Le baptême de désir
par l’abbé François Laisney
Introduction
CETTE petite étude peut se résumer dans une vérité très simple de notre catéchisme : pour aller au ciel, on doit mourir en état de grâce. Cette grâce nous est donnée uniquement « par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ » dans son Église, principalement par les sacrements.
Cette doctrine catholique a été déformée par certains libéraux qui ont pratiquement réduit à très peu de chose la nécessité des sacrements et de l’appartenance à l’Église catholique, « hors de laquelle il n’y a pas de salut » ; ils ont même parfois réduit la nécessité de la grâce elle-même, en la remplaçant par « l’ignorance invincible et la sincérité ».
D’un autre côté, le R.P. Feeney a réagi exagérément contre eux et il a avancé que l’état de grâce n’était pas suffisant pour assurer le salut ; il fait du caractère du baptême une nécessité absolue, ce que l’Église a toujours enseigné de la grâce du baptême, non du caractère du baptême. Il donne trop d’importance à l’appartenance extérieure à l’Église, tandis que les pères, les docteurs et les papes ont toujours mis l’accent sur le lien intérieur avec le Christ, sur « la charité qui est le lien de la perfection » (Col 3, 14).
J’espère (et je le demande dans mes prières) que la considération de la vérité catholique aidera le lecteur à mieux apprécier la nécessité et la valeur de la vie intérieure du Christ en nous par la foi catholique et la charité – vrai début de la vie du paradis – et à communiquer avec enthousiasme ce trésor à beaucoup d’autres âmes ; car sans cette vie de la grâce, qui fait de nous des membres vivants de l’Église catholique, il n’y a pas de salut, même si on appartient à l’Église.
Pour avancer sur une base solide, notre approche de la question a été située au point de vue de la grâce. En effet la doctrine de la grâce a été clairement définie, et avec précision, par l’Église, de sorte que tous les catholiques intéressés à la question du baptême de désir doivent adhérer à ces vérités : ce qui fournit une approche sûre et sans conteste.
Notre Seigneur Jésus-Christ n’est pas venu pour être indulgent au mal, ni pour condamner le pécheur, mais bien plutôt pour sauver les pécheurs de leurs péchés : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique ; afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jn 3,16 & 17) La mission de l’Église est donc non d’excuser le mal ni de condamner le pécheur, mais de sauver les pécheurs de leurs péchés, par une foi vivante en Jésus-Christ.
Par l’intercession du Cœur immaculé de Marie et de sainte Thérèse patronne des missions, puisse le Sacré-Cœur enflammer de cette charité missionnaire l’âme de nos lecteurs et la nôtre !
Puissions-nous aussi « recevoir l’amour de la vérité » sans lequel nous deviendrions la proie de « la puissance d’égarement qui fait croire au mensonge : en sorte qu’ils tombent sous son jugement, tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont consenti à l’iniquité » (2 Th 2, 10 & 11).
Exposé de la doctrine
Loi du baptême et baptême de désir
Jésus-Christ a établi une loi selon laquelle tout homme doit être baptisé pour être sauvé. « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne (re)naît de l’eau et de l’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jn 3, 5)
Notons que Notre Seigneur parle clairement ici du sacrement de baptême, c’est-à-dire du baptême d’eau. Le concile de Trente enseigne que le sacrement de baptême est la « cause instrumentale [1] » de la grâce dans l’âme : c’est le moyen ordinaire et obligatoire de recevoir la grâce de Dieu pour la première fois.
Cette loi n’établit pas une nécessité purement extrinsèque du baptême ; comme pour les lois de nature, il appartient à la nature même du baptême de causer la grâce dans nos âmes (« ex opere operato [2] ») : c’est le seul moyen à notre disposition pour obtenir cette grâce.
Cependant Dieu n’est pas tenu par les lois qu’il a fixées. Parfois, dans l’ordre naturel, il produit un effet qui court-circuite les causes ordinaires qu’il a établies (c’est ce qu’on appelle un miracle) ; de même quelquefois il produit la grâce dans les âmes sans faire intervenir les causes ordinaires, c’est-à-dire sans le signe extérieur du sacrement : c’est un miracle dans l’ordre surnaturel.
Ainsi, quand le Christ marche sur les eaux, il produit un effet (maintenir son corps au-dessus de l’eau) sans la cause naturelle (un sol ferme) et il ne suit pas la loi de la gravitation.
De façon analogue, il peut donner sa grâce et ouvrir ainsi le ciel à une âme sans utiliser les eaux du baptême. (Les pères de l’Église, saint Cyprien, saint Augustin, citent l’exemple du bon larron.)
Cela peut se produire aussi après le baptême. Si on perd la grâce sanctifiante par un péché mortel, Dieu peut la restaurer avant même qu’on reçoive réellement le sacrement de pénitence, grâce à un acte de contrition parfaite.
Ainsi la possibilité du baptême de désir existe bien.
De fait Dieu opère quelquefois de tels miracles. Certains reçoivent la grâce sanctifiante avant le baptême d’eau : c’est non seulement une possibilité, c’est un fait ! Saint Augustin parle des catéchumènes catholiques « brûlant de charité », en citant l’exemple du centurion Corneille qui était « rempli du Saint-Esprit avant son baptême [3] » (Ac 10, 44 à 47).
Celui qui a reçu la grâce sanctifiante avant de recevoir réellement le sacrement n’est pas dispensé de la loi de Dieu l’obligeant à recevoir le sacrement. Cette loi s’applique toujours à lui. En fait, il n’aurait pas la grâce de Dieu si sa volonté n’était pas soumise à la volonté divine, ce qui inclut (implicitement ou explicitement) la volonté de recevoir le sacrement. Cela vaut pour le baptême de désir. Cela vaut aussi pour la contrition parfaite : elle ne dispense pas de la confession, elle ne peut même pas s’obtenir sans la volonté de se confesser le plus tôt possible.
Il nous faut ici souligner que le baptême de désir est bien plus que le simple désir du baptême, de la même manière que la contrition parfaite est bien plus que le simple désir de la confession. Dans le baptême de désir (ou dans la contrition parfaite) est impliquée la totalité de la vie spirituelle (grâce sanctifiante et « foi vivante », « opérant par la charité »).
Mais le désir du baptême ou de la confession peut être l’effet simplement d’une grâce actuelle. Dans les deux cas cependant, si on coopère pleinement avec la grâce actuelle, Jésus-Christ mènera l’âme à la plénitude de sa vie spirituelle, parce que le but final de la grâce actuelle est toujours le don de la grâce sanctifiante.
Cependant il peut arriver – et il est arrivé – que certains meurent avant d’avoir pu mettre à exécution cette volonté, et « Dieu compte l’intention pour l’action [4] ». Dieu ne demande pas l’impossible. Si, sans faute de sa part, une personne ayant le baptême de désir (ou la contrition parfaite) est empêchée de recevoir le sacrement dans sa forme extérieure avant sa mort, elle peut aller au ciel. Le fait du baptême de désir est indéniable. C’est une vérité solidement établie dans l’histoire de l’Église et attestée dans les écrits des saints et des papes (voir références à la fin de cette étude) que Dieu a sauvé et sauve encore des âmes en leur donnant sa grâce (la grâce intérieure du baptême) sans le sacrement (signe extérieur) de baptême.
On doit remarquer que le « baptême de désir » n’est pas un sacrement ; il ne possède pas le signe extérieur requis dans les sacrements [5]. Les théologiens, à la suite de saint Thomas d’Aquin, prince des théologiens, l’appellent « baptême » pour la seule raison qu’il produit la grâce du baptême ; cependant il ne produit pas le caractère sacramentel. Saint Thomas l’appelle « baptême de l’Esprit-Saint », car c’est l’Esprit-Saint qui donne la lumière de la foi et un ardent amour de charité dans l’âme.
Notons aussi que le baptême du sang est, selon saint Thomas, encore plus parfait que le baptême d’eau, à cause de sa plus grande conformité avec Notre -Seigneur Jésus-Christ crucifié, source de toutes grâces. Si bien que le baptême du sang supprime tous les châtiments encourus par le péché. Tous les docteurs ont enseigné que le martyre conduit directement au ciel.
Le baptême de désir, quant à lui, ne supprime pas forcément tous les châtiments encourus par le péché. Donc, après avoir reçu le baptême de désir, on peut encore avoir à subir le purgatoire. Le pape Innocent II recommanda des prières et des sacrifices pour ces âmes-là [6]. Saint Thomas enseigne cela explicitement dans sa Somme, en III, q. 68, a. 2, ad 2.
Nécessité absolue de la grâce sanctifiante
On doit insister sur le fait que la grâce sanctifiante intérieure, avec les vertus de foi (foi catholique, évidemment), d’espérance et de charité, est absolument nécessaire au salut. La nature même du baptême de désir est l’infusion directe par Dieu de la grâce sanctifiante dans l’âme, avec les vertus surnaturelles. Donc, si quelqu’un nie la vérité de la foi catholique, il ne peut recevoir ce baptême de désir, et il ne peut pas aller au ciel, à moins de se repentir de cette faute contre la foi.
La grâce sanctifiante n’est pas « un moyen de salut » (comme un instrument parmi d’autres), c’est l’élément même qui nous constitue enfants de Dieu par adoption. C’est une « participation à la nature divine. » (2 P 1, 4) La charité est par sa nature même une amitié avec Dieu. L’Église a toujours enseigné qu’il n’y a pas de rémission des péchés sans l’infusion de la grâce sanctifiante [7]. Saint Paul est clair : « Sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu. » (He 11, 16) Il parle de la foi catholique, évidemment. Il a écrit aussi que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4) ; ainsi on ne peut parvenir au salut par les seules forces de sa propre raison, si Dieu ne se révèle pas, et si l’homme ne croit pas cette vérité par une vertu surnaturelle et un acte de foi. On n’a pas à connaître toute chose explicitement, mais on doit croire explicitement tout ce qu’on connaît de la révélation [8].
Notons que la vertu intérieure de foi portera l’âme non seulement à croire la vérité, mais aussi à rejeter les erreurs qui lui sont opposées : donc, si quelqu’un a été validement baptisé étant enfant dans une secte protestante (dans un baptême valide, Dieu donne la vraie vertu de foi, c’est-à-dire la foi catholique), en grandissant il sera porté par la grâce intérieure qu’il a reçue à rejeter les erreurs qu’il entend dire par le pasteur protestant. Il peut accepter les paroles du pasteur quand il dit : « Jésus est le sauveur » ; mais il devra les rejeter quand il dit : « L’Évangile ne commande rien d’autre que la foi, et tout le reste est indifférent, ni prescrit ni défendu, mais laissé à un libre choix », ou « l’incrédulité est le seul péché mortel », ou « la grâce une fois reçue ne peut être perdue par aucun autre péché, quelle qu’en soit la gravité ou l’énormité, que l’incrédulité » (« sauvé pour toujours [9] »).
S’il ne répond pas à cette grâce intérieure de la foi et qu’il accepte de plein gré les erreurs protestantes malgré cette grâce intérieure de la foi le portant à les rejeter, alors il perd la vertu de foi et, avec elle, la grâce sanctifiante. S’il reste troublé et hésitant, n’acceptant pas tout à fait cependant ces erreurs, ne le jugeons pas, mais laissons le jugement à Dieu, « qui sonde les cœurs » (Ps 7, 10). Dans tous les cas nous n’avons pas à juger la personne, puisque nous ne pouvons connaître son cœur, mais nous devons plutôt prier pour elle, l’exhorter et l’avertir de la nécessité de la foi catholique, de la charité et de l’unité.
Remarquons que la vie des saints montre que faire une erreur sur un point difficile de doctrine n’est pas incompatible avec la foi : même les docteurs de l’Église ont fait erreur ou ont été obscurs sur certains points de doctrine, par exemple la compatibilité du dogme de l’Immaculée Conception avec le fait que même Notre-Dame eut besoin d’être sauvée par Jésus-Christ. Cependant ces saints cherchaient la vérité plutôt qu’ils n’affirmaient d’une façon définitive leur opinion erronée : ils ne se sont pas obstinés dans leur erreur. Combien plus facilement peut-on trouver une erreur de ce genre chez des gens moins versés dans la connaissance de la doctrine de l’Église ! Pourtant la vertu intérieure de foi chez ceux qui ont le baptême de désir les portera à ne pas s’obstiner dans ces erreurs.
L’obstination dans une erreur qui va à l’encontre d’un dogme est incompatible avec la vertu de foi, et donc avec le salut.
Hors de l’Église, pas de salut
Une conséquence directe de ce que nous venons d’exposer est que ces âmes font réellement partie du Corps mystique du Christ, qui est l’Église catholique. Saint Thomas, dans le seul passage de toute la Somme qui traite de l’Église (III, q. 8), enseigne que l’union « in actu - de fait » avec le Christ est essentiellement réalisée par la grâce sanctifiante avec la foi, l’espérance et la charité (article 3). Ceux qui n’ont pas la foi lui sont unis seulement « in potentia », c’est-à-dire qu’ils peuvent s’unir à lui, mais ne sont pas encore unis à lui. Le baptême de désir étant précisément le don direct dans l’âme de la grâce sanctifiante avec la foi, l’espérance et la charité, il en résulte que cette doctrine catholique sur le baptême de désir est loin de s’opposer au dogme « hors de l’Église, point de salut ». L’union extérieure avec l’Église, par soumission aux autorités de l’Église, est simplement la conséquence naturelle des vertus intérieures de foi, d’espérance et de charité. C’est manifestement le cas des catéchumènes, qui suivent déjà les directives de l’Église.
La doctrine du baptême de désir est utile pour montrer l’aspect principal de l’union intérieure avec le Christ, par la vraie foi, « la foi vivante » (Jc 2, 26), « la foi qui est agissante par la charité » (Ga 5, 6). L’union extérieure avec l’Église, sans cette foi vivante, n’est pas suffisante pour parvenir au salut.
Comment reçoit-on cette grâce sanctifiante ? Ce peut être pendant que l’on s’instruit pour devenir catholique, c’est le cas du catéchumène. Ainsi, dans les pays de mission, où le missionnaire passait tous les six mois, si un catéchumène qui déjà croyait et pratiquait la foi catholique, bien que n’étant pas encore baptisé, venait à mourir en cet état, il pouvait aller au ciel. Ce cas est peut-être le plus commun. C’est l’exemple donné par le Catéchisme du concile de Trente.
Ce peut être par l’intervention des anges, comme c’est le cas de tous les justes de l’Ancien Testament [10].
Ce peut être par la lecture de la sainte Bible. Par exemple, supposons qu’un missionnaire protestant en Sibérie laisse une Bible chez quelqu’un. Si la personne la lit et, par la grâce du Christ, croit et met en pratique la parole de Dieu (la Bible est catholique), cette personne a la foi catholique et la charité, et pourrait aller au ciel si elle mourait avant d’être baptisée.
Ce peut être simplement par la grâce d’une illumination intérieure dont Dieu peut gratifier n’importe qui, parce qu’il est tout-puissant [11].
Dieu n’est pas limité dans ses moyens.
Déformation libérale
Des théologiens libéraux ont déformé cette belle doctrine en disant que tous ceux qui sont « sincères » peuvent être sauvés par le baptême de désir. Ces erreurs des libéraux ont provoqué l’erreur opposée du R.P. Léonard Feeney, comme nous le disions plus haut : pour ce dernier, le baptême de désir ne suffirait pas pour être sauvé ; il faudrait en plus le baptême d’eau, c’est-à-dire le sacrement de baptême.
Nous devons donc corriger les erreurs libérales parce qu’elles sont fausses, et aussi parce qu’elles occasionnent une erreur opposée.
La sincérité dans l’ignorance n’apporte pas le salut
C’est en effet l’enseignement constant de l’Église que la sincérité dans l’ignorance n’apporte pas le salut. C’est la « foi agissant par la charité » qui compte (Ga 5, 6). Une ignorance invincible de la vérité de la foi ne constitue pas un péché contre la foi, mais, sans la grâce, elle n’absout pas des autres péchés.
Par exemple, un indigène de Nouvelle-Calédonie qui, il y a deux cents ans, n’avait jamais entendu parler du Christ n’était pas coupable d’un péché contre la foi, mais cela n’excusait pas son cannibalisme. Au jugement dernier, il ne pourra pas dire : « Je ne savais pas, je n’ai jamais eu aucun missionnaire pour m’instruire. » Il n’y a pas besoin de missionnaire pour savoir : « Tu ne mangeras pas ton prochain. »
Plus près de nous, dans notre monde moderne païen, une mère n’a pas besoin de missionnaire pour lui dire : « Tu ne tueras pas ton enfant dans ton sein. » Elle sait par toutes les fibres de son être qu’elle est faite pour donner la vie et pour aimer ses enfants. Sa « sincérité » et « l’invincible ignorance » des vérités de la foi ne peuvent pas pardonner son péché d’avortement, quand bien même elle ne serait pas coupable d’un péché contre la foi.
Croire que l’ignorance invincible des vérités de la foi est suffisante pour excuser tous les péchés s’apparente à la proposition condamnée selon laquelle « il n’y a de péché mortel que l’incrédulité [12] ».
Il nous faut affirmer une fois encore que les péchés ne sont pardonnés que par l’infusion de la grâce sanctifiante dans l’âme [13], ce qui ne va pas sans les vertus de foi (catholique) [14], d’espérance et de charité.
Le baptême a été établi par Notre Seigneur Jésus-Christ pour procurer cette grâce aux pécheurs : c’est le moyen (unique) donné par Notre Seigneur de la recevoir pour la première fois [15].
Que penser du « bon païen » ?
C’est une erreur très courante dans le monde moderne de croire à l’existence d’un prétendu « bon païen ». Non, sans la grâce du Christ, personne ne peut être bon, à l’abri de tout péché mortel. Le nier, c’est tomber dans l’hérésie pélagienne.
On doit se souvenir que la loi morale ne contient pas seulement les sept derniers commandements. De grâce, n’oublions pas les trois premiers ! Le culte païen et tout culte adressé à des faux dieux sont des péchés contre le premier commandement et sont très gravement coupables. Donc le culte des idoles, les pratiques de sorcellerie, le culte bouddhiste ou hindouiste sont en contradiction avec la loi morale.
La soumission de l’intelligence à Dieu est un élément essentiel de la loi morale. Saint Paul désire « amener toute intelligence captive à obéir au Christ » (2 Co 10, 5). En outre, si on néglige les trois premiers commandements, on sera conduit à négliger les sept autres. Si on n’honore pas Dieu, on perdra le respect dû au prochain, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Si on ne rend pas « gloire à Dieu au plus haut des cieux », on ne jouira pas de la paix donnée sur terre aux hommes de bonne volonté. De là l’erreur utopique de la réunion d’Assise.
Beaucoup de gens pensent à tort qu’en dehors de l’Église on peut garder toute la loi morale sans la grâce du Christ. L’Église a toujours enseigné qu’il n’est pas possible de conserver la loi naturelle dans sa totalité sans la grâce du Christ [16]. Par les seules forces de notre nature, il est possible d’accomplir quelques bonnes actions, mais non pas tout
