Le Diable blanc de la mer Noire
Le Diable blanc de la mer Noire nous amène, à sa suite, dans toute une série d’aventures (peut-être un peu romancées) pour tenter de faire front aux bolcheviques.
Cet officier russe, surnommé le Diable blanc de la mer Noire par les révolutionnaires eux-mêmes, nous fait découvrir quelle fut l’aurore du communisme en Russie, et comment ces gens-là se battent. Moins cru que ne l’est Soljenitsyne, il permettra aux adolescents de découvrir ce qu’a pu être la Révolution de 1917, sans pour autant salir leur imagination. Ce livre, extrêmement vivant, fourmille de situations délicates (mais non invraisemblables) auxquelles le héros doit faire face, souvent avec bonheur. Mais contrairement aux héros légendaires dont on gave la mémoire de nos enfants, le Diable blanc est souvent obligé de s’appuyer sur l’aide d’autrui (et notamment de sa fidèle épouse) pour résoudre tel problème qui vient brusquement s’imposer à lui.
Il est intéressant de voir comment cet officier russe s’y prend alors, et de précieuses leçons sont à conserver. Prenons en une, pour illustrer. « L’attaque est la meilleure défense », disait Napoléon. En bon militaire, cet officier ne peut supporter d’attendre passivement qu’un drame arrive, et préfère « prendre le taureau par les cornes ». C’est ainsi que, voyageant en chemin de fer sous de faux papiers alors que sa tête est mise à prix, il préfère devancer l’inspection et va tout simplement proposer une partie de cartes… aux soldats rouges. Bientôt, il s’en fait des amis par des histoires amusantes qu’il raconte, si bien qu’à l’inspection des papiers, ce sont ses nouveaux amis qui le défendent et lui permettent de passer…
On déplore cependant, avec le directeur des éditions Édilys, que ce russe ne soit pas catholique. Cela raccourcit singulièrement sa vision des choses et ne permet pas de citer en exemple tout ce qu’il fait (par exemple, il abattra à bout portant un prisonnier rouge qui ne cessait de l’injurier depuis le début de son transfert en prison).
Mais si les pères de famille veulent bien lire le livre avant leurs garçons, cela peut donner lieu à des conversations très riches, justement, sur ce qu’un catholique peut ou ne peut pas faire, dans ces conditions, et l’apport de la lumière de la foi pour nous guider dans nos actions.
Un livre qui prendra avantageusement la place des « Signe de piste » dans la bibliothèque des adolescents.
Fr. Réginald O.P.
Un officier russe de l’Armée blanche, Les aventures d’un officier russe ou Le Diable blanc de la mer Noire, Allaire, éditions Edilys, 2016, 268 p., 18 €.

