LA SAINTETÉ EN FAMILLE
Former des cœurs sensibles et forts
par le frère François-Marie O.P.
Nous continuons les entretiens commencés dans les numéros précédents [1] sur les vertus chrétiennes à inculquer aux enfants. Dans cette nouvelle lettre, les parents sont invités à bien former le cœur de leurs enfants, à l’image du Cœur de Jésus, doux et humble, mais également fort pour être capable d’affronter les tentations et les épreuves de la vie.
Le Sel de la terre.
Chers parents,
Les fêtes des saints qui s’échelonnent tout au long de l’année liturgique nous rappellent à quelle belle œuvre le Bon Dieu vous a appelés en faisant de vous des coopérateurs pour peupler de saints le Paradis. La procréation humaine jointe à l’éducation n’a d’autre but que de combler la place vide laissée dans le ciel par les anges rebelles.
L’éducation, rappelle le père Charmot [2], consiste à élever un être qui a reçu la vie surnaturelle, c’est à dire l’exercer à surmonter les appétits naturels par les principes de la grâce.
Dans l’encyclique sur l’éducation chrétienne, le pape Pie XI précise :
L’éducation chrétienne embrasse la vie humaine sous toutes ses formes : sensible, spirituelle, intellectuelle et morale, individuelle, domestique et sociale, non certes pour la diminuer en quoi que ce soit, mais pour l’élever, la régler, la perfectionner d’après les exemples et la doctrine du Christ [3].
Nous nous intéresserons, si vous le voulez bien, à un aspect de notre être : le cœur, en tant qu’il signifie la vie intime, affective et morale, l’amour. Selon qu’il sera bien ou mal formé, il sera capable du meilleur ou du pire.
Nous nous référerons principalement à l’abbé Bethléem dans son Catéchisme de l’éducation [4].
Pour qu’un cœur soit bien formé, il doit être sensible et fort.
Le cœur doit être sensible
Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement un cœur pur, délicat, accessible aux nobles sentiments, généreux, capable de dévouement et de charité.
Pour s’ouvrir à ces nobles sentiments, à ces vertus, dit l’abbé Berto, un enfant doit être heureux.
Un enfant malheureux ferme son cœur, et alors vous pouvez toujours essayer d’y entrer. Ce ne sont ni les coups ni les caresses qui l’ouvriront.
Un enfant n’est pas heureux si on le gâte, si on cède à ses caprices, si on lui donne raison quand il a tort. Un enfant est heureux quand il est absolument sûr qu’on l’aime, tout simplement ; mais qu’on l’aime pour lui-même, pour sa valeur infinie devant Dieu, sans défaillance, sans faiblesse, sans caprice mais avec égalité, constance d’action, patience, fermeté inlassable.
On peut voir tout de suite qu’un tel cœur aura besoin d’un milieu particulier, comme une plante a besoin de grandir dans un jardin pour développer tout ce qu’elle a de meilleur. Ce milieu particulier pour le cœur d’un enfant, c’est la famille.
Mais pas n’importe quelle famille ! La famille chrétienne où règnent la vigilance, l’affection et la tendresse.
Dans une telle famille, le cœur de l’enfant pourra se développer à l’abri des contagions, des indifférences, des jalousies.
Il y a cependant, même dans les « bonnes familles », deux dangers importants à éviter :
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[1] — Le Sel de la terre 120, p. 118-124 ; 121, p. 60 ; 123, p. 102.
[2] — P. François Charmot S.J., Esquisse d’une pédagogie familiale, Étampes, Clovis, 368 p.
[3] — Pie XI, Divini illius Magistri, sur l’éducation chrétienne de la jeunesse, 31 décembre 1929.
[4] — Abbé René Bethléem, Catéchisme de l’éducation (1919), Éd. Saint-Rémi, 2009, 512 p.a
Informations
L'auteur
Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).
Le numéro

p. 138-141
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