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Le retour au bercail des Rédemptoristes transalpins

 

Les Rédemptoristes transalpins – Filii Sanctissimi Redemptoris –, fondés en 1987 par la R. P. Michael Mary Sim avec la bénédiction de Mgr Lefebvre, avaient accepté, en 2008, de signer des accords pratiques avec les autorités romaines, rejoignant par le fait même la mouvance « Ecclesia Dei » et obtenant une reconnaissance canonique officielle pour leurs trois implantations de Papa Stronsay en Écosse, Christchurch en Nouvelle-Zélande, et Great Falls-Billings aux États-Unis.

Depuis quelques années, leurs relations avec l’évêque de Christchurch étaient devenues conflictuelles, au point que cet évêque, en 2024, a injustement décrété leur expulsion de son diocèse.

Cette épreuve leur a ouvert les yeux et, à l’occasion de leur récent chapitre général, ils ont réfléchi et décidé d’arrêter l’expérience de la Tradition à l’intérieur de l’Église conciliaire, constatant qu’il est impossible de garder la foi et la messe catholiques sous une autorité qui n’en veut pas.

Ils ont publié un communiqué plein de franchise et une lettre ouverte qui est une profession de foi, dans lesquels ils déclarent qu’ils ont été trompés dans leur espérance et qu’il n’est pas possible de vivre en enfants fidèles à la Tradition au sein d’une Église moderne qui a trahi la foi. Nous reproduisons ces textes ci-après.

Qu’ils soient félicités pour leur courage et leur esprit de foi, et assurés de notre prière et de notre fraternel soutien.

Le Sel de la terre.


Communiqué

Chère âme catholique,

Nous venons de conclure notre chapitre général, au cours duquel nous avons considéré notre Congrégation et sa vocation dans l’Église et dans le diocèse de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, d’où l’évêque a décrété son expulsion.

La lettre ci-jointe exprime les convictions de notre Congrégation. Ce n’est pas une tâche que nous acceptons à la légère. Nous avons envisagé l’éventail des sanctions possibles que la hiérarchie pourrait nous infliger, toutes terrifiantes certes, mais nous sommes confortés par la conscience que la hiérarchie a rompu la chaîne de commandement, la rendant purement humaine et spirituellement vaine. Lorsque l’honneur de Notre Seigneur est en jeu, le silence devient une trahison. C’est pourquoi nous entreprenons cette œuvre avec un cœur tremblant, mais avec une ferme conviction, désireux uniquement de défendre le Saint Nom de Jésus-Christ et la pureté de son Épouse, l’Église.

« C’est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je me confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. Mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 10, 32)

Nous espérions avec confiance pouvoir pratiquer librement la foi de nos Pères dans l’Église. Nous ne savions pas à quel point nous nous trompions.

Lettre ouverte

du chapitre général de la Congrégation des Fils du Très Saint Rédempteur

aux évêques, prêtres, religieux et fidèles catholiques

 

Chers fidèles,

 

Vive Jésus, notre amour, et Marie, notre espérance ! C’est le cœur lourd et profondément triste que nous vous écrivons. Ce qui nous unit, c’est notre profond amour pour notre sainte Mère, l’Église catholique et Épouse de Jésus-Christ, pour laquelle les martyrs ont versé leur sang et les saints ont donné leur vie. C’est cet amour qui nous pousse à exprimer une vérité difficile, mais essentielle (Lc 12, 4-9). Tout comme vous, nous avons nourri une grande espérance pendant de nombreuses années. Nous croyions qu’il était possible de vivre en enfants fidèles de la Tradition au sein des structures de l’Église moderne. Nous croyions que les anciennes et merveilleuses traditions de notre foi, en particulier la sainte Messe de tous les temps, nous seraient légitimement restituées. Cela nous a donné de l’espoir, surtout à l’époque de Benoît XVI. Nous espérions avec confiance pouvoir pratiquer librement la foi de nos Pères dans l’Église. Nous ne savions pas à quel point nous nous trompions !

Après des années d’épreuves et d’expériences, nous sommes arrivés à la triste conclusion que la foi catholique traditionnelle, la foi de tous les temps et des saints, est incompatible avec la nouvelle Église moderne, fruit du concile Vatican II. Elles ne peuvent tout simplement pas coexister au sein d’un seul corps.

Parce que nous aimons et honorons profondément la sainte Messe traditionnelle et ne pouvons y renoncer, cette nouvelle Église ne veut pas de nous. A cause de notre fidélité, nous avons été considérés comme têtus, difficiles et rebelles ; nous avons été isolés et calomniés avec un acharnement sans fin. Cette lettre s’adresse à tous ceux qui sentent que quelque chose ne va pas dans l’Église ou qui pensent que la nouvelle Église et la foi immuable peuvent coexister pacifiquement. Permettez-nous d’énoncer la triste vérité : notre expérience démontre clairement que c’est impossible !

Cette nouvelle Église renverserait assurément tous les saints papes qui ont déclaré à maintes reprises que l’indifférentisme religieux était un mal très grave, absolument incompatible avec la foi catholique. Nous vous disons que nous ne serons pas complices de cette destruction continue de l’Église par le silence. Nous devons nous exprimer, et quel meilleur moment que maintenant ?

Après dix-sept ans de communauté au sein des structures de l’Église, nous avons été continuellement isolés et harcelés. Ces dernières années, l’évêque de Christchurch nous a réduits au rang de rebuts. Par ses nombreux décrets et appels à Rome, il a tenté d’expulser nos moines du diocèse. Il veut que quinze vocations locales soient exilées à jamais de leurs familles et de leur patrie. Nous vous le disons dès maintenant : un devoir supérieur nous l’interdit. Tant qu’une seule âme nous demandera le saint Sacrifice de la Messe, les sacrements ou l’assistance spirituelle, avec la grâce de Dieu, nous ne l’abandonnerons pas. Le Bon Pasteur nous exhorte à donner notre vie pour ses brebis et à tenir le loup affamé à distance. C’est notre devoir de charité, fondé sur la théologie et le droit canon.

Pourquoi ? Parce que la chaîne de commandement a été rompue. L’autorité dans l’Église est ministérielle (servir Notre-Seigneur), et non absolue (faire ce qu’elle veut) : elle nous lie parce qu’elle est elle-même liée au Christ, au dépôt de la foi, au magistère constant. Lorsqu’un supérieur se distancie de son obéissance au Christ-Roi, son commandement n’est plus le bras du Christ, mais le geste d’un homme (Somme Théologique, IIa IIæ, q. 104, a. 5).

Ces ecclésiastiques désobéissent à Dieu. Puis, après avoir rompu la chaîne de commandement divine, ils tentent d’invoquer l’obéissance religieuse pour des affaires qui appauvrissent l’Église et abolissent la sainte Messe.

Tolle Missam, Tolle Ecclesiam : supprimer la messe, détruire l’Église (Luther). Nous devons obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. C’est pourquoi, adhérant de toutes nos forces à la communion profonde avec notre sainte Mère l’Église, notre devoir devant notre Seigneur Jésus-Christ et envers les âmes exige que :

– Nous rejetions Amoris lætitia qui permet la sainte communion aux couples vivant dans le péché.

– Nous répudions la persécution de la messe et des catholiques par Traditionis custodes.

– Nous rejetions Fiducia supplicans qui permet la bénédiction des couples de même sexe.

– Nous rejetions le Document sur la fraternité humaine qui affirme que Dieu veut toutes les religions.

– Nous rejetions la fausse théologie des « Églises sœurs » et de la « communion partielle ».

– Nous rejetions les faux bergers qui portaient triomphalement l’idole de la Pachamama en procession jusqu’à Saint-Pierre.

– Nous répudions François qui s’est excusé pour le catholique héroïque qui a jeté cette idole dans le Tibre.

– Nous rejetions le fléau de l’indifférence religieuse en Nouvelle-Zélande et dans toute l’Église.

– Nous répudions les actions des évêques néo-zélandais qui ferment les églises et refusent les sacrements dans une soumission lâche à l’oppression du Covid-19.

– Nous répudions l’évêque de Christchurch qui a reçu les cendres le mercredi des Cendres de l’évêque anglican de Christchurch.

– Nous répudions la corruption des enfants et le scandale causé aux innocents par des programmes catéchétiques maléfiques.

– Nous rejetions l’enseignement de François selon lequel toutes les religions sont des langages différents, ainsi que la question : « Mon Dieu est-il plus important que le tien ? »

– Nous rejetions le silence des évêques qui n’ont pas dénoncé cette trahison de la foi.

– Nous rejetions l’Église synodale comme distincte de l’Église catholique divinement constituée.

– Nous rejetions la destruction et l’humiliation continues de notre sainte Mère l’Église.

– Nous répudions ceux qui attaquent ou minent l’Église dans ses dogmes, sa morale, ses sacrements ou sa discipline, avec un nouveau culte de l’homme.

 

A tous ceux qui nous lisent, nous demandons : Combien de temps encore cette absurdité va-t-elle durer ? Quel qu’en soit le prix, avec l’Apôtre, nous devons dire : anathème ! « Mais quand nous-même, ou un ange du ciel, vous annoncions un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons déjà dit, et je le répète maintenant : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Galates 1, 8-9).

Ne vous taisez pas ! Défendez la foi de nos pères ! « Quand toutes les nations obéiraient au roi Antiochus, chacune se détournant de la loi de ses pères, et observeraient ses commandements, moi, mes fils et mes frères, nous obéirons à la loi de nos pères ! » (1 Maccabées 2, 19-20).

« Au contraire, il est écrit : “Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes” (Actes 5, 29). Or, parfois, les commandements d’un supérieur sont contraires à Dieu. Il ne faut donc pas obéir en tout aux supérieurs. » (Saint Thomas d’Aquin, IIa IIæ, q. 104, a. 5)
« Expecta Dominum, viriliter age et confortetur cor tuum : attendez le Seigneur, agissez comme un homme et soyez courageux dans votre cœur (Ps 26, 14).
« Réjouissez-vous, ô Vierge Marie ; vous seule avez écrasé toutes les hérésies dans le monde entier. »

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 133

p. 128-131

Les thèmes
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Les Ralliements : Histoire, Doctrine et Conséquences pour la Tradition

La Crise dans l'Église et Vatican II : Études et Analyses Traditionnelles

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