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"NOUVELLE ÉGLISE" ET NEW-AGE

 

Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay.

 


(Ce texte est, pour l'essentiel, le résumé d'une conférence donnée par Mgr. Fellay à la session doctrinale de Flavigny en juillet 1991. Ceci explique le style parlé de certaines phrases.)

 


Status quaestionis :


"Beaucoup d'adhérents du Nouvel Âge font commencer l'ère du Verseau le 5 février l962, lorsque le soleil, la lune et les cinq planètes visibles à l'œil nu se sont groupés sous le signe du verseau."[1]

La question de la date exacte du commencement de la nouvelle ère du Verseau est assez contestée par les adeptes du Nouvel Âge eux-mêmes. Cependant Alain l'Astrologue que nous citons prétend que l'ère nouvelle a commencé au mois de février l962. Et effectivement l962 est la date de fondation des deux grands pôles du Nouvel Âge, c'est-à-dire Esalen Institute en Californie, et Findhorn en Ecosse.

1962 est aussi l'année où débute le Concile Vatican II. S'agit-il d'une coïncidence, d'une pure concomitance de deux mouvements qui n'ont absolument rien à voir entre eux, ou bien y a-t-il quelques liens ?

Nous voyons d'une part que le Nouvel Âge constitue pour le monde une crise, une rupture profonde avec les principes naturels tant de la connaissance, du bon sens, y compris la négation du principe d'identité, que des structures de la société. Nous voyons aussi que le Nouvel Âge a des prétentions religieuses nettement anti-chrétiennes, en entendant établir une nouvelle religion mondiale exclusive des autres.

D'autre part, nous constatons depuis le Concile Vatican II une crise sans précédent dans l'Église, qui est aussi une rupture : rupture avec la doctrine, la discipline, la tradition de l'Église.

D'où la question: le Nouvel Âge a-t-il eu une influence sur la crise actuelle de l'Église et sur Vatican II ?

 

La méthode qu'il nous faut suivre pour répondre à cette question est double, vu la nature du Nouvel Âge qui n'est pas une pensée purement spéculative, mais davantage spéculativo-pratique (elle donne une manière d'être, une manière de vivre). Il nous faudra ainsi d'abord comparer la pensée et l'esprit de Vatican II et la théologie moderne avec la pensée du Nouvel Âge ; et ensuite il nous faudra comparer les nouvelles manières d'être, les nouveaux comportements, nouveaux mouvements dans l'Église avec la nouvelle manière de vivre proposée par le Nouvel Âge.

 

Nous divisons notre étude en 4 parties :

1° l'esprit de Vatican II ou la crise de l'Église en général ;

2° la théologie moderne ;

3° les mouvements importants et nouveaux qui sont apparus dans la vie de l'Église ;

4° la personne de Jean-Paul II

 

Note préliminaire


Lorsqu'un agresseur approche plein de menaces, la personne agressée aura une réaction. Le Nouvel Âge s'avance de façon menaçante contre l'Église catholique, la religion, l'attaque violemment, et constatation : il n'y a pratiquement pas de réaction de la part de l'Église catholique, ni du côté de la hiérarchie, ni du côté des fidèles. Le vicaire général de Montauban, Mgr Jean Vernette, avec le groupe "Pastorale et sectes", de la Conférence épiscopale française, le Cardinal Danneels, Archevêque de Malines, ont certes fait des mises au point relativement sévères. Ici et là, il y a eu aussi quelques réactions timides, par ex. les fidèles qui soupçonnent que sous l'aspect bizarre du Nouvel Âge, il y a quelque chose de plus. Néanmoins, il n'y a pas dans cette réaction l'énergie de toute une Église qui devrait se défendre devant un dangereux agresseur.[2]

 


1° Crise de l'Église en général


a) Essayons de chercher le facteur commun aux différents éléments de la crise de l'Église : la crise actuelle de l'Église se manifeste principalement par :

- la collégialité

- la liberté religieuse

- et l'œcuménisme .

Ces trois points touchent l'Église, le concept de l'Église : la collégialité touche la structure de l'Église, donc l'essence de l'Église (hiérarchique et monarchique) ; la liberté religieuse quant à elle touche la relation de l'Église par rapport à l'État, à la Société civile ; et l'œcuménisme , pris ici dans le sens le plus large possible, concerne la relation de l'Église catholique avec les "autres religions".

 

b) Que ce soit le concept de l'Église qui soit touché dans la crise de l'Église, cela est corroboré par le fait que l'on parle d'une nouvelle ecclésiologie (par ex. Jean Paul II dans l'introduction au nouveau Droit canonique donne les caractéristiques de cette nouvelle ecclésiologie.) Or, l'ecclésiologie est la science théologique qui traite de l'Église. Parler d'une nouvelle ecclésiologie suppose une nouvelle science de l'Église. Les sciences sont spécifiées par leur objet. Il y aura autant de sciences diverses que d'objets divers. Cela peut être soit l'objet formel quo, c'est-à-dire la lumière, le point de vue avec lequel on aborde l'objet qui change, soit l'objet formel quod, c'est-à-dire l'objet en lui-même. Parler d'une nouvelle ecclésiologie suppose donc que, soit l'objet, c'est-à-dire l'Église, a changé, soit le point de vue duquel on approche l'Église. Il y aurait alors un nouveau paradigme. (Théorie chère au Nouvel Âge et aux théologiens modernes, mais opposée à l'irréfragabilité et l'immutabilité des dogmes (eodem sensu, eademque sententia) et à l'unicité de la lumière de la théologie, la foi.)

 

c) Jean Paul II, lorsqu'il était encore cardinal, ne parle pas seulement d'une nouvelle ecclésiologie, mais aussi d'une nouvelle définition de l'Église. Il précise que c'est la nouvelle perception de la transcendance de la personne humaine qui a permis à l'Église, à l'occasion du Concile Vatican II, de donner une nouvelle définition de son essence[3]. Manifestement cette définition se fait sous une nouvelle lumière (objet formel quo). Cette nouvelle définition laisse-t-elle intact l'objet formel quod, c'est-à-dire l'essence de l'Église ? Le fameux "subsistit" que l'on trouve dans Lumen gentium et dans Dignitatis humanae détruit l'identité "Église de Dieu" = "Église catholique" en distinguant le sujet et l'objet. Et le nouveau concept de "Peuple de Dieu" semble indiquer, lui aussi, un nouveau objet formel quod, donc un changement de l'essence de l'Église !

 

Que l'on regarde la nouvelle définition de l'Église, "le peuple de Dieu", le "subsistit", ou la collégialité, la liberté religieuse, l'œcuménisme, on constate un double facteur commun :

 

1. D'abord, tous ces nouveaux concepts font sauter les limites, la précision des concepts classiques de la théologie. Par exemple subsistit fait sauter l'identité entre l'Église de Dieu et l'Église catholique ; le subsistit introduit une distinction entre objet et sujet ;

La notion de Peuple de Dieu fait sauter les limites de l'Église. Le Pape lui-même a déclaré le 22 décembre 1986 : "À l'unité suprême de l'unique peuple de Dieu appartiennent déjà[...] les protestants, bien qu'ils ne soient pas en pleine communion avec le Saint Siège". C'est clair, on a fait sauter les limites de l'Église (définir veut dire poser les limites. Ici c'est le contraire, on dissout les limites.)

La notion de Liberté religieuse fait sauter le rapport normal, rapport unique, entre la vraie Église qui est l'Église catholique, et l'État. On attaque d'abord la relation privilégiée Église-État catholique, et ensuite on fait sauter celle-ci, puis on met l'Église catholique au niveau de toutes les autres religions (d'où l'État "neutre").

L'œcuménisme  qui est très proche de la nouvelle idée du peuple de Dieu fait, lui aussi, sauter les limites de l'Église : le Saint Esprit ne dédaigne pas les autres religions comme moyens de salut. Ce premier aspect est donc un aspect de dissolution.

 

2. Les concepts une fois dissous, on utilise ce qui reste pour le faire entrer dans un ensemble plus grand, c'est un aspect d'intégration, de synthèse. On fait entrer d'autres religions dans le nouveau concept de l'Église ; on fait entrer dans un nouveau concept d'autorité, la collégialité ; on fait entrer d'autres religions dans une nouvelle relation à l'État, un État soi-disant neutre.

 

Ces deux points dissolution/synthèse sont similaires à la méthode utilisée dans le Nouvel Âge par son principe synthétique, opposé au principe analytique[4]. Cela rappelle aussi le grand principe des francs-maçons "solve et coagula". Il est intéressant de constater à cette lumière cette curieuse phrase du Pape le 23 avril 1990 : "Aujourd'hui il est nécessaire de créer une langue commune, une nouvelle compréhension en détruisant tous les murs qui séparent hommes et nations" (destruction donc de tout ce qui sépare, de toute distinction) "et de mettre en mouvement toutes les forces spirituelles et morales pour la vie du troisième millénaire" (ici nous voyons la synthèse : unir toutes les forces spirituelles sans distinction ! en vue du troisième millénaire).

 

Conclusion de cette première partie : Entre la crise de l'Église et le Nouvel Âge, il y a pour le moins une similitude de méthode : méthode de désintégration, suivie d'une synthèse nouvelle irénique où l'on veut intégrer les contradictoires après les avoir dissous.

 

 

2° La théologie nouvelle


Le Cardinal Ratzinger a donné aux responsables des Commissions doctrinales des conférences épiscopales européennes une appréciation, une étude sur les aspects les plus notables de la contestation théologique actuelle au sein de l'Église catholique lors d'une réunion du 2 au 6 mai 1989 à Laxenburg, en Autriche[5]. Son étude comporte une remarque générale et ensuite trois points particuliers. Elle se base sur les grandes contestations de théologiens de ces dernières années, telle la déclaration de Cologne à laquelle s'étaient joints ensuite des théologiens d'Italie, de France et des États-Unis. Tout ce monde de théologiens avait protesté. Le Cardinal souligne quatre points de la contestation: la contraception, le refus de toute discrimination envers l'homosexualité, l'admission des divorcés remariés aux sacrements et l'ordination sacerdotale des femmes. Il continue en disant : "Quand on regarde ces réseaux de la contestation, il devient clair que ce qui est en cause dans ce catalogue apparemment si limité est en réalité une orientation globale nouvelle et cohérente. Le point de dissension ou les points de dissension reposent sur un changement beaucoup plus profond des paradigmes, c'est-à-dire des représentations fondamentales de l'être et du devoir de l'homme, même si cela n'est présent de manière consciente que chez une très petite partie de ceux qui se font les promoteurs de ce catalogue." Première appréciation : il y a un changement radical dans la théologie moderne. (et cette théologie moderne n'est pas un phénomène limité ; on la trouve partout, dans toutes les universités catholiques.)

 

Viennent ensuite trois points particuliers :

1° La création: "Il faut attirer l'attention tout d'abord sur une disparition quasi-totale en théologie de la doctrine de la création. Le déclin de la métaphysique va de pair avec le déclin de la doctrine de la création... Le succès d'une philosophie de l'évolution qui veut tirer de la nature des règles pour rendre possible, par une orientation opportune du développement futur, une optimisation de la vie..."

2° La divinité de Notre Seigneur: La christologie "s'aplatit nécessairement elle aussi ; en effet, le Logos, qui était au commencement, disparaît, puisqu'il n'y a plus de création. Puisqu'il n'y a plus de Créateur, la Sagesse créatrice n'est plus un thème de réflexion."

3° Les fins dernières: "Je voudrais enfin signaler un domaine de la réflexion théologique où ce qui domine est la menace d'une réduction radicale du contenu de la foi, celui de l'eschatologie. La notion de la vie éternelle joue aujourd'hui un rôle minimum dans la prédication." En fait, l'enfer n'existe plus, le purgatoire non plus, et le ciel, "le ciel n'est plus désormais que devant, et non plus au-dessus, c'est là que se trouve l'aspect trompeur de l'idée d'un monde meilleur qui pourtant aujourd'hui, chez les chrétiens aussi, semble être le véritable objet d'espérance et de vrai critère d'éthique."

 

Il est évident que le cardinal Ratzinger n'avait pas l'intention dans son étude de montrer une quelconque influence du Nouvel Âge. Et ce n'est d'ailleurs pas à cette conclusion qu'il aboutit. Néanmoins nous pouvons facilement mettre en parallèle ces divers points soulignés par le Cardinal, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avec les théories du Nouvel Âge:

 

a) changement radical de paradigme. Alain l'Astrologue avait dit : "Les valeurs encore en vigueur seront transcendées ou transformées"[6].

 

b) De façon plus précise, négation du Créateur: le même Alain l'Astrologue dit "Dieu est mort"[7] ou "l'idée d'un Dieu unique qui s'incarne dans un corps humain, Jésus de Nazareth"[8] (ce qui indique bien la suppression et du Créateur et de la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ). Ensuite, en ce qui concerne le ciel, le Nouvel Âge prétend que la planète terre serait divine et par conséquent il faut chercher le ciel sur la terre ou dans l'union à la terre. Le responsable de la Fraternité Blanche Universelle, Aivanoff, dit dans ce sens qu'il faut établir "le royaume de Dieu sur la terre"[9].

 

Conclusion de cette deuxième partie: entre la théologie moderne et le Nouvel Âge, il existe une similitude doctrinale frappante sur des thèmes fondamentaux.

 

3. Nouveaux mouvements dans l'Église.


À peu près en même temps que le Concile ou peu après, de nouveaux mouvements d'une importance notable dans l'Église sont apparus, entre autre l'engouement pour les techniques orientales de méditation, un œcuménisme  syncrétique, le féminisme et le charismatisme. Ce sont les mouvements les plus marquants qui donnent une impression de vie à l'Église d'aujourd'hui et qui sont pour certains sujet d'espérance...

 

A. Techniques de méditation orientale


Après le Concile Vatican II, on a pu assister dans l'Église à un véritable envahissement de techniques de prières orientales, tout particulièrement chez ceux qui, par vocation, sont voués à la vie de contemplation, les religieux.

 

 "Les expériences de cohabitation entre moines chrétiens, bouddhistes, hindouistes se multiplient sous la double marque de l'œcuménisme  et de l'inculturation. Les premiers appels à adapter le christianisme aux disciplines et aux philosophies asiatiques font leur chemin. Dans ce contexte on inaugure des tentatives d'utilisation du yoga, du zen et autres méthodes de méditation orientales, comme des instruments pour revitaliser la pratique spirituelle chrétienne négligée"[10]. Depuis, ce zèle pour l'orientalisme a gagné plus ou moins toutes les congrégations religieuses et les laïcs engagés ; je crois que vous pouvez les chercher, les couvents de religieux et religieuses où on ne pratique pas soit le yoga, soit la méditation transcendantale ou au moins où on n'ait pas invité, au cours de recyclages, ces religieux à faire usage de ces méthodes ; il s'agit d' un mouvement généralisé.

 

Quelques exemples donnés par "Trenta Giorni" : En Amérique du Nord les principaux centres catholiques de méditation transcendantale sont : le carmel de Brookville, dans le Massachusetts, l'abbaye cistercienne de Snowmass dans le Colorado, le monastère bénédictin de Montréal au Canada ; voyez : carmels, cisterciens, bénédictins, tout le monde s'y retrouve. On pourrait aussi citer les abbayes bénédictines d'Allemagne, la célèbre abbaye de St. Ottilien dont le Père Abbé chaque année va au Japon apprendre à méditer... Dans les paroisses (États-Unis) vous trouvez des "Christian meditation communities" des "communautés de méditation chrétienne" ; ils se mettent la tête en bas et les pieds en l'air, dans toutes les positions possibles et imaginables pour soi-disant se lancer dans la prière profonde. En Europe, des maisons de retraites spirituelles servent de base de lancement ; en Suisse il semble que les pionniers soient les capucins, à Arth en particulier en Suisse alémanique, et à Madonna del Sasso près de Locarno au Tessin, ou aussi dans d'autres maisons comme à San Rocco. Les jésuites ne sont pas de manque : le Père Mariano Ballester qui est le directeur du centre international de pastorale de la prière à Rome, le Père jésuite japonais Kollowaki qui dispense des cours de zen et qui est lié au Père Mario Ballester ; à l'Université grégorienne c'est le moine bouddhiste Hozumi qui organise des retraites pour les étudiants de l'Université Pontificale. Un autre Père Jésuite très fameux dans ce domaine est le Père de Mello. Un autre exemple: le Père barnabite Antonio Gentili qui est maître des novices et collaborateur au mensuel "Jesu", est l'inspirateur de la fusion entre prière chrétienne et technique orientale. Il donne des cours à la maison de retraites d'Eupilio près de Côme et aussi dans de nombreuses paroisses et instituts religieux de Rome. La situation en est arrivée à un tel point que la Congrégation pour la Doctrine de la foi a été obligée d'intervenir En effet, le cardinal Ratzinger a publié un texte de mise en garde[11], mais typique de l'état d'esprit actuel : la mise en garde est tellement mitigée que finalement tout le monde reste sur ses positions parce que tout le monde a trouvé quelque chose pour soi. Enfin il nous faut tout de même faire remarquer cette tentative de mise en garde de la part de Rome.

 

Concluons : malgré l'effort de christianiser ces méditations orientales en les présentant comme de simples techniques, le rapport est ici évident avec le Nouvel Âge qui prône les mêmes techniques, c'est-à-dire méditation transcendantale, yoga, zen. Ces techniques sont pour le Nouvel Âge une des clés de voûte des moyens mis en œuvre par le mouvement du Nouvel Âge, elles visent à provoquer ce nouvel état de conscience, cet état second où l'on fait soit-disant l'expérience de l'unité du moi et de l'univers appelée aussi expansion de la conscience.

 

B. L'œcuménisme .


Ces recherches et ces contacts avec l'Orient ont contribué au syncrétisme qui se développe et qui culmine à Assise. (En fait, Assise a déjà été dépassé. À Assise, soi-disant, on s'est réuni ensemble pour prier et non pas pour prier ensemble, une distinction inventée pour la cause, mais à Toronto, c'était le 14 février 1988, se sont réunis les sikhs, les juifs, les musulmans, les catholiques, les protestants, les quakers, les zoroastres, les indiens, et ils ont prié cette fois-ci ensemble. Il n'est pas difficile de préciser que le nom de Jésus-Christ n'a pas été prononcé.) Les promoteurs de la méditation transcendantale dans l'Église catholique sont ceux qui promeuvent aussi une grande union des religions.

Quelques exemples "Personne ne peut dire au sens propre que l'hindou, le bouddhiste ou le musulman est un incroyant, je dirais plutôt que nous devons reconnaître en eux un frère dans le Christ. Notre tâche en Inde n'est pas d'apporter le Christ à l'Inde, comme s'il pouvait être absent, mais bien de découvrir le Christ déjà présent et actif dans l'âme hindoue"[12].

Autre exemple, le Père Edward Hays, sur l'ordre de son évêque Mgr Ignatius Strecker de Kansas City, a dû aller passer une année en Orient, il a dû aller se rafraîchir les idées au contact de ces religions, de ces cultures, et à son retour, bien sûr sous la couverture de l'évêque, il a fondé une maison de prières, une Shantivanam, à Kansas City. La chapelle de ce Shantivanam est une pièce octogonale dont l'intérieur est disposé un peu à la manière des stations de chemin de croix, c'est-à-dire qu'il y a plusieurs stations : on commence par un oratoire à Shiva, deuxième station c'est Bouddha, ensuite il y a une copie des Saintes Écritures puis on trouve un tabernacle (Saint Sacrement), ensuite une image de Notre-Dame de Guadaloupe, ensuite un crucifix, et on aboutit finalement à la Création, c'est la place d'honneur et elle est donnée à la création. Le Père Édouard Hays parle de "Bouddha et des autres saints sauveurs"[13].

Autre exemple de ces chercheurs, le fameux Thomas Merton, trappiste pendant 27 ans à l'abbaye de Gethsémani dans le Kenctuky, lors de la première conférence au sommet du "Monde spirituel", "Le World Summit conference", qui s'est fait sous la responsabilité du fameux "Temple de la Compréhension", déclarait en 1968 à Calcutta : "nous découvrons une unité plus ancienne. Mes chers frères, nous sommes déjà un, mais nous nous imaginions que nous ne le sommes pas, et ce que nous avons à redécouvrir est notre unité originelle. Ce que nous avons à être est ce que nous sommes"[14]. Nous sommes tous un.

Dans le même sens Mère Teresa de Calcutta a aussi donné une conférence au Temple de la Compréhension. Une autre fois, elle a déclaré : "Ce que nous essayons de faire, ce que nous essayons tous de faire par notre travail en servant les gens, est de devenir plus proches de Dieu" - donc s'approcher de Dieu - "si en approchant de Dieu... nous l'acceptons dans nos vies, alors nous nous convertissons, nous devenons un meilleur hindou, un meilleur musulman, un meilleur catholique. Quelle approche userais-je ? Pour moi bien sûr ce serait l'approche catholique, pour vous ce pourrait être une approche hindoue - elle parle à  un certain Desmond Doig -, pour quelqu'un d'autre ce serait une approche bouddhiste. Selon votre conscience propre, ce que Dieu est dans votre esprit, c'est cela que vous devez accepter"[15]. Donc c'est la conception que vous vous êtes faite de Dieu, c'est cela que vous devez accepter.

Ces moines ont fait œuvre de pionniers en jetant des ponts interreligieux avec ces théories dissolvantes qui ont bien préparé l'événement encore inimaginable il y a peu d'Assise.

Assise, pour les protestants évangéliques réunis à Zurich en septembre 1987, dans une déclaration qui s'intitulait "Un monde, une religion", Assise c'est le Nouvel Âge et donc il faut attribuer la cause d'Assise non pas tellement au Pape qu'au Nouvel Âge. Et le Professeur Max Türkhauf, professeur de physique et philosophe aussi, (dans un entretien personnel), pense qu'il faut attribuer Assise au Nouvel Âge, et la preuve qu'il en apporte, ou l'indice, c'est que l'idée d'un rassemblement mondial de toutes les religions pour la paix existait avant que Jean-Paul II en parle ; on la trouve chez d'autres personnes, et donc elle ne serait pas originale à la pensée de Jean-Paul II, elle ne vient pas nécessairement seulement de lui. En effet, Karl Friedrich von Weizsäcker est depuis des années, au moins depuis les 70, le promoteur d'un concile mondial des religions pour la paix. Karl Friedrich von Weizsäcker est secondé par le Conseil œcuménique des Églises dans cette démarche. Karl Friedrich von Weizsäcker est un des grands pontifes du Nouvel Âge en Europe, sans aucun doute. Et le Dalaï Lama est aussi promoteur d'une réunion de toutes les religions mondiales pour la paix. Or les deux, Karl Friedrich von Weizsäcker et le Dalaï Lama, ont vu plusieurs fois le Saint Père, avant et après Assise  On pourrait dire le Pape reçoit tout le monde, alors il a pu aussi bien recevoir ces personnages-là ; mais il ne s'agit pas d'une simple visite : par exemple Weizsäcker a été un invité à participer à l'une des académies d'été de Castelgandolfo. Chaque été le Pape invite des grands personnages pour se faire conseiller, et lors d'une de ces réunions un de ces invités était Karl Friedrich von Weizsäcker qui est un protestant converti à l'hindouisme. C'est en Inde qu'il aurait découvert la Vérité, en fait, la philosophie hindoue syncrétique.

 

C. Féminisme.


Au même moment où, dans le monde entier, se fait connaître et grandit le mouvement de l'émancipation de la femme qui se radicalise dans le féminisme, nous voyons dans l'Église catholique apparaître la théologie féministe qui partage les théories aberrantes que l'on trouve dans le Nouvel Âge :

a) Féminité de la divinité.

b) Égalité ou supériorité de la Femme-Dieu.

c) Nécessité de transformer les structures sociales de la famille, de la société et de l'Église (ordination des femmes, etc). Voici quelques exemples :

SCP Newsletter présente ainsi un livre de Charlène Spretnak, féministe et écologiste allemande[16] : "Le culte de la déesse, paganisme, Wicca et sorcellerie, tout cela sont des noms pour désigner une forme de religion naturelle qui est centrée sur le mystère, la sexualité et les capacités psychiques de la femme... Le point de départ de l'auteur, pour le rétablissement de la domination de la femme est de mettre fin à la religion judéo-chrétienne."

Naomi Goldenberg, déclare de son côté : "Dieu va devoir changer. Nous les femmes, nous allons mettre fin à Dieu... Nous serons sa fin. Nous voulons changer le monde d'une telle manière qu'il n'y aura plus de place pour Dieu. Jésus-Christ ne peut pas symboliser la libération de la femme... les féministes doivent laisser Christ et Bible derrière elles."[17]

À ces blasphèmes répondent en chœur les féministes catholiques : Rosemary Ruether déclare : "... ma dévotion envers Marie était quelque chose de moins que ma dévotion à des femmes bien plus puissantes que je connaissais, Isis, Athena et Artemis."[18]

En avril 1985, la même Ruether déclarait : "en tant que féministe, je n'arrive à voir qu'une seule raison de rester dans l'Église catholique, essayer de la changer."[19]

À Washington, réunion du 10 au 12 octobre 1986 réunissant plus de deux mille féministes catholiques. Cette conférence portait comme titre : "La femme dans l'Église". Sœur Madonna Kolbenschlag attaque la papauté, l'Église, la civilisation occidentale, la tradition judéo-chrétienne, la Trinité, le monothéisme : "Quelqu'un me demandait: que pouvons-nous sauver du mythe trationnel de Dieu qui ne soit pas destructeur ? Je ne pense pas que sauver quelque chose soit notre affaire. La foi est le processus qui remplace continuellement des métaphores de Dieu. Les femmes aujourd'hui doivent proclamer leur réalité, spécialement par le pouvoir d'une sexualité holistique et le droit à l'expression responsable, libre et personnelle de celle-ci".[20]

Autres exemples: dans la paroisse Saint-Boniface à Stewart, Minnesota, une Sœur-Curé, disciple du Père Fox, remplace la croix de l'autel par un globe terrestre. Les fidèles ont droit au "Notre Mère..." etc. Finalement, devant l'incompréhension de ces mêmes paroissiens, l'évêque ferme la paroisse. Seul reproche à la Sœur : elle est allée trop vite ![21] En Suisse, en Allemagne, les féministes sont très actifs au sein de l'Église catholique. Cela ne se réduit pas simplement aux servantes de messe. La récente Déclaration de Lucerne (22 mars 1991)[22] en est une bonne illustration, et chaque fois, la connotation New Age est présente.

 

D. Le charismatisme.

 

Il est vrai que plusieurs charismatiques, par exemple le cardinal Dannels, rejettent la connexion supposée entre eux-mêmes et le Nouvel Âge. Cependant les ressemblances sont bien nombreuses, trois au moins :

 

La puissance de l'esprit qui est libéré au moment d'une réflexion appelée méditation ou prière de groupe ; il faut mettre en parallèle la méditation transcendantale qui libère l'esprit dans le Nouvel Âge, et le charismatisme où, dans des espèces de réunions de prière méditative où tout le monde se met à parler en langues, on assiste à une libération de l'esprit (quel esprit ?).

 

la guérison par l'imposition des mains qui est si fameuse dans le mouvement charismatique, est une chose classique dans le Nouvel Âge qui prétend par ces impositions transmettre l'énergie guérissante

 

la dissolution des limites et des structures de l'Église. Pourquoi ? Parce qu'on donne plus d'importance aux révélations de l'esprit qu'à l'autorité de la hiérarchie. On fait donc sauter les structures de l'Église, et on en fait sauter les limites en ce sens qu'on attribue autant de force aux déclarations de cet esprit, qu'elles viennent d'un groupe charismatique catholique, protestant ou autre (pour autant qu'on fasse encore la distinction entre les groupes catholiques et les groupes protestants).

Les chrétiens évangéliques, déjà cités, lors de leur congrès de Zurich du 13 au 16 septembre 1987, déclarent : "à l'intérieur du mouvement charismatique qui est diversifié, dans lequel existe certes aussi une vraie proclamation biblique, on voit à l'œuvre en beaucoup d'endroits des faux prophètes, des faiseurs de miracles qui, croyant restaurer les conditions du christianisme primitif, et se basant sur l'expérience spirituelle commune mais sans réelle unanimité quant à la doctrine biblique, veulent réaliser l'unité de tous les chrétiens, le réveil du monde et l'instauration du royaume de Dieu déjà maintenant sur cette terre. Cette orientation œcuménique utopique pourrait préparer les voies de la religion mondiale unitaire antichrétienne".[23]

 

En conclusion de cette partie : entre ces nouveaux mouvements ecclésiaux et le Nouvel Âge, il y a une parenté claire et nette.

 

4. Le Pape Jean-Paul II.


En analysant les faits et gestes de Jean-Paul II, on trouve de nombreux points troublants. Ceux-ci pourraient recevoir un éclairage intéressant si on les rapprochait du Nouvel Âge.

 

Tout d'abord dans son passé, admiration pour Mieczyslav Kotlarczyk, ce régisseur de la troupe de théâtre auquel a appartenu Karol Wojtyla. Or c'est un fait connu que Kotlarczyk est complètement imbu des théories de Helena Blavatsky. Helena Petrona Blavatsky est la fondatrice de la théosophie qui est à l'origine du Nouvel Âge.

Un autre point, Jean-Paul II est l'un des rédacteurs de "Gaudium et spes" qui  invite à un nouveau rapport entre l'Église et le monde, précisément le rapport condamné par le Syllabus.

 

Au sujet des visiteurs : Jean Paul II reçoit le Dalaï Lama et von Weizsäcker qui sont des maîtres du Nouvel Âge, il reçoit aussi des institutions du Nouvel Âge tel le Club de Rome ou la Trilatérale.

Il organise et favorise des réunions interreligieuses, entre autres Assise.

Mgr Rossano, doyen de l'Université du Latran[24], parle de nouveauté ecclésiale en parlant de l'évangélisation, en disant que maintenant l'évangélisation doit se faire avec le dialogue[25] : "On ne peut plus concevoir la mission évangélisatrice de l'Église sans dialogue". Quels sont les fruits de cette nouveauté ecclésiale ? "Significatif en ce sens a été le fait de voir se multiplier en beaucoup de pays les organisations interreligieuses finalisées par la connaissance et la réciproque collaboration entre "fois"[26] différentes. D'après une étude récente, en 1980 elles étaient presque 60, dont plus de la moitié nées avec ou après le Concile". Or pour la nouvelle religion mondiale du Nouvel Âge il est capital de fonder ces espèces de sociétés, d'associations interreligieuses, pour établir le syncrétisme.

 

Il y a d'autres éléments. Jean Paul II a signé le 8 décembre 1989 un document pour la journée mondiale de la paix. C'est un message adressé au monde entier, un message tout à fait écologique thème si cher au Nouvel Âge. On y trouve entre autres le passage suivant : "bien plus, hommes et femmes qui croient en Dieu créateur et qui sont par là même convaincus qu'il y a une unité et un ordre bien définis dans le monde, se sentent appelés à s'occuper du problème. Les chrétiens en particulier comprennent que leur responsabilité et leur devoir au sujet de la nature et du Créateur sont une part essentielle de leur foi. En conséquence, ils sont conscients d'une ouverture d'un immense champ, d'un vaste champ œcuménique et d'une coopération interreligieuse". Donc la foi au Créateur et leur devoir envers la nature impliquent la conscience de l'ouverture d'un immense champ œcuménique et d'une coopération interreligieuse ! On utilise le souci de la nature pour aboutir à cette unité interreligieuse, cette coopération interreligieuse et œcuménique.

 

Quelques citations[27] corroborent encore la désagréable impression : "Vous voulez donc regarder le chemin qu'il faut parcourir pour atteindre un "monde uni" - donc un monde un - avec la conscience que cet idéal c'est l'histoire... La perspective du monde uni est la grande attente des hommes d'aujourd'hui, l'espérance et en même temps le grand défi du futur. Nous nous rendons compte que nous sommes en train de procéder vers l'unité sous la poussée d'une exceptionnelle accélération. Les événements que nous vivons se multiplient et nous pressent, nous poussant à formuler de suite, sans hésitation ou paresse, des réponses adéquates et originales. L'Église regarde l'approche du 3ème millénaire comme une échéance fortement engageante pour une évangélisation renouvelée." Mais qu'est-ce que cette évangélisation ? Ce n'est pas convertir, ce n'est pas réunir à l'unité de l'Église, c'est autre chose. "La décennie entamée s'avère pour les chrétiens comme un nouvel Avent, une étape significative... À tout le monde donc - voyez quelle évangélisation - il est demandé d'éduquer sa propre conscience à des sentiments de respectueuse cohabitation, de concorde, de fraternité, étant donné que sans eux il n'est pas possible de réaliser un véritable chemin d'unité et de paix". Cela c'est le 2 avril 1990.[28]

Le 13 janvier de la même année 1990, donc un peu auparavant : "Un messianisme terrestre s'est effondré et la soif d'une nouvelle justice jaillit dans le monde. Une grande espérance s'est levée de liberté, de responsabilité, de solidarité, de spiritualité. Tous appellent une nouvelle civilisation pleinement humaine, en cette heure privilégiée que nous vivons. Cet immense espoir de l'humanité ne doit pas être déçu : tous nous avons à répondre aux attentes d'une nouvelle culture humaine.... Et les hommes d'État eux-mêmes semblent hésiter sur le chemin à emprunter pour construire ce monde fraternel et solidaire que tous nos contemporains appellent de leurs vœux..."[29]

Le 24 juin 1990, au Rotary Club : "Dans les années à venir, cet engagement moral de protéger la dignité et de répondre aux besoins de nos frères et sœurs doit inspirer le développement de nouvelles structures politiques et économiques visant à assurer un développement intégral de toutes les nations, et la création d'un ordre international marqué par une authentique justice sociale, économique, une paix durable".[30]

Encore une autre, le 24 mars 1990 : "Les événements récents dans le monde ont démontré clairement le désir profond et durable de populations entières de vivre en paix, de mettre de côté les vieilles hostilités, et de s'unir pour forger une nouvelle ère de compréhension internationale"[31]

Aux jésuites, le 19 octobre 1990, indiquant les thèmes que devrait aborder la revue "Civilta Catholica" : "Le problème œcuménique, le dialogue des cultures, l'inculturation de la foi, les problèmes de l'indifférence religieuse, du sécularisme, de l'athéisme, les problèmes de la famine, du sous-développement et de l'environnement doivent être les thèmes sur lesquels votre revue s'engage à réfléchir, en suivant les indications que je vous ai données en particulier dans l'encyclique  Sollicitudo Rei Socialis et en faisant comme j'ai dit dans l'encyclique Redemptor hominis, de l'homme, la voie de l'Église."[32]

 

Bien sûr, on pourrait avancer que le Pape dit tout cela dans sa vision des choses qui ne correspond pas nécessairement à la vision du Nouvel Âge. Quelle que soit la position subjective ou la vision du Pape, ce qu'il a dit objectivement favorise le Nouvel Âge dans son caractère mondialiste et uni(totali)taire, c'est un fait, de par la parenté des thèmes et des termes : dire ce qui vient d'être cité, c'est soutenir le Nouvel Âge objectivement.

 

Si cet article n'était pas déjà trop long, nous pourrions étudier certains phénomènes locaux où la crise de l'Église et le Nouvel Âge ont réalisé une telle symbiose que l'on ne voit plus de différence entre l'Église (?) et le Nouvel Âge, phénomènes que l'on rencontre par exemple aux États-Unis, en Irlande, en Suisse.

 

Conclusion


Dans les divers domaines abordés dans cette étude sommaire, nous avons pu constater une similitude et une parenté souvent profondes de méthode, de principes et de points importants de doctrine telles qu'il nous faut affirmer l'existence d'un lien entre la crise de l'Église et le Nouvel Âge.

Ce lien est-il strictement un lien de cause à effet, le Nouvel Âge étant alors la cause des malheurs de l'Église, le microbe qui cause la maladie dont languit l'Église ? Les données de la crise de l'Église sont si vastes qu'il nous semble impossible et contraire à la réalité que de prétendre les réduire au mouvement du Nouvel Âge. Cependant, dans certains domaines, l'influence est indéniable.

Tout en acceptant cette influence, en partie même réciproque entre le Nouvel Âge et la crise de l'Église, ne gagnerait-on pas encore davantage en compréhension de ces deux crises si l'on recherchait, en admettant que Nouvel Âge et crise de l'Église soient des mouvements parallèles, une cause peut-être commune plus élevée de ces maux qui gangrènent la société et l'Église ?


[1]Alain the Astrologer cité par Ruppert dans New Age, Endzeit oder Wendezeit ?, Wiesbaden, 1985, p. 108-114

[2]"Le Nouvel Age est l'un des défis importants que devra affronter le christianisme dans les années à venir, d'abord parce que ces mouvements sont soucieux de hâter sa disparition pour faire place à la future religion mondiale" groupe national Pastorale et Sectes, 7 novembre 1988. Cf aussi Lettre pastorale de Noèl 1991 du Cardinal Danneels, Doc. Cath. 3.2.1991, p117sq.

[3]citation d'après la version allemande de Segno di contraddizione, Meditazioni (Milano 1977): "Die Kirche unserer Zeit ist dieser Wahrheit tief bewusst geworden. In ihrem Licht ist es ihr geglückt, im Zweiten Vatikanischen Konzil ihr eigenes Wesen neu zu bestimmen." L'Église de notre temps est devenue profondément consciente de cette vérité. [La transcendance de l'homme.] À sa lumière, elle a réussi, lors du Concile Vatican II, à déterminer à nouveau sa propre essence. Cette phrase ne se trouve plus dans la version française, postérieure...

[4]"Une des plus importantes caractéristiques de la Nouvelle Ère est le principe synthétique. Notre époque jusqu'à aujourd'hui a été marquée par un procédé analytique et décomposant. Les résultats positifs consistent dans une augmentation de la connaissance détaillée et dans des connaissances de plus en plus exactes et fondées dans les domaines partiels. Les aspects négatifs sont la dispersion, la formation d'écoles limitées, la querelle sur le dogme, la manie de toujours avoir raison et l'affirmation de tout savoir mieux. L'esprit synthétique de la conscience New Age ne signifie pas un ramassis acritique de toutes les traditions diverses possibles, mais plutôt une attitude qui assume les connaissances acquises jusqu'à aujourd'hui, leur donne une nouvelle valeur, et selon leur place dans cette nouvelle échelle de valeurs, les introduit dans un système d'ordre supérieur et les transforme. Une telle attitude signifie un tel changement radical de la manière de penser que ce renversement scientifique et social a été appelé la nouvelle révolution copernicienne." Geisler, "New Age - Zeugnisse der Zeitenwende", 1984, p.30. (auteur E. Hanefeld)

"La philosophie spirituelle de la Nouvelle Ère veut nous unir à nos racines mystiques. Tous les fondements de New Age tendent à l'unité. On recherche l'unité avec la nature ainsi que l'unité d'esprit et de matière, l'intégration des termes opposés homme et femme. À cette recherche d'une nouvelle unité, d'un réveil des divagations du dualisme cartésien qui dominait la morale et la théorie de la connaissance de la dernière phase de l'âge antérieur, les phénomènes paranormaux trouvent de nouveaux et de vrais observateurs. New Age, avec ses connaissances et ses thérapies conduit à une éthique globale qui est en accord avec notre époque, une éthique clairement écologique. Disons seulement que le dualisme des sexes et la morale sexuelle qui en découle appartient au passé, ainsi que le dualisme employé- employeur et l'éthique sociale qui en découle. Il n'existe plus cet antagonisme, entre tous le plus décisif et le plus tragique de l'histoire de l'occident, l'antagonisme vie-mort, ici-bas - au-delà." Geisler, op.cit., p. 48

[5]Doc. cath. N. 1951, 1er octobre 1989, p. 847-850

[6]cité par Ruppert, New Age, Endezeit oder Wendezeit, Wiesbaden, p. 108-114

[7]idem

[8]idem

[9]Aivanhov, Livre de la Magie divine, Fréjus,1987,p. 202

[10]30 Jours, Trenta Giorni août-septembre 1989, article "Yoga connection", p. 15

[11]Documentation Catholique n° 1997 (janvier 1990)

[12]Père Bède Griffiths, dans Christ in India - Le Christ en Inde, 1966, p.196-217.

[13]Secular sanctity, Forrest of Peace Books, Easton, Kansas, 1984, p.16

[14]cité par William Shannon, Thomas Merton's Dark Path, the experience of a Contemplative, Éd. Farrar Straus Giroux, New York, 1981, p. 215

[15]Desmod Doig, Mother Teresa, her people and her work, William Collins & Co, Glasgow, 1976, p. 136

[16]SCP Newsletter août-septembre 1982, p.5. Charlène Spretnak, The Politics of Women's spirituality (La politique de la spiritualité féminine). Anchor Books Doubleday 1982

[17]Naomi Goldenberg, Changing of the Gods: feminism and the end of traditional Religions, Beacon press, Boston 1979, p3 et 22.

[18]Journeys: The impact of personnal experience on religious thought, Gregory Baum Editors, p 43-45.

[19]US Catholic, "les Édit. Interview Rosmary Ruether", avril 1985, p. 19

[20]Joseph Sobran, The Wanderer, 23 oct. 1986, p.1

[21]Donna Steichen, Fidelity, septembre 1989, p.28.

[22]Controverses, avril 1991

[23]Résister et construire, publié par Jean-Marc Berthoud, à Lausanne, septembre 1988, pp 16 et 17.

[24]Université qui dépend du Pape. NDLR.

[25]Osservatore Romano du 29 août 1990

[26]Les guillemets sont de nous. NDLR.

[27]cf Documentation sur la Révolution dans l'Église, abbé Tam, Éditions Fideliter, 1991. Toutes les citations qui suivent sont tirés de cette intéressante brochure qui ne fait que citer l'Osservatore Romano.

[28]idem, p. 51

[29]idem, p. 52

[30]idem, p. 53

[31]idem, p. 59

[32]idem, p. 45-46

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 1

p. 7-24

Les thèmes
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