top of page

Lire les pères

par Jean-Marc Rulleau

 

 

 

 

La vie chrétienne est tradition. Si elle est une œuvre de Dieu agissant à l’intime de l’âme, elle est aussi une œuvre des hommes qui se transmettent de génération en génération la doctrine et la loi du Christ, par l’enseignement et par l’éducation. Toute vie chrétienne présuppose donc une paternité spirituelle exercée par un père de famille, un prêtre, un évêque, un père spirituel. Et tout père spirituel ne fait que transmettre ce qu’il a reçu et fait fructifier en lui-même. C’est pourquoi la Tradition est à la fois vivante et immuable.

Notre vie chrétienne plonge ses racines aux sources des tout premiers pères : les apôtres. A ces apôtres ont succédé d’autres pères. Le titre de « père » était attribué, à l’origine, aux chefs des Églises, aux évêques, dépositaires de l’autorité disciplinaire aussi bien que doctrinale. Puis ce terme en vint à désigner tout défenseur de l’orthodoxie, même s’il n’était pas revêtu du caractère épiscopal.

De manière plus précise, le nom de « pères » désigne les écrivains ecclésiastiques possédant quatre caractères : – antiquité (sept premiers siècles de notre ère) – orthodoxie – sainteté de la vie – approbation de l’Église. En pratique, ce titre est donné aussi à d’autres écrivains ne remplissant pas parfaitement ces conditions, mais dont les écrits ont eu une influence importante et bénéfique sur la vie de l’Église. On rattache aussi aux écrits des pères des textes anonymes ayant joui, et jouissant encore, d’une grande autorité.

 

Les pères n’ont rien ajouté à la révélation transmise par les apôtres. Mais ils en ont été les disciples immédiats ou prochains. Ils ont donc recueilli et consigné dans leurs œuvres l’interprétation authentique des saintes Écritures ainsi que la Tradition non contenue dans ces Écritures [1]. Ce sont eux qui ont reçu et discerné ces mêmes Écritures des autres textes non inspirés. Ils ont reçu des grâces spéciales non pour fonder l’Église, mais pour fonder et développer les Églises locales, pour enraciner l’Église dans le monde et l’incarner dans la civilisation gréco-latine, providentiellement préparée pour cela. L’aspect cérémoniel de la liturgie (l’essence en ayant été établie par le Christ lui-même), la piété, le mode de penser et de vivre de l’Église et de la chrétienté sont l’œuvre des pères.

Tout cela doit nous être une raison suffisante pour que notre piété envers eux ne se limite pas à la célébration de leurs fêtes liturgiques, mais conduise à la lecture de leurs œuvres. Ces œuvres ont l’immense avantage d’être à la fois pastorales et doctrinales, œuvres d’hommes qui étaient à la fois pasteurs et docteurs. Par la suite le Christ a voulu que son Église bénéficiât de travaux de docteurs qui n’étaient pas des pasteurs (dans la même mesure). Puis il a permis que nous connaissions des pasteurs qui n’étaient plus des docteurs [2].

 

Docteurs, pasteurs, maîtres spirituels, traitant des grandes vérités comme des petits détails de la vie chrétienne laïque ou monastique, s’adressant aux élites de ce monde comme aux simples fidèles, les pères ont laissé un trésor immense et varié, allant des grandes œuvres magistrales aux simples lettres de direction spirituelle. Ils instruisent l’intelligence par la profondeur de leur science et enflamment le cœur par la force de leur parole, par la beauté des prières et des hymnes qu’ils ont composées, et dont la liturgie est en grande partie formée. Leur antiquité place leurs œuvres au-delà des époques et des spiritualités particulières.

 

Au point de vue strictement doctrinal la lecture des pères pourra sembler inutile, voire nuisible, après que saint Thomas d’Aquin a donné à la Tradition, dans la Somme théologique et ses autres œuvres, une parfaite expression scientifique jamais égalée. Ne suffit-il donc pas de lire les définitions dogmatiques de saint Thomas d’Aquin, ou les ouvrages qui s’en inspirent ? La lecture des pères ne doit-elle pas être réservée pour des recherches spécialisées d’histoire de la théologie ? N’est-ce pas un dangereux archéologisme intellectuel, visant à éliminer la scolastique et la dogmatique ?

Il est vrai que les œuvres des pères peuvent être utilisées dans une perspective dangereuse pour la foi et pour la théologie. Le révérend père Daniélou motivait ainsi l’édition de la collection des Sources Chrétiennes [3] : « Nous retrouvons [chez les pères] précisément un certain nombre de catégories qui sont celles de la pensée contemporaine et que la théologie scolastique avait perdue [4]. » Pour lui la pensée scolastique ne fait aucune place à l’histoire et à la subjectivité. « Le monde qui est le sien est le monde immobile de la pensée grecque [5]. » Il n’entre pas dans notre intention de réfuter ici cette caricature de la pensée scolastique – et de la pensée grecque. Constatons simplement, avec le révérend père Labourdette, que chez certains auteurs « la mise en lumière des richesses de la tradition patristique ou l’effort pour trouver une formulation rajeunie y sont accompagnés d’une évidente dépréciation de la théologie scolastique [6]. » Ainsi, dans une perspective historiciste, relativiste et évolutioniste, on utilisera les pères contre saint Thomas d’Aquin et la scolastique en général, et, en définitive, contre la doctrine même des pères.

Mais, en dépit de ces déviations et de ces erreurs, la véritable théologie scolastique et l’intelligence catholique en général n’ont rien à craindre d’une confrontation avec les pères. Il est bien entendu que « très précisément sous la forme que lui a donnée saint Thomas, la théologie scolastique représente l’état vraiment scientifique de la pensée chrétienne [7] ». Mais il faut se garder de considérer la doctrine sacrée comme une doctrine scientifique profane. Il est vrai que dans le domaine physico-mathématique, biologique ou technique on peut faire fi des premiers travaux aujourd’hui dépassés, voire reconnus comme erronés. Dans le domaine sacré il en est autrement. Le mystère est au-delà de toute expression. Saint Thomas dit lui-même un jour que son œuvre lui semblait de la paille et qu’il ne pouvait plus écrire ; ce n’était pas pour renier son œuvre, que le Christ lui-même avait daigné approuver. Mais c’était reconnaître la transcendance du mystère par rapport à toute expression humaine. Saint Thomas est Docteur commun : c’est lui qui doit présider à l’enseignement ; il n’est pas docteur unique. Il n’a pu ni voulu tout dire. Non seulement il n’a fait qu’ébaucher des parties entières de la théologie (théologie de l’Église, théologie de la Vierge), mais encore il n’a pu tout exposer et donner une expression définitive dans les parties qu’il a traitées.

Assumant toute la doctrine des pères, saint Thomas a instauré dans la théologie sacrée l’ordre et la méthode scientifique [8]. Mais cette méthode scientifique a pour inconvénient inévitable de diviser l’exposé du mystère en parties nettement séparées les unes des autres. Elle exige le dépouillement de tout art rhétorique. Cet ordre scientifique n’est pas un défaut ; mais l’intelligence humaine a ses limites. C’est pourquoi elle gagne d’un côté en perdant de l’autre. L’unité du mystère sacré tend à disparaître sous les distinctions posées par la raison. La beauté devient plus abstraite. Au contraire les pères unissent dans leurs écrits science et rhétorique, principes dogmatiques et conséquences pratiques ; en un seul texte ils font jaillir une vision d’ensemble de tout le mystère.

Pour assimiler l’esprit de saint Thomas [9], il ne suffit pas de tenir ses thèses et ses raisonnements ; il faut arriver à penser comme lui, à « sentir » comme lui. Or saint Thomas se fonde sur les pères. La Somme théologique n’est pas seulement une armature logique. C’est appauvrir saint Thomas, c’est courir le risque de ne pas le comprendre que de faire abstraction de ses sources et d’ignorer les pères ; c’est, en définitive, réduire saint Thomas à un métaphysicien et un logicien et oublier qu’il est un saint.

L’impiété moderniste a parfois trouvé bon de développer les études patristiques pour faire oublier et discréditer la scolastique. Mais la science sacrée ne sera pas restaurée par une impiété inverse, qui repousserait les pères au profit de la scolastique. « Choisir (entre patristique et scolastique) comme entre deux camps exclusifs ou, pire encore, opposés – peu importe au profit duquel s’effectue le choix – ne peut pas ne pas être gravement dommageable pour la pensée chrétienne [10]. »

 

S’il ne faut donc pas séparer la scolastique de la patristique, il ne faut pas non plus lire les pères sans la scolastique et le magistère. Les pères doivent être lus, non dans une perspective purement historique ou littéraire, abstraction faite de la Tradition. Ce n’est pas une lecture matérielle, ouverte aux diverses interprétations, qui permet de connaître les pères, mais une lecture dirigée par l’enseignement du magistère de l’Église, magistère qui nous indique saint Thomas comme Docteur commun.

D’où la nécessité d’expliquer, d’interpréter, voire de rectifier les pères à l’aide des définitions de l’Église et de la doctrine de saint Thomas.

Lire ainsi les pères n’est-il pas un contresens, une extrapolation ?

Nous savons que la foi n’évolue pas. La foi des pères est la foi de l’Église [11]. La doctrine des pères est la doctrine de l’Église et de saint Thomas. Prendre pour guide de lecture le magistère et saint Thomas est la plus sûre garantie d’interprétation correcte des pères.

Toutefois les sciences historiques et l’exégèse littérale ne sont pas à mépriser. Les textes des pères doivent bien évidemment être replacés dans leur contexte historique. Il ne s’agit pas de les transposer purement et simplement à l’époque du concile de Trente ou du concile du Vatican. Et il peut se faire que sur quelque point un père s’oppose à une définition ou une doctrine commune de l’Église. Un père, à lui seul, n’est pas infaillible. Dans de tels cas, il convient de prendre acte de cette différence, de ne pas malhonnêtement solliciter les textes et de s’en tenir à l’enseignement de l’Église.

En outre saint Thomas ne s’est pas contenté d’ordonner la doctrine des pères (pas plus qu’il ne s’est contenté de répéter Aristote). Il a expliqué et approfondi cette doctrine à l’aide de sa philosophie, tirée en partie d’Aristote. Ce développement apporté par saint Thomas n’est pas présent chez les pères. Cela vaut a fortiori pour les commentateurs de saint Thomas. Il serait donc faux et malhonnête, là encore, de solliciter les textes des pères et de vouloir y trouver des considérations hors de leur perspective, de déformer, d’extrapoler et d’appauvrir leur pensée pour la mettre au service d’une thèse scolastique [12].

Toutes ces raisons conduisent à lire les textes des pères eux-mêmes dans leur intégralité et, si possible, dans leur langue, mais sous la direction du magistère et de saint Thomas.

 


***

 

La Didachè ou Doctrine des douze apôtres

 

Ce texte anonyme était très populaire dans l’antiquité chrétienne. Il était cité abondamment dans tous les textes des trois premiers siècles, mais il n’a été retrouvé intégralement qu’au 19e siècle.

Il est une sorte de résumé de la doctrine catholique. De par les nombreuses citations de l’Ancien Testament et grâce aux nombreux témoignages des deux premiers siècles [13], on s’accorde à en placer la composition entre 50 et 160 de notre ère, dans les environs d’Antioche.

 

 Ce texte comporte deux parties : une partie morale, opposant la voie de la vie, celle de l’Évangile et du décalogue, et la voie de la mort, celle du péché. La deuxième partie est liturgique et ecclésiale. Elle expose quelques institutions de l’Église primitive : baptême, prière et jeûne, eucharistie, hiérarchie ecclésiastique. Notons que l’eucharistie est désignée à la fois du nom de « fraction du pain » et de « sacrifice ». La conclusion traite de la fin du monde.

Il ne faut pas chercher dans un tel texte, dont on ignore l’origine, mais qui jouit d’une grande autorité dans l’Église des premiers siècles, un exposé complet de la doctrine et de la liturgie. Sectes protestantes et modernistes peuvent en tirer toutes sortes de conclusions, souvent opposées, par des lectures fondées sur des hypothèses arbitraires et des a priori idéologiques. Il convient simplement de ne pas ajouter au texte ce qu’il ne contient pas et d’en expliquer les obscurités à l’aide de la Tradition. D’où la nécessité d’éclairer certains passages, qui aujourd’hui  pourraient être occasion d’erreurs.

 

Le texte ne donne qu’une indication sommaire sur les rites du baptême (7) ou de l’eucharistie (9-10 ; 14-15). De cette absence rien n’oblige à conclure à l’inexistence de cérémonies déterminées. Le but de ce texte n’est évidemment pas de les transmettre, pas plus que l’Évangile et les Actes des apôtres ne contiennent la forme de tous les sacrements. La discipline de l’arcane interdisait à l’Église primitive de telles publications.

Les chapitres 9 et 10 contiennent les textes de prières se rapportant à l’eucharistie ; certains pensent qu’elles étaient utilisées dans la liturgie eucharistique. On ignore à quel moment de la liturgie elles auraient été prononcées. De la différence d’avec les textes traditionnels de la liturgie grecque ou latine on ne peut donc rien conclure, sinon que, à cette époque, la totalité de la liturgie n’était pas encore développée et fixée uniformément comme aujourd’hui.

Les chapitres 11 à 13 font allusion à trois sortes de prédicateurs itinérants, correspondant aux catégories établies par saint Paul [14] : apôtres, prophètes, docteurs. Certains ont voulu y voir des prédicateurs « charismatiques » indépendants de toute hiérarchie. Une telle affirmation est gratuite et contraire à la tradition constante de l’Église. C’est l’évêque qui est le chef de l’Église et rien ne peut se faire sans l’évêque. Les lettres de saint Ignace d’Antioche sont suffisamment claires sur ce point. Cela n’excluait pas des prédicateurs itinérants comme il y a aujourd’hui des ordres religieux et des prêtres missionnaires, dont aucun n’agirait sans mission de la hiérarchie.

Il est question (15,1) d’élection des évêques et des diacres. Le mode de désignation des membres de la hiérarchie est d’institution humaine. Cela ne prouve rien contre l’existence du caractère sacerdotal et la permanence de cette hiérarchie.

 

Quelques extraits significatifs

 

Il y a deux voies : l’une de la vie, l’autre de la mort ; mais il est entre ces deux voies une grande différence.

La voie de la vie est la suivante : premièrement tu aimeras Dieu qui t’a créé ; deuxièmement tu aimeras ton prochain comme toi-même ; et ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait, toi non plus ne le fais pas à autrui.

 

[...]

 

La voie de la mort est la suivante ; avant tout sache qu’elle est mauvaise et pleine de malédiction : meurtres, adultères, convoitises, fornications, vols, idolâtrie, magie, empoisonnements, rapines, faux témoignages, hypocrisie, duplicité de cœur, ruse, orgueil, malice, arrogance, obscénité de langage, jalousie, insolence, hauteur, forfanterie, absence de toute crainte.

 

[...]

 

Que personne ne mange et boive de votre eucharistie, si ce n’est les baptisés au nom du Seigneur ; car à ce sujet le Seigneur a dit : « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens. »

 

Après vous être rassasiés, rendez grâce ainsi :

Nous vous rendons grâces, ô Père saint,

Pour votre saint nom,

Que vous avez fait habiter en nos cœurs,

Pour la connaissance, la foi et l’immortalité,

Que vous nous avez révélées par Jésus-Christ votre serviteur.

Gloire à vous dans les siècles !

 

C’est vous, maître tout-puissant,

Qui avez tout créé, pour l’honneur de votre nom,

Qui avez donné aux hommes la nourriture et la boisson en jouissance, afin qu’ils vous rendent grâces,

Mais à nous vous avez donné une nourriture et une boisson spirituelles et la vie éternelle par votre serviteur.

Avant tout nous vous rendons grâce, parce que vous êtes puissant [15].

Gloire à vous dans les siècles !

 

Souvenez-vous, Seigneur, de délivrer votre Église de tout mal,

Et de la rendre parfaite dans votre amour ;

Rassemblez-la des quatre vents de l’univers, cette Église sanctifiée,

Dans le royaume que vous lui avez préparé.

Car à vous sont la puissance et la gloire dans tous les siècles !

Vienne la grâce et que ce monde passe !

Hosanna au Dieu de David !

Si quelqu’un est saint, qu’il vienne !

S’il ne l’est pas, qu’il fasse pénitence !

Maran atha !

Amen.

 

Si quelqu’un vient à vous et vous enseigne tout ce qui vient d’être dit, recevez-le ; mais si le prédicateur lui-même, étant perverti, enseigne une autre doctrine en vue de détruire, ne l’écoutez pas.

 

[...]

 

Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain [16] et rendez grâces, après avoir confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur. Celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous avant de s’être réconcilié, de peur de souiller votre sacrifice, car voici ce qu’a dit le Seigneur : « Qu’en tout lieu et en tout temps, on m’offre un sacrifice pur ; car je suis un grand roi, dit le Seigneur, et mon nom est admirable parmi les nations [17]. »

 

[...]

 

Veillez sur votre vie ; ne laissez ni s’éteindre vos lampes ni se détendre la ceinture de vos reins ; mais soyez prêts car vous ignorez l’heure où notre Seigneur viendra. Assemblez-vous fréquemment pour rechercher ce qui intéresse vos âmes ; car tout le temps de votre foi ne vous servira de rien, si au dernier moment vous n’êtes devenus parfaits. Car aux derniers jours se multiplieront les faux prophètes et les corrupteurs, les brebis se changeront en loups et l’amour en haine. Avec les progrès de l’iniquité, les hommes se haïront, se poursuivront, se trahiront les uns les autres ; et alors paraîtra le séducteur du monde, se donnant pour Fils de Dieu, et il fera des signes et des prodiges, et la terre sera livrée entre ses mains, et il commettra des iniquités telles qu’il n’en fut jamais commis depuis le commencement du monde.

Alors toute créature humaine entrera dans le feu de l’épreuve : beaucoup se scandaliseront et périront ; mais ceux qui auront persévéré dans leur foi seront sauvés par celui-là même qui aura été objet de malédiction. Alors apparaîtront les signes de la vérité : premier signe, les cieux ouverts ; deuxième signe, le son de la trompette ; troisième signe, la résurrection des morts ; non de tous, il est vrai, mais selon qu’il a été dit : le Seigneur viendra et tous les saints avec lui. Alors le monde verra le Seigneur venant sur les nuées du ciel.

 

Texte intégral grec-français : Sources chrétiennes, n. 248, Cerf, Paris, 1978.



***


[1] — Voir A. Sélégny, « La Tradition », §2. 2, in Le Sel de la terre 5, p. 115.

[2] — L’abbé Berto, théologien privé de Mgr Lefebvre, déclarait que ce dernier était très supérieur à son propre théologien. De combien d’évêques de Vatican II pouvait-on dire la même chose ?

[3] — Cela n’enlève rien à la qualité de son édition.

[4] — Cité par le père Labourdette O.P., Revue Thomiste, 1946, p. 354.

[5] — Cité par le père Labourdette O.P., ibid. p. 359, note 1.

[6] — Père Labourdette O.P., op. cit., p. 358.

[7] — Père Labourdette O.P., op. cit. p. 358-359.

[8] — « Inter scholasticos Doctores omnium princeps et magister longe eminet Thomas Aquinas: qui, uti Caietanus animadvertit, veteres “Doctores sacros quia summe veneratus est, ideo intellectum omnium quodammodo sortitus est”. Illorum doctrinas, velut dispersa cuiusdam corporis membra, in unum Thomas collegit et coagmentavit, miro ordine digessit et magnis incrementis ita adauxit, ut catholicae Ecclesiae singulare praesidium et decus iure meritoque habeatur. » Léon XIII, Æterni Patris, 1879, DS 3139. « Thomas d’Aquin domine sans conteste tous les docteurs scolastiques, comme prince et comme maître : comme le note Cajetan, “il a reçu en quelque sorte la science de tous les auteurs sacrés parce qu’il les a vénérés au plus haut point”. Leurs doctrines, qui étaient comme les membres dispersés d’un corps, Thomas les a rassemblées et développées dans l’unité ; il les a intégrées dans un ordre remarquable et leur a apporté un tel développement qu’il est tenu à juste titre comme le défenseur et la gloire de l’Église catholique. »

[9] — La lecture des pères oblige le théologien à saisir en profondeur les catégories traditionnelles qu’il a l’habitude de manier et à secouer « cette paresse de l’esprit, plus ami de la formule que de la saisie, plus prompt à se reposer sur le tout fait qu’à pousser son regard jusqu’aux premières aperceptions pour refaire à son compte, par une réflexion pleinement personnelle,tout le cheminement ultérieur de la pensée » (Père Labourdette O.P., op. cit. p. 355).

[10] — « Fare una scelta di campo, esclusiva o, peggio ancora, contrapposta – non fa differenza a favore di quale dei due – non può non essere gravemente dannoso per il pensiero cristiano. » Agostino Trapè, La « Aeterni Patris » e la filosofia cristiana di S. Agostino in Atti dell’VIII Congresso Tomistico Internationale, I, p. 216. Le R.P. Agostino Trapè O.S.A. (+1987) était ancien prieur général de l’ordre des Augustins.

[11] — Cf. Lamentabili, proposition condamnée n. 59 : « Christus determinatum doctrinae corpus omnibus temporibus cunctisque hominibus applicabile non docuit, sed potius inchoavit motum quemdam religiosum diversis temporibus ac locis adaptatum vel adaptandum. » DS 3459 « Le Christ n’a pas enseigné un corps de doctrine déterminé applicable à tous les temps et à tous les hommes, mais il a plutôt commencé un mouvement religieux adapté ou adaptable à divers temps et à divers lieux. »

[12] — Par exemple la doctrine thomiste de la grâce est celle de saint Augustin. Mais certains développements et les explications métaphysiques qui sous-tendent cette doctrine chez le Docteur angélique et ses commentateurs fidèles sont hors de la perspective de saint Augustin.

[13] — Entre autres, l’Épître de Barnabé, saint Ignace, Aristide, saint Justin, Tatien, Théophile d’Antioche, Clément d’Alexandrie

[14] — 1 Co 12, 28.

[15] — Avant tout nous vous rendons grâce, non pour les biens que nous avons reçus de vous, mais simplement pour nous avoir appelés à adorer votre puissance et votre majesté.

[16] — Cette expression sert à désigner la célébration de la messe. Cf. Mt 26, 26 ; 1 Co 10, 16.

[17] — Citation de Malachie 1, 11. 14. Ce texte prophétise le saint sacrifice eucharistique et a été repris dans la liturgie du Saint-Sacrement (trait de la messe).

Informations

L'auteur

L'abbé Jean-Marc Rulleau a été ordonné prêtre dans la Fraternité sacerdotale Saint Pie X et professeur de théologie au séminaire d'Écône, avant d'embrasser la vie monastique.

Le numéro

Le Sel de la terre n° 11

p. 107-115

Les thèmes
trouver des articles connexes

Vie Spirituelle : Doctrine, Oraison et Perfection Chrétienne

Télécharger le Pdf ici :

.

bottom of page