Catéchisme de la Somme théologique
par le fr. Thomas Pègues O.P.
Depuis le numéro 6 du Sel de la terre, nous donnons le texte du livre paru en 1918 sous le titre de La Somme théologique de saint Thomas d’Aquin en forme de catéchisme pour tous les fidèles. Nous avons utilisé l’édition de Privat-Téqui de 1929.
Le Sel de la terre.
Deuxième partie - L’homme (venu de Dieu et devant retourner à Dieu)
Première section Vue générale de ce retour de l’homme à Dieu
13. De la diverse gravité des péchés et de la peine qui leur est due
— Tous les péchés ne sont donc pas également graves quand l’homme les commet ?
— Non, tous les péchés ne sont pas également graves quand l’homme les commet.
— D’où se tire le plus ou moins de gravité des péchés de l’homme quand il les commet ?
— Le plus ou moins de gravité des péchés de l’homme, quand il les commet, se tire du degré qu’occupe, dans l’échelle des biens à vouloir par la raison, celui qui est atteint par le péché ; et de la plus ou moins grande raison d’acte volontaire libre, qui se trouve dans ce péché (q. 73, a. 1-8).
— Tout péché, de soi, mérite-t-il d’être puni ?
— Oui, tout péché, de soi, mérite d’être puni (q. 87, a. 1).
— Pourquoi tout péché, de soi, mérite-t-il d’être puni ?
— Parce que tout péché, de soi, est un empiètement de la volonté libre sur un domaine qui n’est pas de son droit ; et que la peine est comme la restitution, faite par la volonté, de ce qu’elle avait pris contre son droit (q. 87, a. 1).
— La peine du péché est donc une question de rigoureuse justice ?
— Oui, la peine du péché est une question de rigoureuse justice.
— Et qui est-ce donc qui inflige la peine due au péché ?
— C’est l’une des trois raisons qui peuvent intervenir dans l’ordre que lèse le péché (q. 87, a. 1).
— Quelles sont ces trois raisons qui peuvent intervenir dans l’ordre que lèse le péché ?
— C’est la raison divine toujours ; la raison de l’autorité humaine pour les choses qui dépendent d’elle ; et la raison du pécheur lui-même, selon le degré de responsabilité qu’il a dans le péché (q. 87, a. 1).
— Comment peut intervenir cette raison du pécheur lui-même dans la peine infligée pour le péché ?
— La raison du pécheur lui-même dans la peine infligée pour le péché peut intervenir de deux manières : par le remords ; et par la pénitence volontaire (q. 87, a. 1).
— Comment intervient la raison de l’autorité humaine dans la peine qui peut ou doit être infligée pour le péché ?
— La raison de l’autorité humaine intervient dans la peine qui peut ou doit être infligée pour le péché, par mode de châtiment (q. 87, a. 1).
— Et comment intervient la raison divine dans la peine qui peut ou doit être infligée pour le péché ?
— La raison divine intervient dans la peine qui peut ou doit être infligée pour le péché, de deux manières : médiatement et immédiatement (q. 87, a. 1).
— Qu’entendez-vous quand vous dites que la raison divine intervient médiatement dans la peine qui peut ou doit être infligée pour le péché ?
— J’entends qu’elle intervient par l’entremise même de la raison du pécheur et de la raison de l’autorité humaine (q. 87, a. 1).
— Pourquoi dites-vous que la raison divine intervient par l’entremise de la raison du pécheur lui-même et de la raison de l’autorité humaine dans la peine qui peut ou doit être infligée pour le péché ?
— Parce que la raison du pécheur et la raison de l’autorité humaine agissent en dépendance de la raison divine et sont en quelque sorte ses instruments (q. 87, a. 1).
— N’y a-t-il pas encore une autre manière dont la raison divine peut intervenir quasi médiatement dans la peine qui peut ou doit être infligée pour le péché ?
— Oui, c’est par l’entremise des créatures elles-mêmes ou de l’ordre des choses que le pécheur trouble par son péché (q. 87, a. 1).
— Est-ce dans ce sens qu’on peut parler d’une certaine justice immanente ?
— Oui ; on peut, dans ce sens, parler d’une certaine justice immanente, qui fait que les choses elles-mêmes, instruments de la justice divine, vengent, par les contrariétés que le pécheur y rencontre et qui sont la suite de son péché, le péché commis par lui (q. 87, a. 1).
— Qu’entendez-vous lorsque vous dites que la raison divine intervient immédiatement dans la peine qui peut et doit être infligée pour le péché ?
— J’entends l’intervention spéciale et d’ordre surnaturel par laquelle Dieu lui-même venge les infractions faites par le pécheur à l’ordre surnaturel établi par lui (q. 87, a. 3-5).
— Que comporte de particulièrement spécial l’intervention d’ordre surnaturel par laquelle Dieu venge lui-même les infractions faites par le pécheur à l’ordre surnaturel établi par lui ?
— Elle comporte, au sujet de certains péchés, des peines qui seront éternelles (q. 87, a. 3-5).
14. Des péchés mortels et des péchés véniels
— Quels sont les péchés au sujet desquels Dieu inflige des peines éternelles ?
— Ce sont les péchés mortels (q. 87, a. 3).
— Qu’entendez-vous par les péchés mortels ?
— J’entends les péchés qui causent la mort de l’âme, en lui faisant perdre la charité, qui est le principe de sa vie surnaturelle (q. 88, a. 1).
— Pourquoi est-ce au sujet de ces péchés que Dieu inflige des peines éternelles ?
— Parce que ces péchés, faisant perdre la vie de l’âme que Dieu seul peut donner, ne permettent plus au pécheur de réparer son péché ; et le péché demeurant toujours, il faut que la peine demeure de même (Ibid).
— Tous les péchés que l’homme commet sont-ils des péchés mortels ?
— Non, tous les péchés que l’homme commet ne sont pas des péchés mortels (q. 88, a. 1-2).
— Comment appelle-t-on les péchés qui ne sont pas mortels ?
— On les appelle des péchés véniels (Ibid).
— Que signifie ce mot péchés véniels ?
— Il signifie des péchés moins graves, qui n’enlèvent point le principe de la vie surnaturelle qu’est la charité ou la grâce, et qui, par suite, peuvent être réparés par un mouvement contraire du pécheur lui-même sous l’action ordinaire de la grâce ; et, à ce titre, leur peine n’est jamais que temporelle : c’est pour cela qu’on les dit véniels, ou facilement pardonnables, du mot latin venia, qui signifie pardon (q. 88, a. 1).
— Si cependant les péchés véniels étaient commis par un homme en état de péché mortel et que cet homme mourût dans cet état, ses péchés véniels seraient-ils punis d’une peine éternelle ?
— Oui, en raison de son état et parce que, n’ayant pas la charité, il n’aurait point pu réparer ses péchés qui, après la mort, demeurent éternellement irréparables.
— D’où vient qu’il y a des péchés qui sont mortels et qu’il y a d’autres péchés qui ne sont que véniels ?
— Cela vient de la nature du désordre constitué par ces divers péchés ; ou aussi du plus ou moins de liberté de la part du sujet qui pèche (q. 88, a. 2).
— Qu’entendez-vous lorsque vous dites que cela vient de la nature du désordre constitué par ces divers péchés ?
— Cela veut dire qu’il y a des péchés qui, par eux-mêmes, s’opposent directement à l’amour surnaturel de Dieu, principe de la vie de l’âme, ou qu’ils sont incompatibles avec cet amour ; tandis que d’autres ne constituent qu’un léger désordre accidentel, compatible avec l’amour surnaturel de Dieu existant habituellement dans l’âme (Ibid).
— Quels sont les péchés qui, par eux-mêmes, s’opposent directement à l’amour surnaturel de Dieu, principe de la vie de l’âme, ou qui sont incompatibles avec cet amour ?
— Ce sont les péchés qui portent sur le refus de l’amour surnaturel de Dieu, ou qui impliquent un mal et un désordre troublant essentiellement l’ordre de l’homme à Dieu, ou l’ordre des hommes entre eux, ou l’ordre de l’homme en lui-même.
— Pourriez-vous nommer quelques-uns de ces péchés ?
— Oui ; tels sont les péchés du mépris de l’amour surnaturel divin, ou le péché contre l’honneur de Dieu, ou les péchés de vol, d’homicide, d’adultère, ou les péchés contre nature.
— Pour connaître ces divers péchés et leur gravité, quel est le moyen le plus sûr et le plus complet ?
— C’est de les considérer dans leur rapport avec chacune des vertus prises dans le détail de leurs espèces.
— Aurez-vous l’occasion de montrer ce rapport des vices ou des péchés avec chacune des vertus considérées dans le détail de leurs espèces ?
— Oui ; nous le ferons, quand nous aurons achevé de voir, en général, ce qui est requis pour que l’homme puisse vivre de la vie des vertus et éviter la vie contraire des péchés ou des vices.
— Que reste-t-il encore à considérer pour avoir achevé de voir, en général, ce qui est requis afin que l’homme puisse vivre de la vie des vertus et éviter la vie contraire des péchés ou des vices ?
— Il reste à considérer les secours extérieurs nécessaires à l’homme pour cette fin.
— Quels sont ces secours extérieurs nécessaires à l’homme pour cette fin ?
— Ce sont : la loi qui le dirige ; et la grâce qui aide sa marche (q. 90 et 94).
15. Du principe extérieur qui dirige l’homme dans ses actions : ou de la loi
— Qu’entendez-vous par la loi ?
— J’entends un ordre de la raison, en vue du bien commun, émanant de l’autorité, et manifesté par elle (q. 90, a. 1-4).
— Un ordre qui serait contraire à la raison ne serait donc pas une loi ?
— Non ; un ordre ou un commandement contraire à la raison n’est jamais une loi ; c’est un acte d’arbitraire ou de tyrannie (q. 90, a. 1, ad 3).
— Et qu’entendez-vous lorsque vous dites que la loi est un ordre de la raison, en vue du bien commun ?
— Cela signifie que la loi pourvoit d’abord au bien de l’ensemble ou du tout ; et ne s’occupe de la partie ou de l’individu, qu’en tant qu’il doit concourir lui-même au bien de l’ensemble (q. 90, a. 2).
— Quelle est cette autorité de laquelle émane la loi ?
— C’est la raison à qui il incombe de veiller au bien de l’ensemble comme à son bien propre (q. 90, a. 3).
— Est-il nécessaire qu’une loi soit manifestée et connue pour qu’elle oblige ?
— Oui, il est nécessaire qu’une loi soit manifestée de façon à pouvoir être connue pour qu’elle oblige (q. 90, a. 4).
— Et si on l’ignorait par sa faute, serait-on excusé de ne pas y obéir ?
— Non ; si on l’ignore par sa faute, on n’est pas excusé de ne pas y obéir.
— Il est donc très important de s’instruire des lois qui peuvent nous regarder ?
— Oui, il est souverainement important de s’instruire des lois qui peuvent nous regarder.
16. Des diverses lois : la loi éternelle
— Y a-t-il plusieurs sortes de lois qui puissent nous regarder et qui nous regardent en effet ?
— Oui, il y a plusieurs sortes de lois qui peuvent nous regarder et qui nous regardent en effet.
— Quelles sont ces diverses sortes de lois qui peuvent nous regarder et qui nous regardent en effet ?
— Ce sont : la loi éternelle, la loi naturelle, la loi humaine et la loi divine (q. 91, a. 1-5).
— Qu’entendez-vous par la loi éternelle ?
— J’entends, par la loi éternelle, la loi suprême, qui régit toutes choses, et de laquelle dépendent toutes les autres lois, qui n’en sont que des dérivations ou des manifestations particulières (q. 93, a. 1-3).
— Où se trouve la loi éternelle ?
— La loi éternelle se trouve en Dieu (q. 93, a. 1).
— Comment cette loi est-elle manifestée dans les choses ?
— Cette loi est manifestée dans les choses par l’ordre même des choses tel qu’il se déroule dans le monde (q. 93, a. 4-6).
17. La loi naturelle
— La loi éternelle se trouve-t-elle aussi participée dans l’homme ?
— Oui, la loi éternelle est aussi participée dans l’homme (q. 93, a. 6).
— Comment s’appelle la manifestation ou la participation de la loi éternelle dans l’homme ?
— Elle s’appelle la loi naturelle (q. 94, a. 1).
— Qu’entendez-vous par la loi naturelle ?
— J’entends cette lumière innée de la raison pratique, dans l’homme, qui est appelée à faire que l’homme se dirige lui-même et produise sciemment des actions, qui seront, par voie d’action consciente, l’exécution de la loi éternelle, comme les actions naturelles, produites par les agents naturels en vertu de leur inclination naturelle, sont l’exécution de cette même loi, par mode d’action inconsciente (q. 94, a. 1).
— Y a-t-il un premier principe de cette raison pratique ou un premier précepte de cette loi naturelle dans l’homme ?
— Oui, c’est celui qui repose sur la raison même de bien, au sens métaphysique de ce mot, comme le premier principe de la raison spéculative repose sur la raison d’être (q. 94, a. 2).
— En quoi consiste ce premier principe de la raison pratique ou ce premier précepte de la loi naturelle dans l’homme ?
— Il consiste à proclamer que ce qui est bon doit être pris par l’homme et que ce qui n’est pas bon doit être laissé par lui (q. 94, a. 2).
— Ce premier principe ou ce premier précepte porte-t-il tous les autres ?
— Oui, ce premier principe ou ce premier précepte porte tous les autres ; et les autres n’en sont que des applications plus ou moins immédiates (q. 94, a. 2).
— Pourriez-vous me dire quelles sont les premières applications qui en sont faites dans l’homme ?
— Ces premières applications qui en sont faites dans l’homme sont la proclamation par sa raison du triple bien superposé qui convient à sa nature (q. 94, a. 2).
— Quelle est cette proclamation faite par la raison de l’homme, en vertu du premier principe de la loi naturelle, du triple bien superposé qui convient à sa nature ?
— C’est que : cela est bon, pour lui, ce qui conserve sa vie physique ou la perfectionne ; et aussi ce qui conserve cette vie dans l’espèce humaine ; et aussi tout ce qui convient à sa vie d’être raisonnable (q. 94, a. 2).
— Que s’ensuit-il de cette triple proclamation de la raison pratique dans l’homme ?
— Il s’ensuit que tout ce qui sera essentiel à la conservation de cette triple vie ou qui pourra concourir à son perfectionnement sera proclamé chose bonne par la raison pratique de tout homme, d’une façon subordonnée cependant, de telle sorte que, par ordre de dignité, viendra d’abord le bien de la raison, puis le bien de l’espèce, puis le bien de l’individu (q. 94, a. 2).
— Pourriez-vous me dire ce que proclame d’essentiel le premier principe de la loi naturelle qui regarde le bien de l’individu ?
— Ce principe proclame que l’homme doit se nourrir et ne peut jamais attenter à sa vie (q. 94, a. 2).
— Que proclame d’essentiel le premier principe de la loi naturelle qui regarde le bien de l’espèce ?
— Ce principe proclame qu’il doit y avoir des hommes qui vaquent à la conservation de l’espèce en acceptant les charges et aussi les joies de la paternité et de la maternité ; et qu’il n’est jamais permis de rien faire qui aille directement contre la fin de la paternité et de la maternité (q. 94, a. 2).
— Que proclame d’essentiel le premier principe de la loi naturelle qui regarde le bien de la raison ?
— Ce principe proclame que l’homme, étant l’œuvre de Dieu de qui il a tout reçu, et, comme être doué de raison, étant fait pour vivre en société avec les autres hommes, doit honorer Dieu comme son souverain seigneur et maître, et traiter avec les autres hommes selon que le demande la nature des rapports qu’il peut avoir avec eux (q. 94, a. 2).
— Est-ce de ces trois premiers principes et de leur subordination que viennent, par voie de conséquence, toutes les autres prescriptions de la raison pratique dans l’homme ?
— Oui, c’est de ces trois premiers principes et de leur subordination que viennent, par voie de conséquence plus ou moins éloignée, toutes les autres prescriptions ou déterminations de la raison pratique affirmant que telle chose est ou n’est point bonne pour tel homme et lui faisant un devoir de s’y tenir ou de la laisser (q. 94, a. 2).
— Ces autres prescriptions ou déterminations de la raison pratique, qui viennent, par voie de conséquence plus ou moins éloignée, des trois premiers principes de la loi naturelle, sont-elles identiques chez tous les hommes ?
— Non, ces autres prescriptions ou déterminations ne sont pas les mêmes pour tous ; car, à mesure qu’on s’éloigne des premiers principes ou des choses qui regardent pour tous essentiellement le bien de l’individu le bien de l’espèce et le bien de la raison, on pénètre dans la zone des déterminations positives, pouvant varier à l’infini selon la diversité des conditions particulières des divers hommes (q. 94, a. 4).
— Comment se font ces autres déterminations qui peuvent varier à l’infini, selon la diversité des conditions particulières des divers hommes ?
— Elles se font par la raison particulière de chaque individu humain ou par la raison des autorités compétentes en chacun des divers groupements humains vivant d’une vie de société déterminée.
18. La loi humaine
— Ces autres déterminations peuvent-elles devenir une matière ou un sujet de loi ?
— Oui, ces autres déterminations peuvent devenir une matière ou un sujet de loi.
— De quelles lois sont-elles la matière ou le sujet ?
— Elles sont la matière ou le sujet propre des lois humaines (q. 95 et 97).
— Qu’entendez-vous par les lois humaines ?
— J’entends les ordres de la raison en vue du bien commun de telle ou telle société parmi les hommes, qui émanent de l’autorité souveraine en toute société et sont manifestés par elle (q. 91, a. 1).
— Ces ordres doivent-ils être obéis par tous ceux qui font partie de cette société ?
— Oui, ces ordres doivent être obéis par tous ceux qui font partie de cette société (q. 96, a. 5).
— Est-ce là un devoir de conscience qui oblige devant Dieu ?
— Oui, c’est là un devoir de conscience qui oblige devant Dieu (q. 96, a. 4).
— Peut-il y avoir des cas où l’on n’ait pas à obéir ?
— Oui, il peut y avoir des cas où l’on n’ait pas à obéir (q. 96, a. 4).
— Quels peuvent être ces cas où l’on n’a pas à obéir à une loi ?
— C’est le cas d’impossibilité ou le cas de dispense (q. 96, a. 4).
— Qui est-ce qui peut dispenser d’obéir à une loi ?
— Celui-là seul peut dispenser d’obéir à une loi qui est l’auteur de cette loi, ou qui a la même autorité que l’auteur de la loi, ou qui a reçu de cette autorité le pouvoir de dispenser (q. 97, a. 4).
— Si une loi était injuste, serait-on tenu d’y obéir ?
— Non, si une loi était injuste, on ne serait pas tenu d’y obéir, à moins que le refus d’obéissance ne causât du scandale ou n’eût de plus graves inconvénients (q. 96, a. 4).
— Qu’entendez-vous par une loi injuste ?
— J’entends une loi faite sans autorité, ou en opposition avec le bien commun, ou qui lèse les justes droits des membres de la société (q. 96, a. 4).
— Si une loi était injuste parce qu’elle s’attaque aux droits de Dieu aux droits essentiels ou de son Église, faudrait-il lui obéir ?
— Non, si une loi était injuste parce qu’elle s’attaque aux droits de Dieu ou aux droits essentiels de l’Église, il ne faudrait jamais lui obéir (q. 96, a. 4).
— Qu’entendez-vous par les droits de Dieu et les droits essentiels de l’Église ?
— J’entends tout ce qui touche à l’honneur et au culte de Dieu, Créateur et Souverain Maître de toutes choses ; et ce qui touche à la mission de l’Église catholique dans la sanctification des âmes par la prédication de la vérité et l’administration des sacrements.
— Si donc une loi humaine s’attaquait à la religion, il ne faudrait pas lui obéir ?
— Si une loi humaine s’attaquait à la religion, il ne faudrait à aucun prix lui obéir (q. 96, a. 4).
— Cette loi serait-elle une véritable loi ?
— Non, cette loi ne serait qu’une odieuse tyrannie (q. 90, a. 1, ad 3).

