top of page

+ Mémoires de prison

 

 

Madame Tangari est née le 10 mars 1906 et décédée le 1er décembre 1989 après une vie de prière, de souffrance et de dévouement hors du commun. Elle eut la grâce de connaître le padre Pio en 1950 et fut sa fille spirituelle jusqu’en 1968, date de la mort du père. Sur son conseil, elle se lance dans un apostolat difficile qui consiste à aider les prêtres persécutés der­rière le rideau de fer. Les débuts sont ingrats car son entourage ne la soutient pas et elle ne dispose pas du moindre sou pour commencer. Femme d’une très grande foi, elle obtiendra par la prière et le sacrifice de nombreux dons pour aider les prêtres et pour financer ses voyages (et ce jusqu’à la fin de sa vie). De 1964 à 1971, elle a ainsi passé plus de 100 fois le rideau de fer en Tchécoslovaquie et en Pologne, avec plusieurs valises pleines de chapelets, d’images, de cadeaux variés et d’argent ! Durant toute cette période, elle ne s’est jamais fait arrêter aux frontières malgré les sévères restrictions (pas plus de 10 images permises), les contrôles doua­niers et les interrogatoires d’usage.

C’est le jeudi de la semaine de Pâques, 15 avril 1971, alors qu’elle a pris l’autobus à Vienne en direction de Prague, qu’elle est retenue à la frontière autrichienne. C’est par cet événement qu’elle débute ses « Mémoires de prison » – « Je regardai de l’autre côté de la frontière autrichienne – ah ! si proche, si abordable, pourtant inaccessible désormais pour moi. Je compris la douloureuse signification du rideau de fer que j’avais à peine remarqué les années précédentes et qui était cepen­dant là. Encore un regard d’adieu du côté de la liberté, puis ils me conduisirent au tribunal de Znaim et je fus entendue jus­qu’au soir (…). A mon grand étonnement on me dit enfin que j’étais gravement soupçonnée d’activités antinationales et qu’il fallait donc m’emprisonner (…). Je savais qu’il était inutile d’objecter quoi que ce soit (…). A 21 heures, ce soir-là, les portes de la prison s’ouvrirent pour moi et se refermèrent aussitôt (…). Y aurait-il un jour une sortie ? On pouvait en douter ; du moins au premier instant, on semblait être tombé dans un filet tissé de mille mailles, sans aucune issue. »

C’est ainsi que commencent les 15 longs mois de détention de madame Tangari dans les prisons communistes. Tout y est organisé pour « une complète dépersonnalisation, l’abaissement de l’être humain jusqu’au néant, l’abandon de son anéantissement à la volonté d’autrui ».

La cellule se résume à une pièce de quelques mètres carrés, où sont entassées jusqu’à 7 ou 8 femmes dans des condi­tions à peine imaginables : aucun confort, manque d’hygiène, nourriture insuffisante et souvent avariée, promiscuité qui devient exaspérante quand il faut suppor­ter des arrivantes sans-gêne, grossières, voire brutales, monotonie, lassitude, ennui qui sont entrecoupés par des séries d’interrogatoires épuisants où les mêmes questions lancinantes reviennent chaque fois. Madame Tangari décrit de façon simple et poignante ces heures intermi­nables où tout espoir humain a disparu, où seule subsiste la confiance en Dieu. Au prix d’une prière (plusieurs rosaires par jour) et d’une lutte continuelles, elle a réussi à accepter et offrir ce calvaire et même à en rendre grâces. « Une cellule de prison est la meilleure école de la vie, car la souffrance et les malheurs inévitables y sont sans issue. Mais, même sans liberté, il n’est pas toujours facile de se résigner et, bien que prévenues, nous ne réussissions pas toujours à tout endurer avec patience et soumission, sans rancune ni révolte. Mais chaque victoire sur nous-mêmes était pour nous une bénédiction et une joie. »

MadameTangari sortira de prison en juillet 1972, ayant perdu 22 kilos, épuisée au point de ne pouvoir monter une marche seule. Interdite de séjour dans les pays de l’Est pour 10 ans, elle reprendra son apostolat auprès des prêtres persécutés à l’Ouest… en raison de leur fidélité à la Tradition. Ainsi, à partir de 1974, elle soutiendra de ses prières, sacrifices, conseils et dons de très nombreux prêtres, religieux, séminaristes et fidèles de la Tradition.

Ces mémoires de prison sont à la fois un témoignage historique et une profes­sion de foi en l’assistance surnaturelle dans les situations les plus extrêmes. Ces pages sont édifiantes de confiance en Dieu, de persévérance dans la prière et d’acceptation résolue de la volonté divine.

 

Marie-Louise Forestier.

 

TANGARI, Katarina, Mémoires de prison, Éditions Les Amis de Saint-François de Sales, diffusé par le Courrier de Rome ( B.P. 156, 78001 Versailles Cedex), sans date, 15 x 21, 173 p., 70 F.

 

Pour mieux connaître la vie de madame Tangari, on peut ausssi se procu­rer les cassettes suivantes :

— Madame Tangari, apôtre de l’Église persécutée – conférence de mon­sieur l’abbé du Chalard donnée à Sion le 18 mars 1989 (40 FF ou 10 FS).

— Madame Tangari, la prison – conférence de monsieur l’abbé du Chalard donnée à Sierre le 15 mars 1991 (40 FF ou 10 FS).

s’adresser à :

— Courrier de Rome B.P. 156, 78001 Versailles Cédex

ou

— Éditions les Amis de Saint-François-de-Sales, CP 2346, CH-1950, Sion 2.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 11

p. 190-191

Les thèmes
trouver des articles connexes

Télécharger le Pdf ici :

.

bottom of page