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Ma petite profession de foi

par Mgr Bernard Tissier de Mallerais

Le 26 février 2017, à l’occasion du 40e anniversaire du retour à la tradition de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet (27 février 1977), Mgr Tissier de Mallerais prononça, au cours de son sermon, ce qu’il appela ensuite : « ma petite profession de foi » [1].

Le Sel de la terre.

 

 […]

Nous sommes aujourd’hui, chers fidèles, dans la nécessité de faire des professions de foi face aux erreurs professées en haut lieu dans l’Église. Et je vous proposerai, si vous le voulez bien, une profession de foi tirée des paroles mêmes des papes ou des conciles, avec leur concision et leur caractère frappant qui détruisent ipso facto toutes les hérésies actuelles.

• Tout d’abord avec le cardinal Pie, évêque de Poitiers au 19e siècle :

Je professe, et Nous professons que Notre-Seigneur Jésus-Christ est Roi par droit de naissance et par droit de conquête en tant qu’Il est le seul homme qui soit Dieu par la très sainte incarnation, et d’autre part qu’Il a gagné nos âmes par le prix de son sang. Et que par conséquent, Il est roi et souverain de toutes créatures et de toutes les choses humaines, dont aucune ne se soustrait à son domaine, en particulier l’État.

• Avec le pape saint Pie X : « Je soutiens, et je soutiendrai jusqu’à mon dernier souffle – s’il plaît à Dieu – la foi des Pères dans le charisme, la grâce certaine de la vérité qui est, qui a été et qui sera toujours dans la succession de l’épiscopat depuis les Apôtres, afin que soit tenu non point ce qui semble meilleur ou plus adapté à la mentalité de chaque époque, mais que ne soit jamais crue autrement, que ne soit jamais entendue autrement la vérité absolue et immuable prêchée dès l’origine par les apôtres [2]. » Voilà la véritable notion de la Tradition : une vérité absolue et immuable prêchée dès l’origine par les Apôtres et qui s’est transmise par la succession de l’épiscopat jusqu’à nous, la succession des évêques catholiques.

• Avec le pape Pie IX, qui régna au 19e siècle, je professe que : « La doctrine de la foi – c’est bien actuel ! – la doctrine de la foi que Dieu a révélée n’a pas été proposée comme une découverte philosophique que le génie humain pût améliorer ou faire progresser, mais que cette doctrine de la foi est un dépôt divin qui a été confié à l’Épouse de Jésus-Christ pour qu’elle le garde fidèlement et l’expose infailliblement [3]. »

• Avec le pape Pie IX également, au sujet de la vraie religion, unique : « Il n’y a qu’une seule religion vraie et divine – il n’y en a pas d’autre – fondée et instituée par le Christ Seigneur lui-même. Mère et nourrice des vertus, exterminatrice des vices, libératrice des âmes, indicatrice du vrai bonheur, elle s’appelle catholique, apostolique et romaine [4]. »

• Au sujet de l’œcuménisme, je professe avec tous les papes en particulier le pape Pie XI que « l’union des chrétiens ne peut être procurée autrement qu’en favorisant le retour des dissidents à la seule et véritable Église du Christ qu’ils eurent par le passé le malheur d’abandonner [5]. » Le retour des dissidents à la seule et véritable Église du Christ, l’Église catholique : il n’y a pas d’autres moyens.

• Et enfin, au sujet de la liberté religieuse, je professe avec le pape Pie XII :

« Parmi les droits humains, intangibles, se trouve la pleine liberté d’exercer le vrai culte divin [6]. » Point. C’est clair et net. Pie XII. Le droit à la pleine liberté d’exercer le vrai culte divin. 

Quel est le vrai culte divin ? Vous demandez aux enfants du catéchisme, ils répondront, c’est facile, c’est le culte catholique. Et par conséquent, les parents catholiques ont un droit strict à des écoles qui correspondent à leurs convictions, c’est-à-dire à la foi catholique.

Voilà ma petite profession de foi en ce temps où nous avons besoin de professer notre foi catholique face aux adversaires, aux fils du Concile qui tiennent d’autres formules qui sont différentes, qui ne correspondent pas à la foi catholique. […]

Chaque jour, je professe ma foi entière dans le redressement de la sainte Église. Il est impossible que cette apostasie dure indéfiniment. Il est certain que l’Église va se redresser, c’est à nous d’y coopérer par les voies de la sainte Vierge, par les voies du Cœur immaculé, par ses moyens à elle et nous nous plaçons sous son entière dépendance et dans une entière confiance en ce Cœur immaculé.



[1]    — Source : Saint-Nicolas-du-Chardonnet / La Porte Latine du 2 mars 2017. Pour conserver à ce sermon son caractère propre, le style oral a été maintenu.

[2]    —  Saint Pie X, Serment antimoderniste (DS 3549).

[3]    — Vatican I, constitution Dei Filius (DS 3020). —Voir Pie IX, Qui pluribus (DS 2777).

[4]    — Pie IX, allocution au consistoire du 18 mars 1861 (Jamdudum cernimus).

[5]    — Pie XI, Mortalium animos (6 janvier 1928).

[6]    — Pie XII, Discours du 28 mars 1957 (à un groupe de jeunes allemands).

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 131

p. 76-77

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