Lettre ouverte d’un prêtre du diocèse de Gap à son évêque
Nous publions à titre documentaire cette lettre ouverte d’un prêtre du diocèse de Gap. Cette lettre fait allusion à une réunion de catholiques « Ecclesia Dei », c’est-à-dire ralliés à l’Église conciliaire, qui s’est tenue au Laus en octobre dernier, sur les questions liturgiques, et à laquelle ont participé, entre autres, les abbés Lucien, Bisig, Wach, le père Wladimir, et les abbayes de Randol et du Barroux. Mgr Lagrange est l’évêque de Gap. La lettre de ce prêtre manifeste bien que le concile est le début d’une nouvelle Église (l’Église conciliaire). Sa réaction, si elle est irrespectueuse, est parfaitement logique. Mgr Lagrange doit choisir. Soit il accepte la nouvelle Église issue de Vatican II, et dans ce cas il doit se plier à la Révolution, soit il refuse cette Église, et dans ce cas il doit lutter contre la Révolution. La solution libérale des catholiques ralliés est intenable.
Le Sel de la terre.
22 octobre 1995
Octobre s’achève. Au Laus se sont succédées les assemblées de chrétiens au service de l’Église dans le monde : catéchistes des paroisses, animateurs d’aumônerie, prêtres du conseil presbytéral.
Aujourd’hui, voici l’assemblée des chrétiens responsables dans le diocèse ; chacun, en équipe, vit la mission au nom de l’Évangile. En ce 22 octobre, l’Église nous propose de célébrer la mission à travers le thème « Unis pour témoigner » ; unis comme le Christ le demande à ses disciples, unis dans l’Église née du concile Vatican II.
Or voici, père Lagrange, que le Dauphiné Libéré d’hier a rapporté la tenue d’un colloque, ici même au Laus, qui a rassemblé des responsables de la liturgie tradionnaliste.
Père Lagrange, vous avez présidé ce rassemblement, un de plus. Au cœur du diocèse, une fois de plus, vous avez marqué votre préférence pour cette Église du passé qui pense que Vatican II a non seulement échoué, mais est une erreur.
Père Lagrange, de plus en plus ouvertement, au mépris des prêtres et des chrétiens du diocèse, vous utilisez votre charge d’évêque de Gap contre l’Église née du concile. Vous multipliez implantations et activités traditionnalistes, vous court-circuitez débats et informations avec les personnes et conseils constitués dans le diocèse.
Père Lagrange, et vous chrétiens du diocèse, au nom de la vérité qui rend libre, je ne peux qu’appeler l’Église des Hautes-Alpes à retrouver l’unité. Pour cela, il nous faut d’urgence un vrai pasteur, plein d’amour, pour guider le peuple de Dieu.
Père Lagrange, vous qui avez actuellement la charge d’évêque, pouvez-vous devenir ce pasteur ? Le voulez-vous ? Beaucoup souffrent de vous voir manquer au service de la communion dans le Christ.
Père Lagrange, avec ou sans vous, l’Église des Hautes-Alpes doit continuer sa route. Il imcombe, aux baptisés du diocèse et aux instances ecclésiales responsables, de garantir désormais la mise en place d’un vrai service épiscopal.
Jean-Pierre Oddon, prêtre.

