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Une œuvre grandiose : le patronage (II)

 

par le père Jean Reynaud, des Frères de Saint-Vincent-de-Paul

 

 

 

Dans le numéro précédent de la revue, le père Reynaud nous a exposé l’esprit, le fonctionnement, la science et l’art du patronage. Ici il nous retrace son historique. Après plus de cinquante années de sacerdoce consacrées auprès de la jeunesse, c’est l’expérience de toute une vie que le père nous transmet. Plus précisément c’est la sagesse des grands éducateurs de la jeunesse, des pères Allemand, Timon-David, Le Prevost, du frère Maurice Maignen, etc., qu’il met à notre disposition après s’en être inspiré dans son apostolat. A l’heure où la jeunesse est tellement abandonnée, souhaitons que ceux qui désirent lui venir en aide puisent dans ces sages considérations pour pouvoir faire quelque chose de vraiment utile et durable.

Certains de nos lecteurs trouveront peut-être que ces lignes ne donnent pas une idée assez concrète du patronage et ne sont pas directement utilisables. Nous avons voulu laisser s’exprimer librement le père Reynaud pour qu’il puisse livrer le trésor qu’il a reçu. Lorsque cette série d’articles sera achevée, nous la compléterons au besoin en donnant quelques règlements et statuts de patronage pour permettre à ceux qui le souhaitent de continuer cette belle tradition.

Le Sel de la terre.

 

 

 

Historique du patronage


La fondation

 

Œuvre grandiose, entreprise difficile que le patronage. Sur cette œuvre, le père Le Prévost émet un double principe pour lui-même et pour ses collaborateurs :

— « Quand je veux réussir dans une entreprise difficile, je me jette à genoux, je prie davantage, je pleure et j’obtiens ;

— « C’est du pied du crucifix, après plusieurs années d’oraison, imprégné pour ainsi dire des causes de Dieu, illuminé des rayons de sa grâce et rempli de sa parole, qu’il faut s’élancer dans l’arène de la vie apostolique pour remporter la victoire [1]. »

A la lumière de ce double principe, la modeste congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul est, en nos temps modernes, un vivant témoignage du progrès et du recul dans l’apostolat auprès de l’enfance et de la jeunesse.

Dans ses souvenirs de membre fondateur avec le père Le Prévost et le frère Clément Myonnet, Maurice Maignen rapporte la conversation mémorable qui le détermina dans sa vocation religieuse. C’était en automne 1844 :

« Nous marchions ensemble dans les bois de Chaville. Quoique plein de respect pour le passé et pour ses grandes institutions, monsieur Le Prévost ne croyait pas qu’elles répondaient pleinement aux hommes de la société actuelle et surtout à ceux des masses populaires. Avec quelques confrères de la société Saint-Vincent-de-Paul, encouragé par l’évêque d’Angers, il envisageait la création d’une société religieuse, consacrée au soutien des œuvres de charité qui périclitaient faute d’agents entièrement libres et dévoués [2]. »

Ce que les trois fondateurs voyaient en projet et d’une façon encore bien informelle, l’Église en approuve définitivement l’esprit et la méthode en 1924. Date d’importance majeure, spécialement pour les cœurs militants, puisque trois documents pontificaux sont proclamés éléments de base pour la doctrine et l’action : l’encyclique Quanta cura (avec le Syllabus), la Lettre sur le Sillon et l’encyclique Pascendi.

Forte de cette approbation définitive, la congrégation définit ses directives et ses orientations :

« L’Église suffit à peine dans ses moyens ordinaires aux besoins des fidèles qui savent encore le chemin de la paroisse [3]. »
« Ce qui reste en dehors d’elle est immense (…). L’institut prend dans toute leur étendue les besoins immenses à satisfaire. Il embrasse tous les âges, depuis l’enfant jusqu’au vieillard [4]. »
« Nous pouvons croire que, dans les desseins de Dieu, notre institut a pour mission d’incarner la grande pensée de l’apostolat des classes dirigeantes, afin que tous ceux qui cherchent à exercer leur apostolat trouvent au sein de l’institut une science spéciale des besoins, des guides zélés et mûris par l’expérience [5]. »

Pour l’institut, définitivement approuvé, la formule et les méthodes dans l’apostolat auprès de l’enfance et de la jeunesse se réalisent dans le patronage, le “vrai”.

« Le but que poursuit l’œuvre du patronage peut être envisagé dans l’ordre spirituel, dans l’ordre social ou familial et dans l’ordre professionnel [6]. »
« Le but spirituel doit primer de front toutes les autres fins envisagées, non seulement à cause de son excellence propre, mais surtout parce que le patronage est principalement une œuvre d’apostolat et ne s’occupe des autres points de vue que par manière de complément et d’une façon accessoire [7]. »

S’il est vrai que, jusqu’à la guerre de 1914-1918, la division des classes étant encore apparente, il pouvait être dit que la classe ouvrière était « victime plus que toute autre du désordre social créé par les doctrines dissolvantes du libéralisme et de la Révolution », de nos jours, sous l’impulsion des idéologies envahissantes, de l’enseignement, des médias, des crises économiques, même les enfants et jeunes gens de rares familles vraiment pratiquantes connaissent, communément, les dangers graves d’ordre intellectuel, moral, religieux. C’est toute l’enfance et la jeunesse qui ont besoin d’être traitées par l’esprit et les méthodes du vrai patronage. Mais qui le connaît vraiment ?

En 1882, une quarantaine d’années après la première journée de patronage, Maurice Maignen écrit :

« Le jeune confrère qui met pour la première fois le pied dans une maison de patronage est porté à croire que les moyens d’action qu’il voit en usage, et qui lui semblent si simples, ont toujours fonctionné ainsi. Non, cher confrère, ne le pensez pas, ce n’est pas du premier coup que l’on a deviné que la piété était la vie même de cette œuvre ; que les jeux à courir étaient un meilleur attrait, que le dévouement des grands aux petits était possible, et le plus sûr moyen de persévérance. L’histoire d’une œuvre apostolique, avec ses douleurs et ses luttes, est aussi un témoignage pour la foi [8]. »

Trente ans après la première journée du patronage, Maurice Maignen en témoignait pour lui-même et pour monsieur Clément Myonnet, fondateur comme lui :

« Répulsion de Maurice Maignen pour les œuvres du patronage ; antipathie de monsieur Myonnet pour les enfants et leur tapage. La grâce, toute-puissante, animatrice de charité, l’emporta souverainement sur l’attrait, au point que tous les deux donnèrent leur vie à ce labeur des âmes [9]. »

Providentielle aussi la rencontre, dès les débuts (1855), avec monsieur le chanoine Timon-David. Elle leur ouvrit les yeux. C’est leur propre aveu :

« Dans le courant de l’année 1855, le patronage reçut une visite qui fit sensation, celle de l’abbé Timon-David, directeur de l’œuvre de la jeunesse à Marseille, il exprima très franchement son opinion : « “Vous perdez votre temps, dit-il, vos confrères se tuent pour rien. Ce ne sont pas les savantes organisations qui font les œuvres ; c’est la grâce de Dieu, par la prière et les sacrements.” Et il exposa les admirables résultats qu’il avait obtenus à Marseille, les communions fréquentes, les pratiques de la plus haute dévotion en usage chez les enfants et les jeunes gens [10]. »

Quelque temps après, monsieur Agniel, le pieux disciple de monsieur l’abbé Allemand, vint confirmer l’opinion de monsieur Timon-David :

« Vous êtes au milieu des morts et des mourants ; avec les passions de la jeunesse, il n’y a qu’un moyen de salut, la piété. »

Faisant réflexion sur ces deux diagnostics d’experts en œuvres de jeunesse, le père Émile Hello, devenu aumônier de patronage, tirait des conséquences pratiques :

« La piété, voilà donc ce qui faisait défaut chez les patronnés de la rue du Regard. Mais comment imposer des pratiques de dévotion à ces enfants de Paris, froidement railleurs, vaniteux, insoumis ? Maurice Maignen comprit qu’il n’y avait rien à tenter près des grands, et qu’il fallait commencer par les plus jeunes, par ceux qui venaient de faire leur première communion. L’aumônier forma parmi eux une petite congrégation de la sainte Vierge, qui devint bientôt un foyer de vie, d’entrain et de véritable dévouement. Ces enfants adoptèrent avec ardeur toutes les pratiques qu’on leur proposa : ils se confessèrent régulièrement. Ils communièrent d’abord une fois par mois, puis tous les dimanches ; ils firent de sensibles progrès dans la correction de leurs défauts, et devinrent bientôt un sujet d’édification pour leurs camarades, sans rien perdre de leur simplicité, de leur franchise et de leur ardeur dans les jeux [11]. »

 

S’inspirant de l’histoire du patronage et des constitutions de 1924, le Directoire relatif à la vie des œuvres (1937) tire les avantages de cette institution, sa nécessité, son excellence selon la triple fin spirituelle, familiale, professionnelle, au plan de l’individu, ainsi que de la société civile et religieuse.

« Par son action solidement formatrice le patronage supplée à l’insuffisance de l’éducation familiale dans notre société qui tend à substituer le mobile de l’intérêt et du plaisir à celui du désir et du bien surnaturel ; il supplée aux grandes lacunes de l’école laïque ou à l’insuffisance de l’école même catholique pour la formation totale de l’enfant chrétien ; il supplée enfin à l’insuffisance de la paroisse dont le clergé, chargé de mille occupations et du ministère des adultes, ne peut pas donner à la jeunesse les soins attentifs et spécialisés qu’elle demande ; il tend à donner à ses membres l’amour de la famille et le sentiment des devoirs dont ils devront s’acquitter un jour comme chefs d’un foyer chrétien ; ou, selon la grâce de Dieu, à ouvrir le jeune sur la vocation d’une vie totalement soumise à Dieu [12]. »

 

La dérive

 

Ayant enfin trouvé « au pas de Dieu [13] » son identité, le patronage, le vrai, fonctionnera cinquante ans durant et même davantage. Mais, partie intégrante de l’ensemble des œuvres de la congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul, le patronage devait nécessairement subir les avatars de la congrégation entière quand celle-ci aura à les subir. Du même coup l’ensemble des patronages, « modelés sur lui, comme sur un prototype [14] », s’en ressentiraient également.

1874 – Mort du père Le Prévost. Le père Lantiez lui succède dans le gouvernement de l’institut.

Il est obsédé par la fondation d’orphelinats agricoles. Chaque patronage est flanqué d’un de ces orphelinats, sources « escomptées » de bénéfices financiers. Vue de l’esprit et surcharge pratique. Patronage et orphelinat périclitent.

1886-1895 – Pour renflouer les patronages en perte de vitesse, également par baisse d’esprit surnaturel jusque chez certains directeurs, l’idée fait son chemin d’organiser des spectacles « religieux ». Ce fut l’engouement du jour. La presse, dite religieuse, eut sa grande part de responsabilités dans ces modes éphémères. C’est elle qui lançait l’idée, puis propageait l’exemple, par des éloges nullement mesurés [15].

Il y aurait un long récit à faire des luttes que soutint M. Maignen pour s’opposer au mouvement de déviation, qui commençait à entraîner ces œuvres auxquelles il avait dévoué sa vie : patronage des apprentis, des écoliers, des jeunes ouvriers (18 à 25 ans). Ce dernier, couronne du patronage et débouchant sur une œuvre plus vaste appelée à de larges développements peut-être trop rapides, l’œuvre des cercles catholiques d’ouvriers.

Précisément, l’œuvre des « cercles catholiques d’ouvriers [16] », à laquelle il était profondément attaché et qui lui devait, en partie, l’existence, lui inspirait de vives inquiétudes. Il la voyait s’écarter, peu à peu, de l’esprit de ses méthodes premières et s’engager dans un mouvement qui était le prélude de cette démocratie chrétienne, d’où naquit plus tard le Sillon [17].

A la même époque, l’abbé Garnier envisageait de lancer à travers la France toutes sortes de programmes d’action catholique et d’œuvres nouvelles n’existant pour la plupart que sur le papier, mais dont les succès, aussi retentissants qu’imaginaires jetaient plus ou moins le trouble dans les cadres des œuvres existantes et entraînaient beaucoup de jeunes gens, clercs et laïques, dans des expériences souvent malheureuses et d’où ils sortaient découragés [18].

Alors fut lancée la première idée des cercles d’études [19], panacée du moment. Bien sûr des patronages, de vrais patronages, continuaient encore, tel celui du Gros Caillou à Paris avec le frère Charles Abel du Garreau de la Mecherie, pour citer l’un des plus célèbres. Puis, tant bien que mal, autour de chaque clocher – l’habitude étant implantée depuis des décennies – des jeunes, surtout des moins de 14 ans, continuent à se grouper, en ville et à la campagne, dans des « salles et cours de patronage ». A quelques exceptions près, seul le nom leur restait, de moins en moins apprécié. Fatalement la tendance inclinait à la nouveauté, maladie contagieuse des groupes insatisfaits ou imprudents. L’un des plus solides patronages parisiens en fut touché.

Le plus ancien de nos patronages de Paris faillit devenir le champ d’expérience des premiers essais du Sillon. Monsieur Marc Sangnier, tout jeune alors, et monsieur Cousin, frère marianiste, qui fut peut-être le principal inspirateur de ce mouvement, firent des conférences à Nazareth et attirèrent les patronnés les plus âgés dans leurs premiers cercles d’études. Mais le directeur des patronages et le père Émile Hello, qui vivait encore à cette époque, virent très vite le danger et surent écarter de leur œuvre les apôtres de la « cité future ».

 

Saint Pie X intervient énergiquement

 

Le pontificat de saint Pie X enraya le progrès du mal dans sa forme la plus apparente, dénommé modernisme doctrinal et modernisme social. Il en souligna la gravité, proposa les remèdes : ce fut l’encyclique Pascendi, la Lettre sur le Sillon. La modeste congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul en éprouva les bienfaits, mais aussi les contrecoups, ainsi que ses œuvres de jeunesse.

1914 – Visite apostolique, ordonnée par saint Pie X pour stopper les infiltrations plus ou moins modernistes, libérales, sillonistes. Les trois quarts des frères et des pères préférèrent quitter la congrégation plutôt que de se mettre sous la direction de la nouvelle curie généralice nommée par saint Pie X.

Clergé et politique s’en mêlent. Ce qui fit dire à saint Pie X, s’adressant au cardinal Amettes, archevêque de Paris : « J’espère que vous n’allez pas élever autel contre autel. »

Des transfuges de la visite apostolique, certains furent relevés de leurs vœux ; plusieurs ecclésiastiques entrèrent dans le clergé séculier. Quelques autres frères et prêtres, sous le pontificat de Benoît XV, se regroupèrent autour du père Anizan, supérieur général, déposé par saint Pie X avec toute la curie généralice. Il devint fondateur des Fils de la charité. On leur doit les Cœurs vaillants, des initiatives hardies dans la vie pastorale et liturgique. Ils prirent en mains l’ancienne « procure des œuvres » jusqu’ici aux mains des Frères de Saint-Vincent-de-Paul.

La petite congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul, amputée d’un nombreux personnel de frères et de pères, dut fermer bien des œuvres. Surtout, selon la consigne expresse de saint Pie X, elle dut réformer ses communautés dans un esprit profondément surnaturel, condition essentielle et obligée pour exercer un apostolat fécond.

La guerre de 1914-1918 aggrava la situation par la mobilisation du supérieur général et l’hécatombe d’une partie des séminaristes et des jeunes prêtres.

 

L’entre-deux-guerres

 

L’après-guerre voit surgir une fourmilière d’œuvres de jeunesse et d’enfance.

Un volume a paru en 1987 sous le titre évocateur Le patronage ghetto ou vivier ? [20]. En dernière page de garde, la présentation de l’ouvrage laisse transpirer, avec la diversité des groupes et des rassemblements, l’ambiguïté du mot patronage. Peut-on trouver dans ces 368 pages l’identité du vrai patronage ? Non pas, assurément.

Par contre le titre Le patronage ghetto ou vivier ? exprime clairement, avec exemples à l’appui, la remarque d’Esprit et Vie :

« Pour atteindre et conserver le grand nombre, il faut que les activités proposées intéressent la jeunesse. Après l’époque où le théâtre, la musique, la gymnastique ont été introduits (en priorité et souvent en exclusivité) dans beaucoup d’œuvres, les débuts du 20e siècle coïncident avec l’introduction des sports, en particulier du football et du basket-ball. C’est dans ce terreau des œuvres de jeunesse, oratoires et patronages, que beaucoup d’organisations nées ultérieurement sont venues puiser [21]. »

C’est aussi, avec Pie XI, l’Action catholique organisée. En Belgique comme en France, ces « mouvements spécialisés » de jeunes (JOC, JAC, JIC, etc.) recrutent la plupart de leurs premiers dirigeants dans les patronages qui leur fournissent aussi de nombreux adhérents (Esprit et Vie, 25 février 1994).

Rappelons que à la fin du 19e siècle, l’abbé Garnier lançait à travers la France toutes sortes de programmes d’« action catholique, jetant le trouble dans les cadres des œuvres existantes » (voir plus haut). Trente ans plus tard, sous Pie XI, avec la dénomination officielle d’Action catholique, pareil phénomène de « trouble » se produit dans les œuvres existantes, et jusque dans les vrais patronages existants.

 

Dans le flux et reflux de l’éducation nouvelle aux formes d’activités changeantes, mais miroitantes pour la jeunesse avide de nouveautés, rien de plus facile que la « critique d’une éducation trop passive accordant une place exclusive au développement des facultés mentales au détriment de la sensibilité [22] ».

Nombre de prêtres et de laïques, même de bonne foi, n’y manquent pas. Dans les vrais patronages, la tentation était de tous les jours pour les patronnés, également pour les clercs, oublieux ou ignorants des enseignements de L’âme de tout apostolat (Dom Chautard).

Quoi de plus emballant que ces rassemblements de la JOC surtout, au parc des Princes, au « Vél. d’hiv. », lorsque des milliers de voix crient : « Nous voulons donner le Christ à nos frères ! » Les jours suivants, ils sont à la une. L’insigne à la boutonnière, ils se sentent une force, une masse, ils en sont fiers. Aux fidèles du vrai patro il faut une force d’âme peu commune pour continuer la vie d’apparence pâle, humble, insignifiante, repliée, d’un patro « refermé sur lui-même », dédaigneusement oublié…

Merci à ceux de nos supérieurs de l’époque qui voyaient, savaient, et avec sagesse et patience, nous inculquaient l’esprit de nos devanciers, et qui, en même temps, avaient l’art de s’adapter aux conditions difficiles de l’actualité « bougeante » et « démonstrative ».

Le climat général à l’activisme et à la déviation facile appelait, en effet, la mise au point d’une légitime attention au « sensible ». Surtout à Paris, la Providence nous y aidait par tout un ensemble de circonstances extérieures. Elles offraient l’occasion de proclamer la foi de toujours à l’encontre d’un esprit déviationniste, modernisant, de trop de gens d’Église en place.

 

1946-1947 – « Le grand retour »

 

En 1939, lors de la Seconde Guerre mondiale, la reproduction de la Vierge miraculeuse de Notre-Dame de Boulogne [23] fut mise à l’abri à l’intérieur de notre pays, puis conduite jusqu’à Lourdes. On décida enfin de la ramener triomphalement chez elle. Il y avait quatre répliques de la sainte image afin de permettre à la foi de toutes les populations françaises de se donner libre cours. La barque où était assise la statue de la Madone était tirée par les fidèles, souvent pieds nus, en longs cortèges, allant de paroisse en paroisse ; les cloches sonnaient à son arrivée et à son départ ; c’était partout des réceptions solennelles, des veillées de prières toute la nuit dans les églises qui l’accueillaient ; lors de ce passage de Marie, on assistait à des conversions surprenantes. Ce fut ainsi pendant des mois une « mission » itinérante, prêchée par la Vierge elle-même ; dans sa barque furent déposés des milliers et des milliers de suppliques. A Paris, nos quatre patronages du XVe arrondissement vécurent, enthousiastes, des heures mémorables au souvenir impérissable.

Pourquoi, subitement, en fin de course à Paris, de si beaux élans stoppèrent-ils ? La rage du diable se dissimulant sous les prétextes de l’ordre – et surtout de la liturgie malmenée ?

 

1949-1955

 

Chaque jour de congé, un « confrère » apporte son concours au patronage auprès des adolescents et des grands. Ancien du patro, directeur d’école publique, il a l’audace de se compromettre également aux côtés d’un prêtre et religieux de Paris, le père Fillière. Ce prêtre, professeur de psychologie à l’Institut catholique, orateur né au souffle puissant, donne des conférences publiques sur le communisme. Il est la bête noire de la majorité de ses confrères ecclésiastiques et des mouvements d’Action catholique. Le « confrère de patronage » est aussi animateur bien connu de la « cité des jeunes » groupant plusieurs dizaines d’étudiants supporters des conférences anti-communistes du père. Le programme des activités du patronage des grands prévoit la participation aux collages d’affiches, tout comme aux réunions publiques. Un abbé, virtuose de musique, exerce tous ces jeunes aux chants de circonstances. Et, le moment venu, c’est un spectacle original et galvanisant de voir et d’entendre des centaines de jeunes clamer fièrement la foi de toujours. C’est dans ce contexte de « foi ardente » que le patronage participe aux réunions et rassemblements de soutien et de protestation au moment du procès du cardinal Mindzenty, lâchement abandonné par les puissances de l’Occident, puis dans la suite par la politique du Vatican.

 

Mois de Marie – Sainte Jeanne d’Arc. C’est la participation au cortège traditionnel. Puis retour à travers les rues du VIe et du XVe, drapeau en tête, au pas cadencé, soutenus par les chants du répertoire patro.

 

11 novembre – Saint Martin – Anniversaire de la victoire. Les quatre patronages du XVe se rassemblent, 7 rue Blomet, résidence du supérieur régional provincial. Entouré de son conseil et du conseil des anciens des patronages, il conduit le cortège jusqu’au monument aux morts : un groupe impressionnant de 500 jeunes et adultes dépose une gerbe et récite pater et ave.

La mairie, bien pensante, a proposé de se joindre à nous. Elle a compris que nous voulons paraître en tant que catholiques débordant de piété pour la patrie, mais extérieurs aux partis politiques, afin d’apparaître nettement ce que nous voulons être : au service intégral du Christ, roi des familles et de la société.

 

1958 et après

 

La France catholique, hebdomadaire dirigé par Le Cour Grandmaison, a fait paraître un article, sur les instances de l’assemblée des évêques de France. Il veut orienter les catholiques qui vont avoir à se prononcer par oui ou non sur la nouvelle constitution qui se déclare « laïque ». L’article incline vers le oui. Il explique que le mot laïque est acceptable dans un sens catholique. Les patros avec beaucoup de catholiques militants faisaient campagne pour le non, depuis des jours.

Le samedi au soir, veille du jour du vote, le supérieur général, se référant à l’article, s’adresse à ses communautés. La consigne est de voter oui à la constitution !

Le concile n’est que pour 1962. Mais, déjà, « l’esprit du concile » est dans la mentalité et le cœur de plusieurs membres de la congrégation. Ce n’est plus l’unanimité pour l’absolu de la vérité et du surnaturel, la visite apostolique de 1914 et la devise du saint pape Pie X « Omnia instaurare in Christo » sont bien oubliées. L’après-concile, avec ses tâtonnements et ses choix, sera vécu au nom de l’obéissance plus ou moins bien interprétée. Les constitutions approuvées définitivement en 1924 sont gommées purement et simplement. Dans les « nouvelles constitutions », vous chercheriez vainement l’encyclique Quanta cura et le Syllabus de Pie IX, ou la Lettre sur le Sillon de saint Pie X.

 

Hélas ! Les « variations » dans les œuvres de jeunesse, l’esprit et les méthodes des mouvements spécialisés de l’Action catholique sont aggravés par les conséquences des événements de la guerre d’Indochine et d’Algérie, par les bouleversements du concile. Spectaculairement la jeunesse crie son désespoir dans la révolution de « mai 1968 ».

Le vrai patronage a pratiquement disparu.

 

 

Parlons franc et net

 

L’Action catholique a eu raison du « vrai patro… ». C’est le constat douloureux de septuagénaires et d’octogénaires engagés au service de l’enfance et de la jeunesse.

A sa façon – audacieuse, malicieuse et quelquefois terrible – dans son bulletin de Domqueur, au numéro de février 1992, l’abbé Sulmont en traite. Témoin et acteur désolé, il esquisse un tableau de l’époque contemporaine que j’ai vécue comme d’autres jeunes aumôniers de patros florissants !

« (…) Chacun de ces propagandistes zélés de l’Action catholique m’arrivait avec ses programmes d’année impératifs, particuliers à chaque mouvement, pensés et inspirés à Paris pour toute la France, rurale comprise. Deux réunions chaque semaine (…). « Un troisième vicaire n’était pas de trop (on était riche en vocations à l’époque), qui s’empresse de faire pièce au doyen en complotant avec trois membres de la “Mission de France”, à qui l’on avait confié dans les environs un vaste “désert spirituel” à humaniser (…). Qui a vécu semblables aventures, désastreuses, en reste marqué à vie. Pour ma part, ma pensée et mon attitude s’inspiraient à l’époque et s’inspirent plus que jamais aujourd’hui des directives consignées et vécues, dans le cadre de la congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul, approuvée définitivement par l’Église, pour l’évangélisation principalement de la classe ouvrière. »

Dans le document fondamental des constitutions il est écrit, art. 141 :

« (…) Ils s’appliqueront à éviter tout ce qui peut entretenir l’antagonisme entre les classes, l’envie et la haine entre les particuliers. L’union des maîtres et des serviteurs, des patrons et des ouvriers sera le but constant de leurs efforts. L’atelier de Nazareth, où Jésus travaillait sous la conduite de Joseph et le regard de Marie, est le modèle qu’ils proposeront à l’imitation des hommes de travail. »

Les textes de références sont pris dans les enseignements pontificaux ; les encycliques de Léon XIII Rerum Novarum et Graves de communi y sont tout spécialement mentionnées, ainsi que le Motu proprio de Pie X du 18 décembre 1903.

A son tour, pour éclairer la « pratique » de l’apostolat, le Directoire des œuvres, art. 22, prescrit :

« Nous nous efforcerons de rétablir l’union entre les classes séparées par la Révolution, d’associer les ouvriers avec les patrons, d’établir un contact aussi étroit et aussi fréquent que possible avec les membres de nos œuvres et l’aristocratie de la race et de l’intelligence. »

Si ce n’est dans ses textes provenant des hautes sphères de la hiérarchie, du moins dans le comportement opérationnel de ses mouvements « mandatés » – jamais désapprouvés – , sous le pontificat de Pie XI, dès ses débuts l’Action catholique offrait un autre esprit que l’esprit du vrai patro.

C’est un constat, désolant pour qui a vécu ces contacts avec l’enfance et surtout la jeunesse : l’Action catholique a eu raison, hélas ! du vrai patronage.

 

En termes clairs et précis, Marcel De Corte ramasse le problème. Que son explication plaise ou déplaise, elle mérite sérieuse réflexion pour le présent et pour l’avenir.

Pie XI essayait de réunir les fidèles dans des associations séparées les unes des autres afin que chacune d’elles pût effectivement évangéliser le secteur social qui lui était attribué. On connaît les sigles : JOC, JEC, JAC, JIC, ACH, ACF, etc. C’était mélanger une faveur surnaturellement saine à un terrain déjà puissamment pulvérisé par l’individualisme et aussi peu social que possible. Une société ne se compose pas d’éléments semblables, ouvriers, étudiants, agriculteurs, hommes, femmes, etc., mais d’éléments différents et hiérarchisés. Implanter un ferment surnaturel dans une « société » composée d’éléments identiques et donc aussi peu aptes à véhiculer de véritables échanges que possible, autrement dit dans une « dissociété », était « une gageure ». C’était adopter, volens nolens, dans l’Église même le procédé marxiste de dissociation entre classes et secteurs sociaux complémentaires les uns des autres et apporter de l’eau au moulin de l’atomisation des groupes sociaux. Le surnaturel présupposant le naturel et le naturel exigeant que toute société se compose d’éléments différents, tels les organes d’un même corps, la tentative de Pie XI, inspirée d’une sociologie « démocratique » qui considère ses sujets comme identiques, devait avorter. Plus précisément l’Action catholique devait devenir un instrument de subversion supplémentaire d’un ordre social déjà fortement ébranlé par l’égalitarisme dissociateur. L’expérience l’a bien montré. Sauf rarissimes exceptions, l’Action catholique a contribué partout à la marxisation des mentalités. Elle est devenue une des innombrables courroies de transmission du communisme, lequel a son point de départ — on l’oublie trop souvent – dans la lutte des classes, dans la dissociation de tous les éléments divers qui composent une société, dès lors dans leur déréliction, dans leur isolement qui leur fait ressentir avec véhémence l’urgence d’une autre « société », fût-elle la plus antinaturelle du monde comme le communisme [24].

 

 

Le vrai patronage doit refleurir

 

Notre époque en a étrangement besoin. Plus que jamais. Dans la banlieue des grandes cités plus particulièrement. Et d’urgence. C’est la conclusion, nette et absolue, d’infirmières et de médecins de l’A.C.I.M. (Association Catholique des Infirmières et des Médecins), débattant, en réunion passionnée, de leurs problèmes professionnels.

Du groupe, une « infirmière libre », après trois ans de pratique dans les hôpitaux parisiens, était opérationnelle dans le XXe arrondissement. Il est bien connu que dans certains secteurs la police ne pénètre pas, elle s’abstient.

« J’ai choisi d’être infirmière. Je me dois à tous ceux qui ont besoin de mes mains. »

Pour qui l’approche, il semble que son dévouement humanitaire soit motivé par l’idéal divin. Serait-elle consciente d’être ou de vouloir être une sorte de « mère Térèsa » parisienne dans un quartier multiracial, surtout maghrébin ? En trois ans elle commence à en connaître la géographie physique et morale.

— « Tous ces maghrébins ne sont pas taillés sur un même modèle. »

Elle aime parler de l’un de ses clients qui exige des soins assidus, constants.

— « Dans le HLM, spacieux, qu’il habite, cohabitent une tribu de jeunes, d’adultes, de vieux, de sa famille, de sa parenté.

« Ils le connaissent tous comme le patriarche indiscuté. Hommes, femmes lui obéissent au doigt et à l’œil. Au-dessus de sa couche, sur laquelle il vit nuit et jour, un calendrier. Il signale les heures de prière du Coran… Il est “religieux”, foncièrement bon. De son grabat, à travers une large fenêtre, son regard plonge sur la rue et sur les voyous qui par bandes tuent le temps, se droguent, se battent et ne se privent pas d’en arriver aux mauvais coups. »

L’infirmière s’émeut de son propre récit :

— « Quand je dois reprendre la rue, il tape sur le mur. Arrive un solide gaillard, papa de quatre enfants.

— « C’est mon neveu, il va vous conduire jusqu’à votre voiture pour vous protéger des bandes. »

Dans le quartier il y a une église tenue par les fils de Don Bosco.

— « Ils ne font rien pour cette délinquance de petits et de grands. Il faudrait un Don Bosco moderne, armé d’une foi à transporter les montagnes, à ce point équipé, moralement, pédagogiquement, psychologiquement, qu’il se mêle à ces déshérités. Avec lui, pas de filles, elles n’auraient aucune valeur à leurs yeux et risqueraient des difficultés. Qu’elles prient et fassent des sacrifices. Mais des garçons, “baraqués” physiquement et psychologiquement. Ils ne devraient être, au départ, pas du tout choqués de leur langage, de leur attitude, de leurs procédés.

« Cette enfance et cette jeunesse ne reconnaissent comme valeur que la force physique, qui leur en impose. Pour les conquérir et pour commencer à se faire respecter d’eux, ne pas hésiter à se mesurer physiquement. C’est le premier degré de l’apologétique moderne qui fournira, en son temps, un “nouveau motif de crédibilité”. »

Catholique pratiquante, bien sûr, ancienne du M.J.C.F. (Mouvement de la Jeunesse Catholique de France), elle s’enflamme pour enflammer de nouveaux missionnaires dans un nouveau secteur d’apostolat :

— « Ce qu’il faudrait, ce qu’il faut : des patronages, de vrais patronages !

« Hélas ! les curés modernes, s’ils sont anciens, n’y croient plus. Les nouveaux ne savent même pas ce qu’ils sont. N’y a-t-il donc plus de “vieux broussards” qui ont fait du vrai patronage ? Qu’ils se lèvent pour susciter des missionnaires audacieux et réalistes ! »

Un intervenant profite d’un moment de silence pour exprimer sa pensée :

— « C’est la Providence qui nous donne les circonstances favorables pour ramener les “fils du prophète” dans le bercail de l’Église. Depuis des années, c’est le thème des allocutions, conférences et ouvrages du père Avril de Salérans.

« Les maghrébins de l’infirmière sont une catégorie de l’enfance et de la jeunesse en perdition, à des degrés divers et des plus variés. Toute l’enfance et la jeunesse d’aujourd’hui ont besoin d’être traitées par la méthode du vrai patronage.

« Il faut ajouter que l’apostolat, c’est bien. C’est nécessaire et voulu de Dieu. Mais le plan divin requiert la connaissance et l’application de toutes les lois conformes à la nature humaine, blessée par le péché originel. L’une d’elles, essentielle, c’est l’organisation de la société avec un encadrement, en vue du bien commun. »

 

De cela aussi, le vrai patronage doit tenir compte, comme de l’un des buts premiers, de sa raison d’être. Comme les fondateurs et les anciens des vrais patronages, leurs successeurs ne doivent jamais l’oublier.


***


[1] — Père Ernest Mura, Doctrine spirituelle du père Jean-Léon Le Prévost, Paris, 1945 (Québec 1937), p. 39-40.

[2] — Charles Maignen, Maurice Maignen, directeur du cercle Montparnasse, et les origines du mouvement social catholique en France (1822-1890), Luçon, 1927, t. 1, pp. 56-59.

[3] — Institut des frères de Saint-Vincent-de-Paul, Directoire, Deuxième partie : La vie des œuvres, Tournai, 1937, n° 250.

[4] — Directoire, n° 252.

[5] — Directoire, n° 250.

[6] — Directoire, n° 266.

[7] — Directoire, n° 267.

[8] — Charles Maignen, Vie de Jean-Léon Le Prévost, prêtre, fondateur de la congrégation des frères de Saint-Vincent-de-Paul (1803-1874), Desclée de Brouwer & Cie, Bruges, 1923, t. 1, p. 254.

[9] — Charles Maignen, Maurice Maignen, directeur du cercle Montparnasse, et les origines du mouvement social catholique en France (1822-1890), Luçon, 1927, t. 1, pp. 145-146.

[10] — Charles Maignen, Maurice Maignen, t. 1, p. 175.

[11] — Charles Maignen, Maurice Maignen, t. 1, pp. 175-176.

[12]Directoire, n° 269.

[13] — Formule habituelle et chère au père Le Prévost.

Longue, minutieuse, épineuse histoire de 1845 à 1865 (Charles Maignen, Maurice Maignen, directeur du cercle Montparnasse, et les origines du mouvement social catholique en France (1822-1890), Luçon, 1927, t. 1, pp. 145 à 204), résumée en ces mots : « au patronage des apprentis et des jeunes ouvriers, M. Maignen avait ajouté le 20 juin 1850 le patronage des écoliers » (p. 204).

[14] — Lettre du chanoine Timon-David à M. Maignen, 1860 (Charles Maignen, Maurice Maignen, directeur du cercle Montparnasse, et les origines du mouvement social catholique en France (1822-1890), Luçon, 1927, t. 1, pp. 244-245).

[15] — Charles Maignen, Vie de Jean-Léon Le Prévost, prêtre, fondateur de la congrégation des frères de Saint-Vincent-de-Paul (1803-1874), Desclée de Brouwer & Cie, Bruges, 1923, p. 521.

[16] — Fondée le 23 décembre 1855, pour élargir et couronner l’œuvre du patronage sous le nom d’association des jeunes ouvriers (18 à 25 ans), elle prit le nom de cercle de jeunes ouvriers en 1864. Jusqu’en 1864 M. Maignen est directeur et du patronage et du cercle. Puis directeur seulement du cercle, mais toujours attentif et actif au patronage par sa charge d’assistant général de l’institut religieux (Vie de M. Maignen, t. 1, p. 290).

Lettre de M. Maignen au père Émile Hello, (10 novembre 1882) : M. Maignen explique la nécessaire interférence, suite et continuités du patronage et du cercle (t. 2, pp. 1110 à 1119) et leur but commun (p. 1122) : d’extrême importance pour qui se lance dans l’apostolat des jeunes.

[17] — Charles Maignen, Vie de Jean-Léon Le Prévost, prêtre, fondateur de la congrégation des frères de Saint-Vincent-de-Paul (1803-1874), Desclée de Brouwer & Cie, Bruges, 1923, p. 521.

[18] —Charles Maignen, Vie de Jean-Léon Le Prévost…, p. 522.

[19] — Ordonné prêtre à Rome et entré dans la congrégation de son oncle, l’abbé Charles Maignen est nommé aumônier du cercle Montparnasse. Dans le même sillage de cœur et d’esprit que son oncle, il compose plusieurs ouvrages qui répondent aujourd’hui encore aux préoccupations de l’actualité : Le père Hecker est-il un saint ? – Nationalisme, catholicisme, révolution –  La souveraineté du peuple est une hérésie – Nouveau catholicisme, nouveau clergé – La doctrine sociale de l’Église de 1891 à 1931.

[20] — Gérard Cholvy, Le patronage ghetto ou vivier ? Actes du colloque des 11 et 12 mars 1987, Édition Nouvelle Cité, 1988.

[21]Esprit et Vie, 25 février 1994.

[22]Esprit et Vie, 25 février 1994, p. 127.

[23] — La stature originale avait été détruite à la Révolution, et il n’en restait qu’une main.

[24]L’Aveuglement de Rome, Cahiers Charles Maurras, 13 rue Saint Florentin, Paris 8e.

Informations

L'auteur

Ordonné prêtre le 4 juillet 1937 dans la congrégation des frères de saint Vincent de Paul (SV) le père Jean Reynaud (1912-1997) y fut initié à la pédagogie du patronage.

Fidèle à la messe traditionnelle, il fut aumônier du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France (MJCF) à partir de 1975.

Le numéro

Le Sel de la terre n° 11

p. 160-174

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