ÉDITORIAL
Dix châtiments
pour la violation des dix commandements
IL Y A PLUS DE 3000 ANS, Dieu frappa l’Égypte de dix fléaux terribles qu’on appelle les dix plaies d’Égypte.
Dieu voulait obliger Pharaon à laisser sortir d’Égypte le peuple juif, comme Moïse le lui demandait. Mais Pharaon avait le cœur dur et c’est seulement à la dixième plaie, la plus terrible, qu’il laissa partir les Hébreux.
Saint Augustin a montré dans un sermon comment les dix plaies d’Égypte peuvent figurer les châtiments dont Dieu frappe les hommes lorsqu’ils violent les dix commandements [1]. Or plus que jamais le monde transgresse les dix commandements. C’est ce qui explique les événements pénibles que nous subissons et peut-être les plus graves qui nous attendent encore.
La transgression de chaque commandement est punie par la plaie correspondante, prise non au sens historique, mais dans son sens symbolique.
1. Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi.
Première plaie d'Égypte : l’eau changée en sang. Pharaon refusant d’écouter Moïse, Aaron, son frère, frappa les eaux du fleuve avec son bâton, et toutes les eaux du pays furent changées en sang. Les poissons moururent et les Égyptiens ne pouvaient plus boire.
L’eau signifie la vie, le sang symbolise la mort. Le monde qui ne veut pas adorer Dieu, auteur de la vie, est puni par la mort.
Plus que jamais, le monde refuse Dieu, et surtout il rejette Notre-Seigneur Jésus-Christ, le seul vrai Dieu. Alors, il est puni de mort. La mort se trouve avant même la naissance avec l’avortement, elle se retrouve à la fin avec l’euthanasie, la mort est même maintenant omniprésente : continuellement la radio, la télévision, les médias parlent de décès et de mort.
2. Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain.
Seconde plaie : le fléau des grenouilles qui couvrirent le pays d'Égypte. Quand elles moururent dans les maisons, dans les cours et dans les champs, on les entassa en monceaux, et le pays en fut infecté.
Les hommes qui ne veulent plus prononcer le nom de Dieu avec respect, et qui le blasphèment, sont livrés par Dieu à de vains bavardages, figurés par le croassement des grenouilles. Les monceaux de grenouilles mortes et fétides, figurent l’amertume que ces conversations laissent dans les âmes.
Aujourd’hui, on proclame le droit au blasphème, tout en bannissant le nom sacré de Notre-Seigneur Jésus-Christ, exclu au nom de la « laïcité », comme si Dieu n’était pas venu nous enseigner et nous sauver.
Le châtiment en est le bavardage creux des médias, de la télévision, d’internet, de tous ces moyens de communications sociales, qui croassent comme des grenouilles, qui ne parlent jamais de l’essentiel, et laissent derrière eux le vide et la tristesse dans l’âme.
3. Souviens-toi de sanctifier les fêtes.
Troisième plaie : l’invasion de moucherons.
Les hommes qui ne veulent pas respecter le repos du dimanche vivent dans l’in-quiétude, – le contraire du repos qui se dit en latin quies. Agitation permanente, tourment continuel symbolisé par les moucherons.
Allez dans une grande ville comme Paris, regardez dans la rue : tout le monde court, il n’y a plus de calme ni de paix.
4. Honore ton père et ta mère.
Quatrième plaie : l’envoi d’une mouche appelée mouche canine, ou mouche du chien, qui tourmentait les Égyptiens par ses piqûres.
Les petits chiens naissent aveugles, ils ne reconnaissent pas leurs parents. Ce fléau signifie que les hommes qui n’honorent pas leurs parents, auront eux-mêmes à souffrir de leurs enfants qui les traiteront cruellement.
Le monde moderne entasse les vieillards dans de véritables mouroirs, où ils meurent d’ennui quand ils ne sont pas victimes de l’euthanasie.
Sans doute les bons chrétiens font ce qu’ils peuvent pour s’occuper de leurs parents âgés, et certains font même de grands sacrifices, il n’en reste pas moins que notre société est dure avec les vieillards, elle les fait souffrir, et c’est là une punition de la transgression du quatrième commandement.
5. Tu ne tueras pas.
Cinquième plaie : la peste du bétail qui tue les troupeaux des Égyptiens.
Les meurtriers sont souvent punis en mourant comme des bêtes.
Notre monde est meurtrier : il ne tue pas seulement les enfants et les vieillards, mais il favorise le terrorisme, la drogue, le suicide, il multiplie des guerres inutiles et toujours plus meurtrières. En punition, les hommes meurent comme des bêtes. Combien d’âmes immortelles sont arrivées ces derniers mois au seuil de la mort sans aucune préparation ? On n’appelle plus le prêtre, et on veut même l’empêcher d’approcher des mourants.
6. Tu ne commettras pas d’actes impurs.
Sixième plaie : les ulcères et les tumeurs bourgeonnant en pustules.
L’impureté est souvent punie par des maladies honteuses.
Le monde moderne est atteint par toutes sortes de maladies, et notamment le Sida qui est l’une des plus meurtrières.
7. Tu ne voleras pas.
Septième plaie : la grêle qui détruisit les récoltes des Égyptiens.
Ceux qui volent finissent souvent dans la misère. Misère spirituelle, privés de la seule vraie richesse qui est Dieu, mais aussi souvent matérielle.
Nos sociétés modernes vivent d’un vol organisé qui s’appelle l’usure. On n’a pas voulu écouter l’Église, on a laissé les usuriers s’emparer des commandes de la finance. La punition en sera la ruine générale qui arrivera inéluctablement. Le communisme en Russie et en Chine a entraîné la misère générale et des famines terribles. Le néo-communisme qui se met en place risque aussi de se solder par la misère et la famine.
8. Tu ne diras pas de faux témoignages.
Huitième plaie : les sauterelles, à la dent terrible.
Ceux qui vivent dans le mensonge finissent par se dévorer les uns les autres.
Le monde moderne est celui du mensonge institutionnalisé :
• mensonge du laïcisme, qui exclut Dieu au nom d’une fausse neutralité ;
• mensonge du darwinisme, qui vante un monde qui s’auto-construirait ;
• mensonge du démocratisme machiavélique, qui remplace l’autorité à visage découvert par la manipulation du peuple prétendu souverain.
Résultat : le monde moderne est une jungle où l’homme est un loup pour l’homme.
9. Tu ne désireras pas la femme d’autrui.
Neuvième plaie : les ténèbres empêchant de voir même en plein jour.
Figure des ténèbres du cœur ravagé de mauvais désirs.
Hélas, que de jeunes gens, que d’adultes même regardent de mauvaises choses sur les écrans. Les voilà dans d’épaisses ténèbres, qui ne sont que le prélude des ténèbres extérieures où ils seront jetés s’ils ne viennent à résipiscence.
10. Tu ne désireras pas le bien d’autrui.
Dixième plaie : la mort des premiers-nés.
Le premier-né représente l’âme, qui devrait nous être plus chère que tout.
Le péché d’envie est puni par la mort de l’âme.
Par la publicité commerciale et par l’idéologie révolutionnaire, le monde moderne prône l’envie comme moteur du progrès économique et social.
Le résultat est la mort de l’âme, par le péché et par la déshumanisation progressive. On en arrive même à prôner le transhumanisme.
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Après avoir énuméré les dix plaies, châtiments de la violation des dix commandements, il faut rappeler que les châtiments d’ici-bas ont souvent, dans les desseins de Dieu, une valeur médicinale.
Ils sont destinés à corriger, non à écraser.
Pour montrer qu’ils ne peuvent vraiment nuire aux hommes fidèles, ces fléaux n’étaient cruels qu’aux Égyptiens, et n’atteignaient pas les Hébreux.
La situation n’est pas exactement la même aujourd’hui, puisque les bons chrétiens peuvent subir les conséquences de crimes qu’ils n’ont pas commis. Mais en réalité, rien ne peut leur nuire, car tout se tourne en bien pour les âmes qui aiment Dieu.
Dans la nouvelle Alliance, Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’innocent par excellence, est venu souffrir pour les coupables.
Les souffrances des chrétiens leur servent non seulement à expier leurs propres péchés, mais à sauver bien des pécheurs.
Si nous avons à souffrir des châtiments que Dieu envoie, dans sa bonté, à notre monde coupable, voyons-y une occasion de nous sanctifier.
Demandons la grâce de bien les accepter.
Si nous avons nous-mêmes transgressé les dix commandements, acceptons ces souffrances en expiation de nos péchés. Et si nous souffrons pour les péchés des autres, remercions le bon Dieu de nous associer à sa croix.
[1] — Dom de Monléon a résumé ce sermon de saint Augustin dans son livre sur Moïse.

