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(Mauvaises) nouvelles de Rome

La religion maçonnique encouragée à Astana


 

LE PAPE S’EST RENDU au Kazakhstan du 13 au 15 septembre pour participer au 7e Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles dans la capitale kazakhe [1].

Dans le dernier Sel de la terre (nº120) nous avons annoncé l’événement et nous avons décrit la gigantesque pyramide spécialement construite pour accueillir le Congrès des dirigeants des religions. Depuis 2003, environ 200 délégués des principales religions du monde se réunissent tous les trois ans dans une chambre circulaire inspirée de la salle de réunion des Nations Unies à New York. 

Cette année, pour la première fois le pape a participé en personne à ce Congrès. Cependant la réunion n’a pas eu lieu dans la pyramide, mais dans le palais de l’indépendance. Est-ce pour une question de place, ou parce que le Vatican a trouvé que ce symbole était trop ouver­tement maçonnique et pouvait choquer ce qui reste de catholique dans l’Église conciliaire ? Nous ne savons pas.

Le pape, dans son voyage de retour, a souligné l’importance qu’il accordait à cet événement :

Le Congrès est une chose très importante, il en est à sa septième édition ! Cela veut dire que c’est un pays qui a de la clairvoyance et qui fait dialoguer ceux qui habituellement sont écartés. […] Et ça a déjà été fait sept fois, c’est magnifique [2] !

Nous nous contenterons ici d’analyser brièvement le discours du pape au cours de la réunion des « leaders des religions mondiales et traditionnelles ».

L’exorde du discours

Le pape a commencé par interpeler ses auditeurs : « Frères et sœurs ».

Frères et sœurs !

Permettez-moi de m’adresser à vous avec ces paroles directes et familières : frères et sœurs. Je souhaite vous saluer, Chefs religieux et Autorités, membres du Corps diplomatique et des Organisations internationales, Représentants des institutions académiques et culturelles, de la société civile et de diverses organisations non gouvernementales, au nom de cette fraternité qui nous unit tous, en tant que fils et filles du même Ciel.

Nous voici donc prévenus. Le pape ne parle pas en tant que pape, en tant que représentant de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous a appris à appeler Dieu notre Père, mais en tant que représentant du « Ciel ».

La nouvelle religion

Le pape n’a pas cité Notre-Seigneur Jésus-Christ, ni d’ailleurs aucun auteur catholique [3], mais il a cité plus de dix fois un écrivain kazakhe musulman, Abaï Ibrahim Kounanbaïouly (1845-1904). Ces citations ont servi au pape à promouvoir une sorte de religion naturelle qui tolère tous les cultes.

Hier j’ai emprunté l’image de la dombra. Aujourd’hui à l’instrument musical je voudrais associer une voix, celle du poète le plus célèbre du pays, père de sa littérature moderne, l’éducateur et le compositeur souvent représenté avec une dombra. Abaï (1845-1904), comme on l’appelle familièrement, nous a laissé des écrits imprégnés de religiosité, dans lesquels transparaît l’âme meilleure de ce peuple : une sagesse harmonieuse, qui désire la paix et la recherche en s’interrogeant avec humilité, en aspirant à une sagesse digne de l’homme, jamais enfermée dans des visions étroites et exiguës, mais disposée à se laisser inspirer par de multiples expériences.

La « religiosité » est décrite comme une « sagesse digne de l’homme ». On est invité à ne pas se laisser enfermer dans des visions étroites et exigües : cela cadre mal avec la description de la vraie foi par saint Paul : une « folie pour l’hom­me » (1 Co 1, 16 et sq.), qui « réduit l’intelligence en captivité » (2 Co 10, 5).

Abaï nous provoque avec une question perpétuelle : « Quelle est la beauté de la vie, si l’on ne va pas en profondeur ? » (Poésie, 1898). […] Ce sont des questions comme celles-ci qui suscitent le besoin de la religion, qui nous rappellent que nous, êtres humains, nous n’existons pas tant pour satisfaire des intérêts terrestres et pour tisser des relations de seule nature économique, que pour marcher ensemble, comme des voyageurs le regard tourné vers le Ciel. Nous devons trouver un sens aux questions ultimes, cultiver la spiritualité ; nous devons maintenir « l’âme éveillée et l’esprit lucide » disait Abaï (Parole 6).

Il parle de « voyageurs » qui « marchent ensemble » le « regard tourné vers le Ciel ».

De quel voyage s’agit-il ? A travers plusieurs réincarnations comme le croient les orientaux ?

Et comment « marcher ensemble » avec ceux qui considèrent que Notre-Seigneur est un blasphémateur (juifs, musulmans) alors que les chrétiens doivent marcher derrière lui ?

Et vers quel Ciel ? Le nirvana ? Le paradis sensuel des musulmans ?

 

Pour savoir ce qu’Abaï dit sur « l’âme éveillée et l’esprit lucide » nous nous sommes procuré le livre d’Abaï :

« L’origine de l’aisance, c’est la vie », dit le proverbe, mais de quelle vie s’agit-il ? Celle d’une âme vivante et d’un esprit lucide. Si tu es vivant, mais que ton âme est morte, les paroles de la raison ne pourront atteindre et cultiver ton esprit. Mais si tu t’occupes à un travail honnête, alors tu gagneras ta vie dans le bien [4].

Ainsi, pour Abaï, avoir « l’âme éveillée [ou vivante] et l’esprit lucide », c’est cultiver son esprit et se livrer à un travail honnête. Voici la « religion » qui nous est proposée.

Frères et sœurs, le monde attend de nous l’exemple d’âmes éveillées et d’esprits lucides, il attend une religiosité authentique. L’heure est venue de se réveiller de ce fondamentalisme qui pollue et corrode toutes les croyances, l’heure de rendre le cœur limpide et compatissant.

S’adressant donc à ses « frères et sœurs » de cent religions différentes, le pape les invite, pour atteindre « une religiosité authentique », à avoir « l’âme éveillée [ou vivante] et l’esprit lucide », c’est-à-dire à cultiver son esprit et à se livrer à un travail honnête.

Il note la nécessité de débarrasser les religions de leur « fondamentalisme ». Il y reviendra, car c’est une préoccupation pressante chez lui.

Liberté religieuse

Le pape a insisté aussi sur la liberté religieuse, qui est un des thèmes favoris de l’Église conciliaire, et même une caractéristique qui permet de la repérer.

Nous avons donc besoin de religion pour répondre à la soif de paix du monde et à la soif d’infini qui habite le cœur de chaque homme.

C’est pourquoi la liberté religieuse est une condition essentielle pour un développement véritablement humain et intégral. Frères, sœurs, nous sommes des créatures libres. Notre Créateur s’est « effacé », il a, pour ainsi dire, « limité » sa liberté absolue pour faire aussi de nous des créatures libres. Comment alors contraindre des frères en son nom ? « Lorsque nous croyons et adorons – enseignait Abaï –, nous ne devons pas dire que nous pouvons contraindre les autres à croire et à adorer » (Parole 45). La liberté religieuse est un droit fondamental, primaire et inaliénable, qu’il faut promouvoir partout et qui ne peut se limiter à la seule liberté de culte.

Ainsi l’homme aurait un droit fondamental, primaire et inaliénable, c’est-à-dire un droit naturel, à la liberté religieuse.

Cette erreur, comme nous l’avons plusieurs fois exposé dans cette revue, a été imposée à l’Église conciliaire par la franc-maçonnerie [5]. Pour que celle-ci puisse réaliser son projet de mondialisme, il fallait que l’Église renonce à se prétendre la seule vraie religion et se place à égalité avec les autres religions.

Quatre défis

Le pape a invité son auditoire à relever quatre défis :

Le premier défi est celui de la pandémie.

Il faut que les diverses religions collaborent pour soigner l’humanité :

La pandémie, entre vulnérabilité et soin, représente le premier des quatre défis mondiaux que je voudrais développer et qui appellent chacun – mais de manière particulière les religions – à une plus grande unité d’intention. Le Covid-19 nous a tous mis sur le même pied. Il nous a fait comprendre que, comme disait Abaï, « nous ne sommes pas des démiurges, mais des mortels » (ibid.). Nous nous sommes tous sentis fragiles, tous dans le besoin d’assistance ; personne n’était pleinement autonome, personne n’était complètement autosuffisant. Mais maintenant, nous ne pouvons pas dilapider le besoin de solidarité que nous avons ressenti en continuant comme si rien ne s’était passé, sans nous laisser interpeller par l’exigence d’affronter ensemble les urgences qui nous concernent tous. Les religions ne doivent pas être indifférentes à cela : elles sont appelées à être en première ligne, à être promotrices d’unité face à des épreuves qui risquent de diviser encore davantage la famille humaine. […]

Les croyants de l’après-pandémie sont appelés à prendre soin de l’humanité dans toutes ses dimensions, en devenant des artisans de communion – je répète le mot : artisans de communion –, témoins d’une collaboration qui dépasse les barrières de leurs appartenances communautaires, ethniques, nationales et religieuses. […] Combien, aujourd’hui encore, n’ont pas facilement accès aux vaccins, combien !

Le pape est entré à plein dans le récit officiel d’une dangereuse pandémie dont la solution serait le vaccin. Ce n’est pas étonnant dans la mesure où ce récit officiel a été mis en place pour promouvoir le mondialisme comme le dénonce, entre autres, Mgr Viganò [6].

Le deuxième défi est celui de la paix.

Le pape commence par reconnaître que toutes les réunions interreligieuses organisées depuis Assise I, en 1986, en vue de la paix, n’ont guère eu de résultats :

Et cela nous conduit au deuxième défi planétaire qui interpelle de manière particulière les croyants : le défi de la paix. Au cours des dernières décennies, le dialogue entre les responsables des religions a surtout concerné ce thème. Pourtant, nous voyons notre époque encore marquée par le fléau de la guerre, par un climat d’affrontements exacerbés, par l’incapacité de reculer et de tendre la main à l’autre. Un sursaut est nécessaire, et il faut, frères et sœurs, qu’il vienne de nous.


La pyramide du congrès des religions

Quelle est la cause de cet échec ? Pour le pape, c’est notamment la rigidité des « fondamentalistes » :

En mémoire des horreurs et des erreurs du passé, unissons nos efforts pour que jamais plus le Tout-Puissant ne devienne otage de la volonté de puissance humaine. […] Frères et sœurs, purifions-nous donc de la présomption de nous sentir justes et de n’avoir rien à apprendre des autres. Libérons-nous de ces conceptions réductrices et destructrices qui offensent le nom de Dieu par les rigidités, les extrémismes et les fondamentalismes, et le profanent par la haine, le fanatisme et le terrorisme, défigurant également l’image de l’homme.

On sait que pour le pape actuel, les catholiques attachés à la Tradition de l’Église, sont des rigides et des fondamentalistes.

On retrouve toujours le même schéma : il faut que l’Église renonce à sa spécificité, et notamment à sa Tradition, et se mette au niveau de toutes les autres religions.

Le troisième défi est celui de l’accueil fraternel.

Après les défis de la pandémie et de la paix, nous relevons un troisième défi, celui de l’accueil fraternel. […] Certes, il est instinctif de défendre ses sécurités acquises et de fermer les portes par peur ; il est plus facile de suspecter l’étranger, de l’accuser et de le condamner que de le connaître et de le comprendre. Mais il est de notre devoir de rappeler que le Créateur, qui veille sur les pas de chaque créature, nous exhorte à avoir un regard semblable au sien, un regard qui reconnaisse le visage du frère. Il faut recevoir le frère migrant, l’accompagner, le promouvoir et l’intégrer.

Plutôt que d’encourager à recevoir des migrants – ce que le pape fait depuis le début de son pontificat – ne faudrait-il pas chercher à en guérir les causes ? Ces migrations massives ne sont-elles pas voulues par les partisans du mondialisme pour détruire ce qui reste du sentiment national ? 

Le quatrième défi est celui de l’écologie :

Un dernier défi mondial nous interpelle : la sauvegarde de la maison commune. Face aux bouleversements climatiques, il faut la protéger, afin qu’elle ne soit pas soumise aux logiques du gain, mais préservée pour les générations futures, à la louange du Créateur. Abaï écrivait : « Quel monde merveilleux le Créateur nous a donné ! Il nous a donné sa lumière avec magnanimité et générosité. Quand la terre-mère nous a nourris en son sein, notre Père céleste s’est penché sur nous avec tendresse » (de la poésie “Printemps”). Avec un soin rempli d’amour, le Très-Haut a établi une maison commune pour la vie : et nous, qui nous déclarons siens, comment pouvons-nous permettre qu’elle soit polluée, maltraitée et détruite ?

On sait que l’écologie est un autre thème du mondialisme. Il lui sert à imposer des restrictions de toute sorte et un contrôle accru de la population.

Peut-on justifier l’événement ?

Lors du voyage de retour, le pape a tenté de justifier l’événement :

Et je m’arrête sur la rencontre religieuse : quelqu’un la critiquait et me disait : « Mais c’est fomenter, faire grandir le relativisme. » Pas de relativisme ! Chacun a dit ce qu’il pensait, tous respectaient la position de l’autre, mais on dialogue comme des frères. Car, s’il n’y a pas de dialogue, il y a ignorance ou guerre. Mieux vaut vivre comme des frères, nous avons une chose en commun, nous sommes tous humains. Nous vivons comme des humains, bien éduqués : toi qu’est-ce que tu penses, moi qu’est-ce que je pense ? Mettons-nous d’accord, mais parlons un peu, connaissons-nous. Tant de fois ces guerres mal comprises « de religion » arrivent par manque de connaissance. Et ce n’est pas du relativisme ! Je ne renonce pas à ma foi si je parle avec la foi d’un autre [7], bien au contraire. Je fais honneur à ma foi parce qu’un autre l’écoute et j’écoute la sienne. J’ai été tellement impressionné qu’un pays si jeune, avec tant de problèmes – le climat par exemple – ait été capable de faire sept éditions d’une telle rencontre : une rencontre mondiale, avec des juifs, des chrétiens, des musulmans, des religions orientales... Autour de la table on voyait que tout le monde parlait et s’écoutait avec respect. C’est l’une des bonnes choses que votre pays a faites [8].

Mais si on lit le discours du pape à ce congrès, on voit qu’il n’a pas fait ce qu’il prétend ici : il n’a pas « fait honneur à sa foi » parce qu’il n’a tout simplement pas présenté la foi catholique. Il n’a pas cité une seule fois le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Dans son discours il a présenté une religiosité naturelle qui n’est pas la foi catholique.

Lors de la réunion d’Assise II en 2002, Jean Madiran avait tenté une justification au nom de la « religion naturelle » :

— Mais, objectera-t-on, des religions aussi différentes, aussi opposées qu’elles le sont aujourd’hui, ont-elles donc quelque chose d’important en commun ?

— Elles peuvent l’avoir, à divers degrés : c’est ce que l’on nomme la « morale naturelle » et la « religion naturelle ».

La morale naturelle : préférer le bien au mal, la vertu au vice, la vérité au mensonge, l’amour à la haine.

La religion naturelle : croire qu’il existe une puissance supérieure à l’homme, un Dieu créateur et législateur, que l’on doit honorer et prier.

Il semble bien que si l’on exclut d’Assise toute pensée de syncrétisme religieux, cette réunion se situe alors au niveau de la religion naturelle : et que, ayant pour but la paix dans le monde, elle devrait être comprise comme un acte diplomatique hautement et sainement politique. […]

On comprend bien l’intention d’entraîner tout l’islam dans une sorte de dynamique de groupe s’auto-interdisant de « tuer au nom de Dieu ». On lui souhaite bonne chance [9].

Comme le sous-entend cette dernière phrase, l’intention de promouvoir la « religion naturelle » est tout à fait vaine.

D’abord, parce que si l’on voulait réellement promouvoir cette religion là, il faudrait commencer par rappeler le décalogue, qui est le résumé de la loi naturelle. Ce serait en soi possible, parce que les trois principales religions à promouvoir ces réunions, la chrétienne, la musulmanne et la juive, ont en commun ce décalogue, non seulement comme loi naturelle, mais comme code révélé par Dieu.

Mais il est évident que jamais l’ONU qui promeut ces réunions pour le compte de la franc-maçonnerie, n’acceptera qu’on remette le décalogue en honneur. Il faut le rem­placer par les droits de l’homme.

Ensuite, parce que ce qui compte avant tout, c’est l’image qui est donnée par les media de l’évènement. Or, comme le notait déjà Madiran dans l’article cité plus haut :

Partout, la réunion d’Assise est reçue par les médias et par l’opinion publique, même catholique, comme une heureuse manifestation de syncrétisme, – le syncrétisme religieux consistant à considérer ce que les religions ont en commun plus important que ce qui les oppose ; et à croire que ce qui les unit doit l’emporter sur ce qui les sépare. C’était en somme le Panthéon des anciens Romains, et c’est bien ainsi que l’entend la presse, pour laquelle avec Assise « il s’agit de convaincre tous les dieux de la terre de bien vouloir, du haut de leurs cieux respectifs, accepter de se donner la main ».

La religiosité encouragée par le pape dans cette réunion d’Astana, comme dans les précédentes, n’est pas la religion naturelle – à supposer qu’on puise la promouvoir de nos jours [10] – mais la religion « onusienne », la servante de la politique mondialiste des Nations Unies, la nef religieuse du Temple maçonnique [11].

 

Mgr Schneider

Mgr Athanius Schnei­der est évêque auxilaire d’Astana et secrétaire de la commission liturgique de la conférence des évê­ques de Russie.

Interrogé, pendant l’évè­nement, par la chaîne de télévision KTO, l’évêque s’est déclaré un ami du pape, « un vrai ami du pape » [12].

Il admet qu’il y a une grande confusion dans l’Église, mais il compte sur le pape pour la dissiper.

Mgr Schneider avait l’occasion, avec cette visite du pape, de faire un acte courageux, soit de protestation contre cette participation du pape à un congrès des religions, soit au moins par une abstention visible.

Il n’a rien fait de tel.

Il a au contraire participé à la messe « Paul VI » concélébrée en présence du pape. 

Jeanne Smits, lors de l’émission Terre de Mission du 25 septembre [13], a fait ce commentaire :

Le pape a participé à la concélébration, messe Paul VI assez classique, en latin, avec prière eucharistique numéro trois. J’ose dire classique, convenable. Mgr Schneider a concélébré. L’autorité était présente. Pour marquer l’unité épiscopale, pourquoi pas. Ce n’est pas l’essentiel, il faut retenir que Mgr Schneider appuie très fortement la liturgie traditionnelle. Il le fait un peu plus à chaque fois qu’il s’exprime. Mgr Schneider est en train de naviguer vers plus de tradition.

Souhaitons-lui « bon vent » ! Si Mgr Schneider pense qu’il faut concélébrer la nouvelle messe pour marquer l’unité épiscopale, il est encore loin de la position de Mgr Lefebvre.


Le pape encourage les « transgenres »

Dans la dernière Lettre aux amis et bienfaiteurs de la Fraternité Saint-Pie X (septembre 2022), le supérieur général dénonce à juste titre le lobby LGBT qui impose de plus en plus sa tyrannie à notre monde apostat.

De son côté, MPI (Média-Presse-Info) a dénoncé la complicité du pape dans cette invasion. Nous reproduisons ici son article [14], car il est important de réaliser que, sans l’appui du pape, jamais un tel fléau ne pourrait se répandre avec une telle facilité.

CITÉ DU VATICAN — L’agence de presse APnews signale que François a reçu en audience au Vatican pour la quatrième fois les membres d’un groupe de personnes transgenres.

L’Osservatore Romano a rapporté que lors de l’audience papale du mercredi cette semaine, François a salué et échangé quelques mots avec un groupe de personnes qui ont subi une opération de « changement de sexe » ou qui s’identifient simplement comme l’opposé de leur réalité biologique. Le groupe était dirigé par la sœur Geneviève Jeanningros et le père Andrea Conocchia, qui ont déclaré que l’accueil du pape avait donné de l’espoir au groupe.

François avait déjà rencontré précédemment les 27 avril, 22 juin et 3 août des membres de ce groupe de transgenres, selon L’Osservatore Romano. Les réunions ont lieu alors que des évêques et des prêtres conciliaires se sont prononcés de plus en plus ouvertement en faveur des modes de vie homosexuels et transgenres. La dissidence ouverte par rapport à l’enseignement constant de l’Église va de l’organisation d’une messe d’action de grâces pour une union homosexuelle à Bologne et d’une messe mettant en vedette une drag queen à San Diego, à un « service de prière œcuménique LGBT » à Dublin et appelle à accepter les hommes homosexuels au sein du sacerdoce en Allemagne. Les prélats allemands sont allés jusqu’à appeler à un changement radical de l’enseignement moral sexuel de l’Église. En réponse de quoi d’autres cardinaux et évêques ont dénoncé l’apostasie ouverte et le schisme que cela entraîne.

Au nom de l’inclusion, de l’acceptation, de l’accompagnement et du progrès, l’agenda des lobbyistes LGBTQ est continuellement poussé aux plus hauts niveaux de l’Église. « Personne ne devrait subir d’injustice ou être rejeté, tout le monde a la dignité d’être un enfant de Dieu », aurait déclaré sœur Jeanningros, faisant référence à la volonté de faire de la place aux modes de vie sexuellement déviants au sein de l’Église.

Après la réunion papale du 22 juin avec des membres du même groupe « transgenre », Alessia Nobile, un homme de 43 ans qui s’identifie à une femme, a salué l’accueil qu’il a reçu de François. Il avait donné à l’occupant du trône pontifical une copie de son autobiographie, intitulée La Bambina invisible, détaillant les pensées et les désirs transgenres qu’il avait quand il était jeune et qui ont conduit à sa « transition ». François lui aurait dit : « Tu as bien fait d’écrire ton histoire. Bravo ! » L’homme a ajouté que François lui avait également dit de « toujours être moi-même, mais de ne pas être enveloppé de préjugés contre l’Église ».

Malgré le lobbying LGBTQ, l’Église n’a pas et ne peut pas changer son enseignement sur les questions d’homosexualité ou de transgenre, car il est basé sur l’ordre de la nature établi par Dieu le Créateur et fait immuablement partie du dépôt de la foi.

L’enseignement apostolique de saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens dit : « Ne savez-vous pas que les injustes ne posséderont pas le royaume des cieux ? Ne vous trompez pas ; ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les sodomites, ni les voleurs, ni les ivrognes, ni les méchants, ni les cupides ne posséderont le royaume de Dieu. »


[1]    — D’abord appelée Akmola, elle devient en 1998 la nouvelle capitale du Kazakhstan sous le nom d’Astana, avant de prendre en 2019 le nom de Nour-Soultan, en l’honneur de l’ancien président Noursoultan Nazarbaïev, qui venait de quitter le pouvoir après 29 ans de régime autocratique. Le 16 septembre 2022, la ville reprend son nom précédent, le président Tokaïev souhaitant rompre avec un certain culte de la personnalité de son prédécesseur.

[2]    — Entretien du pape avec les journalistes. Toutes les citations du pape sont tirées du site du Vatican. http://www.vatican.va/.

[3]    — On trouve une citation de Sénèque (païen) et une de Giacomo Leopardi (éduqué dans la foi, mais qui l’a perdue ensuite).

[4]    — Abaï Ibrahim Kounanbaiev, 1845-1904, Paroles édifiantes, Edition « Bilim », 2000, p. 19, Traduction de Gulnar Sarsikeieva, Kouliach Douissekova et Jacques Martin.

[5]    — Voir le « Petit catéchisme de Vatican II », Le Sel de la terre 93, p. 63. Voir aussi « Comment les juifs ont changé la pensée catholique » (Joseph Roddy, Look, 25 janvier 1966) dans Le Sel de la terre 34, p. 196.

[6]    — Voir Un Archevêque parle, textes de Mgr Viganò 2020-2021, Éditions Saint-Dominique, à commander à nos bureaux (15 euros + 5 euros de port) ou sur le site de « Media-Culture Patrimoine ».

[7]    — Phrase incompréhensible, peut-être faut-il lire : « si je parle de ma foi à un autre ».

[8]    — Entretien avec les journalistes dans le voyage de retour en avion.

[9]    — Présent 5001, 26 janvier 2002, p. 1.

[10]  — La nature humaine étant blessée par le péché originel, c’est une utopie de penser qu’on peut promouvoir une religion naturelle sans la grâce qui est nécessaire pour guérir la nature. Autrement dit, pas de religion naturelle possible sans la religion surnaturelle : il n’y a qu’un seul nom qui puisse sauver les hommes, c’est celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais ce nom n’a pas été prononcé par le pape au cours de la réunion, comme nous avons dit.

[11]  — Voir La Conjuration antichrétienne de Mgr Delassus.

[12]  — https://www.ktotv.com/video/00418526/flash-du-15-septembre-2022

[13]  — https://tvl.fr/terres-de-mission-n0280-le-pape-francois-au-kazakhstan-pour-un-congres-des-religions

[14]  — https://www.medias-presse.info/francois-accueille-un-groupe-transgenre-au-vatican-pour-la-quatrieme-fois-cette-annee/160505/

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 121

p. 149-161

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