+ Firmin vainqueur de la Bastille
C’est un roman, certes, mais aussi une histoire vraie, celle de la Révolution française jusqu’à septembre 1792. Elle nous est contée à travers la vie de deux jeunes Savoyards qui montent à Paris pour aller y gagner leur vie. Ils y arrivent en même temps que les délégués aux États-généraux (mai 1789). Tantôt ils participent, tantôt ils assistent seulement aux événements, selon qu’ils se laissent ou non entraîner par l’excitation générale. C’est l’aspect le plus intéressant de ce petit livre que de faire toucher du doigt le profond bouleversement qui s’empare des esprits en période révolutionnaire. Ainsi voit-on Emery, supérieur du séminaire et de la Compagnie de Saint-Sulpice, accompagner ses élèves au Champ de Mars pour participer aux travaux de terrassements nécessaires en vue de la fête de la Fédération qui doit s’y dérouler pour le 1er anniversaire du 14 juillet 1789 !
Fr. I.-M.
J.S. Sivergnat, Firmin vainqueur de la Bastille, L.L.P. (Lettre de la Péraudière, 69770 Montrottier), 1994, 13 x 21, 131 p.
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+ Prier Dieu – Les psaumes
Dans Le sel de la terre n° 5 [1], nous avons parlé du psautier, « livre biblique de beaucoup le plus utilisé dans l’Église » parce qu’« il contient en lui-même toute l’Écriture (…). Sa caractéristique est de redire sous forme de louange et de prière tout ce que les autres livres exposent selon les modes de la narration, de l’exhortation, de la discussion ». Quant à son but, « c’est de faire prier, donc d’élever l’âme jusqu’à Dieu, par la contemplation de son infinie majesté, par la méditation de l’excellence de la béatitude éternelle, par la communion à la sainteté de Dieu et l’imitation effective de sa perfection [2] ».
Nous regrettions à ce sujet qu’aucun bon commentaire de psaumes ne soit accessible aux fidèles, les meilleurs commentaires étant épuisés chez les éditeurs.
C’est pourquoi nous saluons avec joie la réédition (sans altération), par les Éditions du Cerf, du livre du père Besnard O.P. : « Pour prier Dieu, les psaumes. » Il ne s’agit pas ici d’un commentaire complet du psautier mais, dans ce livre édité pour la première fois il y a 30 ans, l’auteur a rassemblé les plus belles pages des commentaires de psaumes par saint Augustin.
C’est vraisemblablement à Carthage, entre 411 et 415, que saint Augustin composa la majeure partie de ses commentaires de psaumes, alors que le monde latin traversait des heures dramatiques (Rome avait été prise par Alaric en 410).
Par ses commentaires, dont un grand nombre fut prêché, saint Augustin se proposait de fortifier la foi des fidèles, de nourrir leur espérance et surtout de les exhorter à la prière. Ses commentaires de psaumes ne sont pas un exposé didactique sur la prière, mais divers développements que lui ont suggérés le Saint-Esprit et la situation critique des fidèles du Ve siècle. Citons les trois grands mouvements de sa pensée :
— comment Jésus-Christ nous apprend à prier,
— les dispositions du cœur dans la prière,
— la prière dans toute la vie.
Aujourd’hui comme au Ve siècle, tout fidèle peut puiser, dans ces commentaires de psaumes, force, courage, lumière pour sa vie chrétienne.
Fr. M.-D.
Saint Augustin, Prier Dieu – Les Psaumes, Textes choisis par A.M. Besnard O.P., « Les classiques, Foi vivante », édition du Cerf, Paris, 1994, 11 x 18, 208 p.
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+ Recension d’un ouvrage du père Habra : La foi en Dieu incarné – Tome II
Le père Georges Habra est théologien, spécialiste en patrologie grecque. Il a publié à ce jour sept volumes exposant la foi catholique à partir des ouvrages des pères de l’Église. Il n’est pas sans intérêt d’en citer les titres : La Transfiguration selon les pères grecs, Amour et concupiscence, La mort et l’au-delà, Du discernement spirituel, La foi en Dieu incarné.
Le tome I de La foi en Dieu incarné est sous-titré « Justifications rationnelles », où il est démontré que la foi catholique n’est pas crédulité, mais qu’il est possible de la justifier de manière rationnelle. Rappelons qu’il est de doctrine constante dans l’Église que la foi et la raison ne sauraient être dissociées. L’attitude contraire s’appelle le fidéisme, et l’encyclique de saint Pie X, Pascendi dominici gregis du 8 septembre 1907, a rappelé les différentes condamnations dont cette doctrine avait déjà fait l’objet, en même temps qu’était dénoncé l’ensemble des erreurs modernistes.
Dans le tome II, le père Habra examine « Le Mystère », soit la Trinité, la chute, l’incarnation. Pour ce qui est de la Trinité, l’ouvrage contient de nombreuses citations des pères de l’Église qui réfutent les grandes hérésies : celle de Sabellius et l’arianisme. Le sabellianisme niait la distinction entre les personnes de la Trinité : Dieu apparaissait tantôt comme Père, tantôt comme Fils, tantôt comme l’Esprit. L’arianisme niait l’égalité de nature. L’orthodoxie se situe donc entre ces deux déviations.
Quant à la chute, l’homme fut créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Cependant, il était libre de désobéir. Le péché originel et ses conséquences sont le résultat de cette désobéissance.
La rédemption, précédée de l’incarnation, est la réponse « incomparable » de Dieu au péché originel. L’incarnation va rendre possible la restauration de la nature humaine, c’est la « divinisation » communiquée par la Sagesse, selon la ressemblance et la chair du Logos.
Dans la troisième partie sont abordées les questions fondamentales de l’incarnation : la naissance virginale, l’union hypostatique, ou comment la seconde personne de la sainte Trinité a assumé la nature humaine.
Ce livre donne un beau commentaire de la tentation dans le désert. Sont cités également les grands conciles christologiques : Nicée, Chalcédoine, Constanti-nople.
Merci au père Habra d’avoir composé cet excellent ouvrage à partir de son immense connaissance des pères grecs.
M.-R. R.
Georges Habra, La foi en Dieu incarné, t. II, 1994, 14,5 x 21,5, 152 p. A commander chez Mr Jacques Baudeau, 14 place Etienne Pernet, 75015 Paris [3].
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+ Autour d’un livre du père Habra : La mort et l’au-delà
Une citation de Pascal sur l’importance du problème de l’immortalité de l’âme ouvre le livre. En parlant de l’immortalité de l’âme, de la résurrection finale, de l’enfer, etc, le père Habra, comme il en a conscience, va à l’encontre des théories des théologiens « modernes », qui font tout ce qu’ils peuvent pour occulter ces questions, ou les cantonner dans une banalisation rassurante. Mais ils ont tort.
Les athées et les agnostiques qui agissent de la sorte sont logiques avec eux-mêmes ; et il faut les plaindre et espérer qu’ils seront un jour touchés par la grâce en comprenant qu’il y a autre chose dans la vie et l’au-delà que notre raison ne peut appréhender.
Quant aux théologiens modernes qui nient l’enfer, ils sont en contradiction avec eux-mêmes, puisqu’ils oublient que la foi est un tout, et que remettre en cause un point du dogme, même secondaire, amène vite à remettre en cause l’ensemble. Nier l’enfer, c’est nier la véracité de la Bible, de l’enseignement de l’Église (lesquels d’ailleurs ne doivent pas être dissociés), mais, plus subtilement, c’est également nier le péché, et donc la nécessité de la rédemption, avec pour conséquence que ceux qui en sont à ce stade ont cessé d’être chrétiens.
Le père Habra s’interroge aussi sur la fin des temps, dont nous voyons actuellement ce qui en est peut-être le signe (mais il est dit que nous n’en savons ni l’heure, ni le moment) et l’auteur cite également le passage des Écritures où il est dit : les gens vaquaient à leurs occupations et à leurs « distractions » au sens pascalien jusqu’à ce que Noé monte dans l’arche…
M.-R. R.
Georges Habra, La mort et l’au-delà, 2e éd., 1992, 13,5 x 20, 241 p. A commander chez Mr Jacques Baudeau, 14 place Etienne Pernet, 75015 Paris [4].
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[1] — Article intitulé : « Retrouver le goût des psaumes », pp. 8 à 24.
[2] — Saint Thomas d’Aquin, In psalmos Davidis expositio, édition Vivès, Paris, 1876, pp. 228 et 229.
[3] — Le père Habra étant décédé au mois de septembre, on ne peut plus se procurer le livre chez l’auteur (5 rue Béranger – 77300 Fontainebleau), comme c’est indiqué sur la couverture du livre.
[4] — Le père Habra étant décédé récemment, on ne peut plus se procurer le livre chez l’auteur (5 rue Béranger – 77300 Fontainebleau), comme c’est indiqué sur la couverture du livre.

