La démocratie me dégoûte
par le Padre Muñoz
Nous traduisons ici un article tiré du bulletin du Padre Muñoz, Oasis de Jesus Sacerdote 77 de janvier 1994. (O.J.S., Lista de Correos, 08310 Argentona [Barcelona], Espagne.)
Le Sel de la terre.
Chers oasistes, dans le numéro 64 de mai 1988 de ce bulletin, j’ai écrit un article qui a été épuisé, intitulé « Je ne crois pas en la démocratie ». Aujourd’hui, non seulement je n’y crois pas, mais la démocratie me dégoûte. Je m’explique :
La démocratie me dégoûte :
• parce qu’elle a enlevé la souveraineté à Dieu pour la donner au peuple, et elle a détrôné Jésus-Christ de sa royauté sociale pour s’asseoir comme une déesse sur son trône et recevoir l’adoration de ses démocrates [1] ;
• parce qu’elle forme des hommes d’opinions et non de convictions, opinions qui, quand elles sont la majorité, deviennent la vérité [2] ;
• parce qu’elle instruit les enfants et les jeunes de beaucoup de connaissances, mais elle n’éduque pas leur cœur et leur volonté pour lutter dans la vie, pour l’effort, pour savoir souffrir, mais pour une vie facile et molle contraire à la réalité, de sorte qu’ils échouent quand ils sont adultes ;
• parce qu’avec leur lavage de cerveau à la télé, à la radio, dans la presse et leurs enquêtes ou sondages manipulés et « télédirigés », ils fabriquent l’opinion publique et transforment les peuples en troupeaux de moutons où les hommes ne savent plus penser par eux-mêmes [3] ;
• parce qu’elle interdit la « drogue dure » et aide à la réhabilitation des drogués, alors que d’un autre côté, elle légalise et permet la « drogue douce » qui mène à la dure [4] ;
• parce qu’elle est incapable de mettre de l’ordre dans la société où les délinquants et assassins sont condamnés des milliers de fois en paroles, et, quand ils entrent en prison, ils sortent par l’autre porte ;
• parce qu’elle ment encore et toujours, promettant ce qu’elle sait ne pouvoir donner, afin d’assurer son pouvoir [5] ;
• parce qu’elle a fait d’État et escroquerie deux mots synonymes, transformant l’Espagne en « pays de corrompus » selon une expression de radio Cope [6] ;
• parce qu’elle organise des campagnes anti-sida et, d’un autre côté, des campagnes « d’information » sur les contraceptifs (qui ressemblent plus à un sale commerce portant sur des millions), réussissant ainsi à réveiller et stimuler davantage encore les bas instincts. Ainsi, l’Espagne est-elle devenue la première nation d’Europe avec le plus fort taux de sida ! C’est le désastre de l’éducation sexuelle démocratique ! Pourquoi tromper la jeunesse ? Le seul remède efficace, c’est l’abstention ou les relations naturelles comme Dieu les commande ;
• parce qu’avec tant de sexe, d’adultères et de pornographie, ils ont ruiné la famille espagnole, dépravant ses coutumes jusqu’à ce que l’Espagne devienne la deuxième nation du monde, pour l’indice de natalité le plus bas [7] ;
• parce que
– elle met à égalité de droits les homosexuels, les lesbiennes et les prostituées avec les mères de famille, le travailleur honorable et le citoyen exemplaire, c’est-à-dire le vice et l’honorabilité [8] ;
– elle compare un Picasso ou un Miro avec un Velazquez ou un Murillo, c’est-à-dire le laid et l’antiesthétique avec le beau ;
– elle trafique l’histoire en falsifiant les faits historiques, c’est-à-dire qu’elle mélange le mensonge avec la vérité ;
– elle proclame le droit à la vie et elle assassine les enfants dans le sein de leur mère avec l’avortement, c’est-à-dire qu’elle mêle le cynisme et la véracité ;
– elle donne plus de valeur au chanteur de rock ou au joueur de foot qu’au médecin ou au professeur d’Université, c’est-à-dire qu’elle confond le matérialisme avec les valeurs morales [9] ;
– sous la bannière de la liberté, elle concède les mêmes droits à Satan, avec les messes noires et les temples sataniques, qu’au Dieu unique et vrai, c’est-à-dire qu’elle traite de la même façon le mal avec la sainteté, le faux et le vrai, le blasphème et l’adoration au Créateur suprême.
C’est pourquoi nous pouvons affirmer avec le sage P. Bover S.J. que la démocratie est la bête de l’Apocalypse. Et la bête, nous le savons est le « précurseur » de l’Antéchrist [10].
Je termine par ces paroles de saint Pie X dans Notre charge apostolique où il condamne la démocratie libérale qui règne aujourd’hui dans le monde entier : « Il y a un danger et une erreur, c’est d’inféoder le catholicisme à une forme de gouvernement ; erreur et danger qui sont d’autant plus grands lorsque l’on identifie la religion avec un genre de démocratie dont les doctrines sont fausses. »
Voilà pourquoi, comme catholique, comme Espagnol, comme Catalan et comme citoyen militant, cette démocratie me dégoûte ! Que la sainte Vierge nous en libère !
[1] — Trois choses aujourd’hui sont intouchables et inattaquables : la figure du roi, le ministre des Finances, et la « vénérable démocratie ».
[2] — Pour la démocratie, il n’existe pas de vérité absolue. Tout est relatif, c’est-à-dire dépend des votes. Ainsi est-il vrai, par exemple, que l’avortement est un péché et un crime, mais, si la majorité vote le contraire, il cesse d’être un péché et un crime (!).
[3] — Ce qui intéresse la démocratie, c’est que l’homme se distraie, qu’il n’exerce pas sa faculté de penser, laquelle est ce qui le rend rationnel et libre. De là l’infinité de sports, de jeux, de nouvelles qu’on lui fournit (sans cesse), pour qu’il n’ait pas le temps de réfléchir. Une manière de laver le cerveau est l’usage d’euphémismes bien étudiés. Ainsi le suicide de l’euthanasie est appelé : « mort digne », le crime de l’avortement : « interruption de grossesse », la stérilité légalisée : « contrôle de natalité », le concubinage public : « mariage civil », l’adultère éhonté : « compagnon sentimental », la manipulation des nouvelles : « information ».
[4] — Et encore, ils pleurent devant la hausse du nombre de drogués ! Et leur folie va jusqu’à proposer dans certains pays (comme l’Espagne) de laisser libre l’usage de la drogue pour que diminue le nombre de drogués ! C’est comme si, pour diminuer le nombre de vols, on légalisait les voleurs.
[5] — La revue Tribune (22 mai 1989) publia Les cent promesses non tenues de Felipe Gonzalez et elles datent de 1989 ! Que dirons-nous des fameuses promesses d’Adolfo Suarez : « Je peux promettre et je promets », qu’elles s’envoleront en fumée ?
[6] — Certains disent qu’avec Franco, il y avait plus de corruption économique. S’il en est ainsi, pourquoi ne le publient-ils pas, maintenant qu’il y a la « liberté démocratique », avec des chiffres et des quantités concrètes, pour que nous puissions comparer avec les escroqueries actuelles ?
[7] — Selon un dossier de Progrès des nations (ABC du 21 septembre 1993), le taux moyen de naissances en Espagne en 1960 était de 2, 8 femmes ; en 1993, il était de 1, 4 femmes alors que le taux mondial est de 1, 8 femmes. Quelle honte !
[8] — On a même demandé que les prostituées aient leur syndicat comme n’importe quel travailleur, et il y a deux mois, on a vu, à la grande joie de la démocratie, une manifestation féministe à Madrid, où allaient, main dans la main, des prostituées, des lesbiennes, des maîtresses de maison, des employées de bureau…
[9] — La défaite à une partie de football est parfois vue comme un « malheur national » et une victoire comme un « événement historique ». Quelle société la démocratie a créé !
[10] — Voici son commentaire du chapitre 7 de l’Apocalypse (BAC-Bible) : « La bête représente simplement la puissance étatique antichrétienne qui, au début, s’incarne dans l’État bourgeois, mais qui, progressivement, se démocratise pour arriver à la démocratie la plus radicale. » Les chefs des nations ne sont rien d’autre que des agents ou instruments de la bête, c’est-à-dire des systèmes politiques et philosophiques, et du peuple souverain dans les mains duquel ils remettront tous les pouvoirs.
Informations
L'auteur
Le révérend père Pedro de la Inmaculada Muñoz Iranzo fut ordonné prêtre le 31 mai 1952, au cours de la plus grande cérémonie d’ordination sacerdotale de tous les temps : 819 diacres, en grande partie espagnols, furent ordonnés prêtres par 21 évêques sur 21 autels répartis dans un grand stade, à l’occasion du 35e Congrès eucharistique.
De tous ces prêtres, seul le père Muñoz resta fidèle à la messe de son ordination.
Le numéro

p. 193-195
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