François,
pape des pauvres, pape de l’environnement,
ou pape de l’élite mondialiste ?
par Matt Smyth
Le document que nous reproduisons ici est paru sur internet le 30 mai 2022. L’auteur est professeur dans une faculté de théologie [1]. L’analyse qu’il fait du pontificat actuel met en lumière ce qu’un observateur attentif peut dire selon les simples critères de l’honnêteté naturelle – et, à cet égard, elle nous a paru intéressante à faire connaître. Mais il y manque le regard de foi qui permet de remonter aux racines doctrinales de la crise actuelle et de ses scandales, et de comprendre la profondeur du mal.
Le Sel de la terre.
LE PAPE FRANÇOIS. Un pape de la rupture. Un pape de l’écologie. Hostile au capitalisme, mais compatissant envers les pauvres et les migrants. Un pape favorable aux homosexuels. Indulgent avec les divorcés, mais hostile aux traditionalistes et aux conservateurs. Un réformateur de la curie romaine corrompue, ennemi des abus sexuels perpétrés par les clercs... ou plutôt le pape des paradoxes ? C’est avec Bayer-Monsanto et British Petroleum que François espère sauver la planète, avec Bank of America, avec Merck et avec Johnson & Johnson, propres à Big Pharma, qu’il imagine un capitalisme éthique ? Ne serait-il pas plutôt le pape d’une nouvelle logique marketing ? Il se trouve que c’est précisément au nom de la défense de l’environnement, de l’inclusion, de l’équité ou de la justice sociale, que les entreprises liées à la gouvernance mondiale tentent d’imposer leur agenda – qui n’est rien d’autre que de convertir la planète entière et chacune des habitations humaines en actifs négociables en bourse.
Bergoglio, à cet égard, est un cas d’école. Dans le sillage du Forum Économique Mondial (WEF) de Davos, il a transformé le Vatican en porte-parole de la gouvernance mondiale. Pendant ce temps, les décideurs de cette même gouvernance, puisqu’ils ne sont plus disposés à exploiter la soif de bonheur consumériste des masses, mais préfèrent désormais miser sur la coercition, ont élaboré une nouvelle stratégie de marketing. Ils cachent leur vieille et insatiable soif de pouvoir derrière une nouvelle fable : la nécessité de se séparer radicalement du capitalisme néolibéral individualiste et énergivore. L’élite mondiale accumule tous les biens qui lui manquent encore, confisque les libertés civiles et concentre tout le pouvoir entre ses mains. Toutefois, ce coup d’État est mis en scène dans le cadre d’un nouveau récit : Cette élite se dit préoccupée par le changement climatique et la biodiversité, soucieuse du bien commun, hostile à l’individualisme égoïste et opposée marché libre. Autrement dit : communautariste. En fait, le message de François au monde résume ce nouveau type de relations publiques du « capitalisme responsable ». Jusqu’au moindre mot d’ordre.
Le pape des confinements, des gestes barrières, des expériences médicales forcées et de la ségrégation
Le pape François est apparu, à la fin de l’hiver 2020, comme l’une des principales voix publiques en faveur des restrictions prétendument sanitaires, alors mises en œuvre dans le monde entier par les agences nationales de santé publique et les gouvernements, conformément aux directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Lorsque, à la grande consternation de nombreux catholiques, les gouvernements ont commencé à interdire les rassemblements religieux, le pape n’a pas perdu de temps pour peser de toute son autorité en faveur de ces politiques. Pour la première fois dans l’histoire, un successeur de Pierre, de concert avec les pouvoirs civils, a interdit aux catholiques d’aller à la messe, ou à toute autre cérémonie, même la Veillée pascale, appelant les gens à rester « obéissants » aux mesures de confinement de leurs gouvernements. Les quelques évêques, comme Mgr Schneider, qui ont osé s’opposer à ces restrictions se sont fait tancer ou ont été ignorés – car il s’agissait de conservateurs dont les propos étaient faciles à discréditer aux yeux des médias grand public. Par exemple, Mgr Viganó n’a pas hésité à dénoncer publiquement cette collusion entre la papauté actuelle et la gouvernance mondiale des entreprises, mais les médias grand public se sont assurés que son message ne passerait pas.
Alors que le slogan préféré de son prédécesseur polonais était « N’ayez pas peur ! », le pape argentin n’a eu aucun scrupule à joindre sa voix au chœur de tous ceux qui ont chanté, comme l’ancien ministre britannique de la santé, Hancock, ou son homologue français, Véran, l’antienne composée par des « experts de la santé » : « Ayez peur ! » Une antienne dont un couplet aurait pu être : Tant que nous n’aurons pas de vaccin, nous n’avons pas d’autre option pour endiguer le taux d’infection que la toute nouvelle approche de XI Jinping.
En novembre 2020, François s’est chargé de défendre la politique chinoise contre le scepticisme du grand public dans le très consensuel New York Times : « Comme si les mesures que les gouvernements doivent imposer pour le bien de leur peuple constituaient une sorte d’assaut politique contre l’autonomie ou la liberté personnelle ! » Les gens sont confinés, les réunions familiales sont interdites, les cérémonies collectives sont bannies, les personnes âgées meurent dans l’isolement, les entreprises familiales sont ruinées, des milliers de jeunes sont poussés au suicide, mais c’est pour leur bien. Les quelques gouvernements qui ont osé ne pas céder à la panique, et qui n’ont pas voulu se plier aux directives du Parti Communiste Chinois et de l’OMS, ont été sévèrement réprimandés par Bergoglio comme « des gouvernements qui ont ignoré l’évidence douloureuse de la multiplication des décès, avec des conséquences inévitables et graves ».
Depuis lors, le pape est devenu le défenseur acharné de la campagne universelle d’expérimentation génétique connue sous le nom de « vaccination », même pour les enfants. Pas un mot sur le succès des traitements précoces expérimentés dans les pays pauvres. Pas un mot sur la létalité extrêmement faible du SRAS-CoV2. Et, bien sûr, pas un mot sur la nature hautement expérimentale des injections géniques concoctées par Pfizer, Moderna, AstraZeneca ou Johnson & Johnson. Une fois de plus, Bergoglio ne s’écarte pas d’un iota du récit officiel martelé sans relâche par les médias grand public : le monde est confronté à une menace redoutable ; restez chez vous ou, du moins, pratiquez la « distanciation sociale », acceptez la chasse aux contacts et portez un masque ; la vaccination universelle est la seule et unique voie de salut.
• François souhaite imposer à chaque humain une expérimentation génétique, par la propagande, le chantage ou la simple coercition
Dans son livre d’entretiens Oltre la tempesta, François, tout comme les grands média et les politiciens, dit au public qu’il faut « croire en la science ». Le successeur de Pierre place sa foi et son espoir dans les annonces triomphantes de Pfizer ou Moderna, comme ses prédécesseurs l’auraient fait avec les articles du Credo chrétien : « Nous devons aujourd’hui retrouver notre espérance et notre foi dans la science : grâce au vaccin, nous retrouverons lentement le chemin de la lumière. » Nous ne pouvons pas, même une seconde, présumer qu’il a choisi cette formulation « foi et espérance » par hasard. Sortis de la bouche d’un pape, de tels mots ne peuvent que faire référence aux deux premières vertus chrétiennes dites vertus théologales.
François pèse de tout son poids pour favoriser la politique mondiale mise en œuvre par les gouvernements du G 20 (et bien d’autres). Comme les autres chefs d’État, il souhaite imposer à chaque humain une expérimentation génétique, que ce soit par le biais du marketing, du chantage ou de la simple coercition. Dans une vidéo célèbre, le pape ne se prive pas de qualifier l’injection de « devoir moral », et même d’« acte d’amour » (la troisième vertu théologale, en quelque sorte). La dangerosité potentielle desdites injections ne semble pas l’inquiéter le moins du monde. Ni ce que pourrait être le résultat pour les enfants, puisqu’il souhaite également qu’ils reçoivent tous l’injection, même les plus jeunes. Et le Vatican a désormais un mandat de vaccination.
Plus étonnant encore : la Congrégation pour la doctrine de la foi – l’ancien Saint Office – a publié un document afin de lever toute réticence que les fidèles auraient pu éprouver à l’idée de se faire injecter un produit élaboré à partir de cellules provenant de fœtus humains avortés. Ainsi, Rome et toutes les conférences épiscopales du monde entier, pour se conformer à l’orthodoxie vaccinale officielle prêchée par des gens comme Bill Gates, n’ont pas reculé devant la violation d’un tabou bimillénaire de l’orthodoxie catholique sur l’avortement. En raison de l’urgence sanitaire. Et là encore, François n’a rencontré qu’une poignée d’évêques dissidents.
Il n’est donc pas surprenant que François soit très favorable au passeport sanitaire. Il a imposé ledit passeport sur le territoire du Vatican et dans certains séminaires. De plus, comme je l’ai mentionné, l’injection génétique expérimentale est désormais obligatoire au Vatican. Dans le sillage de ce mandat, certains diocèses zélés, notamment au Canada, ont commencé à exiger des fidèles des preuves de « vaccination ». Quant au chantage, à la violation de la vie privée, à la surveillance numérique universelle et à la ségrégation sociale qu’implique le passeport sanitaire, ces choses ne semblent pas gêner outre mesure notre pontife argentin.
Un pape au service du partenariat mondialiste
S’agit-il simplement d’un nouvel exemple d’une institution qui suit le sens du courant ? Après tout, le pape ne fait que chanter le même air que tous les autres chefs d’État occidentaux. Mais il y a plus : François Bergoglio se considère comme un partenaire actif du grand bouleversement social et économique instigué par la gouvernance mondiale dans le sillage de la crise de Covid, et annoncé par le WEF sous le nom de Great Reset. Or, cette gouvernance mondiale est censée rassembler les « parties prenantes » du monde, tant publiques que privées, au sein d’un « partenariat ». Celui-ci, qui ressemble davantage à un asservissement de l’État à l’élite mondiale des entreprises, est censé permettre à la classe dirigeante technocratique et managériale de décider de l’avenir de la planète, loin de tout contrôle démocratique. C’est ce qu’ils appellent le partenariat mondial public-privé (GPPP ou G3P).
Les « capitalistes actionnaires », comme ils aiment à s’appeler, représentent les partenaires principaux. Il s’agit essentiellement du complexe financier et de celui des technologies de l’information, c’est-à-dire l’industrie de la finance (BlackRock, Vanguard et les banques d’investissement internationales SIFI) en collusion avec les géants du Web (GAFA), sous l’égide des banques centrales (BIS, Fed, BCE et BoE), tandis que la bonne vieille industrie pétrolière (et toutes les filières qui en dépendent) se tient à l’arrière-plan. Ils se considèrent comme responsables, dans leur ensemble, du bien commun mondial de manière décisive et vitale. Ces présidents et chefs d’entreprise sont les véritables décideurs politiques.
Les partenaires juniors sont les gouvernements et leurs appareils d’État respectifs (à l’exception de la Chine qui occupe une position spécifique dans la chaîne alimentaire). Les États sont une sorte d’« encadrement intermédiaire » de l’oligopole mondial des entreprises. De plus, la gouvernance mondiale s’appuie fortement sur des institutions internationales telles que le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque mondiale, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ou l’OCDE, des organisations non gouvernementales (ONG) telles que l’OMS et, bien sûr, les principales organisations privées à but non lucratif telles que la Fondation Bill & Melinda Gates, le Wellcome Trust ou la Fondation Rockefeller…
Viennent ensuite les assemblées mondiales de ce qu’on peut appeler, faute d’un meilleur terme, les parties prenantes, parmi lesquelles le Vatican se réjouit de tenir son rang. La tâche de ces organisations à but non lucratif (OBNL) est de réfléchir à l’agenda fixé par les partenaires principaux, et de coordonner les décisions de ceux qui sont chargés de mettre en œuvre les politiques découlant de cet agenda. À l’heure actuelle, la principale est sans aucun doute le Forum Économique Mondial (WEF), dont le président à vie, le Dr Klaus Schwab, a réussi au fil du temps à faire que son Forum de Davos devienne le centre de réunion obligé dudit partenariat mondial. Contrairement aux clubs peu visibles tels que le Groupe des Trente des banquiers centraux, le groupe Bilderberg et la Commission trilatérale, ou plus anciens comme le Chatham House et le Council on Foreign Relations, le WEF assume avec beaucoup de publicité la mission dont il est investi, en vertu de la « communauté » d’entreprises qu’il sert. La gouvernance mondiale n’a plus besoin de se cacher. En fait, le WEF est chargé de ses relations publiques ; il est donc à la tête d’une énorme campagne publicitaire destinée à pousser la « société civile » à accueillir les nouvelles politiques de la gouvernance : la grande réinitialisation et la quatrième révolution industrielle qui en découle. Sur les décombres laissés par la crise du COVID et grâce à l’étroite « fenêtre d’opportunité » qu’offre cette dernière, les capitalistes actionnaires seront en mesure de mettre en œuvre un nouveau « capitalisme responsable » transcendant à la fois le keynésianisme et le néolibéralisme. C’est du moins ce qu’ils disent.
Cet avenir glorieux, rêvé par les parties prenantes mondiales pour « ceux qui ne sont rien », comme aime à le dire Macron, président français et membre des Young Global Leaders du WEF, est génialement décrit dans les mots désormais célèbres d’Ida Auken du WEF comme une ère où l’on « ne possède rien, où l’on n’a pas de vie privée, mais où la vie n’a jamais été aussi belle [2] ». Ce style de vie paradisiaque sera généreusement offert à la plèbe, après l’effondrement définitif du système économique actuel, par le grand cartel financier qui contrôle l’oligopole des multinationales. Ces dernières exploiteront un marché mondial captif, après la disparition programmée de la plupart des petites entreprises indépendantes. La concentration absolue de la richesse et du pouvoir dans la main de l’élite technocratique sera définitivement réalisée lorsque des monnaies numériques entièrement contrôlées, la numérisation des objets manufacturés (IoT : Internet of Things) et la numérisation des activités humaines (IoB : Internet of Bodies) seront mises en œuvre, permettant une exploitation continue des données humaines grâce à la technologie blockchain. Cette nouvelle ère entraînera la fin complète de notre vie privée au profit d’une surveillance numérique totale. Dans ce futur idéal, les humains seront enfermés dans des « villes intelligentes – mais durables » pour lutter contre le changement climatique et défendre la biodiversité. Ils mangeront des aliments synthétiques mais éco-responsables (produits par nos géants de l’agro-business écolo), et ils accueilleront favorablement les modifications leur permettant de devenir « augmentés »... Ce coup d’État planétaire, qui pourrait aussi se résumer par l’accaparement et la monétisation de chaque aspect de la nature, doit être accompli – cela va sans dire – pour « notre propre bien ». D’où l’insistance de la gouvernance sur l’établissement d’un capitalisme responsable, éthique, « zéro émission nette » (sans émission de gaz à effet de serre), « vert », prêt à donner à chacun sa chance dans la vie et à offrir une santé optimale à tous. C’est ainsi que les gigantesques entreprises financières et industrielles, dont l’insatiable avidité a si bien réussi jusqu’à présent à détruire méthodiquement notre planète et à ruiner notre santé, entendent s’emparer – pour mieux les protéger, bien sûr – des derniers « actifs » (comme ils les appellent) qui leur échappent : nos corps, nos libertés et les « biens communs ». C’est le plan vert de transformation du système financier mondial.
Eh bien, le Vatican, comme je l’ai dit, tient vraiment à tenir son rang parmi les assemblées mondiales de l’élite managériale, sous la supervision des titans financiers tels que BlackRock, au même titre que le WEF ou Chatham House, mais avec une subtile dimension « religieuse » et éthique, parée d’un vénérable héritage. Une patine aussi prestigieuse est plus que négociable aux yeux de tous ces technocrates à la pointe de la modernité. Un peu comme la Méditation de pleine conscience popularisée par Jon Kabta Zinn, et bénie depuis par l’élite managériale de Davos. François est en mesure d’accorder à cette dernière une garantie éthique à la fois télévisuelle et antique. Des atouts que la gouvernance mondiale n’est pas prête à dédaigner, tout comme elle ne dédaigne pas le prestige des célébrités du showbiz. François n’est pas tout à fait comparable aux figures de Davos telles que Leonardo Di Caprio ou Greta Thunberg, mais il jouit d’une sorte de popularité planétaire, particulièrement en dehors de son Église. Certes, le catholicisme connaît un fort déclin, même dans ses anciens fiefs africains ou latino-américains, considérablement réduits par l’action des églises évangélistes. Cependant, le pape reste le seul et unique chef religieux dont le poids s’étend au monde entier. Aucune autre religion ne peut se targuer d’un tel leadership mondial. Avec une papauté aimable, la gouvernance mondiale est en mesure de s’adresser au monde entier du haut de la chaire de Pierre (et, au moins, à ce qui reste du troupeau catholique). Je parie que cela est apprécié par Klaus Schwab, qui se voit lui-même, dans l’ode cinématographique involontairement comique à sa propre gloire, Das Forum, comme le vicaire paroissial de l’élite mondiale.
Le pape de la grande remise à zéro (Great Reset)
En plus de son rôle de caution morale, François joue – mais moins fièrement – le même rôle que la pauvre Greta Thunberg à laquelle le Forum de Davos aime s’associer. Comme elle, le pape actuel est un critique acharné de notre système économique, et un champion d’un monde durable « zéro émission nette » (sans émission de gaz à effet de serre). Comme je l’ai dit, c’est précisément le genre de discours que les décideurs mondiaux, comme le PDG de BlackRock Larry Fink, ont décidé d’utiliser pour nous vendre la grande transformation qu’ils souhaitent mettre en œuvre.
Sans surprise, le Vatican est étroitement lié au monde financier international : à partir de 2006, l’APSA (Amministrazione del Patrimonio della Sede Apostolica, l’entité chargée de gérer les énormes portefeuilles boursiers et immobiliers du Vatican) a pu compter sur Peter Sutherland en tant que conseiller spécial. Champion bruyant de la politique des « frontières ouvertes », il a également été nommé à la présidence de la Commission catholique internationale sur les migrations de 2015 à sa mort en 2018. Ce père de la mondialisation a autrefois présidé les négociations sur les accords de libre échange du GATT (General Agreement on tariffs and Trade), avant d’être cofondateur de l’OMC, mais aussi président de British Petroleum et de Goldman Sachs, et bien sûr membre du conseil de fondation du WEF, entre autres choses...
De même, en 2021, le pape François a nommé à l’Académie pontificale des sciences sociales un contributeur de l’agenda du WEF, le très malthusien économiste Jeffrey Sachs. Jeffrey Sachs se trouve être le directeur du Comité Covid de The Lancet. Il est également ami de Peter Daszak, président d’Ecohealth-Alliance, qu’il a nommé pendant un certain temps à la tête de la commission du Lancet sur les origines de la pandémie – ce même Daszak qui a supervisé le financement de la recherche sur le coronavirus à Wuhan : le monde est vraiment petit !
• François espère être l’un des communicateurs de la grande transition
Quant à François, le WEF a pu se servir de son image planétaire, puisqu’il a envoyé un message au sommet annuel de Davos à pas moins de quatre reprises. En outre, une table ronde de Davos est présidée chaque année par un délégué du Vatican.
Là encore, François se montre un fidèle porte-parole du discours officiel du WEF. Il espère être l’un des communicateurs de la grande transition présentée par Klaus Schwab sous la marque Great Reset. L’introduction de l’encyclique Fratelli Tutti (octobre 2020) est assez révélatrice à cet égard :
La pandémie de Covid-19 a éclaté de manière inattendue, exposant nos fausses sécurités. Outre les différentes manières dont les divers pays ont réagi à la crise, leur incapacité à travailler ensemble est devenue tout à fait évidente. Malgré toute notre hyper-connectivité, nous avons assisté à une fragmentation qui a rendu plus difficile la résolution des problèmes qui nous concernent tous. Quiconque pense que la seule leçon à tirer est la nécessité d’améliorer ce que nous faisions déjà, ou d’affiner les systèmes et réglementations existants, nie la réalité.
Selon Bergoglio, l’élément déterminant de cette transition est précisément l’établissement d’une gouvernance mondiale de partenariat public-privé. Dans son message de 2021 à la Banque mondiale et au FMI, encadré de tout le pathos communautaire, il déclare que le déploiement actuel de l’expérimentation génétique ouvre une fenêtre parfaite à ce partenariat mondial (libéré de trop de contraintes démocratiques) :
Nous avons surtout besoin d’une solidarité vaccinale justement financée, car nous ne pouvons pas laisser la loi du marché prendre le pas sur la loi de l’amour et de la santé de tous. Ici, je réitère mon appel aux chefs de gouvernement, aux entreprises et aux organisations internationales à travailler ensemble pour fournir des vaccins pour tous, en particulier pour les plus vulnérables et les plus nécessiteux [Message Urbi et Orbi, jour de Noël 2020].
J’espère qu’en ces jours, vos délibérations officielles et vos rencontres personnelles porteront beaucoup de fruits pour le discernement de solutions sages pour un avenir plus inclusif et durable. Un avenir où la finance est au service du bien commun, où les personnes vulnérables et marginalisées sont placées au centre, et où l’on prend bien soin de la terre, notre maison commune.
C’est un leitmotiv. Jean XXIII (dans l’encyclique Pacem in terris), le concile Vatican II (dans la constitution Gaudium et spes) et aussi Benoît XVI (dans l’encyclique Caritas in veritate) ont tous partagé la conviction que nous avons « un besoin urgent d’une véritable autorité politique mondiale » (Caritas in veritate, § 67). Cependant, Bergoglio, dans son encyclique Laudato Si’ de 2015, ou dans son message à l’ONU la même année (Pour une écologie intégrale), appelle sans relâche à une gouvernance mondiale plus forte, notamment face au changement climatique. Cet appel aux décideurs politiques pour une mobilisation contre le réchauffement climatique est un aspect de sa dénonciation plus générale de l’économie de marché, ainsi que du consumérisme et de la concurrence commerciale qui en font partie intégrante. Une fois de plus, ce discours « progressiste » est tout à fait conforme à l’agenda de l’élite mondiale : le consumérisme et la concurrence ne vont pas de pair avec un marché captif aux mains d’un oligopole ; tandis que les menaces climatiques ou infectieuses qui sont censées être notre grand défi actuel représentent la dernière étape de l’histoire des États-nations tels qu’ils se présentent depuis la paix de Westphalie (1648).
Assez logiquement, François appelle à la naissance d’un nouvel ordre mondial à partir des ruines laissées par la « pandémie » :
Gardons tous à l’esprit qu’il y a quelque chose de pire que cette crise : le drame de la gâcher. Nous ne pouvons pas sortir d’une crise comme avant : soit nous en sortons meilleurs, soit nous en sortons pires.
Il est difficile de ne pas reconnaître le type de langage désormais familier du président du WEF, Klaus Schwab : « La pandémie représente une fenêtre d’opportunité rare pour réfléchir, réimaginer et réinitialiser notre monde ». Du reste, le pape François a rejoint le chœur des dirigeants (ou ex-dirigeants) mondiaux, Joe Biden, Kamala Harris, Nancy Pelosi, Boris Johnson, Matt Hancock, Justin Trudeau, Mark Rutte, Jacinda Ardern, Bill Gates, Tony Blair, le prince Harry, Antonio Gutteres, Obama, Hilary et Bill Clinton, Sadiq Khan, etc., plaidant pour que nous « reconstruisions en mieux » une fois la « pandémie » terminée. Par exemple, selon François, « le chemin du salut de l’humanité passe par la création d’un nouveau modèle de développement, qui se concentre incontestablement sur la coexistence entre les peuples en harmonie avec la Création » (Dieu et le monde à venir) ; par conséquent, il passe par les politiques prônées par la gouvernance mondiale, comme le revenu de base universel (dans le sillage de la crise de Covid bien sûr).
Le pape de Bayer-Monsanto : un tournant historique
Les crises internes ne sont pas une nouveauté pour la papauté. Rome, au fil des temps, a pu devenir un outil entre les mains de pontifes avides de pouvoir et remplis d’ambitions terrestres, ou au contraire un outil entre les mains d’un prince en mal d’apostolat. Le Saint-Siège est connu pour avoir, une ou deux fois, cherché une aide ou un compromis extérieur plutôt embarrassant. En 1830, Pie VIII a condamné les insurgés catholiques polonais pour plaire au tsar. En 1888, Léon XIII a excommunié les manifestants catholiques irlandais pour s’attirer les faveurs de l’Empire britannique. Depuis lors, le Vatican a été prêt à entamer de longues négociations avec Lénine, à conclure un accord avec Mussolini et à signer un concordat avec Hitler... Cependant, nous sommes à un tournant : jamais auparavant un pape n’avait été tenté d’embrasser l’idéologie des régimes avec lesquels il concluait un arrangement. Jamais la papauté n’a eu l’ambition de diffuser leur programme.
Aujourd’hui, pourtant, une institution qui proclame avoir juridiction universelle sur les chrétiens s’efforce en même temps de s’associer à une gouvernance mondiale technocratique prospérant sous l’égide des grandes entreprises. Rome se considère comme une sorte de partenaire « spirituel » de l’élite corporative qui aspire à dominer complètement la planète. Cette affiliation à l’agenda mondial a été officiellement reconnue lorsque Lynn Forester de Rothschild a lancé le « Conseil pour le capitalisme inclusif » avec le Vatican, « sous la direction » du pape Bergoglio et du cardinal Turkson. Autour du pape et de la petite confrérie des « Gardiens du capitalisme inclusif », ce Conseil réunit les « leaders mondiaux du monde des affaires et du secteur public », notamment des PDG à la recherche d’un capitalisme « durable », « résilient », « inclusif », « responsable », « équitable » et « juste » (j’espère que je n’ai pas oublié un mot d’ordre), comme les PDG de Johnson & Johnson, Merck, Bank of America, BP et Bayer-Monsanto (dont l’expertise éthique et environnementale est reconnue dans le monde entier). A leurs côtés, on trouve les présidents des fondations Ford et Rockefeller, et le héraut de l’industrie de la finance « zéro émission nette », l’omniprésent Mark Carney. Le Conseil…
…est une collaboration historique de PDG et de leaders mondiaux inspirés par les conseils moraux de Sa Sainteté le pape François. Notre impératif moral et de marché est de rendre les économies plus inclusives et durables grâce à un mouvement d’actions audacieuses, menées par les entreprises et couvrant tout l’écosystème économique.
• Le pape Bergoglio orchestre une campagne publicitaire en faveur de l’agenda de la gouvernance mondiale
La fondatrice et présidente du « Conseil » (comme ils disent), Lynn Forester de Rothschild, elle-même directrice associée d’Inclusive Capital Partners (et amie de longue date de Jeffrey Epstein), déclare que
le capitalisme a créé une énorme prospérité mondiale, mais il a également laissé trop de gens derrière, conduit à la dégradation de notre planète et n’a pas la confiance de la société. Ce Conseil suivra l’exhortation du pape François à écouter « le cri de la terre et le cri des pauvres » et à répondre aux demandes de la société pour un modèle de croissance plus équitable et plus durable.
Sans surprise, leur site internet (« engagements ») est parfaitement aligné sur les dix-sept objectifs mondiaux de l’ONU et du WEF pour 2030. Nos « capitalistes inclusifs », comme le WEF, essaient d’afficher un discours pouvant être perçu comme « de gauche » ou du moins communautaire : ils insistent sur le fait que les grands acteurs économiques modernes devraient être tenus responsables :
– de leur impact sur l’environnement, notamment sur le climat ;
– de leur choix d’être inclusifs de toutes sortes de minorités ;
– de leur volonté de donner une chance à chacun ;
– de ce qu’ils font pour accueillir les réfugiés...
De la même manière, François, la figure paternelle, souriante et bienveillante du « capitalisme responsable », souhaite être perçu comme le pape gay-friendly, ami des migrants, le « pape vert » connu pour son militantisme acharné contre le changement climatique. En d’autres termes, le pape Bergoglio orchestre une campagne publicitaire en faveur de l’agenda de la gouvernance mondiale.
Le même discours – avec tous ses mots d’ordre – est affiché dans les documents du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral, créé en 2016 en réunissant diverses autres commissions romaines, et présidé par le même cardinal Turkson, du Conseil du capitalisme inclusif.
Le Dicastère [...] exprime la préoccupation du Saint-Siège pour les questions de justice et de paix, y compris celles liées aux migrations, à la santé, aux œuvres caritatives et au soin de la création.
Notamment, ce Dicastère est chargé par le pape « d’exprimer la sollicitude et le soin de l’Église pour toute la famille humaine confrontée à la pandémie de Covid-19 ». En effet, « la pandémie de Covid-19 est la crise déterminante de cette génération ». Ainsi, le but du Dicastère est de superviser « les recherches et les études sur l’épidémie actuelle de Covid-19 et les questions qui y sont liées et de réfléchir à une société et un monde post-Covid-19, en particulier dans les domaines de l’écologie, de l’économie, du travail, de la santé, de la politique, des communications et de la sécurité » (Vatican-covid-19).
Le pape de la quatrième révolution industrielle et du transhumanisme
Avec qui devons-nous réfléchir à cette future « société et monde post-Covid » ? Eh bien, par exemple, avec l’association romaine humanity2-0.org, « développée » par le père Philip Larrey.
Développé en collaboration avec le Dicastère pour la promotion du développement humain intégral du Saint-Siège et un consortium de leaders et de sommités, Humanité 2.0 cherche à unir l’humanité dans la cause commune de la réalisation d’un monde meilleur pour nos enfants.
Et puisque « Humanité 2.0 est un véhicule pour faciliter les entreprises de collaboration entre les secteurs public, privé et confessionnel traditionnellement cloisonnés », des PDG tels que ceux de CISCO, Virgin ou Publicis, se sont associés avec leur pouvoir d’entreprise pour bénir ce partenariat. Aucune référence au christianisme sur le site internet de cette association, gardé par une figure de la déesse Athéna, mais une brève citation de Thomas d’Aquin.
Son président, le père Larrey, est un prêtre et le doyen de la faculté de philosophie de l’université pontificale de Latran, mais aussi un apôtre de la quatrième révolution industrielle (actoninstitute.it), chère au cœur de Klaus Schwab. Il est l’auteur d’Artificial Humanity, un livre où il affiche sa foi en la future Intelligence Artificielle (IA) – en tant qu’entité dotée d’une réelle intelligence –, mais il espère qu’elle restera humaine.
François, tout en proclamant sa foi dans ce qu’il croit être la technologie de demain et l’Intelligence Artificielle en particulier, semble citer le père Larrey presque ad verbatim, n’y ajoutant que son ton communautariste personnel. Dans un court vidéoclip, le pape invite les chrétiens à « prier pour une Intelligence Artificielle “humaine” ».
[Car] la robotique peut rendre possible un monde meilleur si elle est associée au bien commun. [...] Prions pour que les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle soient toujours au service de l’homme. Nous pourrions dire : qu’elle soit humaine.
Lors d’un sommet de Davos, mais dans un contexte de chômage croissant dû à l’automatisation, il a déclaré :
L’intelligence artificielle, la robotique et les autres innovations technologiques doivent être employées de telle sorte qu’elles contribuent au service de l’humanité et à la protection de notre maison commune, plutôt que le contraire [Forum de Davos, 2018].
Nous ne sommes pas très loin du credo transhumaniste prôné par ses porte-parole dans les médias grand public, comme Yuval Noah Harari. L’IA pourrait effectivement être dangereuse, aussi, pour que la plèbe soit protégée de ses maux potentiels, il faut que l’élite technocratique soit aux commandes…
L’idéologie transhumaniste, notamment sa croyance en l’avènement futur d’une Grande Convergence Biodigitale, est un point clé de la quatrième révolution industrielle prêchée par le WEF. L’humain et la machine devront fusionner grâce à l’exploration des données, avec l’aide de l’édition du génome et des implants numériques, afin de donner naissance à un « humain augmenté ». La barrière entre les entités biologiques aléatoires et les technologies numériques programmables sera supprimée. L’idée même de vie ainsi que celle de liberté sont obsolètes : la vie et notamment l’âme humaine ne sont que des algorithmes extrêmement complexes tirés de réactions chimiques et électromagnétiques. Celui qui maîtrisera les données de ces algorithmes pourra ainsi « hacker » l’être humain, comme le dit Yuval Noah Harari, dans un discours prononcé devant ses maîtres de Davos en 2018. En outre, l’espoir transhumaniste en une vie éternelle, comblé soit par la prévention du vieillissement cellulaire, soit par l’« émulation du cerveau entier » (Whole Brain Emulation, WBE – création d’une réplique numérique téléchargeable du cerveau entier), commence à attirer de gros investissements de la part des grandes entreprises. Mais, même avec beaucoup d’imagination, il semble assez difficile de concilier ces rêves avec l’enseignement des prédécesseurs de François.
Cela n’a pas empêché le père Larrey de présider deux réunions données à Rome au Collège Teutonique, avec Carlos Moreira et David Ferguson, sous le patronage d’une mystérieuse Elite Global Leaders Conference. Moreira et Ferguson sont tous deux célèbres pour être des partisans du transhumanisme, pour avoir coécrit le Transhuman Code, et pour avoir créé le Think Tank oiste qui fait partie de la galaxie du WEF. Le premier, qui s’est tenu en juillet 2019, portait précisément sur le Code transhumain. Les mêmes apôtres zélés de la future utopie technocratique sont revenus en octobre 2021 pour discuter de la « Technologie qui donne du pouvoir à l’humanité ».
Pour que les choses restent les mêmes...
Comment la papauté a-t-elle pu se transformer aussi radicalement ? C’est une question difficile pour l’historien. Les différents scandales ecclésiastiques dans lesquels Bergoglio est personnellement impliqué pourraient nous fournir un début d’explication. Ce pape est connu pour avoir couvert jusqu’au bout les crimes perpétrés par de hauts prélats (McCarrick, Zanchetta, Maradiaga et bien d’autres), alors que tous faisaient face à des accusations graves et bien documentées d’abus sexuels ou de corruption financière, voire les deux. Seule une exposition publique complète a rendu possible leur démission. Bergoglio est apparu comme ce qu’il est vraiment : un bureaucrate prêt à protéger ses collaborateurs à tout prix. D’un autre côté, c’est le même homme qui essayait de plaire à l’opinion publique en renforçant la politique de Rome contre les abus sexuels commis par des prêtres ordinaires. Bon communicateur, comme le sont la plupart des top managers modernes, il est toujours prêt à sortir son institution du pétrin grâce à un discours bien rodé.
Les catholiques conservateurs qui s’inquiètent de l’exposition de statuettes de Pachamama dans une église proche du Vatican n’ont pas à s’inquiéter. De telles expositions ne constituent pas une déclaration de syncrétisme ni de néopaganisme écologique. Pas plus que les engagements publics bruyants en faveur de la « défense de la planète », « contre le changement climatique » ou « en faveur de l’environnement » mis en scène par les soi-disant acteurs financiers ou industriels. François ne vénère pas la Terre Mère, pas plus que ses partenaires du secteur privé, déterminés à s’emparer massivement de ce qui reste de biens naturels. C’est de la pure propagande.
Cependant, le monde change effectivement et Rome change aussi. Il est clair que le sommet de la hiérarchie catholique ne veut pas prendre une position contre-culturelle : il préfère suivre l’idéologie dominante, même s’il faut pour cela avaler une certaine dose de transhumanisme. Le jésuite Bergoglio était-il autrefois sous l’influence du scientisme mystique du jésuite Teilhard de Chardin ? Peut-être. Toutefois, il y a une autre raison plus simple à cette démarche. La papauté est aujourd’hui en réalité extrêmement faible et François ne peut l’accepter. Partout dans le monde, les églises sont vides ou se vident, même dans ses anciens bastions comme l’Amérique latine. Les seules communautés qui survivent sont minuscules, dispersées et affichent une bonne dose de conservatisme, voire de traditionalisme. Le Vatican, en tant que tel, est devenu une institution terriblement dépassée, peu adaptée à la taille et à la portée des communautés qu’il est censé superviser. Bien qu’il continue à le faire, au vu des statistiques officielles, le pape n’est pas vraiment en mesure de parler à l’humanité comme s’il était encore une autorité spirituelle et morale suivie dans le monde entier par plus d’un milliard de fidèles. La seule carte qui lui reste en main, dans un monde sécularisé, est ce qu’il représente encore en théorie, mais pas en réalité : une certaine aura associée à sa soutane blanche, à la place et à la basilique Saint-Pierre, au palais du Vatican, à la chapelle Sixtine, aux gardes suisses (à condition qu’ils soient « vaccinés », bien sûr !) et aux universités pontificales.
• Il est prêt à coopérer activement à l’application d’un système totalitaire mondial.
L’existence entière de Bergoglio est une vie de conformité aux structures hiérarchiques auxquelles il a adhéré. Sa carrière est construite sur une conformité constante et fidèle aux discours dominants successifs qu’il a traversés : du discours populiste de Perón (François « le pape Dictateur ») au discours élitiste de Schwab. Le catholicisme est désormais trop faible pour pouvoir lui fournir une idéologie socialement hégémonique, alors qu’en même temps, son instinct bureaucratique le plus profond l’empêche de se détourner de la pensée dominante contemporaine. En outre, si François avait choisi de se consacrer à l’infime minorité catholique qui existe encore, il aurait pris le risque de pousser l’ancienne Rome pontificale dans l’oubli et l’anonymat aux yeux du grand public. Ce n’était pas le choix qu’un homme d’appareil comme lui aurait pu faire. Son souhait était de rester fidèle à la Rome telle qu’il la voit : une institution de premier plan dans le monde, comme elle l’était auparavant. François a donc choisi d’essayer de devenir l’une des « parties prenantes » de la gouvernance mondiale. Ainsi, il est prêt à transmettre ce qui reste du prestige sans âge de sa position à ces nouvelles entreprises partenaires gigantesques. Ainsi, il est prêt à coopérer activement à l’application d’un système totalitaire mondial, basé en définitive sur la surveillance numérique et les expérimentations génétiques qui tuent des millions de personnes.
« Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi ! » (« Pour que les choses restent les mêmes, il faut que les choses changent », Giuseppe Tomasi di Lampedusa).
[1] — Matt Smyth : http://www.empereurnu.com
[2] — https://medium.com/world-economic-forum/welcome-to-2030-i-own-nothing-have-no-privacy-and-life-has-never-been-better-ee2eed62f710

