Hommage à Arnaud de Lassus
Pour rendre hommage à Arnaud de Lassus (9 mai 1921 – 26 janvier 2017), une grande figure du combat contre révolutionnaire, nous avons choisi de publier trois textes. Le sermon prononcé aux Journées Jean Vaquié 2017 lors d’une messe de requiem pour le repos de son âme, un article de Jean-Claude Dupuis paru sur le site « Mouvement Tradition Québec », et un texte qu’il a publié il y a juste trente ans, en novembre 1987, qui montre sa clairvoyance dans le combat contre les ennemis de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Le Sel de la terre.
Sermon du 15 juillet 2017
Il est juste de célébrer cette messe pour le repos de l’âme d’Arnaud de Lassus dans le cadre des J.J.V. En effet on peut le considérer comme un des cofondateurs de ces journées.
Lorsqu’en novembre 2003 parut La Paille et le Sycomore de Paul Sernine avec l’objectif de ridiculiser dans nos milieux les notions de gnose, de complot et de Contre-Église, Arnaud de Lassus fut l’un des premiers à s’alarmer et à réagir. En décembre 2003, à peine un mois après, l’A.F.S. publiait un article d’une quinzaine de pages intitulé « Une controverse sur la gnose » :
Des amis comme Jean Vaquié et Étienne Couvert étant directement visés, la question de fond soulevée étant importante, nous pensons utile de faire le point sur cette controverse en parlant d’abord des personnes, ensuite des idées.
Et sa conclusion était :
• Le livre de Paul Sernine mérite une certaine attention du fait de sa diffusion en milieu traditionnel et des recensions favorables qui en sont faites ici ou là.
• Il est profondément injuste à l’égard de Jean Vaquié et d’Etienne Couvert, et cette injustice devait être relevée.
• En cherchant à discréditer la thèse des Cahiers Barruel et d’Étienne Couvert, Paul Sernine tend à discréditer, par là-même, toute une série d’auteurs contre-révolutionnaires qui ont défendu des thèses très proches de celle des Cahiers Barruel auteurs comme le père Nicolas Deschamps, Dom Guéranger, Mgr Freppel, Mgr Jouin, Dom Maréchaux, Dom Paul Benoît, l’abbé Emmanuel Barbier, l’abbé Jules Meinvielle, Epiphanius. C’est tout un pan du combat contre-révolutionnaire depuis 150 ans qui est ainsi ridiculisé.
• Les jeunes générations qui liront Paul Sernine se feront une idée fausse de ce combat. Ne croyant pas à l’existence d’une « gnose transhistorique », elles risqueront de se faire facilement tromper par les manifestations modernes d’une telle gnose.
• La controverse en cours donne un certain piment à la question de la gnose (c’est l’un de ses côtés positifs). Tachons d’en tirer parti pour acquérir une meilleure connaissance du sujet.
Cependant Arnaud de Lassus ne s’en tint pas là.
Le 25 janvier 2004 il participait à une réunion où quelques personnes étaient venues réfléchir à la manière de réagir à cette campagne de diffamation et de désinformation. Il prit la parole et ses premières questions furent : « Quel est le réseau ? quel est le but ? » puis il élaborait un plan quasi militaire de riposte à l’attaque.
De cette réunion et de quelques autres qui suivirent, auxquelles il participait avec régularité, naquirent les J.J.V., la 1ère ayant eu lieu en août 2004. Arnaud de Lassus participa à toutes les J.J.V. de 2004 à 2014. Il donna onze conférences et participa à cinq tables rondes.
Voici les titres des conférences, qui donnent une idée des sujets qui l’intéressaient :
« La tradition gnostico-kabbaliste » ; « L’école de Francfort » : « Israël et le remodelage politique du Moyen-Orient » ; « Marranes et Marranisme dans les temps modernes » ; « 50 ans d’expérience de lutte contre-révolutionnaire. Quelles leçons tirer ? » ; « Réseau homosexuel et subversion. Deux exemples : l’affaire des espions de Cambridge (1935-1965) et le clergé américain au 20e siècle » ; « Les cercles du Mondialisme » ; « Techniques et manœuvres de la Révolution moderne : gestion des contraires, droite/gauche, le noyau dirigeant, le marranisme, les manipulations médiatiques… » ; « Adveniat regnum tuum : quelle action pour les catholiques en 2012 ? » ; « Les Journées mondiales de la jeunesse (J.M.J.), agent de changement pour une nouvelle Église » ; « Menaces contre la famille d’aujourd’hui ».
Dans les tables rondes, il traita des sujets suivants :
« Les origines de la franc-maçonnerie » ; « L’Église et la synagogue » ; « Le 3e Temple ? » : « Le père Lantéri » ; « Le Noachisme ».
Leçons de 50 ans d’expérience de lutte
Dans sa conférence « 50 ans d’expérience de lutte contre-révolutionnaire », voici les sept leçons qu’il nous invitait à tirer :
1. La fidélité aux principes [souligné dans l’original] ;
2. De bonnes bases doctrinales ;
3. Une bonne connaissance des adversaires ;
4. Une certaine discrétion ;
5. Méfiance et vigilance à l’égard des éléments de désordre (conscients ou inconscients) présents parmi nous ;
6. Éviter l’irréalisme dans l’action (moyens de combat inadaptés - action au-dessus de ses forces - illusions réformistes...) ;
7. Éviter les provocations ayant pour but de nous entraîner dans des actions intempestives.
Développons les trois premières leçons :
1. La fidélité aux principes
Le plus grand des malheurs pour un siècle ou pour un pays, c’est l’abandon ou l’amoindrissement de la vérité. On peut se relever de tout le reste ; on ne se relève jamais du sacrifice des principes. […] rien n’est perdu tant que les vraies doctrines restent debout dans leur intégrité. Avec elles tout se refait tôt ou tard, les hommes et les institutions, parce qu’on est toujours capable de revenir au bien lorsqu’on n’a pas quitté le vrai. Ce qui enlèverait jusqu’à l’espoir même du salut, ce serait la désertion des principes, en dehors desquels il ne se peut rien édifier de solide et de durable [1].
Ces principes que nous devons tenir, ce sont les principales vérités de la doctrine morale et politique, par exemple ceux du Syllabus [2].
2. De bonnes bases doctrinales
La formation doctrinale est importante en toutes circonstances
Elle l’est particulièrement aujourd’hui où la principale action politique que nous puissions mener est la reconquête intellectuelle (Cf. la consigne donnée par Pie XII en 1950 : « La formation doctrinale est ce qu’il y a de plus nécessaire en France à l’heure actuelle »).
Cette formation doctrinale se fait notamment par les cellules doctrinales comme le fit la Cité catholique dont Arnaud de Lassus fit partie.
3. Une bonne connaissance des adversaires
[Arnaud de Lassus relevait l’]ignorance, dans les milieux traditionnels, de la question juive et du rôle de la franc-maçonnerie.
Nous avons affaire, [notait-il à propos du livre] Histoire des juifs, d’Abraham à nos jours, à une présentation inexacte du rôle des juifs. […] Rien sur l’opposition fondamentale entre l’Église et la Synagogue, sur la puissance de désagrégation de l’esprit juif ni sur l’œuvre de déchristianisation menée par des forces talmudiques. En faisant silence sur la vraie nature du Talmud et sur la réalité de l’affrontement judéo-chrétien, l’auteur oublie l’essentiel de la question et laisse croire au lecteur qu’il la traite et profondeur. […] une telle présentation, visiblement destinée aux milieux traditionnels, peut être très néfaste. Elle fait perdre le sens de l’ennemi. En présence d’un danger trop méconnu, il faut d’abord connaître, et faire connaître son existence [ici Arnaud de Lassus recommande Pour qu’il Règne de Jean Ousset] ; puis connaître et faire connaître le danger lui-même, avec la précision ... et la prudence requises [ici il recommande les livres du père Meinvielle et de l’abbé Joseph Lemann].
Comme autre exemple de méconnaissance de l’ennemi, Arnaud de Lassus note :
Acceptation comme allant de soi de la politique américano-sioniste au Proche Orient et du mythe de la « guerre au terrorisme ».
Dans les séminaires traditionnels : absence de la formation « Pour qu’il règne ».
Cette absence de formation à la connaissance de l’ennemi explique en grande partie la faiblesse actuelle des autorités de la Fraternité Saint-Pie X par rapport aux sirènes de Rome. Du vivant de Mgr Lefebvre, lui-même ou des personnes qu’il faisait venir à Écône, comme le professeur Faÿ, donnaient cette connaissance de l’ennemi, mais cela a peu à peu disparu après sa mort.
La disparition d’Arnaud de Lassus est une perte pour le combat contre révolutionnaire. En soixante ans d’un travail acharné, il avait accumulé une connaissance et une expérience très étendue du combat. Il avait aussi noué de liens d’amitié avec les personnes les plus diverses, ce qui lui permettait d’avoir des renseignements de première main.
A nous de nous mettre au travail, si nous voulons que ce combat ne s’arrête pas, faute de combattant. Prions Notre-Dame qu’elle suscite des combattants : Dignare me laudare te Virgo Maria, da mihi virtutem contra hostes tuos.
In memoriam : Arnaud de Lassus (1921-2017) *
par Jean-Claude Dupuis
L'une des plus brillantes figures de la Tradition catholique en France vient de nous quitter. Le baron Arnaud de Lassus, principal animateur de L’Action familiale et scolaire (A.F.S.), a été rappelé à Dieu le 26 janvier 2017. Ce remarquable écrivain incarnait toutes les vertus religieuses et patriotiques de la « Vieille France ». Issu d’une famille d’Action française, polytechnicien et officier de marine, il milita d’abord dans la Cité catholique de Jean Ousset. Il fonda ensuite une branche spécialisée de ce mouvement, l’A.F.S. Lorsque la Cité catholique s’effondra, comme bien d’autres institutions, dans le sillage de Vatican II, l’A.F.S. reprit le flambeau du combat pour la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Arnaud de Lassus ne cessait de traquer le libéralisme et le modernisme qui s’infiltraient dans l’esprit des catholiques, souvent les mieux intentionnés. Ses remarquables plaquettes, « Connaissance élémentaire de…», sont déjà des classiques de la pensée contre-révolutionnaire. Rédigées d’une manière très pédagogique, ce sont d’excellents outils de formation doctrinale pour les militants catholiques. On les lira encore avec profit dans un siècle. En deux heures de conférence, Arnaud de Lassus pouvait nous faire comprendre un sujet aussi complexe que l’École de Francfort. Ses études sur la franc-maçonnerie, la liberté religieuse et l’Opus Dei sont de véritables chefs-d’œuvre. Il maîtrisait l’art d’extraire les citations les plus pertinentes et de les confronter les unes aux autres. Ses raisonnements étaient d’une logique implacable et ses conclusions toujours pondérées.
Arnaud de Lassus fréquentait tous les milieux catholiques, qu’ils soient franchement traditionalistes ou simplement conservateurs novus ordo. En 1988, il s’était opposé aux sacres épiscopaux de Mgr Lefebvre parce que ce geste, pensait-il, risquait de diviser le camp traditionaliste. Ce fut effectivement le cas. Mais Arnaud de Lassus a reconnu plus tard que les sacres avaient été nécessaires pour sauver la Tradition à cause du prolongement de la crise de l’Église. Il s’est alors rapproché de la Fraternité Saint-Pie X, sans rompre avec la Fraternité Saint-Pierre. D’après lui, un catholique qui militait sur le terrain de la société civile devait éviter de s’inféoder aux autorités ecclésiastiques. Il défendait le principe de l’autonomie politique des laïcs au sein de l’Église. Le cléricalisme, disait-il, avait pavé la voie à la démocratie chrétienne des années 1930, et à la révolution conciliaire des années 1960. Arnaud de Lassus comprenait parfaitement la doctrine des rapports entre l’Église et l’État : union, mais distinction des deux puissances.
J’ai fait la connaissance de monsieur de Lassus à l’automne 1990, lors d’une conférence organisée par le Cercle Jeune Nation sur la crise internationale qui conduisit à la Première Guerre d’Irak (1991). Il venait alors au Québec presqu’à chaque année, à l’invitation du chanoine Achille Larouche et d’Yves Germain. Lors de ses dernières visites, il aimait surtout venir parler aux élèves de l’école Sainte-Famille, car il n’avait jamais l’occasion de s’adresser à un public aussi jeune. Il considérait que notre école était un « bastion de la foi » au Québec. Arnaud de Lassus a été définitivement l’un de mes maîtres à penser. Il avait une très juste analyse de la crise de l’Église et du devoir actuel des catholiques. Son ardeur combative était imprégnée de charité chrétienne. Il dénonçait vigoureusement les erreurs doctrinales, d’où qu’elles viennent. Cependant, je ne l’ai jamais entendu parler contre qui que ce soit. Il pourfendait le péché, mais il aimait le pécheur. Cet homme avait une intelligence et une culture visiblement supérieures, mais il restait d’une grande humilité. Il prononçait toujours ses conférences avec le même professionnalisme, que ce soit dans une salle bondée ou devant un auditoire de quelques énergumènes. Il répondait avec patience et respect à toutes les questions, même celles posées par des auditeurs qui n’étaient pas nécessairement à la hauteur du conférencier.
Un jour, j’ai suggéré à monsieur de Lassus d’écrire ses mémoires. Il m’a répondu que ça n’aurait aucun intérêt puisqu’il avait été un homme de réflexion plutôt qu’un homme d’action. Sa réponse ne m’a pas convaincu. L’action intellectuelle est beaucoup plus importante que l’action politique dans une époque comme la nôtre, marquée par la confusion des idées. Ses mémoires nous auraient appris bien des choses sur l’histoire du mouvement traditionaliste. Mais la vraie raison, c’est qu’Arnaud de Lassus était trop modeste pour se mettre en vedette et trop charitable pour dire ouvertement certaines vérités sur certaines personnes.
J’ai l’impression que la « sainteté », ça ressemble un peu à cela. Pour Arnaud de Lassus, la crise de l’Église est maintenant terminée. À nous de continuer le combat. Prions pour le repos de son âme. […]
Novembre 1917 – Novembre 1987Un double anniversaire *
par Arnaud de Lassus
En novembre prochain [1987] sera célébré le soixante-dixième anniversaire de deux événements qui eurent, sur l’évolution politique du monde, une influence considérable.
Le 2 novembre 1917 était signée à Londres la déclaration Balfour, acte fondateur qui rendit possible le développement du sionisme par la création d’un Foyer national pour le peuple juif en Palestine puis, plus tard, par l’avènement de l’État d’Israël.
Le 6 novembre 1917 fut déclenchée à Petrograd (devenue depuis Leningrad), la célèbre Révolution d’octobre [3].
Weizmann et Trotski
Deux hommes politiques juifs de génie présidèrent à ces événements, Weizmann et Trostsky.
Chaïm Weizmann (1874-1952) fut, du côté juif, le principal artisan de la déclaration Balfour par laquelle le gouvernement britannique apportait son appui au mouvement sioniste. Il y était affirmé
que le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif […] étant entendu que rien ne sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non juives en Palestine [4] .
Après avoir obtenu cette déclaration, Chaïm Weizmann contribua à la faire mettre en pratique ; président de l’Organisation sioniste mondiale (1920), président de l’Agence juive (1929), il acheva sa vie comme premier président de l’État d’Israël (1949-1952).
Lev Davidovitch Bronstein, dit Léon Trotski (1879-1940), fut avec Lénine, le principal dirigeant de la Révolution bolchevik. Théoricien d’une révolution permanente diffusée comme une sorte de microbe dans le monde entier, il s’opposa à Staline qui était soucieux de donner une base à la Révolution en édifiant avant tout le socialisme dans un seul pays : la Russie. Il fut exilé de Russie, fonda la IVe Internationale. Staline le fit assassiner près de Mexico en 1940.
La montée parallèle du communisme et du sionisme
Après 1917, communisme et sionisme surent profiter des deux grandes guerres mondiales et de leurs suites pour développer leur force et asseoir leur influence dans le monde. Jusqu’à la mort de Staline en 1953, il n’y eut pas antagonisme entre les deux mouvements. Ce fut d’ailleurs avec l’appui de l’URSS que l’État d’Israël put se mettre sur pied en 1948.
Après 1953, les choses changent ; les grandes organisations juives mondiales reprochent à l’État soviétique de persécuter les juifs et de les empêcher d’émigrer. Opposés après avoir été alliés, communisme et sionisme poursuivent leur montée en puissance.
Les assises de Budapest du « Congrès juif mondial [5]
Qu’en est-il aujourd’hui ?
La phase d’opposition entre communiste et sionisme qui succéda à la phase de collaboration arriverait-elle à son terme ? Et, si elle se poursuit, s’agit-il d’une opposition de fond ou de circonstance ?
Un événement récent, fort peu signalé dans la grande presse, apporte à ce sujet une lumière nouvelle. Voici un extrait du compte-rendu qu’en Lectures françaises de juillet-août 1987, dans un article intitulé « Réconciliation judéo-soviétique » ?
Le 6 mai dernier, s’ouvrit au Hilton de Budapest, capitale d’un pays satellite de la Russie communiste, le congrès de cette grande organisation juive internationale (le « Congrès juif mondial » ou C.J.M.).
Quelque cent délégués et observateurs, représentant les communautés juives d’Occident et celles de tous les pays du bloc de l’Est, sauf l’Union soviétique, ont entendu le discours d’ouverture du président du C.J.M., Edgar Bronfman, qui a préféré réserver aux réunions à huis clos les sujets concrets de discussion, nous dit Shalom Cohen, envoyé spécial de Libération [6] .
La manifestation n’eut pas lieu à la sauvette. Le président du Congrès juif mondial, le milliardaire Bronfman, fut officiellement reçu par Peter Varkonyi, le ministre hongrois des Affaires étrangères, et Henri Bronstein pour le Parti ouvrier hongrois. Participait au congrès une délégation israélienne de quatorze membres, dont Yossef Bourg, ancien ministre de l’Intérieur et député à la Knesset, et Azye Dulzin, le président de l’Organisation sioniste mondiale. La présence de ces deux personnalités souligne l’importance de l’événement, et les déclarations de « Monsieur Sionisme » - surnom donné à Dulzin – sont capitales :
Mon invitation est un signe positif, a déclaré le président de l’Organisation sioniste mondiale… Il n’y a pas de contradiction entre le communisme et le sionisme. L’Union soviétique a été le premier pays à reconnaître l’existence d’une nationalité juive. La Révolution française avait octroyé aux juifs les droits de citoyens égaux ; la Révolution d’octobre a ajouté aux droits individuels les droits nationaux. Or c’est l’essence même de la doctrine sioniste.
Le congrès de Budapest, a-t-il ajouté, est un signe encourageant.
Une explication fondamentale
Retenons la déclaration du président actuel de l’Organisation sioniste mondiale (qu’en son temps Chaïm Weizmann avait présidée) :
Il n’y a pas de contradiction entre le communisme et le sionisme.
(Ce qui laisse entendre que les oppositions entre ces deux mouvements depuis 1953 pourraient bien être moins profondes qu’il n’y paraît).
Beaucoup d’événements de notre époque s’expliquent et se raccordent les uns aux autres à la lumière de cette explication mise en relief, dans une circonstance solennelle, par l’un des plus grands dirigeants de la communauté juive.
[1] — Mgr Freppel, panégyrique de saint Hilaire à Poitiers, le 19 janvier 1873, Œuvres de Mgr Charles-Emile Freppel évêque d’Angers, Paris, Roger et Chernoviz, 1881, p. 234. Voir éditorial du Sel de la terre 92.
[2] — Voir le dossier sur le Syllabus dans Le Sel de la terre 90, automne 2014. Le Syllabus étant une collection d’erreurs condamnées, pour avoir les principes catholiques, il faut prendre la contradictoire de chaque proposition (voir l’article de Villefranche, « Le Syllabus en positif », dans ce numéro 90 du Sel de la terre).
* — Texte publié sur le site « Mouvement Tradition Québec » le 28 janvier 2017 : www.tradition-quebec.ca/2017/01/in-memoriam-arnaud-de-lassus-1921-2017.html
* — Article paru dans AFS 73, octobre 1987, p. 30-32.
[3] — Cette Révolution eut lieu le 6 novembre selon le calendrier grégorien d’usage aujourd’hui universel et le 24 octobre selon le calendrier julien en vigueur en Russie à l’époque.
[4] — Dictionnaire « Le Robert », article Balfour.
[5] — Dans le numéro de juin 1987 de Lectures françaises, J. Ploncard d’Assac explique que « Le Congrès juif mondial est le parlement de la communauté juive internationale qui, non contente d’avoir un État national : Israël, possède en outre une structure politique internationale. Situation unique au monde. »
[6] — Libération, le 17 mai 1987.

