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Pour aller plus loin

 

 

La littérature sur le premier concile du Vatican est immense. Il n’est pas question d’en fournir ici une bibliographie complète, mais seulement quelques indications pour guider le lecteur francophone.

I. — Les documents officiels

Les actes des débats conciliaires ont été recueillis, de façon plus ou moins complète, dans deux recueils :

1) La Collectio Lacensis, réalisée par des pères jésuites installés dans l’ancienne abbaye de Maria-Laach (en latin : abbatia Lacensis) – en particulier Gerhard Schneemann (1829-1885), qui avait eu l’occasion de polémiquer avec Döllinger dès 1864, et Theodor Granderath (1839-1902) auteur d’une célèbre histoire de Vatican I – rassemble les décrets et déclarations de différentes assemblées ecclésiales d’Europe, Amérique et Asie de 1682 à la fin du 19e siècle. Les actes de Vatican I, avec un important appendice de documents extra-conciliaires, occupent le septième volume [1].

2) La collection des textes conciliaires (Amplissima conciliorum collectio) commencée par Mgr Mansi (1692-1769) et achevée sous le même nom par l'abbé Jean-Baptiste Martin (1864-1922) et Mgr Louis Petit (1868-1927) reproduit dans son tome 49 les documents sur la préparation de Vatican I (Acta præsynodalia) et notamment les actes des différentes commissions préparatoires [2]. — Le tome 50 (Acta synodalia) fournit les procès-verbaux de la première session et des 29 premières séances (8 décembre-22 février). — Le tome 51, de la 30e à la 50e séance (18 mars - 13 mai). — Le tome 52 : de la 50e séance (fin) à la 86e séance (13 mai - 16 juillet) et la 4e session publique (18 juillet). — Le tome 53 : les trois dernières séances (avec les projets qui y furent présentés) ; les actes de la députation de la Foi ; les postulats présentés au concile et les actes de la députation chargée de les examiner ; les divers projets (schemata) en cours ; enfin les documents sur la réception et la promulgation de Pastor æternus [3].

Aucune traduction intégrale des débats conciliaires n’est disponible en français, mais les passages essentiels sont reproduits dans certaines histoires du concile (en particulier celle de Granderath) ou dans des travaux théologiques (en particulier ceux de Vacant).

Les postulata présentés au concile ont été traduits ou résumés en français dans l’ouvrage de Mgr Conrad Martin (évêque de Paderborn), Les Travaux du concile du Vatican (trad. de l’allemand), Paris, Poussielgue, 1873.

II. Sur l’histoire du concile

1) Les premiers ouvrages sont essentiellement polémiques.

• Les chroniques rédigées par Döllinger dans l’Allgemeine Zeitung sous la signature de Quirinus, et qui tendent à nier la liberté et la légitimité du concile, ont été réunies en un volume dès 1870 [4].

• En face, les articles de Louis Veuillot parus dans L’Univers sous le titre générique Rome pendant le concile ne seront rassemblés – en deux volumes – qu’au début de 1872 [5].

• Dès le 28 juillet 1870, Mgr Plantier, évêque de Nîmes, publie une lettre pastorale particulièrement louée par Pie IX parce qu’elle fournit « l’histoire vraie de toute la discussion » (bref du 6 octobre 1870) ; cette lettre est intégralement reproduite par l’ouvrage de Mgr Victor Pelletier [6].

• Le secrétaire général du concile, Mgr Joseph Fessler publie en 1871 un ouvrage défensif : Le concile du Vatican, son caractère et ses actes [7].

• Dans le même esprit, Mgr Manning publie en 1877 l’Histoire vraie du concile du Vatican [8].

• Mgr Senestrey – évêque de Ratisbonne – a rédigé en latin son journal du concile. Outre le résumé fourni par le père Granderath dans le volume 7 de la Collectio Lacensis (col. 1695-1703), le texte intégral de ce journal a été publié en 1977, accompagné d’une traduction allemande [9].

Ces premiers ouvrages ont surtout valeur de témoignages.

2) La première étude approfondie sur l’histoire du concile est due à un adversaire : Johann Friedrich (1836-1917), disciple de Döllinger, qui assista au concile comme secrétaire du cardinal Gustav Adolf Hohenlohe (frère du premier ministre de Bavière). Son histoire du concile du Vatican fut surtout écrite pour soutenir le schisme « vieux catholique » [10].

• En face, l’archevêque de Florence, Mgr Eugenio Cecconi, a été chargé par Pie IX de rédiger une histoire authentique, mais laisse l’œuvre inachevée. Son Histoire du concile [11], très riche en documents, s’arrête malheureusement au seuil du concile.

• Le père Théodore Granderath s.j. (1839-1902) reçoit la même mission de Léon XIII. Son long ouvrage, achevé et édité par le P. Conrad Kirch s.j., veut répondre à toutes les attaques de Friedrich et se ressent parfois de cette attitude défensive. Il n’en reste pas moins un maître-ouvrage sur le sujet [12].

• Ajoutons, à la même époque, l’étude d’Émile Ollivier, L’Église et l’État au concile du Vatican [13], intéressante pour les documents qu’elle fournit sur les rapports entre le concile et les pouvoirs politiques, mais aussi pour ses portraits. Ollivier est respectueux de l’Église, mais non croyant (son père est franc-maçon et sa famille protestante). Son ouvrage défend clairement une thèse, qui est celle de la séparation de l’Église et de l’État [14].

3) Les synthèses du 20e siècle se veulent plus sereines. Elles visent à l’objectivité mais sont influencées par le courant catholique-libéral.

• Fernand Mourret, Le concile du Vatican d’après des documents inédits (Paris, Bloud et Gay, 1919) est influencé par le récit de l’abbé Henri-Joseph Icard (1805-1893), supérieur de Saint-Sulpice et très fier d’être dans le camp des « modérés ».

• Mgr Amann, rédacteur de la notice du Dictionnaire de théologie catholique, est influencé par les biographes de Mgr Dupanloup et Montalembert.

• Le chanoine Roger Aubert (1914-2009) – qui a travaillé à une table de concordance du concile Vatican I [15] – offre une synthèse de grande qualité mais de même esprit dans le volume Vatican I de la série Histoire des conciles œcuméniques [16].

• La même tendance est sensible chez Jean-Rémy Palanque (Catholiques libéraux et gallicans en France face au concile du Vatican [17]), chez J. Gadille, « L’épiscopat français au premier concile du Vatican [18] » et chez Jacques-Olivier Boudon (Paris capitale religieuse sous le Second Empire [19]). — Henri Rondet s.j. (Vatican I [20]) est plus objectif, mais décrit davantage les préparatifs du concile que son déroulement.

4) Après Vatican II, et après le brûlot lancé par Hans Küng à l’occasion du centenaire de Vatican I [21], la réhabilitation de la « minorité » de Vatican I devient plus audacieuse, notamment en Allemagne et aux États-Unis [22]. Un prêtre d’origine suisse, August Hasler, passionné d’œcuménisme, prépare une thèse sur Vatican I après avoir travaillé quatre ans au secrétariat pour l’Unité des chrétiens. Pour se libérer de l’infaillibilité pontificale – obstacle à l’œcuménisme – il conteste méthodiquement la liberté et donc la validité du concile, qui aurait été manipulé par un pape illuminé et psychopathe grâce à un petit groupe de zelanti ayant multiplié les pressions sur les évêques pour obtenir la dogmatisation de « l’idéologie » infaillibiliste [23]. Très vanté par la presse, et d’apparence très fouillée, cet ouvrage exerce une grosse influence dans les pays germanophones et anglophones (une édition abrégée, destinée au grand public, a été préfacée par Hans Kung).

5) A la fin du 20e siècle, les travaux d’érudition les plus poussés sur Pie IX et sur Vatican I sont dus à deux jésuites :

• Giacomo Martina s.j., dans le troisième volume de son étude sur Pie IX [24].

• Klaus Schatz s.j., dans son histoire détaillée du concile [25].

La tendance est œcuméniste et moderniste quoique de façon plus modérée que chez Hasler : Klaus Schatz ne rejette pas totalement la primauté et l’infaillibilité du pontife romain, mais il y voit le produit d’une évolution historique. Selon lui, le Christ n’aurait pas songé aux successeurs de Pierre en établissant ce dernier chef des Apôtres, et les chrétiens des premiers siècles n’auraient pas davantage eu conscience de la primauté de l’évêque de Rome, mais Rome – ayant été arrosée par le sang de deux Apôtres – avait tout de même une position privilégiée qui se renforça peu à peu sous la pression des nécessités historiques [26].

III. Sur quelques personnalités du concile

1) Sur Pie IX :

• Pierre Fernessole, Pie IX, pape, Paris, Lethielleux, 1963, 2 vol.

• Yves Chiron Pie IX face à la modernité, Étampes, Clovis, 2016 [27].

2) Sur Mgr Pie :

• Mgr Louis Baunard (1828-1919), Histoire du cardinal Pie, évêque de Poitiers, Poitiers/Paris, Oudin-Poussielgue, 1886 (nombreuses rééditions).

• Le Sel de la terre 95 (hiver 2015-2016 : numéro spécial, 320 p.)

3) Sur Mgr Dechamps :

• Maurice Becqué c.ss.r., Le cardinal Dechamps, Louvain, Bibliotheca alphonsiana, 1956, 2 vol.

• R. Kremer, « L’apologétique du cardinal Dechamps, ses sources et son influence au concile du Vatican », Revue des sciences philosophies et théologiques, vol. 19 (1930), p. 679-702.

4) Sur Dom Guéranger :

• La biographie rédigée par dom Paul Delatte o.s.b. (1848-1937), Dom Guéranger, abbé de Solesmes, a été rééditée par Solesmes en 1984.

• On peut la compléter avec l’étude du chanoine Étienne Catta (1901-1974), Dom Guéranger et le premier concile du Vatican, (conférence donnée le 5 août 1962 à l’assemblée générale de l’association « Les amis de Solesmes », puis éditée en brochure, à Sablé, la même année).

5) Sur Mgr Dupanloup :

La bibliographie quasi-officielle rédigée par l’abbé Lagrange [28] doit être complétée et corrigée par des études plus critiques. Voir notamment :

• Mgr Victor Pelletier (1810-1885), Monseigneur Dupanloup, épisode de l’histoire contemporaine, 1845-1875, Paris, Haton, 1876 (3e éd.) [29].

• Chanoine Ulysse Maynard (1814-1893), Mgr Dupanloup et l’abbé Lagrange son historien, Paris, Société Générale de Librairie catholique, 1884.

• Mgr Justin Fèvre (1829-1907), Le centenaire de Mgr Dupanloup (Paris, Arthur Savaète, 1903) et Histoire critique du catholicisme libéral en France jusqu’au pontificat de Léon XIII (Saint-Dizier, Thévenot, 1897).

• Abbé Emmanuel Barbier (1851-1925), Histoire du catholicisme libéral et du catholicisme social en France, du concile du Vatican à l’avènement de Benoît XV (1870-1914), Bordeaux, Cadoret, 1924, t. 1.

IV. Sur Dei Filius

1) Parmi les travaux ayant précédé Dei Filius :

• Les instructions synodales de Mgr Pie, très représentatives des travaux des conciles provinciaux ayant préparé Vatican I, ont été éditées à part [30]. — Texte intégral de la Troisième instruction synodale sur les erreurs du temps présent (juillet 1862 et août 1863) dans Le Sel de la terre 95, p. 106-163.

• Sur les marques de l’Église : P. Dechamps, Entretiens sur la démonstration catholique de la révélation chrétienne, Paris/Tournai, Casterman, 1861.

2) Sur la constitution Dei Filius elle-même, l’étude la plus complète reste celle de l’abbé Jean-Michel-Alfred Vacant (1852-1901), professeur au grand séminaire de Nancy, Études théologiques sur les constitutions du concile du Vatican, Paris/Lyon, Delhomme et Briguet, 1895 (2 tomes). — L’auteur, qui a rédigé son ouvrage avant que Mansi ne publie les actes complets du concile, n’a cependant pas pu avoir accès à tous les débats conciliaires. Il est donc parfois utilement complété, nuancé ou corrigé par des études postérieures, en particulier : Roger Aubert, Le Problème de l’acte de foi, Louvain, Nauwelaerts, 1969 (4e éd.). — Voir aussi :

• Georges Paradis s.j., « Foi et Raison au concile du Vatican, l'élaboration du chapitre IV de la constitution Dei Filius », dans le Bulletin de littérature ecclésiastique, 63 (1962), p. 200-226, 268-292 et 64 (1963), p. 9-25 [31].

• A. Alsteens, « Science et foi dans le chapitre IV de Dei  Filius au concile du Vatican », Ephemerides theologicæ lovanienses 38 (1962) p. 461-503.

• Granderath s.j., Constitutiones dogmaticæ sacrosancti œcumenici concilii Vaticani ex ipsis ejus actis, explicatæ atque illustratæ, Fribourg, Harder, 1892.

3) Sur l’existence et les attributs de Dieu :

• Ouvrage détaillé : Réginald Garrigou-Lagrange o.p. (1877-1964), Dieu. Son existence et sa nature, Solution thomiste des antinomies agnostiques, Paris, Beauchesne, (11e éd. : 1950, 2 vol.)

• En bref, du même auteur : Dieu accessible à tous, Quentin Moreau, 2018.

• Résumé de Dieu, son existence et sa nature, par le frère Pierre-Marie o.p. dans Le Sel de la terre 8, 12 et 56. — Textes regroupés dans la plaquette : Dieu existe-t-il ? Les preuves de l´existence de Dieu, éditions du Sel, 2018.

4) Sur l’acte de foi et l’apologétique :

• Ambroise Gardeil o.p. (1859-1931), La Crédibilité et l’apologétique, Paris, Gabalda, 1907 (2e éd. : 1912).

• Réginald Garrigou-Lagrange o.p., De revelatione per Ecclesiam catholicam proposita, Rome, Ferrari, 1921 (2e éd.)

• Joseph Falcon, La Crédibilité du dogme catholique, Lyon, Vitte, 1946.

5) Sur la foi et le dogme :

•  Ambroise Gardeil o.p., Le Donné révélé et la théologie, Paris, 1910.

• Réginald Garrigou-Lagrange o.p., Le Sens commun, la philosophie de l’être et les formules dogmatiques, Paris, Beauchesne, 1927 (4e édition) — et : Le Sens du mystère et le clair obscur intellectuel. Nature et surnaturel, Paris, Desclée De Brouwer, 1934.

6) Sur le magistère ordinaire universel :

• Abbé Jean-Michel-Alfred Vacant, Le Magistère ordinaire de l’Église et ses organes, Paris/Lyon, Delhomme et Briguet, 1887.

• Marc Caudron reprend la question dans un mémoire présenté à Louvain pour le doctorat en théologie (Magisterium ordinarium volgens het Vatikaans Concilie en de pauselijke onfeilbaarheid, 1958), puis dans un article en français [32]. Il établit que le « magistère ordinaire universel » dont parle Dei Filius est celui des évêques dispersés, enseignant chacun dans leur diocèse.

• Tout en admettant ce point, Dom Nau critique certains aspects du travail de M. Caudron [33]. Il note que Vatican I n’a employé le mot infaillibilité qu’à propos des jugements solennels, et non du magistère ordinaire universel :

Dans le prononcé d’un jugement solennel, le juge suprême affirme par sa sentence qu’une doctrine appartient ou n’appartient pas au dépôt révélé. Cette sentence s’impose à l’Église entière. Sous peine d’égarer la foi de celle-ci, elle ne saurait être sujette à l’erreur. Elle doit être garantie par l’assistance divine : en vertu de cette assistance, l’affirmation qui la constitue sera nécessairement vraie.

Dans l’enseignement et la prédication, qui spécifient au contraire le magistère ordinaire, le docteur de la foi ne se prononce pas sur l’appartenance de la doctrine au dépôt. Son rôle est de l’enseigner, de la faire connaître. Il ne saurait y réussir par un seul acte isolé. Seul un ensemble d’actes sera capable d’atteindre l’ensemble des fidèles, de leur faire saisir l’ensemble de la doctrine. Non pas un seul mandement épiscopal, mais l’enseignement concordant de l’ensemble des évêques catholiques ; non pas un seul discours pontifical, mais l’enseignement constant du successeur de Pierre. Aucun mandement épiscopal n’est assuré de l’infaillibilité, aucun discours pontifical pris à part, à moins qu’il ne proclame une définition ex cathedra, ne bénéficie de ce privilège […].

Infaillibilité du magistère ordinaire ? Poser en ces termes la question, c’est donc introduire une problématique étrangère au Ier Vatican, et que les Pères ont réservée au jugement solennel ; c’est attribuer à un ensemble, au « processus » complexe qui constitue un enseignement, un terme qui ne qualifie proprement qu’une affirmation vraie ou fausse.

Pour parler formellement, ce n’est pas infaillibilité, mais fidélité qu’il faudrait dire. Fidélité d’un enseignement à la Révélation qu’il a la mission de faire connaître, fidélité d’une transmission au dépôt reçu et qu’elle a la charge de communiquer : ut fideliter exponerent [Pastor æternus, ch. 3]. Mais fidélité garantie par le charisme, tout comme l’infaillibilité du jugement solennel.

Une doctrine universellement enseignée comme révélée, alors même que n’est intervenue aucune définition, exprime nécessairement, grâce à cette assistance, la Révélation confiée par le Christ aux Apôtres, elle est assurée de lui être fidèle ; elle est, par suite, la règle qui s’impose à la foi. C’est ce qu’a défini la constitution Dei Filius. [p. 396-397.]

En fait, Mgr d’Avanzo, rapporteur de Pastor æternus, a bien évoqué un double mode d’infaillibilité : l’un protège le magistère ordinaire de l’Église et correspond à la sentence adressée à tous les Apôtres : Allez, enseignez toutes les nations… je suis avec vous jusqu’à la fin du monde (Mt 28). L’autre protège spécialement les actes définitifs par lesquels le pape confirme ses frères (Lc 22) [34]. — Il demeure vrai que le magistère ordinaire n’est pas infaillible en tel ou tel acte particulier, mais seulement dans sa concordance d’ensemble, parfois difficile à discerner, surtout en temps de crise. D’où la nécessité des définitions dogmatiques pour résoudre ces crises.

• Le schéma préparatoire de Vatican II sur l’Église (rapidement éliminé) abordait également ce sujet. Texte dans Le Sel de la terre 34 p. 36-54.

• Quant au « magistère » post-conciliaire, voir : « Un débat sur le magistère ordinaire universel », par le P. Pierre-Marie o.p. et l’abbé Calderon, dans Le Sel de la terre 63, p. 37-58. — Quelques compléments dans Le Sel de la terre 35 (p. 47-52) ; 47 (p. 60-69 et 91-95) et 49 (p. 18-19 et 42-43). 

7) Comparaison entre l’enseignement de Vatican I et celui de Vatican II :

L’abbé Christopher Brandler a sytématiquement comparé Dei Filius (Vatican I) à Dei Verbum (Vatican II) dans Le Sel de la terre 7, p. 12-24 (Écriture et Tradition) ; 10, p. 40-55 (les deux ordres, naturel et surnaturel) ; 12, p. 46-70 (la foi sentiment ou assentiment ?)

V. Sur Pastor æternus

1) Parmi les travaux ayant précédé Pastor æternus :

• Thomas de Vio dit Cajetan o.p. (1469-1534), De divina Institutione pontificatus totius Ecclesiæ in persona Petri apostoli (1521) : cet ouvrage, qui démontre de façon magistrale le primat du pape sur l’Église universelle en se fondant sur deux textes de l’Évangile – Mt 16, 17-19 et Jn 21, 15-17 – a été publié juste après la révolte de Luther. Le texte latin a été réédité en 1936, à l’Angelicum (Rome), par le père Vincent Pollet o.p. — Une traduction française, par M. l’abbé Gleize a été publiée en 2004 aux éditions du Courrier de Rome sous le titre Le Successeur de Pierre.

• Joseph de Maistre (1753-1821), Du Pape (Lyon-Paris, Rusand & Beaucé-Rusand, 1819). — L’ouvrage est divisé en quatre livres : I) « Du pape dans son rapport avec l’Église catholique » ;  II) «Du pape dans son rapport avec les souverainetés temporelles » ; III) « Du pape dans son rapport avec la civilisation et le bonheur des peuples » ;  IV) « Du pape dans son rapport avec les Églises nommées schismatiques ».

• Mgr Dechamps, L’Infaillibilité et le concile général (19 mai 1869). L’archevêque de Malines développe cinq preuves théologiques de l’infaillibilité du pape. L’ouvrage a ensuite été complété par diverses correspondances sur le même sujet. L’édition la plus complète est celle des Œuvres complètes de Mgr Dechamps (vol. 6, Malines, Dessain, s.d.)

• L’ouvrage de Dom Prosper Guéranger, De la Monarchie pontificale, à propos du livre de Mgr l’évêque de Sura (Paris, Victor Palmé, 1870) n’est pas seulement une réponse à Mgr Maret mais un véritable traité qui eut une grande influence sur les travaux conciliaires (la 2e édition, parue également en 1870, a été revue et complétée par l’auteur).

• Mgr Manning, lettre pastorale du 3 octobre 1869 ; traduction française : Le Concile œcuménique et l’infaillibilité du pontife romain, Paris, 1870 [35].

• Sur l’affaire Honorius : Arthur Loth (avec collaboration de l’abbé Weill), La cause d’Honorius, documents originaux, avec traduction, notes et conclusion, Paris, Victor Palmé, 1870 ; voir aussi la notice « Honorius » du DTC, par Mgr Amann (t. 7, col. 93-132) [36].

• Sur l’enseignement de saint Thomas quant à la constitution monarchique de l’Église et l’infaillibilité, voir l’ouvrage du père Bianchi [37].

2) Après la définition du dogme :

• Mgr Joseph Fessler, La vraie et la fausse Infaillibilité des papes (Die wahre und die falsche Unfehlbarkeit der Päpste, Vienne, 1871, traduit en français par Emmanuel Cosquin), Plon, 1872.

• Mgr Manning, lettre pastorale du 13 octobre 1870 sur Le concile du Vatican et ses définitions ; traduction française par M.J. Chantrel sous le titre trompeur : Histoire du concile du Vatican, Paris, Victor Palmé, 1872.

• En latin : Théodore Granderath s.j., Constitutiones dogmaticæ sacrosancti œcumenici concilii Vaticani ex ipsis ejus actis, explicatæ atque illustratæ, Fribourg, Harder, 1892.

• Cardinal Louis Billot s.j. (1846-1931), Tractatus de Ecclesia Christi sive continuatio Theologiæ de Verbo incarnato, Prati, Giachetti, 1910 (réédition : 1921). — Traduction française du premier volume (partie apologétique) sous le titre L’Église I — Sa divine constitution, par M. l’abbé Jean-Michel Gleize, éditions du Courrier de Rome, 2009.

• Dans le Dictionnaire apologétique de la foi catholique, voir les articles Papauté (t. 3, col. 1333-1534) et Grecque (Église) (t. 2, col. 344-396).

• En 1996, un colloque a été tenu à Rome sur Il primato del successore di Pietro. Les actes, édités en 1998 par la Libreria éditrice vaticana, contiennent plusieurs interventions en français, notamment une bonne synthèse sur « La tradition doctrinale de la primauté pétrinienne au premier millénaire » (p. 117-143).

3) Deux autres schémas sur l’Église :

Pour compléter Pastor æternus, Vatican I aurait dû publier une deuxième constitution sur l’Église. Il y eut en réalité deux projets successifs :

• Le schéma sur l’Église qui avait été préparé avant Vatican I a été traduit dans Le Sel de la terre 23 (p. 33-59), 24 (p. 32-49) et 25 (p. 22-41).

• Le schéma révisé par la députation de la Foi au cours du concile a été publié dans Le Sel de la terre 26 (automne 1998), p. 32-54.


[1]    — Acta et Decreta sacrorum Conciliorum recentiorum, Auctoribus presbyteris S.J. e domo B.V.M. sine labe conceptæ ad Lacum (collectio Lacensis), vol. 7 : Acta et Decreta sacrosancti œcumenici Concilii Vaticani, Freiburg im Breigau, 1890.

[2]    — Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, continuata curantibus J.B. Martin et L. Petit, Arnheim/Leipzig, Société nouvelle d’édition de la collection Mansi (H. Welter), t. 49, 1923 ; t. 50, 1924 ; t. 51, 1926 ; t. 52, 1927 ; t. 53, 1927. — Réédition en 1960-1961 à Graz, en Autriche (Akademische Druck – U. Verlagsanstalt).

[3]    — Pour ceux qui veulent vraiment creuser, un bon nombre des études et des vota des consulteurs et membres de la Commission théologique préparatoire – dont Mansi fournit seulement la liste (t. 49, col. 737-740) – ont été publiés en 1971 par J.M.G. Gomez-Heras, dans Temas dogmáticos del concilio Vaticano I. Aportación de la Comisión Teológica preparatoria a su obra doctrinal, Vitoria, Eset, 1971 (2 vol, coll. Victoriensia, 31 et 32).

[4]    — Ignaz Döllinger, dit Quirinus, Römische Briefe vom Concil, Munich, Rudolph Oldenbourg, 1870. — Trad. anglaise : Letters from Rome on the Council, Londres, Rivingtons, 1870.

[5]    — Louis Veuillot, Rome pendant le concile, Paris, Palmé 1872. Selon son habitude Veuillot retoucha le texte en l’intégrant dans ses Mélanges. François Veuillot n’a que partiellement repris ces retouches dans le t. XII des Œuvres complètes (Paris, Lethielleux, 1957 ; voir les explications en p. XI). — Les lettres privées écrites par Veuillot durant le concile sont réunies dans le t. 10 de sa correspondance (Œuvres complètes, t. 24, Paris, Lethielleux, 1932, p. 235-303). — Les pages consacrées au concile dans sa biographie méritent aussi lecture : Eugène Veuillot, Louis Veuillot, t. IV, Paris, Lethielleux, 1913, p. 1-177.

[6]    — Mgr Victor Pelletier, Décrets et canons du concile œcuménique et général du Vatican, Paris, Victor Palmé, 1873, p. XVII-CX.

[7]    — Mgr Joseph Fessler, Das vatikanische Concilium, dessen äussere Bedeutung und innerer Verlauf, Vienne, 1871 (trad. fr. : Le concile du Vatican, son caractère et ses actes traduit de l'allemand par un prêtre du diocèse de Paris, Paris, 1877).

[8]    — Mgr Henry Edward Manning, The True Story of the Vatican Council, Londres, Henry S. King and Co, 1877 (trad. fr. par Camille Nothomb : Histoire vraie du concile du Vatican, Paris, Baltenweck, 1878).

[9]    — Ignatius von Senestrey, Wie es zur Definition der päpstlichen Unfehl-barkeitkam. Tagebuch vom I. Vatikanischen Konzil, édité et commenté par Klaus Schatz, s.j., Francfort-sur-Main, J. Knecht, 1977 (coll. Frankfurter theologische Studien, 24).

[10]  — Johann Friedrich (1836-1917), Geschichte des Vatikanischen Konzils, Bonn, Nauger, 3 vol., 1877-1886.

[11]  — Mgr Eugenio Cecconi, Histoire du concile du Vatican d’après les documents originaux. Préliminaires du concile, trad. Jules Bonhomme et M.D. Duvillard, Paris, Victor Lecoffre, 1887, 4 vol. [Storia del Concilio ecumenico Vaticano I scritta sui documenti originali, Rome, Francesco Lazzarini, 4 vol., 1873-1879].

[12]  — Théodore Granderath s.j., Histoire du concile du Vatican depuis sa première annonce jusqu’à sa prorogation, d’après les documents authentiques, édité par le P. Conrad Kirch S.J. et traduit de l’allemand par des religieux de la même compagnie, Bruxelles, Albert Dewit, 1907-1914 (t. 1 : 1907 ; t. 2, vol. 1 : 1908 ; t. 2, vol. 2 : 1911 ; t. 3, vol. 1 : 1912 ; t. 3, vol. 2 : 1913 ; appendices et documents : 1914). [Geschichte des Vatikanischen Konzils. Von seiner ersten Ankündigung bis zu seiner Vertagung, 3 vol., Herder, Fribourg, 1903-1906]

[13]  — Émile Ollivier, L’Église et l’État au concile du Vatican, Paris, Garnier, 1879, 2 vol. — Beaucoup d’éléments sont repris et parfois un peu corrigés dans l’ouvrage du même auteur L’Empire libéral, Paris, Garnier, 1908, t. 13.

[14]  — Voir l’étude détaillée d’Hippolyte Martin s.j., « L’Église et l’État d’après M. Émile Ollivier » dans Études, t. 4e, n° 2 (août 1879), p. 247-266, n° 3 (sept. 1879), p. 422-445 et n° 4 (oct. 1879), p. 563-585.

[15]  — R. Aubert, M. Guéret, P. Tombeur,  Concilium Vaticanum I. Concordance, Index, Liste de fréquence, Tables comparatives, Louvain-la-Neuve, CETEDOC (Centre de traitement électronique des documents), 1977. — Une partie de l’ouvrage (p. 202-239) compare le vocabulaire de Vatican I et celui de Vatican II.

[16]  — Roger Aubert, Vatican I, Paris, L’Orante, 1964.

[17]  — Jean-Rémy Palanque (1898-1988), Catholiques libéraux et gallicans en France face au concile du Vatican, 1867-1870, Gap, 1962.

[18]  — Jacques Gadille (1927-2013), « L’épiscopat français au premier concile du Vatican », Revue d’histoire de l’Église de France, t. 56, 1970, p. 327-346.

[19]  — J.-O. Boudon, Paris capitale religieuse sous le Second Empire, Paris, Cerf 2001.

[20]  — Henri Rondet s.j. (1898-1979), Vatican I, Paris, Lethielleux, 1962.

[21]  — Hans Küng, Infaillible ? Une interpellation , Desclée de Brouwer, Paris, 1971 [Unfehlbar ? Eine Anfrage, Zürich, Bensinger, 1970].

[22]  — On peut citer : Margaret O’Gara, Triumph in Defeat. Infallibility, Vatican I, and the French Minority Bishops, Catholic University of America Press, Washington, 1988. Résumé d’une thèse de doctorat soutenue en 1980 à l’University of St. Michael’s College (Colchester).

[23]  — August Bernhard Hasler (1937-1980), Pius IX (1846-1878), Päpstliche Unfehlbarkeit und I. Vatikanisches Konzil. Dogmatisierung und Durchsetzung einer Ideologie, Stuttgart, 1977, 2 vol. — Recension critique par un moderniste modéré : Joseph Hoffmann, « Histoire et dogme : la définition de l’infaillibilité pontificale à Vatican I : à propos de l’ouvrage de A. B. Hasler », Revue des Sciences philosophiques et théologiques, vol. 62, n°4 (octobre 1978), p. 543-557 et vol. 63, n°1 (janvier 1979), p. 61-82.

[24]  — Giacomo Martina s.j., Pio IX, Roma, Università Gregoriana, 3 vol., 1974-1990.

[25]  — Klaus Schatz s.j., Vaticanum I, 3 vol., Ferdinand Schöningh, Paderborn, 1992-1994.

[26]  — Klaus Schatz s.j., La Primauté du pape. Son histoire des origines à nos jours, trad. de l’allemand par Joseph Hoffmann, Paris, Cerf, 1992.

[27]  — Réédition, mise à jour, de l’ouvrage paru en 1995 sous le titre provocateur : Pie IX pape moderne. — Yves Chiron critique à juste titre le mythe d’un Pie IX qui aurait été libéral au début de son pontificat et que l’adversité aurait transformé en pontife réactionnaire.

[28]  — Abbé François Lagrange, Vie de Mgr Dupanloup, Paris, Poussielgue, 1884, 3 vol.

[29]  — Bien que chanoine d’Orléans, l’abbé Victor Pelletier était très fermement ultramontain. Il participa au concile comme théologien de Mgr Laouënan, archevêque de Pondichéry.

[30]  — Œuvres choisies de Monseigneur l’évêque de Poitiers. Instructions Synodales sur les principales erreurs du temps présent, suivie de l’Instruction Synodale sur la première constitution dogmatique du concile du Vatican, Paris, Oudin, 1878.

[31]  — Article reproduit (avec d’autres cités plus loin, notamment de M. Caudron et de Dom Nau) dans le recueil De Doctrina concilii Vaticani primi, Libreria Editrice Vaticana, 1969, studia selecta annis, 1948-1964, scripta denuo edita cum centesimus annus compleretur ab eodem inchoato concilio, p. 221-281. — Ce recueil, édité à l’initiative de Paul VI, regroupe six articles sur Dei Filius et onze sur Pastor æternus, parus entre 1948 et 1964. Il joint malheureusement à des études d’esprit traditionnel des articles ouverts à la « nouvelle théologie ».

[32]  — Marc Caudron, « Magistère ordinaire et infaillibilité pontificale d’après la constitution Dei Filius », Ephemerides theologicæ lovanienses 36 (1960) p. 393-431.

[33]  —  Dom Paul Nau o.s.b. (1901-1984), « Le magistère pontifical ordinaire au premier concile du Vatican », Revue thomiste, t. 62, nº 3 (juillet-septembre 1962), p. 342-397.

[34]  — Mgr d’Avanzo, intervention du 20 juin 1870 (Mansi 52, col. 763-764).

[35]  — La lettre pastorale du 8 septembre 1867 (The Centenary of saint Peter and the general council, Londres, Longmans and Co, 1867) semble n’avoir pas été traduite en français. — Les trois lettres de Mgr Manning sur l’infaillibilité (8 septembre 1867, 3 octobre 1869 et 13 octobre 1870) ont été réunies sous le titre Petri privilegium. Three pastoral letters to the clergy of the diocese, Londres, Longmans, Green and Co, 1871.

[36]  — Nous n’avons pu consulter l’étude allemande : G. Kreuzer, Die Honoriusfrage im Mittelalter und in der Neuzeit, Stuttgart, Hiersemann, 1975, 260 p. (Päpste und Papsttum, 8).

[37]  — Raymond Bianchi o.p., De Constitutione monarchica Ecclesiæ et de infallibilitate Romani Pontificis juxta D. Thomam Aquinatem ejusque scholam in Ordine Prædicatorum, Rome, Salviucci, 1870. — Le père Bianchi (1831-1885) était le fils spirituel du père Alexandre-Vincent Jandel, maître de l’Ordre dominicain au moment du concile. — Le père Hyacinthe-Marie Cormier donne la traduction française du bref de félicitation que Pie IX adressa au P. Bianchi dans sa Vie du R.P. Alexandre-Vincent Jandel, Paris, Poussielgue, 1890, p. 483.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 112-113

p. 465-475

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