ÉDITORIAL
Faut-il encore parler de la Nouvelle Droite ?
On trouvera dans ce numéro du Sel de la terre le texte de la plupart des conférences données à la « Session cardinal Pie » de juillet 2025, organisée à la Haye-aux-Bonshommes par des anciens élèves du
Foyer Saint-Thomas d’Aquin.
Le thème de cette session était « la Nouvelle Droite ».
Mais faut-il encore parler de la Nouvelle Droite ? Ce mouvement qui a pu donner l’illusion d’une certaine nouveauté dans les années 1970-1990, a perdu aujourd’hui une bonne partie de son prestige et de son audience, même dans les milieux contrerévolutionnaires de « droite » où il jouissait naguère de quelque crédit.
Au reste, n’y a-t-il pas aujourd’hui des erreurs plus importantes qui mériteraient qu’on s’y attarde davantage parce qu’elles font plus de ravages dans les esprits et dans les cœurs ? N’est-ce pas le cas du libéralisme et du modernisme, par exemple ?
Peut-être. Mais l’expérience montre que de nombreux jeunes de bonne volonté, qui n’ont pas connu les luttes intellectuelles des dernières décennies du siècle passé, se laissent séduire aujourd’hui par les abondantes productions – en apparence sérieuses – du courant de pensée qui gravite autour de la Nouvelle Droite rajeunie ; courant dont les ramifications multiples exercent une influence jusque dans les milieux catholiques traditionnels. La Nouvelle Droite s’est construit une réputation de supériorité intellectuelle, largement surfaite, qui attire les esprits curieux. Mais elle ne défend pas la vérité. D’ailleurs, Alain de Benoist ne croit pas à la vérité. Qu’il puisse accessoirement énoncer quelques vérités partielles ne change absolument rien. L’érudition au service de l’erreur est pire que l’ignorance.
Beaucoup de ceux qui subissent l’attrait de la Nouvelle Droite ne voient donc pas que, derrière la critique parfois pertinente des méfaits de la modernité et du mondialisme, elle propage des doctrines fausses, à commencer par un antichristianisme radical d’autant plus dangereux qu’il n’est pas toujours formulé explicitement. De même, faute de formation, ils ne réalisent pas toujours que la Nouvelle Droite répand de grossières contrevérités historiques et que la « tradition nordique » dont elle fait la promotion n’est qu’une résurgence actualisée du paganisme, ou plutôt d’un paganisme rêvé et imaginaire qui n’a jamais existé comme tel et d’où serait sorti la soi-disant « civilisation européenne ».
En définitive, la Nouvelle Droite n’est en réalité ni nouvelle, ni de droite, ni crédible. En dépit de ses dénégations, elle n’est qu’un fruit de la pensée révolutionnaire dont elle ne fait que reprendre les aberrations et les vieilles calomnies. Les catholiques conscients de cette imposture ne doivent pas se laisser abuser.
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En réponse à l’impiété et à l’orgueil néopaïens, en cette année 2025 où nous avons célébré le centenaire de l’encyclique Quas primas, du pape Pie XI sur la royauté sociale de Notre-Seigneur, redisons les paroles de l’hymne des Vêpres de cette fête qui proclament la souveraineté absolue et universelle du Christ-Roi sur les nations et les hommes :
Ô Vous, Prince de tous les siècles, Ô Vous, Christ, Roi des nations, Nous vous déclarons le seul Maître De nos esprits et de nos cœurs.
La foule scélérate crie :
« Nous ne voulons pas du Christ-Roi ! » Nous, joyeux, nous vous proclamons Roi suprême de tous les hommes.
Ô Christ, vrai Prince de la paix, Soumettez-vous les cœurs rebelles, Et, par votre amour,
Rassemblez les errants en un seul bercail. […]
Que les gouvernants des peuples Vous offrent un culte public ;
Que maîtres et juges vous honorent ;
Que les arts et les lois chantent votre gloire !
Que les drapeaux se glorifient De se voir consacrés à vous ! Soumettez à votre doux règne La patrie et tous nos foyers.
Jésus, à vous soit toute gloire, Arbitre des pouvoirs du monde, Comme au Père et au Saint-Esprit,
Tout au long des siècles sans fin. Amen.
Informations
La Nouvelle Droite, ce courant intellectuel, né dans les années 1970, continue d’attirer certains catholiques par sa critique du libéralisme et du mondialisme.
L’article dénonce cependant ses fondements : refus de la vérité objective, contrevérités historiques et promotion d’un paganisme nordique imaginaire. Issue de la pensée révolutionnaire, la Nouvelle Droite reste incompatible avec la doctrine catholique.
En cette année du centenaire de Quas primas, l’éditorial affirme avec force la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ et met en garde contre cette fausse alternative à la modernité.
Un texte lucide pour ne pas se laisser séduire.
L'auteur
Le numéro

p. 1-2
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