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Nouvelles de Rome

La consécration du 25 mars 2022

Qu’a demandé Notre-Dame à Fatima ?

Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et l’on aura la paix. […] Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis.

Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix.

Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.

A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et un certain temps de paix sera accordé au monde [1].

Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen [2].

Commentaire de sœur Lucie :

Dieu veut la consécration de la Russie, et de la seule Russie, sans aucune addition, parce que la Russie est un immense territoire bien circonscrit, et sa conversion sera remarquée, apportant ainsi la preuve de ce qui peut être obtenu par la consécration au Cœur Immaculé de Marie [3].

Qu’a fait le pape François le 25 mars 2022 ?

Le pape François a consacré : 1) sa personne, 2) l’humanité tout entière, 3) la Russie, 4) et l’Ukraine, au Cœur Immaculé de Marie.

Ce n’est, bien sûr, pas une chose mauvaise en soi, même si l’on peut déplorer le long texte mondialiste et écologique qui a précédé la formule de consécration. Cependant, d’après les indications de sœur Lucie, cela ne répond pas entièrement aux demandes de Notre-Dame, puisque la consécration a davantage été centrée sur le conflit russo-ukrainien que sur la Russie elle-même. La lettre adressée par le pape François à tous les évêques du monde pour leur demander de s’unir à la consécration ne mentionne d’ailleurs pas les demandes de Notre-Dame – ni la consécration de la Russie, ni la dévotion des premiers samedis – mais indique :

[…] Accueillant aussi de nombreuses demandes du Peuple de Dieu, je désire confier, de manière spéciale, les nations en conflit à la Vierge. Comme je l’ai dit dimanche à la fin de la prière de l’Angelus, le 25 mars, solennité de l’Annonciation, j’entends accomplir un Acte solennel de consécration de l’humanité, et particulièrement de la Russie et de l’Ukraine, au cœur immaculé de Marie [4].

Rappelons que la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie effectuée par Pie XII en 1942 (avec un texte d’une autre élévation, mais qui n’était pas ce que Notre-Dame avait demandé) a immédiatement été suivie d’un tournant assez sensible dans le déroulement des hostilités – qui a préparé la fin de la guerre – mais n’a pas arrêté la terrible progression du communisme : accords de Yalta livrant l’Europe de l’Est aux communistes ; communistes envahissant la Chine, le Sud-Est asiatique ; épuration en France ; guerres d’Algérie et du Vietnam ; infiltration de l’Église et ses conséquences, etc. et maintenant le néo communisme du mondialisme.

La consécration effectuée le 25 mars 2022 va certes plus loin, mais ne répond pas encore entièrement aux demandes du Ciel.

Quels qu’en soient les fruits – car il y en aura certainement – continuons, pour notre part, à consoler Notre-Dame et à répondre à ses demandes à notre niveau : chapelet quotidien, communion réparatrice des premiers samedis, offrande des sacrifices de nos devoirs quotidiens à son Cœur Immaculé pour la conversion des pécheurs.

Le rapport « Demos » : bilan d’un pontificat

Le 13 mars 2022, était le neuvième anniversaire de l’élection du pape François – qui est donc entré dans la dixième année de son pontificat.

Ses difficultés de santé s’étant accrues au cours de l’année écoulée [5] – il a 85 ans depuis le 17 décembre 2021 –  les milieux romains commencent à parler de sa succession.

A cet effet, un mémorandum anonyme, signé « Demos [6] », très sévère sur le pontificat actuel et qui a le mérite de la lucidité, a été adressé aux cardinaux au début du Carême. Le texte en a été publié sur le blog du célèbre vaticaniste Sandro Magister, qui n’exclut pas que le travail, très sérieux, émane d’un cardinal.

Le document se divise en deux parties : « Le Vatican aujourd’hui », et « Le prochain conclave ».

Les commentateurs, toutes écoles confondues – à l’exception du père Spadaro S.J. directeur de la revue jésuite Civiltà Cattolica et très proche de François – s’accordent pour dire que ce pontificat est désastreux à de nombreux points de vue, une véritable catastrophe pour l’Église.

Voici les principaux extraits de ce mémorandum, avec quelques commentaires.

A. Le Vatican aujourd’hui

1. Auparavant, on disait : Roma locuta est, causa finita, Rome a parlé, la cause est terminée.

Aujourd’hui, on dit : Roma loquitur, confusio augetur, Rome parle, la confusion augmente.

[En même temps, des silences coupables :] le synode allemand parle d’homosexualité, de femmes prêtres, de la communion aux divorcés ; la papauté se tait. Le cardinal Hollerich rejette l’enseignement catholique sur la sexualité ; la papauté se tait. Elle se tait sur les scandales, et en même temps persécute la messe traditionnelle.

2. La dimension christocentrique de l’enseignement est affaiblie, le Christ est écarté du centre. Rome elle-même semble confuse sur l’importance d’un monothéisme strict ; elle se réfère ainsi à un concept de divinité plus large qui n’est pas tout à fait du panthéisme, mais qui ressemble à une variante du panthéisme hindou. Démos dénonce le culte rendu à la Pachamama, déesse de la terre [placée sur l’autel papal à Saint-Pierre, lors du synode sur l’Amazonie en 2019].

Ce jugement peut sembler excessif. Il n’en est rien. L’Osservatore Romano, organe officieux du Saint-Siège, se flattait de citer la réflexion suivante de Mme Vandana Shiva, militante féministe indienne, prix Nobel alternatif en 1993 : « Quand j’ai lu l’encyclique Laudato si du pape François sur l’écologie et le développement durable, j’ai eu l’impression de lire nos anciens textes védiques, en particulier Atharvaveda, sur notre devoir de respecter la Terre et toutes ses créatures [7] ».

3. Le changement de personnel à l’Académie pour la vie a eu des conséquences inouïes : certains membres justifient le suicide assisté, d’autres soutiennent l’avortement.

4. Le pape gouverne souvent par décrets pontificaux qui privent les personnes concernées de toute possibilité de faire appel.

5. Le pape jouit d’un faible soutien parmi les séminaristes et les jeunes prêtres, et une division généralisée existe au sein de la Curie vaticane.

6. La situation financière du Vatican est grave. Les dix dernières années ont été en déficit. Avant le Covid, il était de 20 millions d’euros par an ; depuis le Covid, de 30 à 35 millions par an, sans compter les procès en cours de dix personnes pour malversations financières.

7. Le prestige politique du Vatican est au plus bas. L’influence politique du pape François et du Vatican est négligeable. Les décisions et orientations politiques se limitent au « politiquement correct ».

B. Le prochain conclave, et lignes directrices pour le futur pape

1. Le collège des cardinaux a été affaibli par des nominations excentriques, et n’a plus été réuni depuis 2014 (huit ans !) lors de la question de la communion aux divorcés remariés. De nombreux cardinaux ne se connaissent pas, ce qui ajoute une dimension d’imprévisibilité supplémentaire au prochain conclave.

2. Depuis Vatican II, les autorités catholiques ont souvent sous-estimé le pouvoir hostile de la sécularisation, du monde, de la chair, du diable, surtout en Occident [8] ; et ont surestimé l’influence et la puissance de l’Église catholique.

L’Église est plus faible qu’il y a 50 ans : le nombre de croyants a décliné, de même la fréquentation de la messe. De nombreux ordres religieux sont en déclin ou ont disparu.

3. Le premier chantier du nouveau pape consistera à restaurer la clarté doctrinale en matière de foi et de morale ; et de faire en sorte que le premier critère pour la nomination des évêques soit l’acceptation de la Tradition apostolique.

Donner une autorité doctrinale aux synodes nationaux ou continentaux constituerait un nouveau danger pour l’unité de l’Église, étant donné, par exemple, que l’Église allemande adopte des points de vue doctrinaux qui ne sont pas partagés par les autres Églises, et qui ne sont pas compatibles avec la Tradition apostolique. Si aucune correction de ces hérésies ne vient de Rome, l’Église sera réduite à une vague fédération d’Églises locales, avec des visions différentes, probablement plus proches d’un modèle anglican ou protestant que d’un modèle orthodoxe.

4. On devrait prendre au sérieux la possibilité d’une visite apostolique au sein de l’Ordre des Jésuites. Ils sont confrontés à un déclin numérique et à un déclin moral catastrophiques.

5. Il faut se pencher sur le déclin des catholiques et l’expansion du protestantisme en Amérique du Sud. On en a à peine parlé lors du synode sur l’Amazonie.

6. Les difficultés financières persistantes vont constituer un problème important, quoique bien moins grave que les menaces doctrinales et spirituelles auxquelles l’Église est confrontée, surtout en Europe.

Sourd aux critiques, François accélère les réformes

Jean-Marie Guénois, chroniqueur religieux au Figaro, ne peut être qualifié de traditionaliste, mais il est réaliste, et généralement très informé sur ce qui se passe au Vatican. Voici les principaux extraits d’un article qu’il a fait paraître sur les projets de réforme du pape François [9]. Nous résumons son propos en citant la plupart du temps les propres paroles du journaliste.

Réforme de la curie

Depuis l’année 2013, le pape a en vue une vaste réforme de la curie. Elle entrera en vigueur le 5 juin, jour de la Pentecôte, suscitant déjà beaucoup de résistances internes :

1. Tous les ministères (congrégations) se trouvent placés sur le même plan, ce qui signifie une abolition des hiérarchies au sein des congrégations du Vatican.

La congrégation pour la Doctrine de la foi, qui était première, se trouve même nommée après le dicastère pour l’Évangélisation et avant un nouveau dicastère pour la Charité et les œuvres humanitaires.

Commentaire : Pour ce qui est du dicastère pour l’Évangélisation, qui a remplacé l’illustre congrégation missionnaire de la Propagande, il faut bien comprendre que le mot « évangélisation » n’est pas ici synonyme de mission. Les modernistes ont détourné le sens de tous les mots. La nomination, par le pape, du cardinal philippin Luis Antonio Tagle à la tête de ce Dicastère depuis 2019, indique clairement le changement radical d’orientation.

Dans Corrispondenza Romana du 11 décembre 2019, l’historienne Cristina Siccardi pouvait écrire :

Avec l’arrivée du cardinal Tagle, l’esprit originel de la nature missionnaire de l’Église, si magistralement structuré par la Propaganda Fide, disparaîtra ; parce que le nouveau préfet a une physionomie clairement conciliaire, et qu’en même temps il est adepte de la conversion écologique et intégrale, où l’esprit d’Assise et l’esprit d’Abou Dabi convergent dans le nouvel humanisme, dans la nouvelle façon de ressentir la fraternité universelle, où chacun peut penser la religion comme il l’entend. Tagle partage aussi avec le pape une attention viscérale portée à la Mère Terre, et un accueil irréaliste et désordonné des masses migratoires.

Dans ce contexte, on comprend que la congrégation pour la Doctrine de la foi soit reléguée au second plan.

Continuons de résumer Jean-Marie Guénois :

2. Autre point clé imposé par le pape, mais âprement discuté par des cardinaux d’importance : un laïc, homme ou femme, pourra diriger désormais une Congrégation du Vatican. Cette charge était réservée jusque-là à des évêques et des cardinaux pour des raisons théologiques fondamentales touchant à la constitution même de l’Église catholique [10].

3. La curie est décapitée : le « secrétaire d’Etat », qui était jusque-là comme le premier ministre du pape, et patron de la curie romaine, perd cette primauté et n’est plus qu’un secrétaire général avec pour seule fonction de coordonner les diverses Congrégations, ce qui renforce très nettement le pouvoir du pape. C’est lui qui décide quasiment de tout.

Effervescence synodale

Le « synode » est en effet la grande réforme de François. Il veut insuffler un esprit collectif, démocratique, associant les fidèles, hommes et femmes, à tous les niveaux de gouvernance de l’Église catholique : paroisse, diocèse, conférence épiscopale, Saint-Siège.

Il a lancé pour cela en 2021 un synode spécial sur la synodalité, qui se déroule dans tous les diocèses au cours de l’année 2022. Une session finale et décisive aura lieu à Rome en octobre 2023. Elle votera des propositions que François entend mettre en œuvre à l’aube de 2024.

Inspirée de la gouvernance des Églises orthodoxes mais aussi des Églises protestantes, cette révolution inquiète profondément à Rome au vu de l’expérience en cours d’un synode local dans l’Église allemande, qui rivalise d’audaces réformistes : mariage des prêtres, accueil des personnes homosexuelles, place des femmes. Le Vatican semble avoir perdu le contrôle sur cette initiative. Cela n’empêche pas François d’avoir nommé rapporteur du prochain synode romain un prélat soutenant le synode allemand : Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque du Luxembourg, un jésuite qu’il a créé cardinal en 2019. Cela suscite de vives oppositions au sein de la curie : à la mi-mars, le cardinal George Pell a sommé la Congrégation pour la doctrine de la Foi d’intervenir officiellement contre les propos de Mgr Hollerich et du synode allemand.

Commentaire : Le nom du cardinal Hollerich est à retenir, à côté de celui du cardinal Tagle (supra), car c’est une personnalité qui monte, et qui est particulièrement révolutionnaire. Lors d’entretiens accordés à La Croix du 20 janvier, et à la Katolische Nachrichten Agentur du 27 janvier, il a notamment déclaré être favorable à l’ordination sacerdotale d’hommes mariés ; au changement de notre façon de voir la sexualité (« nous avons eu une vision plutôt refoulée ») et de juger l’homosexualité (« les positions de l’Église sur le caractère peccamineux de l’homosexualité sont erronées, le temps est venu de changer de doctrine ») ; à la communion eucharistique donnée aux protestants ; à la nécessité de changer le discours sur l’avortement car il n’est plus suivi, etc. C’est lui qui sera le rapporteur du prochain synode romain concluant tous les synodes nationaux.

Contre le retour en arrière

En septembre dernier, à des jésuites slovaques qu’il rencontrait à Bratislava, le pape a dit sa « souffrance » de voir s’installer dans l’Église une « idéologie du retour en arrière », parce que « la liberté fait peur ».

C’est pour mettre un coup d’arrêt à cette « idéologie du retour en arrière » qu’il a promulgué le 16 juillet 2021 son Motu Proprio Traditionis Custodes contre la messe traditionnelle, afin de stopper le développement des paroisses selon le rite tridentin. « Je continuerai dans cette voie », a-t-il confié aux mêmes jésuites, s’insurgeant contre les jeunes prêtres qui, « à peine ordonnés » demandent l’autorisation à l’évêque « de célébrer en latin ». Il faut les faire « atterrir sur la terre », a-t-il martelé.

Et le 21 avril 2022 recevant Mgr Eric de Moulins-Beaufort et plusieurs évêques français, il confirmait que les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre ne pouvaient célébrer le rite tridentin que dans leurs maisons [non dans les églises diocésaines comme le plus souvent jusqu’ici], et devraient tous accepter de concélébrer dans le nouveau rite, au moins une fois par an pour la messe chrismale. L’étau se resserre [11].

 

Pour couronner le tout, le 28 mai 2022, c’est Mgr Bertram Maler, évêque d’Augsbourg, pro-LGBT, qui a conféré le diaconat à 10 séminaristes du séminaire de Wigratzbad de la Fraternité Saint-Pierre. La branche allemande Pro Missa Tridentina de la Fédération Una Voce a exprimé sa « surprise » en rappelant qu’en juin 2021, Mgr Maler avait déclaré à la télévision d’État allemande, qu’il était prêt à bénir des unions homosexuelles. Sur le site officiel du séminaire, au 28 mai, on lit le communiqué suivant des autorités de la Fraternité Saint-Pierre : « Nous sommes très reconnaissants à Mgr Maler pour sa bienveillance et sa sollicitude [12] ».

 

Une fois de plus, c’est Mgr Lefebvre qui avait été clairvoyant :

Ce transflesert d’autorité, c’est cela qui est grave, c’est cela qui est excessivement grave. Il ne suffit pas de dire : « On n’a rien changé dans la pratique [13] ». C’est ce transfert qui est très grave, parce que l’intention de ces autorités, c’est de détruire la Tradition [14].

Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets [15].

Nous éprouvons la nécessité absolue d’avoir des autorités ecclésiastiques qui épousent nos préoccupations et nous aident à nous prémunir contre l’esprit de Vatican II et l’esprit d’Assise [16].

Le pape se rendra au Kazakhstanpour le congrès des religions mondiales

La nouvelle est donnée par le site Vatican News [17] :

Le pape François a exprimé son intention de se rendre au Kazakhstan à l’occasion du 7e Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles qui se tiendra les 14 et 15 septembre prochains dans la capitale kazakhe, Nour-Sultan [anciennement Astana].

L’information, d’abord donnée par la présidence kazakhe, a été confirmée par le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni. François a abordé le sujet à l’occasion d’un entretien en visioconférence avec le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokayev.

Le premier Congrès des religions mondiales et traditionnelles s’est tenu à Astana en 2003, s’inspirant de la « Journée de prière pour la paix » convoquée à Assise par Jean-Paul II en janvier 2002, afin de réaffirmer la contribution positive des différentes traditions religieuses au dialogue et à l’harmonie entre les peuples et les nations après les tensions consécutives aux attentats du 11 septembre 2001.

Lors de ce premier congrès, le Saint Siège était représenté par le cardinal slovaque Joseph Tomko, alors président du Conseil pontifical pour l’évangélisation des peuples. Aux congrès successifs, les cardinaux français Roger Etchegaray et Jean-Louis Tauran avaient emmené les délégations du Vatican.

Le prochain et septième congrès interreligieux aura pour thème « le rôle des responsables des religions mondiales et traditionnelles dans le développement socio-spirituel de l’humanité dans la période postpandémique ».

Le site FSSPX.News commente [18] :

Ces Congrès sont un décalque d’Assise, en version renforcée, tant sur le plan de la participation multiforme « des religions », que de l’effacement de l’Église catholique, qui se trouve noyée parmi les invités, côtoyant les faux-dieux, et se trouvant rabaissée à leur niveau. Il est difficile de porter plus loin l’insulte au Verbe incarné, seul vrai Dieu avec le Père et le Saint-Esprit.

Que la banalisation de ces rencontres qui abaissent la religion catholique et son Fondateur ne nous trouvent jamais indifférents, mais que nous protestions toujours avec vigueur pour défendre l’honneur du Christ et de notre Mère l’Église, son Épouse.

Quo vadis ? Pierre, Pierre, où vas-tu ?

Il sera intéressant de connaître la réaction de Mgr Schneider. Ce dernier est non seulement l’évêque auxiliaire d’Astana mais aussi le secrétaire de la Conférence épiscopale kazakhe [19].

Le 20 novembre 2019, Mgr Schneider signait un document, conjointement avec les autres évêques, dans lequel il déclarait :

Les évêques et les ordinaires du Kazakhstan saluent la création du Conseil des confessions chrétiennes traditionnelles du Kazakhstan, qui s’est tenu le 13 mai 2019 dans la salle synodale du centre spirituel, culturel et administratif du district métropolitain du Kazakhstan de l’Église orthodoxe russe de la ville de Nur-Sultan [20].

Le 13 janvier 2020, il a personnellement participé à la réunion œcuménique de ce conseil. Le site officiel de l’Église catholique du Kazakhstan a publié une déclaration :

Le 13 mai, un pas important a été franchi vers un véritable dialogue entre les confessions chrétiennes du Kazakhstan : le Conseil des confessions chrétiennes traditionnelles a été créé, qui comprend les églises orthodoxe, catholique et luthérienne. Et aujourd’hui, 13 janvier 2020, la première réunion officielle du Conseil s’est tenue dans le centre spirituel et culturel du district métropolitain de Nur-Sultan, à laquelle a participé une importante délégation de l’Église catholique, qui comprenait le nonce apostolique auprès de la République du Kazakhstan, Mgr Francis Assisi Chullikatt, président de la Conférence épiscopale catholique du Kazakhstan et évêque du diocèse de la Sainte Trinité à Almaty, […] l’évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Santa Maria à Astana, Athanasius Schneider ; [...]

L’importance de « réveiller les sentiments religieux dans le cœur des nouvelles générations » a également été soulignée comme l’un des moyens de faire face aux « tendances individualistes, égoïstes et conflictuelles, ainsi qu’au radicalisme et à l’extrémisme aveugles ». En plus de ce qui précède, le Conseil s’est fixé de nombreux autres objectifs découlant de ces intentions. Pour atteindre ces objectifs, le Conseil « en coopération avec d’autres religions traditionnelles du monde, dans le cadre du Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles, établi par le Premier Président Nursultan Nazarbayev, entend promouvoir le dialogue fraternel et la solidarité entre les religions et les cultures comme une contribution concrète et efficace pour soutenir la création d’une famille universelle basée sur des valeurs humaines, morales, spirituelles, ainsi que sur des principes fondamentaux et inviolables » [21].

La pyramide de la paix à Astana

On lit sur le site le site officiel du tourisme d’Astana ce texte qui se passe de commentaires [22] :

Le Palais de la paix et de la réconciliation (Kazakh:Бейбітшілік пен келісім сарайы), également traduit par Pyramide de la paix et de l’accord, est un bâtiment de 77 m de haut à Astana, la capitale du Kazakhstan. La structure a été construite par Sembol Construction pour un coût de 8,74 milliards de tenges kazakhs (environ 58 millions de dollars) et a été ouverte fin 2006.

La partie pyramide du bâtiment mesure 62 m de haut et repose sur un bloc de terre de 15 m de haut. […] La structure est composée de cinq « étages » de triangles, chaque triangle faisant 12 m de côté. […] Les ingénieurs ont dû concevoir le bâtiment pour qu’il résiste à la dilatation et à la contraction dues aux variations de température de plus de 80°C, de -40 à plus de 40°C - entraînant une dilatation du bâtiment allant jusqu’à 30 cm.

La Pyramide a été spécialement construite pour accueillir le Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles. Elle contient des logements pour différentes religions : Judaïsme, Islam, Christianisme, Bouddhisme, Hindouisme, Daoisme et autres croyances. Il abrite également un opéra de 1 500 places, un musée national de la culture, une nouvelle « université de la civilisation », une bibliothèque et un centre de recherche sur les groupes ethniques et géographiques du Kazakhstan. […] Le bâtiment est conçu comme un centre mondial pour la compréhension religieuse, le renoncement à la violence et la promotion de la foi et de l’égalité humaine.

La Pyramide de la Paix exprime l’esprit du Kazakhstan, où les cultures, les traditions et les représentants de diverses nationalités coexistent dans la paix, l’harmonie et l’accord. Baignés dans l’éclat doré et bleu pâle du verre (couleurs reprises du drapeau du Kazakhstan), 200 délégués des principales religions et confessions du monde se réuniront tous les trois ans dans une chambre circulaire – inspirée de la salle de réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies à New York.


[1]    — 13 juillet 1917 ; confirmé par Notre-Seigneur en mai et juin 1930.

[2]    — 29 juin 1929.

[3]    — Sœur Lucie à Mgr Hnilica, le 14 mai 1982 ; propos rapportés par Mgr Hnilica au Frère François de Marie des Anges (de la CRC), lors d’un entretien le 10 novembre 1982, et rapporté par ledit frère en deux ouvrages : dans Jean-Paul 1er, le pape du secret, CRC, 2007, p. 423 et dans Fatima, salut du monde, CRC, 2007, p. 345.

[4]    — Lettre du pape François aux évêques du monde entier, 23 mars 2022.

[5]    — Très lourde intervention chirurgicale sur les intestins le 16 juillet 2021 (diverticulite aigüe) l’obligeant à un régime alimentaire très sévère ; inflammation aigüe des ligaments du genou droit (gonalgie), conséquence directe d’un problème structurel de sciatique à la hanche qu’il doit corriger à chaque pas. Il doit parfois se faire aider pour marcher, et même employer un fauteuil roulant. Une intervention chirurgicale serait trop risquée (source : Jean-Marie Guénois, article signalé plus bas).

[6]    — Nom qui signifie « peuple », en grec.

[7]    — Osservatore Romano du 1er décembre 2020, n° 48, p. 8.

[8]    — Ce fut la grande illusion de Jean XXIII à l’ouverture du Concile : il n’y a plus d’ennemis, plus de combat (NDLR).

[9]    — http://ilsismografo.blogspot.com/2022/05/vaticano-conteste-sourd-aux-critiques.html

[10]  — Il faut même dire que c’est une atteinte à la constitution divine de l’Église (NDLR).

[11]  — https://laportelatine.org/actualite/traditionis-custodes-enieme-precision-et-confusion.

[12]  — Références : Medias-Presse-Info au 8 mai 2022 (annonçant l’ordination), et la « Page officielle » du séminaire de Wigratzbad au 28 mai, confirmant que l’ordination a eu lieu.

[13]  — C’est ce que disent tous les ralliés au début pour se justifier.

[14]  — Mgr Lefebvre, Conférence à Écône le 8 octobre 1988.

[15]  — Mgr Lefebvre, dans Fideliter n° 70, p. 6.

[16]  — Mgr Lefebvre, Lettre au pape Jean-Paul II, 2 juin 1988.

[17]  — https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2022-04/francois-kazakhstan-pour-le-congres-religions-mondiales.html

[18]  — https://fsspx.news/fr/news-events/news/le-pape-se-rendra-au-kazakhstan-pour-le-congres-des-religions-mondiales-74065.

[19]  — Il a été élu pour quatre ans lors de la réunion de la conférence épiscopale en novembre 2019, il sera donc encore secrétaire lors de la venue du pape.

[20]  — 20 novembre 2019. https://catholic-kazakhstan.org/en/communique-of-the-38th-plenary-of-the-conference-of-catholic-bishops-of-kazakhstan/

[21]  — https://catholic-kazakhstan.org/en/the-first-meeting-of-the-council-of-traditional-christian-confessions-this-year-held-in-nur-sultan/

[22]  — https://www.astana-kazakhstan.net/attractions-2/culture-and-entertainment/palace-of-peace-and-reconciliation/

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 120

p. 190-200

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