Éditorial A liberalismo, libera nos Domine Du libéralisme, délivrez-nous Seigneur
L’attentat suprême
A la demande du pape Pie IX, Jacques Crétineau-Joly publia en 1859 un livre qui contenait les papiers secrets de la Haute-Vente des Carbonari (sorte de franc-maçonnerie supérieure). Par un bref d’approbation, le pape a consacré l’authenticité de ces documents [1]. Parmi ceux-ci, il y a la fameuse instruction permanente, datée de 1819, qui nous montre le plan de la secte : préparer la venue d’un pape qui l’aide à réaliser son dessein. Citons quelques extraits de ce texte bien connu :
Ce que nous devons demander, ce que nous devons chercher et attendre, comme les Juifs attendent le Messie, c’est un pape selon nos besoins. Alexandre VI avec tous ses crimes privés ne nous conviendrait pas, car il n’a jamais erré dans les matières religieuses. Un Clément XIV, au contraire, serait notre fait des pieds à la tête. Borgia était un libertin, un vrai sensualiste du dix-huitième siècle, égaré dans le quinzième. Il a été anathématisé malgré ses vices, par tous les vices de la philosophie et de l’incrédulité, et il doit cet anathème à la vigueur avec laquelle il défendit l’Église. Ganganelli se livra pieds et poings liés aux ministres des Bourbons qui lui faisaient peur, aux incrédules qui célébraient sa tolérance, et Ganganelli est devenu un très grand pape [2]. C’est à peu près dans ces conditions qu’il nous en faudrait un, si c’est encore possible. Avec cela nous marcherons plus sûrement à l’assaut de l’Église qu’avec les pamphlets de nos frères de France et l’or même de l’Angleterre. Voulez-vous en savoir la raison ? C’est qu’avec cela, pour briser le rocher sur lequel Dieu a bâti son Église, nous n’avons plus besoin de vinaigre annibalien, plus besoin de la poudre à canon, plus besoin même de nos bras. Nous avons le petit doigt du successeur de Pierre engagé dans le complot, et ce petit doigt vaut pour cette croisade tous les Urbain II et tous les saint Bernard de la chrétienté [3]. (…) Vous voulez révolutionner l’Italie, cherchez le pape dont nous venons de faire le portrait. Vous voulez établir le règne des élus sur le trône de la prostituée de Babylone, que le clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des clefs apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige des tyrans et des oppresseurs, tendez vos filets comme Simon Barjone [c’est-à-dire Simon Pierre]; tendez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents plutôt qu’au fond de la mer : et si vous ne précipitez rien, nous vous promettons une pêche plus miraculeuse que la sienne. Le pêcheur de poissons devint pêcheur d’hommes ; vous, vous amènerez des amis autour de la chaire apostolique. Vous aurez pêché une révolution en tiare et en chape, marchant avec la croix et la bannière, une révolution qui n’aura besoin que d’être un tout petit peu aiguillonnée pour mettre le feu aux quatre coins du monde. Que chaque acte de votre vie tende donc à la découverte de cette pierre philosophale. Les alchimistes du moyen âge ont perdu leur temps et l’or de leurs dupes à la recherche de ce rêve. Celui des sociétés secrètes s’accomplira par la plus simple des raisons : c’est qu’il est basé sur les passions de l’homme. Ne nous décourageons donc ni pour un échec, ni pour un revers, ni pour une défaite ; préparons nos armes dans le silence des Ventes ; dressons toutes nos batteries, flattons toutes les passions, les plus mauvaises comme les plus généreuses, et tout nous porte à croire que ce plan réussira un jour au-delà même de nos calculs les plus improbables [4]. (…) On a chargé nos épaules d’un lourd fardeau, cher Volpe. Nous devons faire l’éducation immorale de l’Église, et arriver, par de petits moyens gradués quoique assez mal définis, au triomphe de l’idée révolutionnaire par un pape. Dans ce projet, qui m’a toujours semblé d’un calcul surhumain, nous marchons encore en tâtonnant (…) [5].
Mgr Lefebvre a cité quelques passages de cette instruction permanente dans son livre Ils l’ont découronné. Voici le commentaire qu’il en donne :
« Calcul surhumain », dit Nubius, il veut dire calcul diabolique ! car c’est calculer la subversion de l’Église par son chef lui-même, ce que Mgr Delassus [6] appelle l’attentat suprême, parce qu’on ne peut imaginer rien de plus subversif pour l’Église qu’un pape gagné aux idées libérales, qu’un pape utilisant le pouvoir des clefs de saint Pierre au service de la contre-Église ! Or, n’est-ce-pas ce que nous vivons actuellement, depuis Vatican II, depuis le nouveau droit canon ? Avec ce faux œcuménisme et cette fausse liberté religieuse promulgués à Vatican II et appliqués par les papes avec une froide persévérance malgré toutes les ruines que cela provoque depuis plus de vingt ans [7] !
Ainsi Mgr Lefebvre voyait la réalisation de ce plan démoniaque des sociétés secrètes dans l’avènement de papes gagnés aux idées libérales. De fait le libéralisme a commencé à pénétrer dans le magistère de l’Église à l’occasion du concile avec les fameux décrets sur la liberté religieuse et sur l’œcuménisme, qui en viennent à gommer la différence entre la vraie religion et les fausses religions. Le libéralisme commence par supprimer la différence entre la vérité et l’erreur, et par là il est le dissolvant le plus radical de la vérité.
Le libéralisme prêché par la Rome conciliaire
Mgr Lefebvre écrivait son livre en 1987, il y a huit ans. Depuis cette date, la tendance au libéralisme n’a fait que s’aggraver. Prenons quelques exemples récents.
Le pape continue bien évidemment d’enseigner la liberté religieuse (destruction de la différence entre la vérité et l’erreur). Même dans un pays catholique comme le Mexique, l’Église ne doit réclamer aucun privilège, seulement la liberté :
L’Église ne recherche ni n’exige aucun privilège, mais elle demande la reconnaissance des conditions qui, de par le droit naturel, lui sont dues, pour pouvoir accomplir sa mission et qui permettent aux individus et aux peuples d’exercer leur droit inaliénable à la liberté, en particulier la liberté religieuse, et à la quête de la vérité selon les exigences de leur conscience [8].
Le pape enseigne que nous avons une foi commune avec les communautés luthériennes (destruction de la notion de vraie foi) :
La région où nous nous trouvons, c’est-à-dire la terre de Bielsko et la Silésie de Cieszyn, est connue en Pologne comme un lieu de témoignage œcuménique particulier. Depuis longtemps, elle constitue le terrain d’une coexistence harmonieuse entre les fidèles de l’Église catholique et ceux de l’Église évangélique luthérienne, et celui d’un dialogue œcuménique intense. Il y est mené dans la conviction profonde que beaucoup de choses nous unissent : la foi commune dans le Christ et la patrie commune nous unissent [9].
D’ailleurs le pape reconnaît aussi la légitimité des pasteurs des églises chrétiennes non catholiques, en disant qu’ils sont établis pasteurs par le Seigneur (destruction de la notion de vrais pasteurs, ou pasteurs légitimes) :
Après les pas importants franchis par le pape Paul VI, j’ai voulu que l’on poursuive sur la voie de la connaissance réciproque dans la charité. Je peux témoigner de la joie profonde qu’a suscitée en moi la rencontre fraternelle avec tant de chefs et représentants d’Églises et de communautés ecclésiales au cours de ces années. Ensemble, nous avons partagé préoccupations et attentes, ensemble nous avons imploré l’union entre nos Églises et la paix pour le monde. Nous nous sommes sentis ensemble plus responsables du bien commun, non seulement en tant qu’individus, mais au nom des chrétiens dont le Seigneur nous a fait les pasteurs [10].
Partageant la même foi, soumis à des pasteurs légitimes, les chrétiens des diverses communautés ecclésiales ont de plus en plus le sentiment d’appartenir à la même « fraternité universelle » des chrétiens (destruction de la notion de vraie Église) :
Ce développement du vocabulaire traduit une évolution notable des mentalités. La conscience de l’appartenance commune au Christ s’approfondit. Personnellement, j’ai pu le constater à de multiples reprises durant les célébrations œcuméniques qui sont parmi les événements les plus importants de mes voyages apostoliques dans les différentes parties du monde, ou dans les rencontres et dans les célébrations œcuméniques qui ont eu lieu à Rome. La « fraternité universelle » des chrétiens est devenue une ferme conviction œcuménique. Reléguant dans l’oubli les excommunications du passé, les communautés, un temps rivales, s’aident aujourd’hui mutuellement dans de nombreuses circonstances ; parfois on se prête des édifices du culte (…) [11].
Citons encore deux exemples de ce faux œcuménisme qui dissout la notion de vraie Église.
Dans sa dernière encyclique, le pape compare les Églises catholiques et orthodoxes à deux poumons :
C’est dans cette perspective que prend son sens le plus profond une expression que j’ai plusieurs fois employée : l’Église doit respirer avec ses deux poumons [12] !
Lors de la réunion inter-religieuse d’Assise en 1986, les autorités romaines avaient expliqué que le danger de syncrétisme était écarté par la formulation employée : on se réunissait « afin d’être ensemble pour prier » et non pas « pour prier ensemble ». Maintenant tout scrupule est passé, et le pape lui-même invite les croyants de diverses religions à prier ensemble avec les catholiques :
Les religieux, hommes et femmes, sont nombreux à partager l’espoir de pouvoir bientôt rencontrer les croyants des autres religions, dans un esprit de compréhension et de coopération, pour prier ensemble à Jérusalem qui sera alors vraiment la Cité de la paix [13].
Terminons cette série de citations par un message du pape qui invite toutes les religions à unir leurs énergies spirituelles en faveur de la paix et souhaite que l’O.N.U. (dont on sait pourtant qu’elle est sous le contrôle des sociétés secrètes), reconnue ici comme un « signe des temps », soit dotée des « moyens dont elle a besoin pour poursuivre efficacement sa mission » :
La vague de souffrances que la guerre a répandue sur la terre a incité les croyants de toutes les religions à mettre leurs ressources spirituelles au service de la paix. Toutes les religions, même si elles ont connu des parcours historiques différents, ont vécu cette expérience unique au cours de ces cinq décennies. Le monde est témoin que, après la cruelle tragédie de la guerre, quelque chose de nouveau est né dans la conscience des croyants des diverses confessions religieuses : ils se sentent plus responsables de la paix entre les hommes et ils ont commencé à collaborer les uns avec les autres. Le 27 octobre 1986 à Assise, la « Journée mondiale de prière pour la paix » a consacré publiquement cette attitude mûrie dans la souffrance. Assise a révélé « le lien intrinsèque qui unit une attitude religieuse authentique et le grand bien de la paix [14] ». Par la suite, au cours des « Journées de prière pour la paix dans les Balkans » (à Assise, les 9 et 10 janvier 1993, et à la basilique Saint-Pierre, le 23 janvier 1994), on a particulièrement souligné la contribution spécifique demandée aux croyants pour la promotion de la paix par les armes de la prière et de la pénitence. Le monde, qui approche de la fin du deuxième millénaire, attend des croyants une action plus déterminée en faveur de la paix. Je disais aux représentants des Églises chrétiennes et des grandes religions, réunis à Varsovie en 1989 pour le cinquantième anniversaire du début du conflit : « Du plus profond de nos différentes traditions religieuses jaillissent le sentiment de compassion pour les souffrances des hommes et le respect sacré de la vie. Il y a là une grande énergie spirituelle qui nous rend plus confiants en l’avenir de l’humanité [15]. » A cinquante années de distance, les tristes vicissitudes de la deuxième guerre mondiale nous rendent plus conscients de la nécessité de libérer ces énergies spirituelles avec une vigueur et une détermination renouvelées. Il convient de rappeler à ce sujet que c’est précisément à la suite de la terrible expérience de la guerre qu’est née l’Organisation des Nations Unies, considérée par le pape Jean XXIII comme un des signes de ce temps, par la volonté « de maintenir et de consolider la paix entre les peuples [16] ». En réaction au mépris cruel pour la dignité et les droits des personnes, a aussi été élaborée la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le cinquantième anniversaire des Nations Unies, que l’on célèbre cette année, devra être l’occasion de renforcer l’engagement de la communauté internationale au service de la paix. A cette fin, il faudra donner à l’Organisation des Nations Unies les moyens dont elle a besoin pour poursuivre efficacement sa mission [17].
A la lecture de tels documents, il nous paraît vraiment clair que le pronostic de Mgr Lefebvre est bien exact, et que ceux qui se font les défenseurs de la politique actuelle du pape « marchent sous l’étendard des sociétés secrètes en croyant toujours marcher sous la bannière des clefs apostoliques » comme l’annonçait, il y a près de deux siècles, l’instruction secrète de la Haute-Vente. Si Pie IX a demandé que cette instruction soit publiée il y a plus de cent ans, n’était-ce pas parce qu’il pensait qu’elle pourrait bien se réaliser un jour ?
Il n’est pas nécessaire de penser que le pape est un agent conscient des sociétés secrètes. Mais du fait qu’il propage partout le libéralisme, il fait leur politique et contribue à augmenter leur pouvoir tout en diminuant l’influence de l’Église.
« Insiste à temps et à contre-temps »
Saint Paul nous a aussi annoncé qu’il y aurait un temps où les hommes ne supporteraient plus la saine doctrine et fermeraient l’oreille à la vérité. Dans cette situation, nous dit-il, il faut « insister à temps et à contre-temps [18] ».
Persuadés que le libéralisme est une erreur des plus dangereuses, erreur condamnée à maintes reprises par le magistère infaillible de l’Église, nous avons l’intention, dans notre revue, de continuer à œuvrer pour la défense de la vérité et la lutte contre l’erreur. Nous ne faisons que continuer un combat qui a commencé au début du monde, nous dit saint Thomas : « Depuis le commencement du monde il y a toujours eu un combat entre la vérité et l’erreur [19]. »
Tout le monde est concerné par ce combat : « Tout le monde est concerné par la défense de la vérité et chacun doit, autant qu’il est en lui, faire son possible pour y coopérer [20]. »
On entend parfois dire qu’il n’est pas permis de résister au pape sur les questions de foi et de doctrine, puisqu’il serait la règle prochaine de notre foi. Mais là encore saint Thomas nous dit bien qu’il y a péché à suivre un prélat qui se trompe, quand on est conscient de son erreur :
On doit se régler dans la mesure de son possible en tout sur la première règle [Dieu, Vérité première] ; mais [on doit se régler] sur la seconde règle [le prélat qui nous transmet cette vérité], seulement là où elle ne discorde pas avec la première, car là où elle discorde elle n’est plus une règle. Et pour cela on ne doit pas assentir à un prélat qui prêche quelque chose contre la foi, car en cela il est en discordance avec la première règle. Le sujet ne saurait être excusé totalement par l’ignorance, car l’habitus de la foi nous pousse à dissentir puisqu’il nous enseigne sur tout ce qui est nécessaire au salut (1 Jn 1) [21].
Le libéralisme, attitude qui consiste à s’accommoder trop aisément de l’erreur et à ne pas défendre suffisamment les droits de la vérité (et surtout de Notre Seigneur et de son Église), en un mot qui mélange les principes, ce libéralisme est un péché et une erreur. C’est un fait certain, enseigné par le magistère ordinaire universel de l’Église au moins de Pie VI à Pie XII, c’est-à-dire sur près de deux siècles. En voici un exemple :
Mes chers enfants, il faut que mes paroles vous disent bien ce que J’ai dans mon cœur. Ce qui afflige votre pays et l’empêche de mériter les bénédictions de Dieu, c’est ce mélange des principes. Je dirai le mot et je ne le tairai pas ; ce que je crains, ce ne sont pas tous ces misérables de la Commune de Paris, vrais démons de l’enfer qui se promènent sur la terre. Non, ce n’est pas cela ; ce que je crains, c’est cette malheureuse politique, ce libéralisme catholique qui est le véritable fléau. Je l’ai dit plus de quarante fois, je vous le répète à cause de l’amour que je vous porte. Oui, c’est ce jeu… Comment dit-on en français ? Nous l’appelons en italien altalena. Oui, justement, c’est ce jeu de bascule qui détruirait la religion. Il faut sans doute pratiquer la charité, faire ce qui est possible pour ramener ceux qui sont égarés; il n’est cependant pas besoin pour cela de partager leurs opinions [22].
Il convient donc d’intensifier la lutte contre ce libéralisme qui pénètre tout et détruit tout. Dans cet esprit, nous commençons dans ce numéro une série d’articles sur l’histoire du catholicisme libéral. Cette histoire est très importante pour comprendre comment on a pu en arriver à la situation actuelle. Et malheureusement cette histoire est très peu connue.
Nous recommandons encore la lecture du livre de Mgr Lefebvre, C’est moi l’accusé qui devrais vous juger ! [23], dont vous trouverez une recension à la fin de ce numéro. Ce livre expose de façon claire la doctrine des papes de ces deux derniers siècles sur cette question du libéralisme.
Nous signalons aussi dans ce numéro l’article de Nicolas Dehan qui explique comment le libéralisme anti-chrétien de la franc-maçonnerie a réussi à imposer l’école sans Dieu, tandis que le libéralisme des catholiques libéraux a fait échouer la résistance et perdre cette bataille capitale. Rappelons ici que l’instruction de la Haute-Vente, dont nous avons cité un extrait plus haut, explique bien que pour parvenir à leur but (un pape libéral), les francs-maçons préconisent d’aller à la jeunesse : « Écrasez l’ennemi (…) dans l’œuf. C’est à la jeunesse qu’il faut aller ; c’est elle qu’il faut séduire, elle que nous devons entraîner, sans qu’elle s’en doute, sous le drapeau des sociétés secrètes. (…) Or donc, pour nous assurer un pape dans les proportions exigées, il s’agit d’abord de lui façonner, à ce pape, une génération digne du règne que nous rêvons. Laissez de côté la vieillesse et l’âge mûr ; allez à la jeunesse, et, si c’est possible, jusqu’à l’enfance [24]. »
Vous trouverez encore dans ce numéro un article qui analyse la pensée philosophique du pape Jean-Paul II et qui montre, dans un exemple concret, l’influence de la philosophie subjectiviste sur le pape, ce qui suffit à expliquer son comportement libéral.
Enfin nous continuerons dans les prochains numéros à montrer comment la doctrine de l’église conciliaire sur la liberté religieuse est opposée à toute la Tradition catholique.
Mais surtout unissons nos prières pour que Notre Seigneur nous délivre de cette peste du libéralisme : a liberalismo, libera nos Domine, du libéralisme, délivrez-nous Seigneur.
[1] — On lit dans l’avertissement de la réédition cette explication : « L'Église romaine en face de la Révolution est précédé, en octobre 1858, d'un Bref de Sa Sainteté Pie IX qui en approuve le texte. C'est par une lettre du 20 mai 1846 que le Cardinal Lambruschini invitait Crétineau-Joly à venir à Rome pour se voir confier un “projet de haute importance”. Reçu par le Pape Grégoire XVI, Crétineau-Joly était chargé d'écrire une Histoire des sociétes secrètes à partir des archives du Vatican et des documents du Cardinal Bernetti. Il consulte également Metternich, non sans rencontrer l'obstruction de fonctionnaires initiés de la Chancellerie autrichienne. De même à la Cour de Naples, il se heurte aux intrigues de l'abbé Cocle, confesseur du roi Ferdinand. Grégoire XVI lui demande de différer la publication de l'ouvrage à la veille de la révolution européenne de 1848. Celle-ci passée, le Cardinal Fornari, nonce à Paris, et le Cardinal Antonelli lui demandent de reprendre son travail. Mais l'arrivée au pouvoir en France de l'ancien carbonaro, Louis-Napoléon Bonaparte, conduit Mgr Garibaldi (un nom célèbre) à demander la non-publication du fait de l'intervention de Louis-Napoléon à Ancône en 1850. L'historien aurait alors jeté au feu son texte. Quelque temps après, il réécrivait un ouvrage “épuré” de certains éléments : L'Église romaine en face de la Révolution. » On peut se procurer ce livre (deux tomes) au couvent de la Haye-aux-Bonshommes pour la somme de 160 F. (+ port).
[2] — Borgia est le nom de famille du pape Alexandre VI qui scandalisa l’Église par ses mœurs dissolues, tout en la défendant fermement au plan doctrinal. Ganganelli est le nom de famille du pape Clément XIV qui supprima la compagnie de Jésus et prépara ainsi la voie aux révolutionnaires.
[3] — J. Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, première réédition intégrale, Paris, Cercle de la Renaissance française, 1976 (1ère édition 1859), t. 2, p. 84-85.
[4] — Id., p. 89-90.
[5] — Id., p. 129, lettre de « Nubius » à « Volpe » du 3 avril 1824.
[6] — Henri Delassus, Le problème de l'heure présente – Antagonisme de deux civilisations, Lille-Paris, DDB, 1904, t. 1. p. 195. « Le suprême attentat » constitue le chapitre 32e du livre.
[7] — Mgr M. Lefebvre, Ils l’ont découronné, 2e édition, Escurolles, Fideliter, 1987, p. 148.
[8] — Discours de Jean-Paul II à l’occasion de la réception du nouvel ambassadeur du Mexique le 6 avril 1995, ORLF du 25/04/1995, p. 5.
[9] — Discours de Jean-Paul II à l’occasion de la rencontre avec la communauté évangélique luthérienne de Skoczów, ORLF du 30/05/1995, p. 6.
[10] — Lettre apostolique Orientale Lumen, ORLF du 9/05/1995, p. V. Déjà la déclaration de la commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe réunies à Balamand en juin 1993 avait déclaré que la « succession apostolique des évêques ne peut être considéré[e] comme la propriété exclusive d’une de nos Églises. (…) C’est la raison pour laquelle l’Église catholique et l’Église orthodoxe se reconnaissent mutuellement comme Églises sœurs. » (DC 2077 de 1993, p. 712.)
[11] — Jean-Paul II, Encyclique Ut Unum Sint, DC 2118 (1995), p. 578.
[12] — Jean-Paul II, Encyclique Ut Unum Sint, DC 2118 (1995), p. 582. Dom Gérard écrit dans une récente lettre aux amis (11 juin 1995, p. 2) : « A l’heure où le Saint-Père convie l’Europe à respirer de ses deux poumons, l’Occident latin et l’Orient gréco-slave (…). » Dom Gérard éprouve le besoin, peut-être inconscient, de corriger les propos du pape, car c’est bien l’Église et non pas l’Europe dont parle le pape. Et le scandale est précisément de considérer que les orthodoxes sont déjà, ou sont appelés à devenir, un poumon de l’Église, sans parler de leur préalable retour à l’unité catholique.
[13] — Discours de Jean-Paul II à l’occasion de la réception du nouvel ambassadeur de Jordanie, ORLF du 10/02/1995, p. 7.
[14] — Jean-Paul II, Discours à l’occasion de la rencontre solennelle de prière inter-religieuse mondiale pour la paix, n. 6, AAS 79 (1987), p. 868.
[15] — Message télévisé aux participants à la Rencontre internationale de la prière pour la paix, à l’occasion du 50e anniversaire du début de la deuxième guerre mondiale (1er septembre 1989), DC 1992, p. 876.
[16] — Jean XXIII, Pacem in terris (11 avril 1963), IV, AAS 55 (1963), p. 295.
[17] — Message du pape à l’occasion du 50e anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe (8 mai 1995), ORLF du 16/05/1995, p. 6 et 7.
[18] — Cf. 2 Tm 4, 2-4.
[19] — « A principio mundi semper fuit pugna inter veritatem et falsitatem. » Commentaire sur 2 Tm 3, 8.
[20] — « Defensio veritatis pertinet ad omnes, et unusquisque debet ibi ponere, quasi pro parte sua, quod potest », Saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur Job, ch. 32, l. 1.
[21] — III Sent., D. 25, q. 2, a. 1 q.la 4, ad 3.
[22] — Pie IX, allocution à des pèlerins français de Nevers, le 16 juin 1871, cité dans Emmanuel Barbier, Histoire du catholicisme libéral et du catholicisme social en France du concile du Vatican à l’avènement de S.S. Benoît XV (1870-1914), Bordeaux, Imprimerie Cadoret, 1923-1924, tome 1, p. 214 ; voir aussi la dernière proposition du Syllabus (proposition condamnée) : « Le pape doit se réconcilier avec le libéralisme. » (DS 2980)
[23] — Mgr M. Lefebvre, C’est moi l’accusé qui devrais vous juger !, Eguelshardt, Fideliter, 1994.
[24] — J. Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, première réédition intégrale, Paris, Cercle de la Renaissance française, 1976 (1ère édition 1859), t. 2, p. 87.

