juin 1917 à Fatima : « Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. »

Mais Notre-Dame elle-même manifesta à la sainte les sentiments qui emplis­saient son cœur dans les principaux mystères de sa vie. Ainsi à propos de la Purification :

 

Depuis sa naissance, j’attendais avec une indicible joie le jour où j’offrirais ce Fils à Dieu le Père, comme l’hostie très agréable qui seule a fait accepter par Dieu toutes les hosties offertes depuis le commencement du monde. Ma dévotion et ma reconnaissance étaient si grandes, lorsque je l’ai présenté, que si la dévotion de tous les saints se trouvait réunie dans un seul cœur d’homme, elle ne pourrait encore se comparer à la mienne ; mais à la parole de Siméon « Un glaive trans­percera votre âme », toute ma joie s’est changée en douleur [22].

 

La Vierge Marie dit un autre jour à la sainte, combien son âme portait en elle-même une parfaite ressemblance de la Sainte Trinité :

 

La très Sainte Trinité m’a tant aimée de toute éternité, qu’elle a toujours pris une particulière complaisance à penser à moi. [...] Elle voulait faire de moi une image parfaite où se montrerait tout l’art merveilleux de sa sagesse et de sa bonté [23].

 

Sainte Gertrude

 

On trouve une pensée similaire dans les révélations faites à sainte Gertrude :

 

Pendant les Matines, durant le chant de l’Ave Maria, elle vit trois ruisseaux impétueux jaillir du Père et du Fils et de l’Esprit-Saint ; ils pénétraient avec l’élan d’une infinie douceur dans le cœur de la Vierge Marie, et de ce cœur rebondis­saient de nouveau vers leur source avec une fougueuse impétuosité. Or, sous ce flot ruisselant de la Sainte Trinité, il était donné à la bienheureuse Vierge d’être la plus puissante après le Père, la plus sage après le Fils, la plus bénigne après l’Es­prit. Elle apprit encore que toutes les fois où les fidèles récitent dévotement sur la terre cette salutation angélique, c’est-à-dire Ave Maria, ces ruisseaux, avec une impétuosité renouvelée, venaient cerner de toute part la bienheureuse Vierge de l’abondance de leurs flots, et avec une nouvelle force pénétrer en son cœur très saint pour rebondir ensuite vers leur source en une délectation merveilleuse. Et de ce jaillissement, des flots de joie, de délices et d’éternel salut inondent chacun des saints et des anges et, de plus, tous ceux qui sur terre font mémoire de cette salutation. Ainsi en chacun est renouvelé tout le bien qui leur est jamais venu par l’incarnation du Fils de Dieu, porteuse de salut [24].

 

Sainte Brigitte

 

Au sujet de sainte Brigitte, la prière que voici prouve, s’il en était besoin, la grande dévotion de la sainte envers le cœur de Marie :

 

Ô Vierge incomparable, ô très aimable Marie, la vie et la joie de mon cœur, je révère, j’aime et je glorifie de toutes les puissances de mon âme votre très digne cœur qui a tellement été embrasé du zèle très ardent de la gloire de Dieu, que les flammes célestes de votre amour étant montées jusqu’au cœur du Père éternel, ont attiré son Fils unique avec le feu du Saint-Esprit dans vos très pures en­trailles, mais de telle sorte qu’il est toujours demeuré dans le sein du Père [25].

 

Un trait particulier et remarquable de la piété de sainte Brigitte, est que le cœur de Marie y est souvent représenté comme ne faisant qu’un avec le cœur de Jésus :

 

— Le cœur de ma Mère était comme mon cœur, dit un jour le divin Maître à la sainte. C’est pourquoi je puis dire que ma Mère et moi nous avons opéré le salut du genre humain avec un même cœur, en quelque manière, quasi uno corde, moi par les souffrances que j’ai portées en mon corps et en mon cœur, et elle par les douleurs et l’amour de son cœur [26]

 

— Tenez pour certain, lui dit un jour Notre-Dame, que j’ai aimé mon Fils si ardemment et qu’il m’a aimée si tendrement, que lui et moi nous n’étions pour ainsi dire qu’un seul cœur, quasi cor unum ambo fuimus [27].

 

C’est ce que relèvera tout particulièrement saint Jean Eudes. Nous en reparle­rons plus loin.

 

 

La révélation du rosaire à saint Dominique

 

En parlant du rosaire, nous ne nous éloignons pas de notre sujet. Bien au contraire. Le don du chapelet à saint Dominique (1170-1221) par la très sainte Vierge Marie, fit franchir une étape décisive à la dévotion envers son Cœur Immaculé.

Le rosaire consiste en effet essentiellement à méditer, contempler, les mys­tères de la vie de Notre-Seigneur. Or, c’est le cœur de Marie qui est le déposi­taire des mystères de la vie de Jésus, comme nous l’a appris l’évangéliste saint Luc (supra).

C’est donc le cœur de Marie qui nous en apprendra le secret. Comment ? Par les grâces que sa médiation nous obtient tandis que nous récitons les Ave.

Comme le dit encore le père Vayssière O.P. : « Récitez chaque dizaine, moins en réfléchissant qu’en communiant par le cœur à la grâce du mystère, à l’esprit de Jésus et de Marie tel que le mystère nous le présente. [...] Le rosaire ainsi pratiqué n’est plus seulement une série d’Ave Maria pieusement récités, mais c’est Jésus lui-même revivant dans l’âme par l’action maternelle de Marie [28]. »

En révélant le rosaire à saint Dominique, la très sainte Vierge Marie nous in­vitait à pénétrer dans son cœur pour faire nôtres ses sentiments à l’égard de son divin Fils.

On peut dire que tous les apôtres et prédicateurs du rosaire sont des apôtres et prédicateurs du cœur de Marie et contribuent à répandre sa dévotion et son règne dans les âmes et sur cette terre [29].

Le rosaire se retrouvera au centre du message de Fatima.

 

*

 

Continuant à parcourir les siècles, il faudrait citer parmi les grands dévots envers le cœur de Marie, saint Bonaventure, saint Laurent Justinien, saint Bernardin de Sienne, saint Ignace, le vénérable Louis de Grenade O.P., saint Pierre Canisius, le cardinal de Bérulle, etc. Saint François de Sales lui dédie son Traité de l’Amour de Dieu où il remarque que « la sacrée Vierge n’avait qu’une âme, qu’un cœur et qu’une vie avec son Fils [30] ». Mais il faut nous arrêter plus longuement à saint Jean Eudes.

 

 

Saint Jean Eudes

 

Saint Jean Eudes (1601-1680) va contempler le cœur de Marie dans sa pléni­tude de grâces, telle qu’elle a été saluée par l’Ange au jour de l’Annonciation : Ave, gratia plena (Lc 1, 28). « Ainsi contemplé, le cœur de la Vierge devient comme le vase communiquant en qui s’épanche le cœur de Jésus pour de là se répandre dans tous les baptisés [31]. » C’est cette méditation contemplative qui nourrit les premières années du saint.

Entré d’abord à l’Oratoire, il fonde en 1641 la Congrégation de Notre-Dame de Charité, destinée aux repenties, et qu’il dédie au cœur de Marie. Puis en 1643, il fonde la Congrégation de Jésus et de Marie, pour la formation du clergé dans les séminaires et le renouvellement de l’esprit chrétien dans le peuple par la prédi­cation des missions. Il dédie aussitôt la société naissante au Sacré-Cœur de Jésus et de Marie. Le mot « Sacré-Cœur » est au singulier. Saint Jean Eudes se situe ici dans la ligne des révélations de Notre-Dame elle-même à sainte Brigitte, mais aussi de saint François de Sales, de Bérulle et de M. Olier : il est ravi par le mys­tère d’intimité où le Fils et la Mère n’ont qu’une vie.

 

Les deux Cœurs entrent dans la liturgie

 

La consécration des deux œuvres à Jésus et Marie appelait, comme en com­plément nécessaire, l’organisation des cultes des Sacrés Cœurs pour leurs membres. Saint Jean Eudes composa d’abord une salutation au cœur de Marie, Ave Cor, empruntée en partie à sainte Mechtilde, qui se répandit rapidement dans plusieurs diocèses, au grand dépit des jansénistes qui l’attaquèrent avec acharnement. On y trouve l’expression : « Je vous salue, ô Cœur très aimant de Jésus et de Marie ». Le saint explique : « Cette salutation s’adresse conjointe­ment au très saint Cœur de Jésus et de Marie. Car encore que le cœur du Fils soit différent de celui de la Mère, si est-ce que Dieu a uni si étroitement ces deux cœurs qu’on peut dire avec vérité qu’ils ne sont qu’un cœur, parce qu’ils ont toujours été animés d’un même esprit et remplis des mêmes sentiments et affec­tions [32]. »

Puis saint Jean Eudes institua assez rapidement une fête liturgique du Cœur de Marie pour sa société de prêtres. Il composa à cet effet un office où l’union des deux cœurs était chantée. La collecte résume toute sa doctrine :

 

Ô Dieu qui avez voulu que votre Fils unique qui vit de toute éternité dans votre cœur, vive et règne à jamais dans le cœur de la Vierge-Mère, donnez-nous de célébrer sans cesse cette très sainte vie de Jésus et de Marie en un cœur unique, donnez-nous d’avoir entre nous et avec eux un seul cœur, et d’accomplir en tout votre volonté, d’un grand cœur et d’une âme volontaire, pour que nous puissions être trouvés par vous selon votre cœur.

 

La célébration du nouvel office fut autorisée verbalement par l’évêque de Bayeux dès 1643 ou 1644. Marie des Vallées [33] lui fit part que Notre-Dame avait pour agréable cette fête instituée en son honneur. Dès 1648, la solennité fut étendue au diocèse d’Autun où le saint avait prêché une mission, et de là s’é­tendit progressivement dans d’autres diocèses de France. En 1672, il établit pa­rallèlement une fête en l’honneur du Cœur de Jésus. Notre-Dame avait frayé la voie à son Fils. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que dans l’office com­posé par le saint pour solenniser le cœur de Marie et qu’il révisa en 1672, le cœur de Jésus occupe une place considérable. « Si le cœur de Marie est l’objet immédiat que chante le père Eudes, il se plaît à l’envisager dans ses rapports avec Jésus qui le remplit de sa vie, le revêt de ses perfections et de ses vertus. [...] Jésus régnant dans le cœur de sa divine Mère, voilà, ce semble, l’idée domi­nante de l’office du bienheureux [34] ». Saint Jean Eudes s’est d’ailleurs largement inspiré ici des écrits des Pères de l’Église et des mystiques du Moyen-Age. Son office est l’écho de la Tradition tout entière.

En 1674, le pape Clément X approuvait la célébration de l’office dans les églises et chapelles de la congrégation du père Eudes. Avec le saint, la piété en­vers le Cœur de Marie était passée de la dévotion privée au culte public officiel de l’Église.

 

Le livre du Cœur admirable

 

Mais il faut aussi mentionner son ouvrage Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu achevé en 1680, trois semaines avant de mourir [35]. L’écrit est divisé en douze livres, en l’honneur des douze étoiles qui forment la couronne de la Mère de Dieu. Le saint y envisage sous toutes ses faces la dévotion dont il se fait l’apôtre, s’appuyant constamment sur la sainte Écriture, les Pères et les docteurs de l’Église, les écrits des papes et de nombreux évêques. Les perfections du cœur de Marie, ses rapports avec les trois Personnes divines, son union avec le Cœur de Jésus, son rôle dans l’œuvre de la rédemption et de la sanctification des âmes, toutes ces questions sont abordées et traitées avec d’amples dévelop­pements. Le livre embrasse avec une perfection inégalée la doctrine, l’histoire et la pratique de la dévotion. Il est comme la somme théologique de la dévotion au cœur de Marie.

Et comme saint Jean Eudes est un apôtre, un prédicateur de missions à la pa­role enflammée, il lui faut une enseigne, un signe sensible, pour frapper ses auditeurs, qui soit en même temps une synthèse de sa prédication. « Son origi­nalité va être de parler du cœur de Marie, non dans un sens métaphorique comme Bérulle, en vertu de cette tradition où le cœur désigne la vie intérieure, mais il va directement à l’organe physique [36] ». Saint Jean Eudes ramasse toutes les perfections du cœur spirituel de Marie dans son cœur corporel qui en de­vient le symbole [37].

On ne peut s’empêcher de penser ici à l’apparition de la Vierge Marie le 13 juin 1917 à Fatima : « Devant la paume de la main droite de Notre-Dame, se trouvait un cœur, entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Nous avons compris que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité, qui demandait réparation [38]. »

Saint Pie X décerna à saint Jean Eudes les titres de « père, docteur et apôtre du culte liturgique envers les Cœurs de Jésus et de Marie [39] ». A l’aube des temps modernes, il a été le prophète des Cœurs de Jésus et de Marie, préparant les âmes aux révélations de Paray-le-Monial (de 1673 à 1675) et de Fatima (1917).

 

 

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort :

se consacrer à la Vierge Marie

 

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) a sa place dans cet histo­rique. Non seulement, il fut l’un des plus grands prédicateurs du chapelet, enrô­lant près de 100 000 personnes dans la confrérie du Rosaire, mais surtout sa doctrine, spécialement le Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge, se répandit providentiellement dans l’Église au moment des grandes interventions mariales des XIXe et XXe siècles, aidant ainsi les âmes à les recevoir avec fruit [40].

Il rappelle en effet que « c’est par la très sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde » (VD § 1). « C’est par Marie que le salut du monde a commencé, et c’est par Marie qu’il doit être consommé » (VD § 49).

Le saint pose ensuite les fondements de la vraie dévotion mariale qui n’a pour but que d’« établir plus parfaitement celle de Jésus-Christ » (VD § 62), et dont le sommet consiste dans la consécration de soi-même à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, par les mains de Marie. Cette consécration, que saint Louis-Marie appelle « une parfaite rénovation des vœux et promesses du baptême » (VD § 120) est un chemin aisé, court, parfait et assuré (VD § 152 à 168) pour ar­river à l’union avec Notre-Seigneur.

Nous sommes au cœur du message de Fatima, selon les propos mêmes de sœur Lucie : « Établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, signifie amener les âmes à une consécration totale [41]. » Saint Louis-Marie y avait préparé les âmes par sa doctrine.

 

 

Un siècle sous le signe de l’Immaculée

 

Nous arrivons au XIXe siècle. La rupture de la Révolution dite française avait fait entrer le monde dans une ère nouvelle d’opposition publique des nations au règne du Christ-Roi. Elle trouvera son aboutissement dans l’athéisme de la ré­volution russe de 1917. Entre deux se produisit une succession d’interventions mariales à caractère mondial, comme on n’en avait jamais vu dans l’histoire. La Vierge se présente comme l’Immaculée, conçue sans péché (Rue du Bac – 1830 ; et surtout Lourdes – 1858) ; elle exhorte à prier le chapelet et à faire pénitence, elle pleure sur les malheurs de l’Église (La Salette – 1846) ; elle montre sa toute-puissante protection envers ceux qui veulent bien la prier (Pontmain – 1871).

Mais il faut aussi mentionner les événements survenus en l’église Notre-Dame des Victoires à Paris. Le 11 décembre 1836, poussé par une forte inspira­tion intérieure, l’abbé des Genettes consacrait au Cœur Immaculé de Marie sa paroisse mourante, située dans un quartier complètement déchristianisé par la Révolution. Le soir même, elle devint l’une des paroisses les plus ferventes de France, dont le rayonnement franchit rapidement nos frontières [42]. Le Cœur Immaculé de Marie venait de montrer les fruits de la consécration à son nom.

Un peu auparavant, en 1822, Mgr de Mazenod avait fondé à Marseille les Oblats de Marie Immaculée qu’il lançait à la conquête évangélique du monde.

L’action de la papauté au XIXe siècle et au début du XXe revêt en même temps une importance capitale pour la préparation des âmes au message de Fatima. C’est d’abord, principalement, la définition du dogme de l’immaculée conception par le pape Pie IX le 8 décembre 1854. La Révolution s’était faite au nom d’une prétendue bonté naturelle de l’homme... qui fera d’ailleurs couler bien du sang ! En réponse, le dogme rappelait à la fois que seule la Vierge Marie avait été préservée du péché originel, ruinant ainsi les fondements de la Révolution ; et en même temps, montrant aux hommes Notre-Dame victorieuse – par son Fils – du péché et de Satan, il indiquait que la Vierge Marie triomphe­rait des forces du mal.

Signalons aussi l’action du pape Léon XIII :

— le 24 décembre 1884, il ajoutait aux litanies de la sainte Vierge, l’invoca­tion : Reine du très saint Rosaire, priez pour nous ! — On sait que c’est sous le vo­cable de Notre-Dame du Rosaire que la Vierge se présentera à Fatima ;

— en 1889, il accorda une indulgence plénière aux fidèles pratiquant la dévo­tion des quinze samedis en l’honneur de Notre-Dame, coutume popularisée par la confrérie du Rosaire ;

— et surtout, il renouvela d’une manière considérable la dévotion au saint rosaire dans toute l’Église, à la fois en écrivant un nombre impressionnant de documents pontificaux sur cette question [43], et en ordonnant que tous les jours du mois d’octobre, dans toutes les églises du monde catholique, le chapelet soit récité devant le Saint-Sacrement exposé.

 

 

A l’aube du XXe siècle

 

On connaît le zèle du pape saint Pie X pour propager la dévotion mariale, spécialement selon l’esprit du père de Montfort [44].

Le pape encouragea entre autres la dévotion des premiers samedis du mois à laquelle il donna une orientation réparatrice très marquée, spécialement contre les blasphèmes proférés contre le nom et les prérogatives de la Vierge Marie [45]. La dévotion essentielle demandée par Notre-Dame de Fatima est déjà là.

De même le décret Quam singulari du 8 août 1910 sur la communion des petits enfants, trouvera comme son couronnement céleste dans la commu­nion donnée par l’Ange du Portugal aux trois petits pastoureaux à l’automne 1916 [46].

Avant de clore cette longue histoire, il faut encore parler de Berthe Petit, ter­tiaire franciscaine née à Enghien (Belgique) en 1870, et rappelée à Dieu en 1943 [47]. Les grâces qu’elle recevait étaient payées de souffrances de toutes sortes. Elle fut la grande apôtre de la dévotion au Cœur douloureux et immaculé de Marie, spécialement à partir de son audience avec le cardinal Mercier en 1916. C’est à la suite de cette rencontre que, la même année, dans les heures tragiques de la Première Guerre mondiale, le cardinal Mercier consacra la Belgique au Cœur douloureux et immaculé de Notre-Dame. Les évêques français avaient consacré la France à ce même Cœur en décembre 1914. Les évêques de Grande-Bretagne lui consacrèrent leur pays en 1917.

Tout était prêt pour que la sainte Vierge vînt à Fatima.

 

De même que la dévotion au Cœur de Jésus, qui n’a cessé de se développer au cours des siècles, a trouvé son couronnement dans les apparitions de Paray-le-Monial [48], de même la dévotion au cœur de Marie allait trouver le sien à Fatima.

 

 

Annexe

 

Le Cœur admirable

de la très sacrée Mère de Dieu

de saint Jean Eudes

 

Pour expliquer et répandre la dévotion au Cœur de Marie, saint Jean Eudes publia à Autun, en 1648, un opuscule intitulé La Dévotion au très saint Cœur et au très saint Nom de Marie. Il le réédita à Caen en 1650 puis en 1663 en y ajoutant un Discours où il explique l’origine, l’objet, les raisons d’être et la pratique de cette dévotion. Mais cet ouvrage n’était aux yeux du saint qu’un premier essai :

 

Si vous aimez véritablement le tout aimable Cœur de la Mère de belle dilec­tion, écrit-il dans l’Avis au lecteur de l’édition de 1663, vous serez bien aise de sa­voir que ce qui est écrit ci-après n’est qu’un échantillon d’une plus grande pièce et une petite partie d’un livre beaucoup plus ample que celui-ci, que j’ai com­mencé depuis quelque temps et que j’ai grand désir d’achever s’il plaît à Dieu.

 

A ce nouvel ouvrage, il voulut donner pour titre Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu. Il y travailla jusqu’à la fin de sa vie, et y mit la dernière main le 25 juillet 1680, quelques semaines avant sa mort qui survint le 19 août sui­vant. Publié à Caen en 1681, le livre fut réédité à Paris en 1834, et dans les Œuvres complètes (12 tomes) en 1908 [49].

Le Cœur admirable est le plus considérable des ouvrages de saint Jean Eudes. Il y étudie le Cœur de Marie en lui-même, en retrace l’histoire de la dévotion de­puis les origines du christianisme, et enseigne comment la pratiquer.

Il s’appuie sur la sainte Écriture, spécialement le Cantique des cantiques, sur la liturgie, sur les enseignements des Pères et docteurs de l’Église, ainsi que sur les révélations de sainte Gertrude, de sainte Mechtilde, et surtout de sainte Brigitte.

C’est une véritable somme qui contient tout ce qui a pu être écrit de notable sur le Cœur de Marie.

L’ouvrage est divisé en douze livres. Le plan en est des plus grandioses, nous allons le voir en donnant les grandes lignes du traité.

 

Livre premier

Qui fait voir ce qu’est le Cœur de la bienheureuse Vierge

 

Saint Jean Eudes commence par nous dire que :

 

Jésus, Fils unique de Dieu, Fils unique de Marie, ayant choisi cette incompa­rable Vierge entre toutes les créatures pour être sa Mère, [...] il veut que nous l’honorions comme il l’honore, et que nous l’aimions comme il l’aime.

 

Le saint montre ensuite que le Cœur de la sainte Vierge est appelé admirable en raison de tous les privilèges de la Mère de Dieu :

 

[Marie] est le plus illustre chef-d’œuvre du ciel, l’impératrice du ciel, la gloire et la joie du ciel ; il n’y a rien en elle qui ne soit céleste. [...] Elle est revêtue du so­leil de la divinité et de toutes les perfections de la divine Essence, dont elle est tel­lement environnée, remplie et pénétrée, qu’elle est toute transformée en la lu­mière, en la sagesse, en la puissance, en la bonté, en la sainteté de Dieu, et en toutes ses autres grandeurs.

La lune est sous ses pieds, pour montrer que tout le monde est au-dessous d’elle, n’y ayant que Dieu seul au-dessus d’elle, et qu’elle a une puissance abso­lue sur toutes les choses créées.

Elle est couronnée de douze étoiles, pour représenter toutes les vertus qui éclatent en elle souverainement.

Mais ce qu’il y a de plus admirable en Marie, c’est son cœur virginal. [...] Car ç’a été par l’humilité, par la pureté et par l’amour de son très saint cœur, qu’elle est arrivée à la sublime dignité de Mère de Dieu [50], et qu’elle s’est rendue digne par conséquent de toutes les grâces, faveurs et privilèges dont Dieu l’a remplie en la terre.

 

Saint Jean Eudes distingue ensuite trois cœurs en Marie :

— son cœur de chair, déjà « spiritualisé par l’esprit de grâce et par l’Esprit de Dieu dont il est tout rempli » ;

— son cœur spirituel, « le cœur de son âme, qui est désigné par ces paroles du Saint-Esprit : “Toute la gloire de la fille du roi est dans son intérieur” (Ps 44, 14) » ;

— enfin son cœur divin : le Fils de Dieu lui-même qui est en elle.

 

Ces trois cœurs de la Mère de Dieu ne sont qu’un seul cœur, par la plus sainte et la plus étroite union qui fut ni qui sera jamais après l’union hypostatique [51]. [...]

Voilà ce qu’on entend par le Cœur admirable de la bien-aimée de Dieu, qui est une image accomplie du Cœur adorable de Dieu et de l’Homme-Dieu.

 

Saint Jean Eudes décrit ensuite chacun de ces cœurs. Arrêtons-nous au cœur spirituel :

 

Premièrement, la divine bonté a préservé miraculeusement ce cœur de la Mère de Dieu de la souillure du péché, [...] l’a revêtu d’une si grande pureté qu’il ne s’en peut imaginer une plus grande après celle de Dieu. [...]

Secondement, le Père des lumières a rempli ce beau soleil de toutes les lu­mières les plus brillantes de la nature et de la grâce.

 

Après avoir exposé en détail les connaissances dont a été rempli le Cœur de Marie et signalé son amour très ardent qu’il exposera au troisième et au neu­vième livre du traité, le saint conclut que le Cœur de Marie est « un portrait au vif de tous les divins attributs, une image vivante de la Sainte Trinité ».

 

Livres second et troisième

Contenant le premier fondement de la dévotion au Cœur admirable de la très sainte Mère de Dieu, qui est le cœur adorable du Père éternel, lequel nous met devant les yeux douze beaux tableaux de ce Cœur virginal

 

Le premier fondement et la première source de la dévotion au très saint Cœur de la bienheureuse Vierge, c’est le cœur adorable du Père éternel, et l’amour in­compréhensible dont ce cœur immense est rempli au regard de la très aimable Mère de son Fils bien-aimé.

 

Saint Jean Eudes passe alors en revue les nombreuses figures de Notre-Dame que Dieu le Père s’est plu à figurer dans toutes les parties de l’univers et dans les mystères, sacrifices et cérémonies de l’ancienne Loi.

Puis il s’arrête plus longuement sur douze tableaux représentant symboli­quement le Cœur de Marie :

— « six des principales parties du monde » (le ciel, le soleil, la terre, la fon­taine qui arrosait toute la terre, la mer et le paradis terrestre) ;

— « et les six autres des six choses des plus considérables qui se soient vues depuis le temps de Moïse jusqu’à la mort de Notre-Seigneur » (le buisson ar­dent, la harpe mystérieuse de David, le trône de Salomon, le temple de Jérusalem, la fournaise ardente, le calvaire).

 

Livres quatrième et cinquième

Contenant le second fondement de la dévotion au très saint Cœur de la bienheureuse Vierge, qui est le divin Cœur de Jésus

 

L’amour très ardent dont ce Cœur adorable de Jésus est embrasé pour le Cœur de sa très chère Mère, le porte à nous prêcher cette dévotion, et à nous la prêcher en deux manières très puissantes, par ses paroles et par son exemple.

 

— Ses paroles, ce sont par exemple les révélations qu’il fit à sainte Mechtilde pour l’exhorter à vénérer le Cœur de sa Mère.

Notre-Seigneur sait ce qu’il doit au Cœur de Marie. Il sait qu’il est davantage le fruit de son cœur [grâce au Fiat de la Vierge] que de son sein :

 

Elle ne s’est rendue digne de me former et de me porter dans son ventre, que parce qu’elle m’a formé et porté premièrement dans son cœur, par l’excellence de l’humilité, de la pureté et de l’amour de ce même cœur.

 

— Son exemple, c’est l’amour très ardent dont le cœur de Jésus est embrasé pour le cœur virginal de Marie. Il l’a tant aimé et honoré que, dès le premier instant, il l’a rendu participant des mêmes perfections divines qu’il reçoit de son Père, « et avec tant de plénitude que ce très saint cœur porte en soi une merveil­leuse ressemblance de toutes les excellences de cet adorable Sauveur ».

Et saint Jean Eudes de développer comment se retrouve en Marie la simpli­cité, l’infinité, l’incompréhensibilité, l’immensité, l’immutabilité, l’éternité et la plénitude de Dieu.

Il explique aussi comment le cœur de la précieuse Vierge est une image vi­vante de la pureté, de la sainteté, de la force et de la puissance, de la sagesse et de la vérité, de la bonté, de la providence, de la miséricorde, de la mansuétude, de la patience, de la clémence, de la justice de Dieu, du zèle divin pour sa propre gloire et pour le salut des âmes, de la souveraineté divine.

Il est une parfaite expression et un merveilleux abrégé de la vie de Dieu ; il porte en soi une excellente ressemblance de la paix de Dieu, une image vivante de la gloire et de la félicité divines. Il est une merveilleuse image de la très Sainte Trinité et de chacune des trois Personnes. Il est la source, avec le Fils de Dieu, de tous les biens qui procèdent du mystère de l’Incarnation. Il est enfin tout tranformé en Dieu et en ses divines perfections.

 

Livres sixième, septième et huitième

 

Le troisième fondement de la dévotion au Cœur de Notre-Dame, c’est « le cœur admirable du Saint-Esprit, tout embrasé d’amour pour sa très digne Épouse, la divine Marie ».

 

C’est cet amour infini qu’il a pour elle, qui le porte à nous découvrir les trésors inestimables qui sont cachés dans ce merveilleux cœur, et à les publier haute­ment en plusieurs manières :

1. par les oracles des divines Écritures ;

2. par la voix des sacrées bouches de l’Église, qui sont les saints Pères ;

3. par les écrits de plusieurs savants théologiens ;

4. par les souverains pontifes et autres prélats de la sainte Église, qui sont vi­caires de Notre-Seigneur Jésus-Christ en la terre, et les organes de son divin Esprit ;

5. par l’exemple d’un grand nombre de saints qui ont eu cette dévotion en sin­gulière recommandation.

 

Saint Jean Eudes développe ensuite chacun de ces points.

 

Livre neuvième

Contenant le quatrième fondement de la dévotion au très saint Cœur de la bienheureuse Vierge, qui sont douze excellences merveilleuses
de ce même Cœur

 

[Ces douze excellences] nous engagent de rendre [au Cœur de Marie] tous les devoirs de respect, de vénération et d’amour que mérite le plus noble, le plus digne, le plus saint et le plus aimable de tous les cœurs après le divin Cœur de Jésus.

 

Suivent douze chapitres montrant les excellences du Cœur de Notre-Dame :

il a toujours été exempt de péché ; il est une mer de grâce ; un miracle d’amour ; le miroir de la charité ; un abîme d’humilité ; le trône de la miséri­corde ; l’empire de la divine volonté ; le sacraire [52] des grâces gratuites ; un tré­sor inestimable qui contient toutes les véritables richesses de la terre et du ciel ; le sanctuaire, la victime, le prêtre [53], l’encensoir et l’autel du divin amour ; le centre de la croix et l’auréole du martyre avec celle des saints docteurs et des saintes vierges ; le premier objet de l’amour de la Sainte Trinité entre les pures créatures.

 

Livre dixième

Contenant le sacré cantique du très saint Cœur de la bienheureuse Vierge, avec son explication

 

Saint Jean Eudes commente ici le Magnificat verset par verset.

 

Livre onzième

Contenant les raisons et les moyens d’honorer le très saint Cœur de la bienheureuse Vierge

 

— Saint Jean Eudes développe ici douze raisons :

l’exemple de Dieu lui-même ; l’amour incomparable du Cœur de Marie pour son Fils Jésus ; la sollicitude de ce Cœur pour notre salut ; sa corédemption ; le culte de l’Église pour le saint Nom de Marie ; la vénération de l’Église pour le sein qui a porté le Sauveur du monde ; le fait que le Cœur de Notre-Dame est le temple très saint de la Trinité ; le fait que le Cœur de Marie est le dépositaire des mystères de la vie de Notre-Seigneur [Lc 2, 19 et 51] ; le fait que ce Cœur très innocent a été transpercé par nos péchés ; il est aussi l’exemplaire et le mo­dèle de nos cœurs ; il est le roi de tous les cœurs ; il est revêtu de toutes les per­fections.

 

— Puis saint Jean Eudes donne douze moyens d’honorer le Cœur de Marie :

1. être fidèle aux promesses de notre baptême :

2. avoir en notre cœur les sentiments qui sont dans le Cœur de Notre-Dame : horreur du péché ; mépris du monde ; mépris de soi-même ; estime, respect et amour pour toutes les choses de Dieu et de son Église ; vénération et affection pour la Croix ;

3. imiter les vertus du Cœur de Notre-Dame ;

4. se consacrer au Cœur de Notre-Dame ;

5. pratiquer les œuvres de miséricorde envers le prochain ;

6. travailler au salut des âmes ;

7. honorer spécialement les saints qui ont eu une appartenance spéciale au très aimable Cœur de la Mère de Dieu ;

8. étudier soigneusement ce Cœur qui doit être la règle de notre vie ;

9. n’avoir qu’un cœur avec le Cœur de Notre-Dame ;

10. rendre tous les jours quelque honneur au Cœur royal de la souveraine Dame de l’univers ;

11. avoir recours au Cœur de Notre-Dame dans toutes nos affaires ;

12. célébrer les fêtes de la Vierge Marie avec une dévotion toute particulière.

 

Livre douzième

Le divin Cœur de Jésus

 

Le Cœur de Notre-Dame n’ayant pour but que de nous conduire au Cœur de Notre-Seigneur, c’est par ce dernier que saint Jean Eudes conclut son ouvrage.

Ce dernier livre est consacré en grande partie à expliquer cette pensée de saint Bernardin de Sienne, que le Cœur du divin Maître est une fournaise d’amour destinée à embraser l’univers.

Il se termine par deux séries de méditations pour la fête et l’octave du Cœur de Jésus.

 

*

  


[1] — On peut se reporter à : F. Vigouroux, Dictionnaire de la Bible, Paris, Letouzey et Ané, 1926, tome deuxième, première partie, Cœur, col. 822-826.

[2] — Saint Jean Eudes, Le Cœur admirable de la très Sacrée Mère de Dieu, Paris, Lethielleux, 1935

[3] — Épitre de la messe du Cœur Immaculé de Marie, au 22 août.

[4] — Saint Jean Eudes, Cœur admirable, ibid., livre sixième, oracle 4, p. 322.

[5] — Marc Trémeau O.P., Le Mystère du rosaire, Chambray, CLD, 1981, ch. 4, Fondements bibliques du rosaire dans le nouveau Testament, p. 29-40.

[6] — En passant par le grec sumballô utilisé par saint Luc.

[7] — L.-CL. Fillion, La Sainte Bible, texte latin et traduction française, commentée d’après la Vulgate et les textes originaux, Paris, Letouzey et Ané, 1928, t. VII, p. 309 (à propos de Lc 2, 19).

[8] — C’est Élisabeth qui parle.

[9] — On peut dire la même chose à propos des noces de Cana (Jn 2, 1-12).

[10] — Saint Jean Eudes, Le Cœur admirable de la très Sacrée Mère de Dieu, Paris, ibid., livre dixième, ch. 2, p. 505-507.

[11] — Voir Jean-Marc Rulleau, « Théologie du Cœur immaculé de Marie », Sel de la terre 6, p. 90-103.

[12] — Donnons juste comme exemple le Dictionnaire de spiritualité, t. 10, Marie, col. 434.

[13] — Sic et materna propinquitas nihil Mariæ profuisset, nisi felicius Christum corde quam carne gestasset (saint Augustin, De Sancta virginitate, ch. 3, PL 40, 398).

[14] — « Bienheureuse vous qui avez cru, parce que s’est accompli en vous ce qui vous a été dit par le Seigneur » (sainte Élisabeth à Notre-Dame lors de la Visitation).

[15] — « Ipsa beata Maria quem credendo credidit, credendo concepit. [...] Illa plena fide, et Christum prius mente quam ventre concipiens. Ecce inquit ancilla Domini. » Saint Augustin, Sermo 215, 4, PL 38, 1074. — Converti par saint Ambroise, saint Augustin (353-430) devint évêque d’Hippone en Afrique du Nord. Il est l’auteur d’une œuvre philosophique très importante, de commentaires de la sainte Écriture, d’œuvres théologiques (dont un traité de la Trinité), d’œuvres polémiques contre diverses sectes hérétiques, de nombreux sermons et lettres. Autres ouvrages célèbres : De la Cité de Dieu, Les Confessions. Il restaura la discipline du clergé par la Règle de Saint Augustin qui fut adoptée par la suite par de nombreux ordres et congrégations de religieux et religieuses. Saint Augustin fait partie des Pères latins et il est docteur de l’Église.

[16] — « Virgo regia davidicæ stirpis eligitur, quæ sacro gravidanda fetu divinam humanamque prolem prius conciperet mente quam corpore. » Saint Léon le Grand, Sermons, Sources chrétiennes, Paris, Cerf, 1963, n° 22 bis, Premier sermon pour la fête de la nativité de Notre-Seigneur, p. 68-69. — Élu pape en 440, saint Léon le Grand (390-461) fut un grand défenseur de la foi catholique contre les hérésies, et de la discipline ecclésiastique. Il est l’auteur de nombreux sermons, de lettres dogmatiques, disciplinaires et historiques. Saint Léon le Grand fait partie des Pères latins.

[17] — Oratio 1 De nativitate Beatæ Virginis.

[18] — Oratio 1 De dormitione Beatæ Virginis. — Saint Jean Damascène (né à la fin du 7e siècle et mort avant 754) fut l’auteur de nombreux ouvrages, dont : Des Hérésies, De la foi orthodoxe, d’autres ouvrages contre les hérésies, une homélie célèbre sur la dormition de la sainte Vierge citée par Pie XII dans la bulle Munificentissimus Deus proclamant le dogme de l’Assomption (1er novembre 1950). Il fut le grand défenseur des saintes images contre l’empereur impie Léon et les iconoclastes. Il fait partie des Pères grecs.

[19] — Sermon In signum magnum.

[20] — Sermon In deprecatione ad Virginem. — Saint Bernard (1090-1153) restaura la vie monastique à partir de Citeaux et de Clairvaux. Il fut l’auteur de nombreux sermons ainsi que d’ouvrages de théologie dogmatique et morale. Prédicateur de la croisade, il fut conseiller des papes et des princes. Il est considéré comme le dernier Père de l’Église. Il fait partie des docteurs de l’Église.

[21] — Sainte Mechtilde, Le Livre de la grâce spéciale, Paris, Mame, 1920, 1ère partie, ch. 2, p. 11-12.

[22] — Sainte Mechtilde, Le Livre de la grâce spéciale, ibid., ch. 12, p. 43.

[23] — Sainte Mechtilde, Le Livre de la grâce spéciale, ibid., ch. 29, p. 118-119. — Sainte Mechtilde (1241-1298), fut moniale bénédictine à Helfta en Allemagne. Avec sainte Gertrude la Grande, elle est l’un des principaux auteurs spirituels et mystiques de l’Allemagne médiévale. Confiée au monastère à l’âge de sept ans, elle y persévéra jusqu’à la mort. C’est lors d’une maladie qui faillit mettre fin à ses jours, vers l’âge de 50 ans, qu’elle livra les secrets de son âme. Deux religieuses notèrent ses confidences, et c’est ainsi que ses révélations nous sont parvenues.

[24] — Gertrude d’Helfta, Œuvres spirituelles IV, Le Héraut Livre IV, Sources chrétiennes, Paris, Cerf, 1978, p. 137. — Sainte Gertrude la Grande (1256-1302) fut moniale bénédictine à Helfta en Allemagne. Confiée au monastère à l’âge de cinq ans, elle finit par y rester et faire profession. Elle vécut d’abord dans la tiédeur jusqu’à ce qu’elle fut convertie à l’âge de 26 ans par une apparition de Notre-Seigneur. Elle reçut la grâce des stigmates et eut une profonde dévotion pour le Cœur de Jésus. Ses écrits, popularisés au XVIe siècle par le chartreux Lansperge et le vénérable abbé bénédictin Louis de Blois, se répandirent à partir de cette période dans toute l’Europe.

[25] — Oraison 4 B.

[26] — Revel. extravag. c. 3.

[27] — Revel. l. 4, c. 8. Nous avons relevé ces citations de sainte Brigitte dans Ch. Lebrun, ibid., p. 20-21. — Sainte Brigitte de Suède (1302 ou 1303-1373), veuve, fonda l’ordre du Saint-Sauveur. Issue d’une famille noble et influente, elle se retira après la mort de son mari dans une dépendance de l’abbaye d’Alvastra où elle commença à recevoir des révélations qui ne devaient jamais tarir. Poussée par ses révélations, elle intervint dans les affaires politiques de l’Europe et auprès de la papauté. Puis elle se retira à Rome où elle fit approuver les statuts de l’ordre du Saint-Sauveur (monastères d’hommes ou de femmes vivant sous la règle de saint Augustin).

[28] — P. Vayssière O.P., cité dans l’ouvrage de Marcelle Dalloni, Le Père Vayssière, Paris, Alsatia, 1958, p. 165-166.

[29] — Sur le chapelet, on pourra se reporter aux articles : « Le rosaire : histoire et doctrine » (Le Sel de la terre 38, p. 97-120) ; et : « Le rosaire : victoires et pratique » (Le Sel de la terre 41, p. 45-77).

[30] — Livre 5, ch. 13.

[31] — Mgr François Picaud, évêque de Bayeux et de Lisieux, dans sa préface à l’ouvrage du P. François Lebesconte, supérieur général des Eudistes, Le Cœur de Marie d’après saint Jean Eudes, Paris, Lethielleux, 1945.

[32] — Cité par Ch. Lebrun, La Dévotion au cœur de Marie, ibid., p. 60.

[33] — Marie des Vallées (1590-1656), laïque, figure importante de la mystique française. Fille spirituelle de saint Jean Eudes, elle contribua beaucoup au développement du culte envers les Cœurs de Jésus et de Marie. Toute sa vie fut marquée par la souffrance.

[34] — Ch. Lebrun, La Dévotion au cœur de Marie, ibid., p. 127.

[35] — Voir la recension détaillée de cet ouvrage dans le présent numéro du Sel de la terre.

[36] — Mgr Picaud, ibid., p. 15-16.

[37] — On trouvera une étude plus approfondie du livre du Cœur admirable à la fin de ce présent numéro du Sel de la terre.

[38] — Mémoires de sœur Lucie, Fatima, Vice-Postulaçao dos videntes, 1991, IVe Mémoire, p. 168.

[39] — Lettre apostolique Divinus magister, du 11 avril 1909, pour la béatification du vénérable Jean Eudes, Documents pontificaux de S.S. saint Pie X, Versailles, Publications du Courrier de Rome, 1993, t. 2, p. 41.

[40] — Le Traité de la vraie dévotion resta en effet à l’état de manuscrit pendant tout le XVIIIe siècle par crainte des jansénistes. Enfermé dans une caisse de vieux livres pendant la Révolution, l’ouvrage ne fut retrouvé qu’en 1842 par un missionnaire de la Compagnie de Marie en quête de matériaux pour ses sermons. — Nous désignons sous les lettres « VD » les références que nous faisons à ce livre.

[41] — Sœur Lucie de Fatima, Appels du message de Fatima, Fatima, Secretariodo dos Pastorinhos, 2003, 11e appel, p. 125. — Voir l’article de M. l’abbé Castelain dans le présent numéro du Sel de la terre.

[42] — Voir le très bel ouvrage de sœur Marie-Angélique de la Croix, L’abbé des Genettes, serviteur et apôtre de Marie, Saint-Parres-lès-Vaudes, CRC, 2000.

[43] — On compte douze encycliques : à peu près une par année entre 1883 et 1898. On ne voit aucun exemple semblable dans toute l’histoire de l’Église, d’un nombre si élevé d’encycliques par un seul pontife sur un même sujet.

[44] — On peut se référer à l’article sur saint Pie X, pape marial, écrit par M. l’abbé Castelain, dans Le Sel de la terre 49.

[45] — Voir l’article sur la dévotion réparatrice des premiers samedis, de M. l’abbé Delestre, dans le présent numéro du Sel de la terre.

[46] — Lucie, qui avait 9 ans en 1916, avait eu la grâce de communier dès l’âge de six ans. Mais François (8 ans) et Jacinthe (6 ans), n’avaient pas encore été admis à recevoir la sainte eucharistie malgré leurs désirs intenses.

[47] — Voir l’ouvrage du père Colin C.SS.R., Berthe Petit, apôtre du Cœur douloureux et immaculé de Marie, Paris, NEL, 1967.

[48] — Voir le magnifique numéro de La Vie spirituelle de juin 1920 (t. II, p. 161-272), entièrement consacré à la dévotion au Sacré-Cœur.

[49] — En 2004, les éditions Delacroix (B.P. 18 – 35430 Chateauneuf) ont publié en trois tomes l’intégrale du Cœur admirable (69 e + port). — Signalons deux éditions abrégées du même ouvrage : celle  de Lethielleux en 1935 ; et en langue anglaise : Saint John Eudes, The admirable Heart of Mary, New York, P.J. Kenedy and sons, 1948. — On peut aussi se procurer, toujours du même auteur et aux éditions Delacroix : La dévotion au très Saint Cœur et au très Sacré Nom de la Bienheureuse Vierge Marie, édité en 2004 (218  pages).

[50] — Saint Jean Eudes ne veut pas dire ici que la Vierge Marie serait arrivée à cette dignité par ses propres efforts, mais que son cœur admirable a parfaitement correspondu à la grâce de Dieu par son humilité, sa pureté et son amour, et qu’elle a alors été trouvée digne de la mission à laquelle elle avait été prédestinée de toute éternité.

[51] — Du grec hypostase, qui veut dire personne ; l’union hypostatique désigne l’union de la nature divine et de la nature humaine dans la personne divine de Notre-Seigneur.

[52] — Le mot sacraire (du latin : sacrarium) servait autrefois à désigner tout meuble dans lequel on rangeait des objets sacrés. Il est ici employé par analogie.

[53] — Ne nous méprenons pas ici : Notre-Dame n’est pas prêtre. Saint Jean Eudes énonce une doctrine très claire à ce sujet : « Si Marie, dit le savant et très pieux Gerson, n’a pas reçu le caractère de l’office sacerdotal le soir de la Cène du Seigneur, elle n’a pas laissé d’avoir pour lors, et auparavant, et par après, l’onction intérieure de la grâce du sacerdoce royal, d’une manière beaucoup plus excellente que tous les autres fidèles, non pas pour consacrer mais pour sacrifier une hostie pure, sainte et parfaite sur l’autel de son cœur, là où le feu divin dans lequel elle offrait son holocauste, brûlait continuellement. »

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 53

p. 8-28

Les thèmes
trouver des articles connexes

Vie Spirituelle : Doctrine, Oraison et Perfection Chrétienne

La Vierge Marie : Dévotions envers la Mère de Dieu

Télécharger le Pdf ici :

.

bottom of page