Consécration de la revue Le sel de la terre au Cœur Immaculé de Marie
Les responsables de la revue ont consacré Le sel de la terre au Cœur Immaculé de Marie le 8 décembre 1994. Nous publions ici le texte de la consécration et invitons tous les lecteurs qui le désirent à réciter cette consécration le 22 août 1995 où nous la renouvellerons à l’occasion de la fête du Cœur Immaculé de Marie.
Le Sel de la terre.
Cœur Immaculé de Marie, reine de France et du monde, voici que les responsables de la revue Le sel de la terre, placée sous la protection de saint Thomas d’Aquin, viennent proclamer les droits absolus que Jésus vous a donnés sur eux.
L’esprit diabolique de la Révolution a soufflé sur l’Église de votre Fils et la haine infernale se sert des autorités ecclésiastiques pour répandre les erreurs les plus funestes au salut des âmes. Désireux de servir sous votre bannière contre une telle calamité, mais reconnaissant humblement notre faiblesse et notre misère, nous vous conjurons d’user de miséricorde envers nous et de nous recevoir comme vos humbles sujets et vos enfants. Nous voulons, sous votre conduite, mener ensemble le bon combat contre vos ennemis : dignare nos laudare te, Virgo Maria, da nobis virtutem contra hostes tuos.
Jamais Dieu n’a fait et formé qu’une inimitié, mais irréconciliable, qui durera et augmentera même jusques à la fin : c’est entre vous, digne Mère de Dieu, et le diable ; entre vos enfants et serviteurs, et les enfants et suppôts de Lucifer ; en sorte que la plus terrible des ennemies que Dieu ait faite contre le diable, c’est vous, sa sainte Mère. Il vous a même donné, dès le paradis terrestre, quoique vous ne fussiez encore que dans son idée, tant de haine contre ce maudit ennemi de Dieu, tant d’industrie pour découvrir la malice de cet ancien serpent, tant de force pour vaincre, terrasser et écraser cet orgueilleux impie, qu’il vous appréhende plus, non seulement que tous les anges et les hommes, mais, en un sens, que Dieu même.
Non seulement Dieu a mis une inimitié, mais des inimitiés, non seulement entre vous et le démon, mais entre votre race et la race du démon : c’est-à-dire que Dieu a mis des inimitiés, des antipathies et haines secrètes entre les vrais enfants et serviteurs de la sainte Vierge et les enfants et esclaves du diable ; ils ne s’aiment point mutuellement, ils n’ont point de correspondance intérieure les uns avec les autres. Les enfants de Bélial, esclaves de Satan, les amis du monde (car c’est la même chose), ont toujours persécuté jusqu’ici et persécuteront plus que jamais ceux et celles qui vous appartiennent, comme autrefois Caïn persécuta son frère Abel, et Esaü son frère Jacob, qui sont les figures des réprouvés et des prédestinés. Mais, ô humble Marie, vous aurez toujours la victoire sur cet orgueilleux, et si grande, que vous irez jusqu’à lui écraser la tête où réside son orgueil, vous découvrirez toujours sa malice de serpent, vous éventerez ses complots infernaux, vous dissiperez ses projets diaboliques, et garantirez jusqu’à la fin des temps vos fidèles serviteurs de sa griffe cruelle.
Mais votre pouvoir sur tous les diables, ô Marie, doit éclater particulièrement dans ces derniers temps, où Satan met des embûches à votre talon, c’est-à-dire à vos humbles esclaves et à vos pauvres enfants, que vous suscitez pour lui faire la guerre. Nous nous retrouvons petits et pauvres selon le monde, abaissés devant tous comme le talon, foulés et persécutés comme le talon l’est à l’égard des autres membres du corps ; daignez nous distribuer abondamment en échange les grâces de Dieu en sorte que, fortement appuyés sur le secours divin, en union avec votre Cœur Immaculé, nous écrasions la tête du diable et fassions triompher Jésus-Christ.
Que nous soyons un feu brûlant : ministres du Seigneur en sorte de mettre le feu de l’amour divin partout.
Que nous soyons sicut sagittæ in manu potentis (Ps 126, 4), des flèches aiguës dans votre main, ô puissante Marie, pour percer vos ennemis.
Que nous soyons des nuées tonnantes et volantes par les airs, au moindre souffle du Saint-Esprit, en sorte que, sans nous attacher à rien, ni nous étonner de rien, ni nous mettre en peine de rien, nous puissons répandre la pluie de la parole de Dieu et de la vie éternelle ; que nous puissons tonner contre le péché, gronder contre le monde, frapper le diable et ses suppôts, et percer d’outre en outre, pour la vie ou pour la mort, avec le glaive à deux tranchants de la parole de Dieu (Ep 6, 17), tous ceux auxquels nous serons envoyés de la part du Très-Haut [1].
Daignez être, ô Cœur Immaculé, la directrice de notre revue. Dirigez nos conseils par l’inspiration de votre sagesse, soutenez nos décisions par la fermeté de votre puissance et, surtout, unissez nos cœurs par la tendresse de votre amour, afin que nous soyons véritablement « un » comme le souhaite Jésus, notre Sauveur et notre roi.
Ô cœur très simple de la Vierge de Nazareth, nous vous offrons nos bonnes volontés pour que vous nous aidiez à réaliser entre nous la belle harmonie de l’atelier de saint Joseph. Soutenez notre courage dans la tâche quotidienne pour que nous puissions faire de nos moindres actions une œuvre d’amour éternel, et, surtout, apprenez-nous à pratiquer envers tous la justice et la charité.
Nous vous promettons, ô cœur glorieux de notre reine, de faire tous nos efforts pour conquérir à votre royauté nos autres compagnons de labeur, afin qu’en étendant de plus en plus en notre patrie et dans le monde votre influence royale, vous y établissiez enfin le règne de votre divin Fils, le Christ-Roi, à la plus grande gloire de la très Sainte Trinité. Ainsi soit-il !
O Porta lucis fulgida, O resplendissante Porte de lumière,
O Mater Verbi inclita, O Mère illustre du Verbe,
nos, tuos fideles sedulos, nous, vos fidèles dévoués,
Verbi quærentes semitas, qui cherchons les chemins du Verbe,
defende a mentis hostibus, défendez-nous des ennemis de l’esprit,
ab umbra erroris libera, libérez-nous de l’ombre de l’erreur,
tuaque luce dirige et dirigez-nous par votre lumière
ad veritatis gaudia. jusqu’aux joies de la vérité.
Amen. Ainsi-soit-il.
Cœur Sacré de Jésus, que votre règne arrive !
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !
Saint Joseph, priez pour nous !
Saint Thomas d’Aquin, priez pour nous !
[1] — Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion, § 51-59.

