Juste colère
« L’affaire Vincent Lambert » – cette personne gravement handicapée menacée de mort par le CHU de Reims qui veut le laisser mourir de faim et de soif – ayant décrié la chronique, il nous a paru utile de publier cette lettre adressée le 20 mai 2019 à Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims. En effet, elle a le mérite de mettre le doigt sur un aspect peu mis en lumière dans cette affaire : le silence de la hiérarchie catholique, ou du moins la mollesse des protestations, alors qu’elle a pour mission de défendre le décalogue et notamment le 5e commandement. Il est vrai que la hiérarchie actuelle est gênée par les scandales de mœurs dont la presse aux ordres l’accuse. Il serait temps de se réveiller de l’irénisme issu du Concile (« l’Église veut faire la paix avec tous… ») et de reprendre le combat pour Notre-Seigneur Jésus-Christ et sa Tradition.
Le Sel de la terre.
✯
Monseigneur,
Vous occupez un siège illustre en un temps où « il y a grande pitié dans le Royaume de France ». Vous aimez donc celui-ci. Aussi supporterez-vous les quelques réflexions suivantes d'un humble laïc qui l'aime également et qui s'étonne du silence de la part d'un successeur de Saint Rémi dans « l'affaire Vincent Lambert » .
Oui, Excellence, puissiez-vous ne pas entendre, dans un autre monde, Vincent Lambert lui-même, vous dire, de sa voix retrouvée pour l'éternité : « J'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. » Ou bien vous dire que vous n'avez même pas élevé la voix – ou si peu – pour dénoncer l'injustice des responsables de cet emprisonnement... Car, il s'agit bien d'un emprisonnement, puisque la famille doit satisfaire à chaque visite les mêmes règles humiliantes d'identification qu'en prison ! Et aussi puisqu'elle s'est vu refuser le déplacement dans un établissement spécialisé dans ce genre de handicap. Si Vincent Lambert est dans l'état que l'« anti-docteur » Sanchez déclare, servilement, à la suite de son homologue Kariger, pourquoi ne pas accueillir favorablement la demande de sortie de sa famille, afin qu' il meure dans la dignité ! Ce qui est loin d'être le cas dans cette « sédation létale », – formule hypocrite mise pour « solution finale » – prévue par le CHU de Reims. A moins qu'à l'instar de la plupart de nos évêques, vous ne croyez plus au commandement « Tu ne tueras pas » (allusion au scandale de l'avortement qui n'obtient des évêques qu'un silence assourdissant), ni ne croyez que la souffrance puisse être rédemptrice, ce qu'à Dieu ne plaise !
Vous n'êtes pas sans savoir quels intérêts financiers sont derrière ce cas d'euthanasie. Car, la jurisprudence aidant, ce sont des centaines de jeunes accidentés qui seront supprimés de la même façon que Vincent Lambert, pour prélever certains de leurs organes.
Honte à tous ceux qui avaient le devoir de dénoncer ces docteurs Mengelé et leurs complices avides d'argent encore sanguinolent ! Surtout au lendemain de cet évènement providentiel, qui a vu un jeune de 17 ans se réveiller, au moment où on allait lui prélever un organe vital ! Le parallèle est aisé avec la trahison faite par Judas ! Que certains se méfient d'un argent qui pourrait bien, à eux aussi, leur brûler les doigts ! Et comment éloigner de moi la pensée qu'il existe un rapport entre cette affaire, le silence des évêques français face à tant de scandales et la chute vertigineuse du denier du culte ces dernières années.
Il me revient en mémoire certains détails de la fresque de la danse macabre dans l'abbaye de la Chaise-Dieu, pas encore incendiée […]. Détails qui (dé)montrent que vont aussi en enfer un certain nombre de cardinaux, d'évêques et même un pape ! Pour ce dernier, il y aurait beaucoup à dire, mais pour ne pas allonger cette lettre, qu'il me suffise de m'étonner que la Conférence épiscopale semble empêcher toute réaction individuelle de votre part ou de celle de vos frères en épiscopat. « Un aveugle guide-t-il un autre aveugle... » Si vous laissez toujours, les uns et les autres, la CEF parler à votre place, ce n'est pas en notre 21e siècle que nous verrons se dresser un Saint Athanase ! A défaut, peut être verrons-nous le successeur de saint Rémi « brûler ce qu'il a adoré... »
Soyez assuré […]
Lettre signée

